INTRODUCTION, CLASSIFICATION MAMMALOGIQUE DE BLAINVILLE
SINGES (ancien, Pifheci (les Singes), du continent { nouveau, Pitheciæ (les Sapajous) Les Makis.
Makis,,,.,,.Les Loris.
\L’Aye-Aye.
pour le vol... ,Galéopithèques.
pour grimper. . Tardigrades.
\ Plantigrades (omnivores).
NOFMAUX ,444,,,,.,,. Digiligrades (carnivores). Inseclivores.
pour voler.,,,.Les Cheiroptéres.
anomaux ; pour fouir.....Les Taupes.
pour nager.,,.Les Phoques.
normaux 4er degré è
d'organisation ou ordre des
1 nl QUADRUMANES anomaux |
2e degré d'organisation ou ordre des CARNASSIERS
Sous-classe I. ou ordre anomaux pour nüger....Célacés. MONODELPHES.Ÿ des ÉDENTÉS :
4e degré d'organisation ou ordre des RONGEURS.
ÿe degré d'organisation ou ordre des GRAVIGRADES,
‘Grimpeurs.
Fouisseurs.
Coureur's.
Marcheurs.
CR
téscssess essor. Eléphants.
30 degré d'organisation fr ÉniEuite Édentés.
RETE Pachydermes.
; .(IMpairs....,., 4 on 6e degré /normaux | | Solipèdes.
d'organisation à doigts ) in pu Ruminants ou Brutes. ou ordre des ER ee | Ruminants.
Ÿ ONGULOGRADES. \anomaux. pour nager... .Les Lamantins.
{ Carnassiers.
°°" URongeurs.
{pour fouir.....L'Echidné.
| AQU {pour nager... .L'Ornithorhynque.
Normaux.,,....,
Sous-elasse IT, |
DIDELPHES.
Les aperçus nouveaux formulés par de Blainville dans le tableau qui précède auraient exigé de longues explications. I n’en donna pour le moment que de très-courtes, mais bientôt après il fit connaitre avec plus de détails les motifs qui l'avaient guidé, dans un article fort remarquable, consacré à l'Organisation des Mammifères, qu'il inséra en 1818 dans le Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle. Depuis lors, soit dans ses cours dé la Faculté des sciences et du Muséum, soit dans plusieurs de ses Mémoires ou dans l'Ostéographie, qui est son dernier ouvrage, il a modifié cette classification, mais seulement dans les détails, et, pour la mettre au courant de ses propres découvertes ou de celles que l’on publiait chaque jour. A toutes les époques de sa militante carrière scientifique, il s'est dirigé d’après les : mêmes principes, admettant toujours, pour ce qui regarde les Mammifères, que les différents ordres de cette classe constituent autant de degrés particuliers placés plus ou moins près du sommet de l'échelle des organismes animaux, et il a pensé qu'un même degré d'organisation, c’est-à-dire un même ordre, pouvait être composé par des groupes multiples, analogues aux sous-ordres de certains naturalistes ‘actuels, et chargés de représenter l’ordre auquel ils appartiennent dans des conditions différentes d'habitat, principalement dans les eaux de la meret À la surface des continents,
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INTRODUCTION. XV
C'est en particulier ce que notre célèbre maitre établit pour l'ordre des Carnassiers. IL a aussi persisté dans son opinion que les Cétacés étaient les représentants marins des Édentés, el il a fait de prétendus Cétacés herbivores, qui sont les Dugongs et les Lamantins, des genres marins analogues aux Éléphants, que, suivant lui, ils représentent dans les eaux salées, On ne peut nier, en effet, qu'à divers égards les Sérénides ne soient plus semblables aux Éléphants qu'aux ongulés. C’est ce qui a conduit de Blainville à établir pour ces deux sortes de Proboscidiens, les uns quadrupèdes et à trompe allongée, les autres bipèdes et à t'ompe rudimentaire, son ordre des Gravigrades.
Enfin après avoir le premier rapproché les Monotrèmes des Marsupiaux, le même naturaliste a aussi été le premier à les en séparer comme sous-classe, mais sans les en éloigner comme le font encore beaucoup d'auteurs, et il a donné à cette troisième sous-classe de sa méthode le nom d'Ornithodelphes, exprimant que les organes de la reproduction y sont établis d'après un modèle analogue à celui qui caractérise les Oiseaux et les quadrupèdes ovipares.
Frédéric Cuvier a rendu à l'histoire naturelle des Mammifères des services qui ne sont pas moins importants et qui prennent également rang à côté de ceux de son illustre frère. Ses recherches sur les caractères fournis par le système dentaire, dont il établit les différentes formules avec tant de soin; la description des espèces nouvelles ou jusqu'alors mal connues, qu'il a pu observer dans la Ménagerie ou dans les galeries du Muséum, et surtout ses observations sur l'intelligence et l'instinct des Animaux sont justement appréciées des savants.
Descartes avait émis l'opinion singulière que les Animaux sont comparables à de simples automates, et qu'ils constituent pour ainsi dire des machines animées tout à fait différentes de l'espèce humaine par la nature des fonctions qui les mettent en rapport avec
. 16 monde extérieur; aussi leur refuse-t-il la notion de leurs propres actes. La théorie de
l'automatisme des bêtes qui, avait été acceptée en partie par Buffon, a été critiquée avec
autant de raison que de finesse par La Fontaine, lorsqu'il disait dans sa fable des Deux Rats, du Renard et de l'OŒEuf:
L'animal se sent agité De mouvements que le vulgaire appelle
Tristesse, joie, amour, plaisir, douleur cruelle,
Ou quelque autre de ces états.
Mais ce n'est pas cela, ne vous y trompez pas. Qu'est-ce donc? Une montre. Et nous? c'est autre chose, Voilà de la façon que Descartes l'expose.
Descartes, ce mortel...
Condillac et les philosophes sensualistes tombèrent dans un excès opposé à celui de Descaries, lorsqu'ils accordèrent sans distinction à tous les Animaux, non-seulement la sen- Sibilité, mais aussi de l'intelligence, G. Leroy publia un système peu différent, dans ses Lettres philosophiques sur les Animaux, et ce fut aussi In thèse favorite de l'ingénieux Dupont de Nemours. Les longues recherches de F. Cuvier lui ont fait voir que dans les Mamiiferes les sentiments passionnels se manifestent sous deux formes bien distinctes : les uns plus semblables à l'intelligence humaine, et, comme elle susceptibles de perfectionner les actes qui en relèvent; les autres plus nettement définis, si précoces qu’on pourrait les appeler innés, et si peu modifiables qu'ils semblent rester les mêmes, quoique les circonstances extérieures se modifient. L'éducation ne peut rien sur les espèces ainsi organisées, et les individus qui composent ces espèces sont incapables d’être rendus plus parfaits. L'expérience qui modifie les ruses des premières est pour ainsi dire sans cffet sur celles des secondes.
XVI INTRODUCTION
F. Cuvier a consacré plusieurs mémoires à ces intéressantes questions, et il s'est aussi occupé de la domestication au point de vue de ces causes ou des modifications qui en résultent, Il se proposait de donner à ces travaux une plus grande extension, et il en aurait fait l'objet d’un ouvrage spécial si la mort n'était venue lui interdire, comme à tant d'autres, la réalisation du projet qui le préoccupait depuis tant d'années. M. Flourens, à qui les sciences naturelies et leur histoire doivent tant, a cherché à suppléer à cette perte regrettable en publiant le livre intéressant qui a pour titre : Résumé analytique des observations de F. Cuvier sur l'instinct et l'intelligence des Animaux.
Les physiologistes recherchent aujourd'hui, avec plus de chances de succès que Gall n'avait pu le faire, les rapports qui existent entre les aptitudes des Animaux et la conformation de leur encéphale, et nous verrons que l'on peut tirer de très-bons caractères z0ologiques de la conformation de cet organe. Le volume plus ou moins grand des lobes olfactifs, les variations que les hémisphères cérébraux présentent dans l'apparence, dans la disposition et dans le nombre de leurs circonvolutions; l'absence de ces circonvolutions chez quelques espèces sont des caractères importants à signaler, quoiqu'ils soient loin d’avoir la valeur qu'on leur avait d'abord attribuée, C'est ainsi que dans un même ordre, et parfois aussi dans une même famille, on trouve certaines espèces pourvues de circonvolutions et certaines autres qui en manquent : ce qui est rapporté avec l'élévation plus ou moins grande de ces espèces dans leur groupe respectif. Les deux premières familles de la classe des Mammifères ou les Singes et les Lémuridés nous en fournissent également des exemples.
Après les grands mammalogistes dont nous venons de rappeler les travaux, nous pouvons en citer beaucoup d'autres,
Le nom d’A.-G. Desmarest occupe un rang distingué parmi ceux des Français qui se sont occupés des Mammifères, et nous placerons auprès de lui ceux de Desmoulins, de Lesson, de Laurillard le collaborateur de G. Cuvier; et des savants actuels, MM. Valenciennes, qui à publié avec Cuvier un grand ouvrage sur les Poissons; Duvernoy, qui a succédé à de Blainville dans la chaire d'anatomie comparée du Muséum; Roulin, S. Rousseau, Ch. Bonaparte, Jourdan, Lereboulet, Schimper, Deslongchamps, Pucheran, Doyère, Joly, Gerbe, etc.
Les nombreux et savants naturalistes voyageurs que notre pays à fournis à toutes les parties du globe n’ont pas rendu à la science de moindres services : Lesueur, l'infatigable compagnon de Péron, Duvaucel, Diard, Leschenault de ia Tour, Delalande, Auguste de Saint-Hilaire, Garnot, Milbert, Jacquemont, les frères Goudot, F. Eydoux, Deville et tant d’autres que la science regrette; et parmi ceux qui ont survécu à leurs fatigues, MM. Quoy, Gaimard, d'Orbigny, Verreaux frères et plusieurs autres encore complètent la liste de ces hommes aussi instruits que dévoués qui ont tant contribué à accroître la réputation scientiffque de la France.
Plusieurs des naturalistes célèbres de l'Allemagne ont aussi concouru avec distinction aux progrès récents de la mammalogie; auprès d'Illiger, de Wagler, de J.-B. Fischer et de quelques autres non moins connus, on cite avec distinction MM. Lichtenstein, Natterer, Ruppel, Kaup, André Wagner, Peters, ete. M. Temminck est à la tête des naturalistes holl1 dais qui nous ont fait connaître, quelques-uns en sacrifiant leur propre existence, les riches productions de l'Inde insulaire et du Japon, et la Hollande, qui avait tant contribué aux progrès de l’histoire naturelle pendant le xvue et le xvinte siècle, n'est pas restée au-dessous de sa vicille réputation,
Parmi les naturalistes belges, nous devons surtout mentionner M. de Sélys-Longchamps, à cause de ses excellents travaux de Witromammalogie.
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INTRODUCTION
Les universités du Nord ont également payé leur tribut à la science par les découvertes de MM. Nilsson, Sundevall et Eschricht, où de MM. G. F continuent en Russie les traditions scientifiques du célèbre Paitas,
L'Angleterre, qui avait possédé Hunter, Home, etc. , compte aussi des naturalistes du premier mérite, et, parmi eux, MM. J.-E, Gray, Richard f@wen et Waterhouse, dont les travdux ont tant contribué aux dérniers progrès de la mammalogie, Le goût de cette grande nation pour les sciences naturelles a été émiremment favorable aux découvertes scientifiques, et le ‘aractère à la fois libre et populaire des institutions qu'on y*a fondées dans ce but a déjà donné les plus heureux résultats. C'est dans les grandes collections de Londres que sont déposés les types décrits par Hardwicke, Leach et Bennett, par MM, Hamilton Smith, O’Gilby, Gould, Martin, ete.; ainsi qu'une partie de ceux dus aux travaux de M. Andrew Smith, dans le sud de l'Afrique; de M. Hodgson, dans le nord de l'nde, et de plusieurs habiles mammalogistes américains,
Les z0ologistes que nous venons de citer et beaucoup d'autres non moins distingués dont ivaux, ne se sont pas toujours bornés à rechercher dans des pays lointains les Animaux mammifères les plus rares et les plus curieux, à en observer fes mœurs où à en décrire avec soin les particularités soit extérieures, soit intérieures; plusieurs . d’entre eux ont également abordé les questions difficiles de 1 la classification méthodique, et,
ischer, Brandt et Nordmann, qui
nous rappellerons aillours les tr
le la nomenclature scientifique ou de dans un exposé complet des progrès de la science, l'appréciation de leurs travaux fournirait aussi des développements considérables, Nous aurons d'ailleurs de fréquentes occasions d'en parler dans la suite de cet ouvrage.
M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, professeur de mammalogie au Muséum de Paris, a, ivaux étendus sur la classe des Mammifères , et il 4 envisagé ces Animaux sous le double rapport de la science et de l'utilité pratique.
C'est d’après la classification qu'il en a établie que les Mammifères sont rangés dans les riches galeries du Muséum d'histoire naturelle, Comme celle des Oiseaux, qui est due au même auteur et qui a été savamment exposée dans un des volumes de cette collection la méthode mammalogique de M. Is. Geoffroy repose sur le pr I en donne la démonstration dans ses cours louer, mais dont nous sommes heureux d’ bientôt vingt
comme son illustre père, entrepris des tr
incipe des séries paralléliques.
avec un talent qu'il ne nou appartient pas de avoir pu profiter lorsque nous suivions, il y a ans, les leçons publiques de cet honorable professeur.
Dans plusieurs des ouvrages qu'il a publiés depuis lors, M. Is, Geoffroy a bien voulu citer à diverses reprises le résumé que nous avons publié, en 1835 (2) til a donné en 1847 un table
, de ses savantes leçons, au détaillé de sa méthode mammalogique auquel nous emprunterons Celui qui va suivre. Dans ce tableau (8), M. Isidore Geoffroy partage les Mammifères en deux catégories primordiales, suivant qu'ils sont Quanru PÈDES, et alor d'un bassin bien développé, ou qu'ils sont Birépe ou nul; les premiers sont ou dépourvus d'os marsupiaux Ou, au contraire, pour Marsupiaux, Ce qui permet de les partager en deux nouveaux g de plusicurs ordres distincts.
S, leur bassin étant alors rudimentaire
roupes, composés chaçun
(1) Histoire naturelle des Oiseaux, par M. Emmanuel Le M (2) Résumé des leçons de Mammalogie ou Histoire pendant l'année 1855, par M. Isidore Geoffroy-Saint- (3) V'ammifères ; classification parallèlique de rangés les Mammifères dans les galerie relouché par l'addition des genres
naturelle des Mammifères professées au Muséum de Paris, Hilaire (in-8v Extrait du journal l'Écho du Monde savant). M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, d'après laquelle sont du Muséum d'Histoire naturelle de Paris. Tableau dressé en 1857, et nouveaux, en 1845, par M. d. Payer,
INTRODUCTION
CLASSIFICATION MAMMALOGIQUE