DE LA CLASSE
ORDRE pes CARNIVORES
Animaux mammifères pourvus de quatre extrémités onquiculées propres à la locomotion ordinaire: n'ayant pas le pouce opposable ur autres doigts ; armés de trois sortes de dents ainsi réparties à chaque mâchoire : trois paires d'incisives, une paire de canines et un nombre variable de molaires : celles-ci diversiformes, souvent tranchantes, et subdivisibles en fausse s-molaires, carnassières et arrière molaires. Le cerveau est toujours pourvu de circonvolution à la
surface de ses hémisphères: le reste de l'organisation : appareil r'epro- I PARTIE, Î
oi ie ro 4h
ORDRE DES CARNIVORES, ducteur, canal intestinal, squelette, ete, est établi sur le méme modèle que chez l'Ours, le Chien, /e Chat, /a Fouine. Le placenta est sonaire comme chez eux.
La taille des Carnivores, comparée à celle des autres Mammifères, est, en général, moyenne, mais rl y A parmi eux certaines espèces plus grandes que les autres, comme le Lion, le Tigre, etc., et d'autres plus petites, comme la Belette et certaines Mangoustes. Ces Mammifères se nourrissent principalement de chair et de sang: ce sont par excellence des Animaux de proie, quoique plusieurs d'entre eux mélent à l'occasion des substances végétales aux Principes animaux qui font leur nourriture de prédilection. Hs sont nombreux en espèces el répandus sur toute la surface de l'ancien et du nouveau continent; 1 y en «à aussi à Madagascar, mais tls y sont moins variés qu'ailleurs. On ne les rencontre pas dans l'Australie, où des Carnassiers appartenant à la sous-classe des Marsupiaux sont chargés de la méme fonction destructrice. Les Carnivores sont, de tous les Quadrupèdes, ceux qui sont le mieux armés : leurs fortes canines, leurs griffes acérées et souvent rétractiles, les rendent redoutables à Loute lu création, et leur fonction principale dans l'harmonie générale des étres est incontestablement d'apporter, par le carnage, un obstacle à la trop grande multiplication des espèces herbivores.
On peut diviser les Carnivores en six familles: chacune d'elles a eu des représentants dans plusieurs des fuunes qui ont précédé celles qui habitent maintenant le globe.
Les Mammifères dont nous avons parlé dans le premier volume de cet ouvrage ont pu être répartis aisément en plusieurs ordres distincts; mais ces ordres, au nombre de quatre, ont entre eux certains caractères communs qui devaient les faire rapprocher les uns des autres ; aussi les avons-nous considérés comme formant une première grande division de la première sous-classe des Mammifères. Ce sont les Primates, que divers auteurs nomment aussi Quadrumanes, les Cheiroptères, les Insectivores et les Rongeurs, I en est question dans l'introduction (4), sous la dénomination commune de Mammifères disco-placentaires. Leur régime est assez variable: ils ont différents modes de locomotion à la surface du sol, et l'on reconnait, dans leurs mœurs comme dans leur organisation, des particularités secondaires qui rendent leur classification assez facile.
Aucun de ces premiers Mammifères n'est franchement arnassier, comme ceux qui vont faire l’objet de ce chapitre, et nous ne retrouverons dans les autres sous-classes de Mammifères que quelques Marsupiaux seulement aussi enclins que ces derniers au meurtre et à là’ déprédation, Les Marsupiaux Carnassiers sont les plus redoutables de tous les Mammi-
(1) Tome 1, page xxr.
néme cenla
nmiaines D, el . Ces J: ce entre ant- PEUT veau ons des wryés s les Ines , ibles jéné-
, un
elles
lé
e ont re de er les rande livers ours.
ifères otion tion,
vont Tam re el mini
me
ORDRE DES CARNIVORES, 3 fères du continent aust alien, comme les Carnivores le sont de leur côté parmi les nombreuses espèces de Mammifères monodelphes qui peuplent l'ancien et le nouveau continent, c'est-àdire les deux Amériques, aussi bien que l'Europe , l'Asie, l'Afrique et plusieurs de leurs iles, I y a aussi des Carnivores parmi les Animaux de Madagascar, cette terre si singulière par ses productions naturelles, et qui nous ont fourni des Primates et des Insectivores si différents de ceux de l'Afrique ou de l'Asie,
Les Carnassiers proprement dits sont plus particulièrement appelés Carnivores, Comme On l'a Vu par la définition que nous en avons donnée plus haut, ces Animaux se distinguent des autres par un certain nombre de caractères importants, et ils ont aussi dans leur mode de placentation une disposition qui leur est propre. (Voir T. 1, p. xx1, la figure du placenta du Chien.) Nous montrerons en traitant des Mammifères à sabots que ceux-ci sont également caractérisés par une forme spéciale du placenta, et qu'à cet égard ils constituent une troisième grande catégorie parmi les Mammifères monodelphes qui ont plusieurs sortes de dents.
Les Carnivores, tels que nous les définissons, étaient déjà considérés par Linné comme devant former un ordre à part, qu'il appelait en latin Feræ, c'est-à-dire bêtes féroces. C'est, en effet, parmi les Carnivores que se placent le Lion, le Tigre, la Panthère, les Hyènes, le Loup, le Glouton, l'Ours et tant d’autres espèces, les unes à peu près de même force, les autres beaucoup plus faibles, mais non moins sanguinaires. Celles-ci ont des instincts également meurtriers et ne sont inférieures aux précédentes que parce qu'elles attaquent des Animaux moins forts et moins capables de résistance. Comme on l'a souvent répété, les Carnivores ont pour fonction principale de s'opposer à la trop grande multiplication des espèces herbivores, et ils exécutent cette sorte de pondération dans la classe des Oiseaux aussi bien que dans celle à laquelle ils appartiennent, Ce sont des Animaux de carnage, et le nom de Carnivores, qu'on leur donne spécialement, exprime parfaitement cette disposition, puisque c’est pour obtenir la chaur et le sang nécessaires à leur alimentation qu'ils poursuivent et mettent à mort la plupart des autres Vertébrés,
Si l'ordre des Primates mérite d'être étudié avec soin à cause des nombreux rapports d'organisation qui rattachent ses principales espèces à l'Homme lui-même, l'ensemble des Carnivores n'est pas moins digne de notre attention, C'est parmi les nombreuses espèces de cette catégorie que l'Homme trouve ses plus redoutables ennemis, soit qu'ils l'attaquent personnellement, soit qu'ils inquiètent ses Animaux domestiques. Dans certaines contrées de l'Amérique, les Carnivores sont encore aussi nombreux que redoutables, et en Afrique ou dans l'Inde, il y en a même de plus dangereux. M. Sykes, officier anglais et savant natu-
'aliste, rapporte que dans le Deccan, l'une des provinces indiennes, on a tué pendant les
années 1825 à 1829, quatre cent soixante-douze ’anthères; et, dans un district seulement , mille trente-deux Tigres royaux. Comparés aux espèces asiatiques et africaines, nos grands arnivores de l'Europe n'occupent plus que le second ou le troisième rang. Quant aux espèces plus petites, mais plus variées, que l'on observe dans les deux continents, elles seraient peu nuisibles si le nombre des individus dans chacune d'elles et la diversité des ruses qu'elles mettent en pratique ne leur assurait une sécurité plus complète, à beaucoup près, que celle dont jouissent encore les grandes espèces dans les lieux les plus sauvages. Par une singularité remarquable, cet ordre des Carnivores dont les espèces nous causent de si grands dommages et qui comprend la plupart des Animaux féroces, nous a fourni un serviteur aussi intelligent que dévoué, qui se montre, sur tous les points du globe, notre plus puissant auxiliaire et notre compagnon le plus affectueux, Le Chien domestique est certainement le plus implacable adversaire de tous ces tyrans du règne Animal qui composent avec lui l'ordre des Mammifères carnivores, et, en même temps qu'il concourt de la manière la plus active à l'éloignement ou à l'anéantissement des espèces nuisibles, il retient sous notre domination les Animaux domestiques dont nous tirons le meilleur parti, tels que les Bœufs ou les Moutons.
G. Cuvier, de Blainville et, à leur exemple, la plupart des zoologistes font des Carnivores une simple division du grand ordre des Carnassiers dans lequel ils placent aussi les Cheiroptères, les Insectivores et les Phoques({); mais, à part leur régime également animal, il y a entre ces diverses sortes de Quadrupèdes trop de différences importantes pour que l'on persiste à les rapprocher. Les Cheiroptères et les Insectivores sont de la même série que les Primates et les Rongeurs, et ils se nourrissent essentiellement d'Insectes, comme le font quelques Animaux du premier groupe. Quant aux Phoques, ils s’'éloignent à la fois des Carnivores par leur forme générale, par leur cerveau, par leurs organes de reproduction et par l'uniformité de leurs dents molaires, et les affinités que les Loutres ont avec eux, ne justifient pas leur classement parmi les Carnivores. Ainsi les Carnivores forment parmi les Monodelphes hétérodontes un groupe parfaitement distinct de tous les autres, et les espèces que ce groupe comprend ont à la surface du globe une fonction bien déterminée. Ce sont les mieux armés de tous les Animaux; leurs instincts les portent au meurtre comme moyen d'alimentation, et, comme ils varient leurs attaques suivant leur propre force, il est peu de Mammifères ou d'Oiseaux qui n’aient quelqu'un d’entre eux pour ennemi. Le Tigre attaque l'Homme et les plus grands Quadrupèdes; le Chat poursuit les petits Mammifères ou les Oiseaux, et toutes les autres espèces de ce grand genre des Félis qui sont intermédiaires, pour la force, au Chat domestique et au Tigre, poursuivent elles-mêmes des Animaux d’un volume proportionné au leur, et elles les égorgent avec une égale facilité, I en est ainsi des autres Carnivores, et, en particulier, des Mustélidés, Cependant beaucoup de ces Animaux associent
(1) Voir tome 1, pages xur et xiv.
apports ble des espèces laquent ontrées Afrique it natuant les ement , grands nt aux s, elles ité des aUCOUp ivages.
sent de ini un re plus rtainent avec ère la s notre Bœufs
arniissi les animal, ur que e série nne le ois des tion et ux, ne mi les spèces e sont moyen St peu ittaque ou les S, pour 'olume autres socient
ONDRE DES CARNIVORES, K
à la chair d'autres substances, les unes d'origine animale et uzolées, comme les tendons,
les os, les œufs, ete, et d'autres non azotées, comme la graisse ou le miel. Quelquefois même
ils se rabaitent sur les fruits et sur les racines , et, dans ce cas, ils méritent à tous égards
la dénomination d'Omnivores par laquelle on tes désigne souvent cela des autres genres du même ordre,
Les dents des Carnivores, et particulièrement leurs dents molaires, présentent des dispositions ‘ppropriées à chacun de ces régimes, et les Chats et les Ours, qui constituent les deux termes extrêmes de la série de ces Mammifères au point de vue du mode d'alimentation, sont aussi les plus différents entre eux par la disposition de leurs dents molaires,
Dans tous les Animaux de cet ordre il y à toujours trois sortes de dents : des incisives, des canines et des molaires,
Les incisives sont au nombre de trois paires verticales, et la paire externe est sensiblement | la paire intermédiaire des incisives inférieures elle manque même dans la Loutre marine ; celle espèce ne porte que deux paires d'inc Animaux carnivores.
Chaque mâchoire à une paire de canines ; ces dents sont coniques, plus ou moins acérées, plus saillantes que les autres, très-propr
es à percer ou à déchirer, et le plus souvent elles fournissent aux Carnivores leurs Principales armes, On les nomme vulgairement laniaires, crocs ou crochets. Les supérieures sont implantées dans l'os maxillaire, en avant des autres dents supportées par le même 0S, et un pelit espace vide laissé entre elles et la paire externe des incisives sert pour ainsi dire de gouttière aux canines inférieures qui croisent en avant celles de la mâchoire supérieure. Dans les Machairodes, qui sont de grandes espèces éleintes de Félis, les canines Supérieures acquéraient des dimensions bien plus considérables que chez les Carnivores actuels, et celles de l'espèce propre à l’ancienne faune du Brésil, que de Blainville a décrite sous le nom de Smilodon, n'avaient pas moins de deux décimètres dans leur partie coronale,
Les molaires des Carnivores varient notablement pour le nombre et plus encore pour la forme, suivant les espèces et les genres ; aussi peut-on en tirer d'excellents caractères, et il est de toute importance de les étudier avec Soin, Elles sont toujours diversiformes entre elles, et l'on peut, comme le faisait Frédéric Cuvier, les diviser en trois catégories, Les premières, dont le nombre varie de une à quatre, sont dites avant-molaires ; elles sont, en général, pointues, et augmentent lentement en volume et en complication de la première à la dernière, Après elles vient une dent plus meurtrière, et en général aussi
ans la mâchoire inférieure du
, ais sans les séparer pour
DENTS DE L'OURS onNÉ (espèce omnivore
, J/4 de grand,
à chaque mâchoire; elles sont à peu près a plus forte. Dans les Martes et genres voisins est insérée un peu en arrière des deux autres d'où il résulte que la mâchoire inférieure de isives, tandis qu'il y en a trois dans le reste des
dun volume plus considérable que celles qui fa suivent, D
Evene arthur
fs Ts
Chat, elle est placée la dernière, c'est-à-dire la troisième; chez le Chien, le Loup et le Renard , c’est la cinquième ou l'antépénultième ; dans le Putois , elle n’est que la quatrième, attendu qu'il n'y à que trois avant-molaires au lieu de quatre, et elle se trouve l'avantdernière, Supérieurement, elle devient la troisième , c'est-à-dire la pénultième dans les Chats et los Hyènes; la quatrième chez le Chien et autres genres qui l'avoisinent ; @le est la troisième dans le Putois.
Comwairement à ce que nous avons vu pour les canines, cette dent est croisée en arrière et non en avant par Sa Correspondante inférieure. F, Cuvier lui a donné le nom de carnas- JF sière.
Assez petite chez les Ours, qui sont De omnivores , elle est très-forte, tran- grandèur naturelle, chante et comme ailée chez le Lion, le Chat et les autres Félis, et elle formes différentes, mais plus ou moins intermédiaires, chez les Martes, chez les Chiens, chez les Mangoustes, chez les Civettes, chez les Hyènes. Son apparence reste plus ou moins la même dans les Animaux qui se rapportent au même groupe que chacun des Carnivores que nous venens de nommer, L'étude minuticuse de cette dent à fourni de très-hons résullats pour là chissification des genres et pour leur diagnose.
Les Carnivores connus dans la nature
HYÈNE TACuETÉr,
supérieure, Carnassiére inférieure, grand, nat,
affecte encore des
actuelle n’ont jamais qu'une seule paire de véritables arnassières à chaque mâchoire; mais On en Voittrois chez les Hyénodons et chez quelques autres genres qui Ont appartenu aux premières faunes de la période tertiaire, Sous ce rapport, ces anciens Carnivores ressemblaient notablement aux Marsupiaux au- AuvERe straliens, dont ils avaient le ré-
gime. Les Hyénodons et les Ptérodons qui leur ressemblaient beaucoup étaient, à cette époque reculée, Les plus redoutables de tous les Mammifères carnivores qui peuplaient nos contrées,
C'est chez les Félis que la même dent, principalement celle de la mâchoire inférieure, est le plus franchement carnassière ; elle se compose alors de deux tranchants successifs : chez les Chiens elle a, de plus, une partie tuberculeuse : chez beaucoup de Viverridés,
MACGHOIRE INFÉRIEURE D'HYÉNODON DÉCOUVERTE EN (d'après MM. de Parieu et de Laizer), 1/2 de grand
d'autres fois, et en particulier sa partie antérieure est formée de trois pointes qui sont disposées en triangle, Son talon s'élargit encore et ses pointes s’affaissent chez les espèces les plus omnivores.
Ea arrière de la dent carnassière sont placées les molaires
de la troisième sorte ou les tuberculeuses, Celles-ci doivent leur non
à la forme habituellement émoussée de leur couronne; elles sont surtout développées chez les Animaux omuivores. Les Ours en ont deux paires très-grosses à chaque mâchoire, tandis que les Félis n'en ont qu'à la machoire supérieure et seulement une paire, 1 y en à une paire en bas comme en haut chez le Pulois, et deux chez là plupart des espèces de la même famille que le Chien, Hans plusieurs genres
oup et le uatrième , à l'avant -
nférieure , nat,
core des
Chiens, Du moins irnivores ns l'ésul-
éritables ächoire ; les Hyé- 's autres nu Aux période rt, ces mbhlaient lux autit le réles Pté-
utables
érieure, CeSsifs ; ticulier ui sont espèces
ou les le leur en ont achoire Pulois,
genres
fé k
omnivores de la famille des Viverridés, il y a aussi deux paires de tuberculeuses supérieurement, mais il n’y en a qu'une à la mâchoire inférieure, et la carnassière qui la précède, au lieu d'être mi-partie carnivore, mi-partie omnivore , comme dans les Chiens, est tout aussi tuberculeuse qu’elle, ou peu s’en faut.
Les Protèles diffèrent des autres Carnivores par la forme singulière de leurs dents molaires, qui semblent frappées d'un arrêt de développement, et sont réduites à de simples rudiments presque inutiles dans l'acte de la mastication.
Les Carnivores adultes ont done constamment trois sortes de dents (des incisives, des canines et des molaires), et leurs molaires sont elles-mêmes de trois catégories différentes, sauf chez les Protèles où elles restent atrophiées.
La première dentition (1) de tous ces Animaux est établie d'après les mêmes règles et elle peut être indiquée par la formule suivante :
3 iueisives, { canines, # molaires (dont 3 avant-molaures, £ carnassière et + arrière molaire).
Les Félis seuls n’ont qu'une paire d'avant-molaires inférieures au lien de deux pendant leur jeune âge.
Ces détails, quoique un peu minutieux, étaient indispensables ; ils nous permettront d'ailleurs d'abréger notablement ce que nous aurons à dire sur le même sujet à propos de chaque genre,
De Blainville et M. Owen ont donné une autre classification des dents des Carnivores ; mais celle de F, Cuvier, que nous venons d'exposer, nous à paru préférable, parce qu’elle rend plus facile et plus claire la description des principales particularités de ces organes. Les variations présentées par la carnassière sont les plus importantes; celles de la forme et du nombre des fausses molaires où des tuberculeuses coïncident en général avec des différences moindres dans les autres parties, et elles semblent, jusqu'à un certain point, se répéter dans la série des genres propres à chacune des familles dont cet ordre est composé.
Les Carnivores, à quelque division qu'ils appartiennent, ont le condyle de la mâchoire transversal, et la gorge glénoïdale qui le reçoit ne lui permet qu'un mouvement de demirotation sur son axe. Dans le Blaireau , ce condyle est si bien retenu par la cavité glénoïde formant un peu plus d’une demi-circonférence , qu'il s'y maintient même après la disparition des ligaments, et que la mâchoire inféricure reste habituellement suspendue au crâne après qu'on a réduit l'an et l’autre à leurs parties squelettiques.
Les mouvements des Animaux de cet ordre sont, en général, souples et faciles, et te plus souvent ils ont de la vivacité, La plupart des Carnivores attos sent avec énergie : embusqués dans quelque retraite obscure, ils attendent patiemment leur proie jusqu’à ce qu'ils l’aient à leur portée, Alors ils S'élancent, et souvent un seul bond leur suffit pour l’atteindre. Leur
CUANE ET DENTS pu Pnorère, 1/2 de grand, nat
(1) Voir pour les dents Pérsistantes et pour les dents de lait des Carnivores la figure que nous donnons de celles du Chien dans le
premier volume de cet Ouvrage, page XXI. On a laissé aux molaires et aux canines de la dentition de lait une te
inte plus foncée qu'à celles de la seconde dentition.
colonne vertébrale est flexible et bien musclée ; elle se termine par une queue habituellement allongée qu'ils font onduler et qui traduit par ses mouvements divers la variété des passions qui les animent, Les espèces de la famille des Qurs sont les seules qui aient la queue rudimentaire.
Le corps des Carnivores est rarement trapu, comme on le voit chez les Ours; dans d’autres espèces, il est assez allongé pour qu'on ait donné aux Animaux qui présentent ce caractère le nom de Vermiformes. Tels sont les Belettes, les Fouines, beaucoup d’autres Mustélidés, et les Genettes, ete., qui appartiennent à Ja catégorie des Viverridés.
Leurs membres sont presque toujours bien dégagés, et les doigts qui les terminent, habituellement séparés les uns des autres, ont des ongles plus ou moins forts, analogues à ceux des Ours, des Chiens ou des Chats, et que l'on désigne par le nom de griffes. Ces griffes sont souvent enchâssées par leur base dans une espèce de gorge osseuse formée par la phalange onguéale, et, au lieu d'être simplement voûtées ou allongées, elles sont parfois très-comprimées et très-arquées. C'est ce que l’on voit en particulier chez les Félis, où elles sont plus redoutables que chez les autres, Dans ce cas, elles sont en même temps rétractiles, ce qui tient à la disposition particulière de la phalange. Celle-ci a la forme d’un capuchon qui peut basculer sur la phalange précédente, et elle est maintenue dans une position redressée tant que le muscle fléchisseur qui envoie un tendon à sa partie inférieure ne la sollicite pas à s'abaisser, Dans le premier cas, la griffe est redressée et sa pointe ne touche pas le sol; c'est alors que le Chat fait, comme on le dit, patte de velours. Dans le second cas, elle se porte en avant et s’abaisse, ce qui lui permet d'agir à. la volonté de l'Animal, soit en s'enfonçant dans la peau où même dans les chairs, soit en les sillonnant, comme cela a lieu dans l'acte d'égratigner. Tous les Félis, sauf le Guépard, ont les ongles franchement rétractiles. Ceux de certaines espèces de la famille des Civettes qui jouissent de cette propriété, mais à un moindre degré, sont dits semi-rétractiles. Dans les Hyènes, les Chiens, les Ours, ete., les griffes ne sont pas du tout rétractiles. Jamais le pouce des Carnivores n'est opposable aux autres doigts, soit en arrière, soit en avant, et quelquefois il manque ou n’est plus représenté qu’intérieurement et par un faible rudiment, Aucun Carnivore n'a moins de quatre doigts évidents à chaque patte, et il en est un assez grand nombre qui en ont cinq, soit en arrière, soit en avant, soit même aux quatre pattes à la fois. On tire de là quelques caractères pour l'établissement des groupes secondaires dans chaque famille,
La manière dont la patte porte sur le sol mérite aussi d'être examinée. Certains Carnivores sont entièrement plantigrades, c’est-à-dire qu'ils appuient non-seulement la face inférieure de leurs doigts, mais encore celle de leurs os métacarpiens et de leur carpe pour les pieds de devant, et celle de leurs os métatarsiens ainsi que de leur tarse pour les pieds de derrière, Les Ours et quelques autres sont plus particulièrement dans ce premier cas; au contraire, les Chiens, les Chats, ete., ont la plus grande partie de leurs pieds redressés, et ce n'est que par l'extrémité de leurs doigts qu'ils touchent la terre: on les appelle digitigrades. Plusieurs auteurs ont vu dans ces deux dispositions des caractères à l'aide desquels ils ont divisés les Carnivores en deux grands groupes; mais il est bien certain qu'une même famille naturelle peut renfermer à la fois des espèces plantigrades et des espèces digitigrades ainsi que d'autres intérmédiaires aux premières et aux secondes sous le même rapport.
L'astragale, qui est un des os du tarse, à une forme assez analogue à celle que nous lui avons vue chez les Mammifères des premiers ordres; il représente une demi-poulie à large gorge dans son articulation avee le tibia, et il est subaplati en dessous et en avant; il porte sur le scaphoïde au moyen d'une large apophyse.
abituellement des passions à queue rudi-
dans d’autres | ce caractère S Mustélidés,
ninent, habiogues À ceux s, Ces griffes rmée par la sont parfois es Félis, où même temps à forme d’un ue dans une tie inférieure sa pointe 1e urs. Dans le a volonté de S sillonnant, it les ongles qui jouissent Hyènes, les € des Carniquelquefois il un Carnivore nombre qui s. On tire de ique famille.
s Carnivores ce inférieure ur les pieds de derrière, ontraire, les ce n'est que es. Plusieurs L divisés les lle naturelle S ainsi que
le que nous oulie à large en avant; il
Ris
Le carpe n'a pas d'os intermédiaire; Le radius et le cubitus sont toujours séparés l'un de l'autre, etil en est de même du tibia et du pé
roné, quoique celui-ci soit plus faible et plus serré contre le tibia dans certains genres, par exemple les Chiens, que dans certains autres. La tête supérieure du radius permet des mouvements assez faciles de pronation et de supination. La partie inférieure de l'humérus est large : on y distingue le plus souvent un trou sus-condylien; cependant elle en manque dans certains genres, et dans d'autres on à constaté la présence d’une perforation de la fosse oléc ‘änienne, comme dans les Chiens et les Hyènes. Le Télagon présente ces deux caractères réunis. On ne voit Di l'un ni l'autre à l'humérus des Ours, quoique cependant l'Ours des Cordillières ait un trou suscondylien, comme la plupart des Mustélidés et des Viverridés, et comme tous les Félis. Aucun Carnivore n'a la clavieule entièrement développée, mais on trouve chez plusieurs d'entre eux, en particulier chez les Chiens et mieux encore chez les Chats, un rudiment de cet os; les Ours et beaucoup d'autres n’en présentent aucune trace.
Les Carnivores ont des habitudes fort différentes les uns des au-
de tres, mais ils sont tous plus ou moins intelligents ; aussi leur cerveau ones TitaGox, est-il assez développé et a-t-il des circonvolutions très-prononcées à la surface de ses hémisphères. On ne connaît aucune espèce de cet ordre qui soit dépourvue de circonvolutions; cependant la disposition et le nombre de ces replis ne sont pas les mêmes dans tous les groupes, et dans certains genres de la même famille ils présentent aussi des particularités différentielles, quoique chaque groupe principal ait des caractères qui lui sont réellement particuliers.
Le pelage des Carnivores est souvent remarquable par son élégance, et, dans beaucoup de cas, il est en même temps très-fourni, extrêmement doux au toucher et très-chaud, C'est ce qui à surtout lieu chez les espèces propres aux régions froides ou élevées, où bien encore chez celles qui sont aquatiques. Cependant la fourrure de tous les Carnivores d’un même genre n'est pas également recherchée, Dans le genre Loutre, la plus précieuse de toutes est celle de la Loutre de mer, Certaines espèces de Mustélidés sont l'objet d’un commerce important; telles sont Surtout la Zibeline, la Marte, le Vison ou Putois d'Amérique et l'Hermine, qui devient presque entièrement blanche en hiver. Au contraire, d'autres Mustélidés sont bien inférieurs Sous Ce rapport à ceux que nous venons de citer, et le Blaireau ou les espèces qui s'en 'approchent n'ont qu'un pelage grossier. Certaines peaux de Viverridés sont curieuses par la vivacité de leurs teintes on par les détails de leur coloration; mais on tire du genre des Ours, dont les couleurs sont cependant plus tristes, et de celui des Loups ou des Renards, des pelleteries bien plus utiles et qu'il est presque toujours aisé d'obtenir en nombre Cconsidérable, Aussi leur emploi est-il fort répandu, L Renard tricolore et quelque
CERVEAU DC CHIEN DOMESTIQUE, grand, nat.
es Loups du nord des deux continents, le S autres espèces dont nous parlerons ultérieurement Sont surtout
ms
Dares herve nee À nrrmuer Pot ememen
ts
res
ee en mt
a an SES
dr ronge meer mardis El SUR EURE
recherchés. Dans les Félis, le pelage est en général plus court et moins fourni, mais il'est bien plus gracieux, et la robe de ces beaux et terribles Animaux est l’un des plus beaux ornements de nos habitations lorsqu'elle a été habilement préparée. Le Lion, au pelage fauve pâle et à la belle crinière ; le Tigre, barré de noir sur du fauve brillant; la Panthère à la robe mouchetée ; le Jaguar, dont les taches sont en rose sur un fond d’un beau fauve nous donnent des fourrures encore plus recherchées.
Les nombreuses espèces de l'ordre des Carnivores se laissent assez aisément répartir entre plusieurs groupes principaux que nous considérerons comme autant de familles à part. Quelques-unes de celles-ci pourront elles-mêmes être subdivisées en tribus. Ces familles sont celles des Ursidés, comprenant les Ours; des Viverridés, dont la Civette (Viverra) est l'une des espèces principales; des Canidés, ayant pour type le Chien domestique ; des Félidés, dont les Chats ou les Félis font partie; des Hyénidés, auxquels nous associerons provisoirement le Protèle, et des Mustélidés, comprenant la Belette ou le Mustela des anciens, ainsi que les Animaux qui ont les mêmes caractères généraux.
Les Carnivores sont nombreux en espèces et leurs familles ont des représentants en Amérique aussi bien que dans les diverses parties de l’ancien continent. Quelques-uns, comme les Ours et les Mustélidés, abondent surtout dans les régions boréales ; d’autres, comme les Viverridés, qui se partagent en Viverrins et en Mangoustes, sont plus nombreux dans les régions chaudes. Ces dernières appartiennent surtout à l'Afrique, à l'Inde et à Madagascar. La répartition géographique des Félidés et des Canidés est plus uniforme, et il y a même en Australie des Chiens sauvages que plusieurs auteurs considèrent comme autochtones. L'Europe a nourri autrefois des Carnivores bien plus grands que ceux qu’on y chasse aujourd'hui, et sans parler des espèces pour la plupart assez bizarres qu'elle a possédées pendant la période tertiaire, elle a compté au nombre de ses habitants des Ours bien plus gros que ceux d'aujourd'hui, un très-grand Félis comparable au Lion sous plusieurs rapports, une Panthère et des Hyènes de plusieurs sortes.
FAMILLE pes URSIDÉS
Les espèces d’Ours sont peu nombreuses, et on peut en parler sous une même dénomination générique, Ces Animaux ont à chaque mâchoire deux paires de grosses dents tuberculeuses en arrière de leurs dents carnassicres : leurs pieds sont plantigrades et leur queue est rudimentaire, Tous sont omnivores.
GENRE OURS (Ursus, Linné), L’en-
.Semble des espèces auxquelles nous laisse-
rons ici cette dénomination, a été subdivisé
en genres distincts par les naturalistes mo-
dernes, Cependant, malgré les caractères
secondaires qui les séparent entre eux, ces
Animaux en présentent plusieurs autres qui
leur sont communs et qu’on ne rencontre
point ailleurs, Leur corps est lourd, toujours
lus ou moins {rapu et recouvert d'une four- - .
rure épaisse: à peu près unicolore, Ils n'ont AS A NE PONRERRES
1, mais il:est s plus beaux pelage fauve Panthère à la u fauve nous
épartir entre illes à part.
familles sont Viverra) est des lélidés, ns provisoinciens, ainsi
nts en Améins, comme , Comme les ux dans les Madagascar.
L y a même utochtones.
nm y chasse à possédées en plus gros ' rapports,
dénominats tubercu-
RS HAUN
FAMILLE DES URSIDÉS, 11
qu’un faible rudiment de queue, et leurs pieds, qui sont plantigrades, ont chacun cinq doigts bien distincts; ces doigts sont armés d'ongles puissants, mais non rétractiles, Les oreilles sont médiocres et velues; la langue est douce et les yeux sont petits. Quant à leur système dentaire, il est établi sur un modèle assez particulier.
Indépendamment des incisives et des canines, ici en même nombre que chez les autres sarnivores, les Ours ont six paires de molaires supérieures et sept inférieures, Ces .dents sont ainsi disposées, ? paires de fausses molaires qui sont caduques soit en partie, soit même en totalité dans certaines espèces; + carnassicres, de forme très-différente à l’une et à
l’autre mâchoire, et ? grandes arrière-molaires, à couronne tuberculeuse et de forme carrée,
subarrondie ou ovalaire, L’Ours malais n’a que * molaires, parce qu’il a moins de fausses molaires que les autres,
Tous les Ours ont le régime omnivore; leur intestin manque de cœcum, Ce sont des Animaux intelligents, mais qui sont défiants et qui aiment la solitude, Ils prennent rang parmi les Garnassiers les plus dangereux, Deux de leurs espèces, l'Ours blanc et l’Ours féroce, ne le cédent point au Lion et au Tigre pour les dimensions; elles ont pourtant des habitudes moins sanguinaires, D'autres, quoique moins fortes, sont encore assez vigoureuses et toujours assez cruelles pour que l'Homme les redoute; tels sont en particulier nos Ours européens, Une troisième catégorie de ces Animaux comprend des espèces qui se rapprochent davantage du Blaireau ou du Glouton par leur volume et même par leurs habitudes.
Tous les Ours, à quelque espèce qu'ils appartiennent, sont recherchés pour leur four: 'ure, et leur chair est bonne à manger; aussi leur fait-on partout une chasse active, dont les procédés varient suivant les Jieux et les espèces. A l'état de captivité, ils sont susceptibles de quelque éducation, et les montreurs d’Animaux les recherchent préférablement à tous les autres quadrupèdes du même ordre, :
Les Ours ont six mamelles, deux paires ventrales et une pectorale, Leurs femelles ont plusieurs petits à chaque portée, Ceux-ci sont aveugles en venant au monde, et leurs poils sont
si courts que leur corps paraît entiérement nu, Comme ils ont en même temps les formes
assez lourdes, ils manquent de la grâce qui distingue la plupart des Carnivores naissants ; cependant ils ne sont pas difformes comme on le suppose généralement , et, si leur mère les lèche, c’est pour les nettoyer, mais point du tout pour les modeler, comme on le dit,
I y à des espèces de ce groupe en Europe, en Asie et dans les deux Amériques, Elles habitent de préférence les endroits froids, et dans les régions intertropicales on les trouve surtout dans les lieux élevés; elles paraissent assez nombreuses, sans l'être autant que celles de presque toutes les autres familles de Carnivores, et il en est plusieurs qui se laissent bien nettement caractériser : c’est pour elles qu’on a établi des genres particuliers. D’autres sont moins certaines, ou du moins plus rapprochées les unes des autres, et il n’est pas du tout démontré que l'on doive accepter toutes celles qui ont été proposées par les zoologistes.
Il à existé plus anciennement certaines espèces du même genre dont les races sont aujourd’hui anéanties ; tels sont entre autres le petit Ours des alluvions ponceuses de la Limagne (Ursus arvernensis), et les Ours, au contraire plus grands que ceux d’à présent, dont les ossements sont ensevelis en si grande abondance dans beaucoup de cavernes : en Angleterre, en Belgique, en France , en Allemagne et en Italie, Ces derniers, parmi lesquels certains auteurs croient aussi devoir établir plusieurs espèces, répondent à l'Ursus spelaus de’Blumenbach, Ils ont été très-communs dans les Cévennes et dans le Jura,
Cest en © + suprès des, Animaux , 10$-.ies fo
lesquels on a établi
Moraines D'Ivévancros,
fossiles à Montpellier
TP
PRE rh ee
Ses ge rime are mu re EE -
ARE meer PER
12 ORDRE DES GARNIVORES.
qui s’y rapportent égalaient les plus grands Ours en dimensions, mais elles avaient la dernière molaire supérieure moins longue que la leur, et leur carnassière de la même mâchoire était plus forte, trilobée à son bord externe et pourvue d’un fort talon interne, Les Hyénarctos ne sont encore connus que dans les terrains miocènes et pliocènes, et leurs espèces appartiennent par conséquent à des faunes antérieures à celles dont les véritables Ours font partie,
Nous ne décrirons ici que les espèces actuellement existantes de la famille des Ursidés ; et, comme nous l’avons déjà dit, nous les laisserons toutes dans le même genre, quelle que soit la valeur des caractères génériques qui distinguent plusieurs d’entre elles. Il nous à paru suffisant d'indiquer à l’occasion ces caractères et de rappeler en synonymie le nom des coupes génériques dont ils justifient l’établissement,
1. Les OURS européens et les espèces exotiques qui s’en rapprochent le plus perdent de bonne heure une ou plusieurs de leurs petites avant-molaires, ce qui laisse un espace vide plus ou moins considérable au commencement de la série de leurs molaires, Chez plusieurs cependant la première paire de fausses molaires subsiste et elle reste appliquée sur la base postérieure des canines, Ce premier groupe répond à deux des genres établis par M, Gray,
Ours FÉROGE (Ursus ferox). On trouve dans une grande partie de l'Amérique septentrionale, depuis les régions du Nord jusqu’en Californie, une espèce d'Ours bien certainement différente des Ours ordinaires de ce continent, dits Ours noirs, et qui, tout en se rapprochant à certains égards des Ours européens, paraît devoir en être également séparée, Les Ours de cette espèce sont plus forts que les nôtres; ils ont aussi les mœurs plus cruelles et leur nourriture consiste plus habituellement en Animaux, qu’ils attaquent de vive force. IIS conbattent souvent les Bisons avec avantage et, dans certains cas, ils se jettent sur l'Homme lui-même,
RE
DH rare