RES
Dans les pays moins avancés en civilisation et où le déboisement ainsi que la culture n'ont pas autant resserré leur domaine, les Loups sont bien plus communs et chacune de leurs bandes réunit un plus grand nombre d'individus, Ils attaquent alors le gros bétail, les Chevaux, les voyageurs. Dans d’autres endroits » au contraire, leur race à été anéantie ; c'est, en particulier, ce qui a eu lieu en Irlande, où il n'existe plus de Loups depuis l'année 1710, En Écosse, ils ont disparu en 1710; leur entière destruction en Angleterre avait eu lieu à une époque beaucoup plus reculée,
Le Loup a le pelage gris fauve varié de poils noirs en dessus ot noir sur uno partie des jambes de devant, Ses caractères anatomiques et sa tuile grandes races des Chiens, avec lesquelles il peut donner des produits féconds.
La Louve entre en chaleur en hiver, et, après une gestation de soixante-trois jours, elle met bas de cinq à neuf petits, qui naissent les yeux fermés; elle les allaite avec beaucoup de soin et les défend avec courage, Les Louveteaux grandissent assez vite; à deux ans, ils sont capables d'engendrer,
On cite beaucoup d'exemples d'Animaux de cette espèce qui ont été apprivoisés: et avec quelques précautions, on peut même retenir en domesticité des Loups pris adultes: une simple chaîne suffit le plus souvent, et, dans les villages, on promène ainsi ceux qui ont été pris aux piéges; les gens qui s’en sont emparés vont de ferme en ferme solliciter quelque récompense de la part des personnes qui possèdent des Moutons. Beaucoup de ces Loups montent un véritable attachement pour les gens qui les nourrissent, et l'on a rapporté, à cel égard, un grand nombre de traits jort curieux, Mais ces Animaux ont aussi été la cause de nombreux accidents et il est toujours prudent de leur laisser le moins de liberté possible,
Nous emprunterons à F. Cuvier le seul trait dont il sera question ici :
« Le Loup, dit cet habile et scrupuleux observateur des instincts des Mammifcres, est un des Animaux féroces chez lequel l'attachement peut être porté au plus haut degré, et qui nous donne le plus singulier exemple du développement que peut atteindre le besoin des caresses; besoin si extraordinaire, que nous le voyons chez cet Animal l'emporter sur celui de la faim, et même sur celui de l'amour, » Doué sans doute d’un heureux naturel et élevé comme un jeune Chien , le Loup dont parle F, Cuvier devint familier avec toutes les personnes qu'il voyait habituellement ; il suivait en tous lieux son maître, dont l'absence le faisait toujours souffrir, montrait la soumission la plus entitre, et, sous ces divers rapports, ne différait presque en aucune manière du Chien domestique le plus privé; cependant son maître étant obligé de s’absenter en fit don à la Ménagerie, Là, enfermé dans une loge, l’Animal fut pendant plusieurs semaines triste et sans appétit; cependant sa santé se rétablit et il s’attacha bientôt à ses gardiens; il paraissait avoir oublié ses anciennes affections, quand au bout de dix-huit mois son maître revint, Au premier mot que celui-ci prononça, le Loup qui ne l’apercevait point encore reconnut sa voix, et il en témoigna sa joie par ses mouvements et ses cris, On le mit en liberté ct aussitôt il couvrit de caresses Son ancien ami Comme l'aurait fait après quelques jours d'absence le Chien le plus dévoué, Malheureusement il fallut se quitter de nouveau et cette Séparation fut la cause d’une nouvelle tristesse, tristesse si profonde qu'on dut renfermer un Chien avec le Loup pour donner à celui-ci quelques sujets de se distraire, Trois ans s’écoulérent sans que le maître revint. Lorsqu'il arriva dans la Ménagerie, sa voix frappa de nouveau l'attention du Loup et lui rappela son mitié, Aussitôt lâché, il courut vers son maître, redoubla de cris, posa ses deux pattes de devant sur ses épaules, lui lécha le visage et menaça de ses dents les gardiens qui osaient s’en approcher, quoiqu'il leur eût donné un instant auparavant des marques de son affection, Il fut nécessaire de se séparer encore, Aprés cet instant pénible, le Loup devint triste, immobile; il refusa toute nourriture ; il maigrit; ses poils se hérissérent comme ceux de tous les Animaux malades : au bout de huit jours, il était méconnaissable, et l’on a eu longtemps la crainte de le perdre;
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MAMILLE DES CANIDÉS,. 57
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F, Cuvier ajoute : «Ge récit dont j'ai plutôt adouci qu'exagéré les expressions ne ressemble guère sans doute à ce qu'on rapporte généralement du naturel du Loup; mais on ne connaît cette espèce que par ce qu'oni fait voir les individus de nos forêts, qui vivent entourés d'ennemis et de dangers, et chez lesquels il ne peut se développer d’autres sentiments que ceux de la crainte, de la défiance et de la haine, et nous avons pu nous assurer que les Chiens (levés de la sorte deviennent tout aussi sauvages, tout aussi féroces que des Loups, sans cependant l'être aussi profondément; tant il est vrai que, pour connaître le naturel d’une espèce, c'est-à-dire ses dispositions intellectuelles fondamentales, il faut l'avoir vue dans toutes les circonstances qui sont propres à les rendre sensibles, à les manifester. »
Loups ne France, 1/12 de grand,
Des Loups semblables à ceux de France existent dans les autres États de l'Europe conti mentale el dans le nord de l'Asie, mais il n’y en à pas en Algérie, Les naturalistes ne sont pas fixés sur la valeur des caracttres propres aux Lours Notrrs, que l'on observe en Europe, avec les Loups ordinaires et dont la présence en France à (lé plusieurs fois constatée, Quelques-uns les regardent comme étant d’une espèce à part, et ils leur donnent le nom de Canis Lycaon ; d'autres n’y voient qu'une variété individuelle, et ils citent à l'appui de leur opinion ce fait, d’ailleurs incontestable, que, dans les nichées de Louveteaux appartenant bien sûrement à l'espèce commune, il y a parfois des individus entièrement noirs, On a Également cru qu’ils étaient le résultat d'on croisement entre le Loup et le Chien, Quoi qu’il en soit, un crâne de Loup noir des Ps: nées, que nous avons étudié, nous à paru s'éloigner un peu de celui de l'espèce commune et ressembler davantage à celui des Loups de l’Inde et de l’Amérique du Nord, qui peuvent eux-mêmes être atteints dans certains cas d’un semblable : 1Élanisme,
Les Loups étrangers à l'Europe ont aussi donné lieu à quelques difficultés 2oologiques, tar certains d’entre eux ont une telle analogie avec les nôtres, qu'il est difficile de les en distinguer nettement, Cependant tous les Loups ne sont pas dans ce cas, et l'incertitude n'existe guëre que pour ceux de l'inde et pour ceux de l'Amérique septentrionale; car, s'il
y à en Afrique et dans l'Asie orientale des Canis, que l'on doit rapporter au même sous-
genre, il est on même temps possible de démontrer que ce sont bien des Animaux d'espèces s distinctes, Mais les Loups de l'Inde ont toute l'apparence extérieure des nôtres, quoique leur le pelage soit moins fourni et leur taille un peu moindre; et que, du moins dans le petit nombre s d'exemplaires qu'on a pu observer sous ce rapport, la deuxiéme molaire tuberculeuse de C la mâchoire supérieure soit plus petite, ce qui indique tout au moins une race à part, Ces si Lours De L'INDE répondent au Canis pallipes du colonel Sykes, — Le Loup pu Japon (Canis ‘ hodophilax, Temm, et Sebleg,) est, au contraire, plus bas sur jambes que celui de l'Europe N ou de l'Inde; il a le museau plus court et sa queue est moins fournie; aussi l'a-t-on décrit j" comme constituant une espèce à part, "
Certains Loups de l'Amérique septentrionale semblent également pouvoir être distingués d des nôtres, bien qu'il soit dans certains cas trés-difficile de les en séparer par des caractéres à précis, et qu'on les ait souvent regardés comme n'en différant pass ils sont même de L plusieurs sortes, \
Dans les contrées froides de l'Amérique, leur poil est plus fourni et d'une belle teinte k grisâtre, ce qui les fait rechercher comme fourrure; mais ce ne sont pas des Albinos, et ils e n'ont ni le pelage entièrement blane ni les yeux rouges, quoiqu'il y ait dans cette espèce, hi comme dans les autres, des individus réellement affectés d’albinisme, D'autres, au contraire, ol sont noirs, mais individuellement et ils ne forment pas une véritable race, Fe
Les Loups nord-américains, qui ressemblent le plus à ceux de l'Europe, ont été souvent h appelés dans les ouvrages descriptifs, et en particulier dans celui de Richardson, Canis vi
lupus occidentalis, On a constaté leur existence sur une grande partie des États-Unis, \
D'autres ont été regardés par Say comme formant une espèce bien distinete, comme le Loup oDOnANT (Canis nubilus) , qui est plus courageux et qui attaque même le Bison,
Le Loup DES PRAIRIES (Canis latrans, Say) est aussi des États-Unis, mais plus particulièrement de la vallée du Colombia, dans la Californie, peut-être aussi du Mexique, I n’est pas certain, en effet, que le Cuygotte des Mexicains doive en Ôtre séparé, Le Loup des prairies se laisse plus aisément distinguer du Loup d'Europe que les précédents; et de Blainville, qui à pu en étudier le crâne, l’accepte comme en étant différent, I signale à l'appui de son opinion quelques particularités assez légères, 1l est vrai, mais qui ne se retrouvent ni dans les autres Loups dé l'Amérique, ni dans ceux de l'Europe ou de l'Asie, M. Hamilton Smith en fait même une pelite division à part, sous le nom de ZLyciscus,
L'Asie Mineure et l'Afrique septentrionale ont aussi des Loups: ils sont également diffé rents des nôtres,
Une des plus remarquables pour la singularité de ses caractères est le Lou»
D'ABYSSINIE (Canis sinus, Ruppel) , qui a lés formes élancées du Lévrier et dont le crâne est encore plus allongé que celui
de ces Animaux, Ke Le Lou p'Écypre Contis Lupaster, K
Hemprich et Ehrenberg) est moins grêle, N
el, sauf sa taille un peu inférieure, il se :
rapproche davantage du Loup d'Europe,
# Q L * nm ., , ‘ ‘ = & A établit à plusieurs égards la transition CAN pu GANTS SINES, (3 de grand SÈ des véritables Loups aux Chacals,
2. Les CUONS sont des Canis à six paires de dents molaires inférieures, On n'en a encore observé que dans l'Inde,
Ïls résseniblent assez aux Loups et aux Chacals par leur forme extérieure, sont intermédaires aux uns et aux autres par la taille, et ont la crâne assez peu différent de celui des
u môme sousmaux d'espèces s, quoique leur le petit nombre aberculeuse de ce à part, Ces
JAPON (Canis lui de l'Europe
l'a-t-on décrit
dre distingués des caractéres sont même de
ne belle teinte Albinos, et ils cette espèce, , du contraire,
nt été souvent udson, Canis tats- Unis,
te, comme Île le Bison,
ais plus partixique, I n'est 1p des prairies de Blainville, appui de son nt ni dans les unilton Smith
alement diffé-
‘ani
r'en à encore
ont interméde cetui des
seconds; mais ils n'ont qu'une seule paire de molaires tubereu-
leuses à la mâchoire infévioure, ce qui ne leur donne que ÿ molaires, Ces Animaux ont été souvent con.
sidérés comme des Chiens sauvages, et l'on a supposé, mais à tort, qu'ils pourraient bien être l'origine de nos Chiens domestiques, Hs chassent à la manicre des Chiens marrons, c'est-à-dire on s'associant plusieurs ensemble, Leur proie consiste en Lièvres, en \utilopes, en Cerfs, et, assure-
ty
Fe
t-on, en Buffles sauvages ou do-
mestiques, Hs remontent assez haut dans les montagnes et approchent souvent des neiges perpé-
DENTirion bu GUON brasse, 9/4 de grand
tuelles; fins et rusés, ils se laissent rarement surprendre par l'Homme: ils ont leur demeure
habituelle dans les ravins et dans les rochers; toutefois ils ne se terrent pas; quelques-uns
vivent aussi dans les plaines, | Le GUON BUANSU (Canis primevus, Hodgson), (Junglee coata) vit dans l'Hindoustan,
ee BRUNIER:SC,
Cox nBuaAnse, 48 de grand = IS
60 ORDRE DES GARNIVORES,
C'est un Animal plus grand que le Chacal, mais moins fort que le Loup, plus élancé que l'un et l'autre, à pelage généralement fauve roux, plus clair à la tête et glacé de noirâtre à la queue, Il paraît qu'il ne faut pas en séparer comme espèce le Canis duckunensis, signalé dans le Deccan par le colonel Sykes, et l’on appelle Cuon DE MONTAGNE (Cuon alpinus) un Canis des monts Altaï, qui a aussi le même système dentaire,
Il y a également des Animaux analogues dans plusieurs des îles indiennes, tels sont le Dhote et le Pariah de Ceylan, le Quoo de Sumatra, et, d'après M. Hamilton Smith, le Canis javanicus de F, Cuvier et de Desmarest, M, Smith leur associe encore le Dingo, de la Nouvelle- Hollande, qu'il nomme Chryseus Australie; mais celui-ci a bien cerlainement la même dentition que le Chien domestique.
Le Canis javanicus est très-probablement le même Animal que Boïie a signalé à Java sous le nom de Canis rutilans, qu'il dit y être trés-rare. et sur la détermination duque! J,-B, Fischer est resté indécis,