SECTE
TRIBU pes PHALANGISTINS
Les Phalangistins ou Phalangers sont des Animaux à queue longue et prenante, dont les membres ne soutiennent pas de membranes aliformes. Le pouce de leurs pieds de derrière est opposable et onguiculé. Leurs vraies molaires ont la couronne formée par deux collines
| transverses; leur canine supérieure est suivie d’une premitre fausse-molaire isolée, et leur
| mâchoire inférieure présente, entre l’incisive proclive et la première grosse molaire, une ou
deux paires de dents gemmiformes. Ils vivent sur les arbres, et se nourrissent principalement de substances végétale ou d’Insectes,
Les îles de la Malaisie en fournissent quelques espèces, mais la plupart de ces Animaux appartiennent à la Faune australienne.
On peut les partager en quatre genres, sous les noms de Phalanger où Couscous, Trichosure, Pseudochire et Dromicie.
GENRE PHALANGER (Phalangista, G. Cuvier, d'après Daubenton). Lacépède l'appelle Cous-cous. Ces Animaux ont la queue velue à sa base seulement, et, au contraire, nue et écailleuse dans le reste de sa longueur: leurs oreilles sont courtes, et leurs pupilles verticales. Leurs mœurs sont nocturnes; comme ils ont pour patrie certaines îles de la Malaisie, on les a connus avant les Phalangers australiens.
L'espèce type de ce genre est lo PHALANGER MAGULÉ (Phalangista maculata, E. Geoffr.), qui vit aux îles Moluques, et particulièrement à Amboine, où il porte le nom de Cous-cous, On le cite également à la Nouvelle-Guinée. Son pelage est blanchätre tacheté de brun et de noirâtre, A côté se placent : le PHALANGER Roux (PA. cavifrons), d'Amboine, de Banda et de la Nouvelle-[rlande; — le PHALANGER A CROUPION DORÉ, d’Amboine, de Céram et de la Nouvelle-Guinée, — et le PHALANGER OURSIN, de Célèbes,
PHALANGER, 1/6 de grand,
Ces Phalangers, dont Linné confoncait ies deux premières espèces sous le nom de Didelphis orientalis, avaient déjà été signalés au seizième siècle par Lécluse, comme étant des Animaux procres à l'archipel des Indes, et d’autres autours avaiont confirmé cotte nssortion. Cepen-
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Le
FAMILLE DES PHALANGIDÉS. 275
dant, Buffon commit l'erreur de les décrire comme étant Américains; et ce ne fut que fort tard qu’il connut leur véritable provenance, Suivant Pallas et Desmoulins, les anciens p’auraient pas ignoré l'existence de ces Marsupiaux, et c’est d'eux que Plutarque aurait parlé, lorsqu'il dit, dans son Zraité de l'amour des parents Pour leurs enfants : « Fixez votre attention sur ces Chats, qui, après avoir produit leurs petits vivants, les cachent de nouveau dans leur ventre, d'où ils les laissent sortir pour aller chercher leur nourriture, et les y reprennent ensuite, pour qu’ils dorment en repos, » Ce passage semble en effet ne laisser aucun doute, Cependant tous les naturalistes n’acceptent pas avec Pallas et Desmoulins, qu’on doive y reconnaître les Phalangers, car on n’a pas la preuve certaine que les îles Molusques aient été connues à une époque aussi recule, On pourra lire, sur ce sujet à la fois intéressant pour l’histoire des voyages et pour celle de la zoologie, un long article sans signature inséré dans le Magasin Piltoresque pour l’année 1847. L'érudition qui distingue cet intéres- Sant article nous fait supposer qu'il est dû à la plume exercée de M. Roulin.
GENRE TRICHOSURE (Trichosurus, Lesson), La queue est velue dans toute sa longueur, sauf sur sa face inférieure et dans un espace assez étroit; les oreilles sont plus ou moins grandes; la pupille est ronde, et les doigts antérieurs ont la disposition ordinaire, Les Trichosures sont des Phalangers exclusivement australiens, On en a déjà décrit trois espèces :
Le Tnicnosure Renann (Trichosurus vulpinus), plus généralement connu sous le nom de Phalanger Renard. Il est un peu moins fort quele Renard, et ressemble beaucoup moins à ce Carnivore qu'à un gros Galago, Aussi, Shaw qui en fait à tort deux espèces, donne-t-il à la seconde le nom de Didelphis lemurina, Son pelage, qui est doux et presque laineux, est gris brun en dessus, et gris jaunâtre en dessous. Son COTPS à 0,40, et sa queue plus de 0,30. On le trouve à la Nouvelle-Galles ainsi que sur les côtes r5rd et occidentales du continent australien,
Les auteurs citent plusieurs autres espèces de Trichosures, admet que deux, savoir : le Phalanger canin de M. O'Gilby et même auteur.
GENRE PSEUDOCHIRE (Pseudochirus , langers joignant au système dentaire, à la queue et aux pupilles rondes des Trichosures , une disposition assez particulicre des doigts antérieurs, qui sont partagés en deux paquets
opposables l’un à l’autre, Le pouce et l'indicateur sont d’un côté et les trois autres doigts sont de l’autre,
Cinq espèces sont signalées : quatre habitent l
mais M. Waterhouse n’en le Phalanger æanthope du
O'Gilby). Les Pseudochires sont des Pha-
Australie et une la Nouvelle-Guinée, Celle de ce dernier pays a reçu de MM. Hombron et Jarquinot le nom de PHALANGER GRISON- NANT; les autres, ou celles de l’Australie, sont les PHALANGERS pe Cook » DE BOUGaAIN- VILLE, VIVERRIN et NUDICAUDE,
Le Phalanger de Cook a été découvert pendant le tr anglais dont il porte le nom. Le Phalanger pas, a 6t6 établi par G, Cuvier sur l'exame de l'expédition de Bougainville.
GENRE DROMICIE (Dromicia, Gray). Lo Phalanger nain des auteurs et deux autres espèces ont été séparés génériquement des Phalangers des deux genres précédents à cause de leur queue plus semblable à celle des Couscous ou Phalangers inalaisiens, Is ont en outre les oreilles bien plus grandes que Ceux-ci, ei leurs doigts ont de petits ongles, Leur mâchoire
inférieure présente aussi une molaire de plus entre la grande incisive et les molaires ordinaires,
oisième voyage du célèbre navigateur de Bougainville, qui n’en diffère peut-être n d’un exemplaire rapporté par les natv istes
Ces jolis Phalangers sont particuliers à l'Australie; ils ont de lanalogie avec petites Sarigues et vivent dans des conditions analogues,
Le DKomicre nain (Dromicia nana) à été comparé à un Loir, cc qui jui a valu, de ja part de quelques auteurs, le nom spécifique de gliroide; son pelage est gris en dessus et
les plus
276 ORDRE DES MARSUPIAUNX.
blanchâtre en dessous. C'est le Phalangista nana ou gliriformis de quelques auteurs, On ne le trouve qu'en Tasmanie,
Le DROMIGIE MIGNON (Dromicia concinna, Gould) appartient au Nord de la Nouvelie- Hollande, et se rensontre depuis la Nouvelle-Galles jusqu’à la rivière des Cygnes,
Le DnromiciE pe Neizz (Dromicia Neillii, Waterhouse) est plus particulièrement des environs du port du Roi-Georges,
TRIBU pes PÉTAURISTINS
Les Pétauristes (Petaurina, Ch. Bonaparte) sont des Phalangers qui se distinguent de ceux dont nous avons déjà parlé par la présence de membranes latérales analogues à celles des Écureuils volants (Ptéromys et Sciuroptères), Leur queue n’est pas toujours prenante, mais leurs ongles sont constamment crochus, Leurs mœurs ont beaucoup de rapport avec celles des Sciuridés auxquels nous venons de les comparer, Ils jouissent, comme eux, de la faculté de s'élancer à de grandes distances , avec autant de légèreté que s'ils voltigeaient,
On en a distingué trois genres répondant aux Petaurus de Shaw; ce sont les Péfaurisles, les Bélidés et les Acrobatès. Leurs molaires sont plus petites que celles des Phalangers et plus tubereuleuses ; le nombre de leurs dents intermédiaires est sujet à quelques variations,
GENRE PÉTAURISTE (Petaurus, F,. Cuvier). Les Petauristes, qui sont les plus grands Animaux de cette tribu, atteignent ou surpassent même en dimensions les plus grands Ptéromys, Leur corps peut mesurer jusqu’à 0,45 et leur queue 0,55. Leur fourrure est fort belle et susceptible d’être utilement employée. Leur membrane aliforme va du carpe aux genoux, Leurs oreilles sont grandes, membraneuses et velues en dehors, Leur museau est assez fin et il se termine par un petit mufle.
L'espèce la plus remarquable et la mieux connue est le PÉTAURISTE TAGUANOIDE
(Petaurus taguanoides, Desm.) de la Nouvelle-Galles du Sud, Son corps est noir en dessus et sa mémbrane variée de gris; la base de sa queue est brun cendré,
GENRE BÉLIDÉ (Belideus, Waterhouse), Les oreilles sont longues et nues ; la membrane latérale s'étend antérieurement jusqu’au petit doigt ; il y a quatre paires de molaires gemmiformes inférieures, ce qui porte le nombre total des dents à neuf paires pour cette mâchoire.
Bériné scitnis, 1/5 de grand
auteurs, On
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FAMILLE DES TARSIPÉDIDÉS. 277
Le BÉLIDÉ sciuniN (Belideus sciureus ou Didelphis sciurea de Shaw) est cendré perlé avec du brun sur la ligne dorsale, sur la membrane et au bout de la queue; il est gris jaunâtre en dessous et sa membrane est frangée de poils blanchâtres, Par le corps, par la taille et par le port il rappelle le Sciuroptère polatouche (t. I, p. 302).
On doit distinguer comme espèce à » rt, le BÉLIDÉ AUSTRAL (Petaurus australis de Shaw), qui répond au Pétauriste à ventre jaune de Desmarest. Sa taille est un peu plus grande et il a pour ,patrie la Nouvelle-Galies du Sud. Le Pétauriste à grande queue de Shaw et de Desmarest, plus difficile à caractériser, est moins certainement une espèce distincte,
Deux autres espèces, du même genre, ont été nommées Belideus breviceps par M, Waterhouse et Belideus ariel par M. Gould,
GENRE ACROBATE (Acrobates, Desm.). Les Acrobates ou Voltigeurs sont beaucoup plus petits que les Bélidés. En effet, l'unique espèce qu’on en cite encore n'est guère plus grande que le Muscardin (T. I, p. 375), dont elle aurait l'apparence extérieure sans les courtes membranes aliformes que l’on voit sur ses flancs. Sa mâchoire supérieure porte en tout dix paires de dents et l’inférieure huit; il n’y a que deux paires inférieures de dents gemmiformes; mais les deux avant- molaires qui les suivent ont la partie antérieure de leur couronne en pointe aiguë un peu curviligne ; les canines supérieures sont assez fortes. Ces Animaux sont en grande partie insectivores, Ils sont au nombre des plus petits Mammifères de l'Australie, et leur régime, ainsi que leur dentition, peuvent être comparés à ceux de nos Musaraignes,
L’'AGROBATE PYGMÉE (Acrobates Pygmæus) est le Didelphis pygmæa de Shaw. Il a le pelage doux au toucher, brun roussâtre en dessus et blanc en dessous ; sa queue est largement distique, elle a 7 centimètres de long; le corps est de la même longueur.
L’Acrobate pygmée est de la Nouvelle-Galles du Sud.
DENTS DE L'ACROBATE PYGMÉE, 4/1 de grond ACROBATE PYGMÉE, grand. rat.
FAMILLE nes TARSIPÉDIDÉS
Les Tarsipédidés sont de petits Marsupiaux qui présentent une combinaison de caractères assez remarquable, Ils ont le second et le troisième orteils comme les autres Syndactyles; le pouce de leurs pieds de derrière est opposable et sans ongle ; leurs autres doigts, aussi bien ceux de derrière que ceux Je devant, sont arrondis et protégés par des ongles courts et aplatis qui rappellent ceux des Primates, Leur système dentaire paraît fort irrégulier, On ne saurait en donner encore Cù la formule, à cause de la chute précoce de la plupart des dents qui le composent ; cependant la mâchoire inférieure porte une paire de longues dents incisives cultriformes et projetées en avant; la face est allongée; le maxillaire inférieur diffère notablement par sa forme de celui des autres Marsupiaux, pour ressembler à la fois à ce que l’on voit chez certains Édentés et chez les Monotrèmes. f
Cette famille ne comprend qu’un seul genre.
GENRE TARSIPÈDE (Tarsipes, P. Gerv. et J. Verreaux). La seule espèce connue est
CRANE De TansiPÈèDbe, 3/1 de grand
ORDRE DES MARSUPIAUX, des ] notre TARSIPÈDE nos- l'Ani TRÉ (Tarsipes rostratus), et su joli petit Animal des bords F mêle de la rivière des Cygnes, Le qui vit sur les arbrisseaux, nomi où il chasse les insectes queu et suce le nectar des fleurs, endr Sa langue est fort longue | Se et préhensile; sa tête est | différ prolongée en forme de rostre; sa queue est un Pérar peu prenante. GE Le Tarsipède rostré est que le à peine gros comme une de so Souris; sa démarche est | auxqu fort élégante, Il n'est plus C'e très-rare dans les collec- de la ses ji tions. M, Waterhouse, qui quoiqi en a reçu un exemplaire’ | GE Tansirène nosrné, 2/3 de grand entier, à complété , par : one le elques détails anatomiques, la description que nous en avions donné le premier. culés, les m est int
FAMILLE pes PÉRAMÉLIDÉS
nasula
La 6 rieure de leu
Les espèces de la famille des Péramélidés sont caractérisées par la forme toujours allongée de leur tête, par leurs ongles grands, propres à fouir, par leurs doigts inégaux, toujours en nombre inférieur à cinq, et par leurs dents nombreuses; ils ont constamment cinq paires d’incisives supérieures et quatre inférieures, Ces Animaux n'acquicrent que de faibles dimensions,
Ils vivent en grande partie d'insectes ct peuvent être comparés, sous plusieurs rapports, aux Érinacéidés. Leurs poils sont quelquefois rudes, surtout sur le dos, mais ils ne sont jamais réellement épineux.
On peut les partager en trois genres, sous le nom de Chéropus , Péragale et Péramèle.
GENRE CHÉROPUS (Chæropus, O'Gilby). On y place une espèce de petit Marsupial, originaire du sud de l'Australie, qui présente plusieurs caractères assez singuliers, Son museau est pointu et terminé par un petit mufle; ses oreilles sont grandes et en cornet ; Sa queue est un peu moins longue que son corps, grêle et garnie de poils; enfin ses pieds sont longs et grêles, les antérieurs ne montrant que deux doigts; ceux-ci ont une certaine analogie avec ceux des Monodelphes bisulques, et sont supportés par des métacarpiens fort longs; ils répondent aux deux plus grands doigts de la patte des Péramèles; mais leurs ongles sont plus courts que ceux de ces Animaux, Un petit tubercule onguiculé qui se voit à la base externe du métacarpe représente leur troisième doigt; le pied de derrière a quatre doigts comme celui
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FAMILLE DES PÉRIMALIDÉS, 279
des Péramèéles, mais l’un d'eux est beaucoup plus long que les autres, et c'est sur ce doigt que l’Animal s'appuie lorsqu'il marche, A son côté interne sont les deux petits doigts syndactyles, ot sur son côté externe un autre doigt rudimentaire répondant à l'orteil externe des Péramèles, mais beaucoup plus court que lui,
Le Cnénobus casranore (Chæropus caslanolis, Gray), que M. O'Gilby avait d’abord nommé Chœropus ecaudalus, d'aprés un exemplaire mutilé, a le corps long de 0,22 et la queue de 0,13; son pelage, qui est assez doux, est en général ce endroits; le bout de sa queue est plus claire,
Ses dents sont au nombre de quarante-huit, comme celles des Péramélidé différentes par la forme : le crâne montre aussi un
Les naturalistes anglais appellent aussi ce Péramèle à pieds de Cochon.
GENRE PÉRAGALE (Peragalea, Gray). On n’en a « que la forme assez particulière de ses dents molaires, de son pelage et sa queue velue permettent de disti auxquels on l'avait d'abord associée,
C’est le PÉRAGALE LAGOTIS (Peragalea lagotis, Gray, d'après Reid) que les colons anglais de la côte ouest de la Nouvelle-Hollande nomment Wative rabbit, c'est-à-dire Lapin indigène, quoiqu'il n’ait avec le Lapin qu’une ressemblance fort éloignée,
GENRE PÉRAMÈLE (Perameles, E, Geoffr.). De même que les Péragales, les Pérameles ont les trois doigts intermédiaires des pattes de devant bien développés et fortement onguiculés, Leurs pieds de derritre en ont quatre, savoir : les deux doigts syndactyles qui sont les moins forts, le quatrième orteil, qui est le plus gros, et le cinquième dont la grandeur est intermédiaire : il n’y a pas de trace extérieure du pouce,
Ce genre renferme plusieurs espèces propres à la Tasmanie, à la Nouvelle-Hollande, et même à la Nouvelle-Guinée, On leur a donné les noms de Perameles macroura , obesula, nasula, Gunni, fasciata, Myosuros, Bougainvillii, arenaria et Doreyana,
La dernière appartient seule à la Nouvelle-Guinée; toutes ont une certaine analogie exté.
rieure avec les Rats, malgré l'allongement plus grand de leur tête, la disposition assez curieuse de leurs pattes et la longueur moindre de leur queue,
ndré, lavé de fauve par
S, Mais un peu e apparence qui lui est propre, t Animal Pig footed Perameles, c'est-à-dire
igalement observé qu'une espèce la grandeur de ses oreilles , la finesse nguer aisément des vrais Péramèles ,