‹ Histoire naturelle des mollusques ptéropodes; monographie comprenant la description de toutes les espèces de ce groupe de mollusquesChapitre 32 sur 79 · XIV. CLÉODORE VIRGULE · texte numérisé non relu

XIV. CLÉODORE VIRGULE

Cleodora virgula, Rawc.

RanG, Ann. des sc, nat.,t. XIII, p. 316, pl. 17, f. 2.

Escascnocrz, Creseis unguis, Cornucopiæ et Caligula, Atl. zool., p. 17, pl. 15.

D'Onsieny, Hyalæa corniformis, Voy.,t. V,p.120, pl. 8, f. 20-23.

(1) La figure de cet animal, donnée par M. Rang, est inexacte : cet animal est semblable à celui de la C. virgula (pl. 43, £. 20); le lobe postérieur ou intermédiaire est seulement plus saillant, (Voir la figure de cette Cléodore dans le Voyage de la Bonite, loc. cit.)

(PL. VI, fig. 2, et XIII, fig. 20-24.)

C., testà conicà, elongatà, pellucidä, levigatà, posticè acutissimà et suprà incurvä, anticè transversim truncalà ; aperturà simplici, cireulari.

Animal, ut in C. aciculà.

Cette espèce ne diffère de la précédente que par sa forme moins grêle et moins allongée, et par la courbure plus ou moins prononcée que présente toujours son extrémité postérieure , vers la face dorsale de la coquille.

L'animal est semblable à celui de la €, acicula; le lobe postérieur ou intermédiaire est seulement moins saillant (pl. 13, f. 20).

Dimensions de la coquille. Longueur, 6 millimètres; diamètre (à l’ouverture), 1 millimètre.

Observations et varietes. Gette espèce présente de nombreuses variétés, sous le rapport de la taille et de la courbure postérieure. M. d’Orbigny a établi, sur ce dernier caractère, une espèce qu’il a désignée sous le nom de C. corniformis, et qui se distinguerait de la €, vérgula par la courbure très prononcée de son extrémité postérieure ; mais nous dirons à ce sujet ce que nous avons déjà dit pour l’espèce qui précède, c’està-dire que l’on passe de la C. vérgula, dont l’extrémité postérieure n’est que légèrement infléchie, à la C. corniformis de M. d’Orbigny, par des transitions si peu sensibles, qu’il nous paraît impossible d’assigner à la forme de cette dernière des limites précises, et, par conséquent, de la prendre pour base d’une distinction spécifique.

Habitation. Gette Cléodore est fort commune et se trouve dans toutes les mers.

Elle a été décrite ou figurée par les auteurs suivants :

D'Orsieny, Hyalæa virgula, Voy., t. V, p. 121, pl. 8, f. 26-28.

Desnayes, Cleodora virgula, Lamarck, nouvelle édit., t. VII, p. 433.

Gué£nin-Ménevizze, Creseis virgula, Iconog. du Res. anim. de Guvier, Moll., pl. 4, £. 9.

SouLexeT, Voy. de la Bonite, Cleodora virgula,

t. V, p. 196, pl. 8, f. 18-25.

Dans son mémoire sur le genre Cléodore (1), M. Rang avait cru devoir rapporter aux espèces de ce genre les Dentalium gradus et coarctatum, ce qu'il a fait aussi sur les planches de cette monographie (pl. 6, f. 9, 10, 41), Mais M. Deshayes a fait voir que ce rapprochement était erroné, en démontrant que ces coquilles étaient toujours perfo-

rées à leur extrémité postérieure, non par accident, comme M. Rang l'avait supposé, mais d’une manière normale. Nous renvoyons aux preuves que cet habile conchyliologiste a fournies à ce sujet, à l’article GLéonore de l'Encyclopédie methodique.

A ANR A A D A AS SA AAA AS A AA A A AS AS A A AS AA A AS AS AA AS AS AA AS SA ES AAA SA

cenre CUVIÉRIE, cuyiERI4, Rang.

Triptera? Quoy et Gaymard.

Animal, ut in Cleodoris; parte anticà infernè appendice foliaceà instructà.

T'esta vitrea, symetrica, cylindracea, anticè aperta, posticè truncata et intus occlusa; peristomate obtuso. — Operculum nullum.

Animal semblable à celui des Cléodores:; la partie antérieure ou cervicale munie inférieurement d’un appendice foliacé (2).

Coquille vitrée, symétrique, cylindracée, ouverte à sa partie antérieure, tronquée et fermée par une sorte de diaphragme à sa partie postérieure ; ouverture à bords obtus et arrondis. — Pas d’opercule.

Historique. Ge genre a été établi, en 4827, par M. Rang, dans les Annales des sciences naturelles (3), pour un Mollusque ptéropode dont la découverte remonte à une époque un peu antérieure. M. Gaudichaud l'avait, en effet, recueilli pendant le voyage de /’Üranie, et en avait fait un-dessin très e> ct qu'il nous a communiqué, mais qui n’a pas été publié. Il nous parait très probable que les Ptéropodes décrits et figurés par MM. Guoy et Gaimard, dans la partie zoologique de ce même Voyage, sous les noms de Cleodora obtusa et de Triptera rosea, ne sont aussi que des Cléodores incomplétement observées.

(1) Ann. des sc. nat., t. XIII de la 1'* série (1828), p. 302.

(2) La figure que M. Rang a donnée de l'animal des Cuviéries (pl. LV) est inexacte sous plusieurs rapports, surtout pour la forme de l’appendice cervical. (Voir les fig. 1-4 de la pl. XIV.)

(3) Voir ce recueil, t. XI], p. 323, pl. 45, f. 1-8.

M. Rang a donné, sur l’organisation des Cuviéries, quelques détails dus à ses recherches et à celles de M. Audoin. MM. Alcide d’Orbigny (1) et Van Beneden (2) ont ajouté depuis quelques faits nouveaux à l'histoire de ces Mollusques dont nous avons donné nous-même, plus récemment, une description complète, dans la partie zoologique du Voyage de la Bonite (3).

Observations. En, établissant ce genre, M. Rang lui avait assigné des caractères qui l’auraient nettement séparé des Hyales, des Gléodores et des autres genres de la même famille; mais quelques uns de ces caractères, entre autres la détermination que ce naturaliste avait donnée de l’appareil branchial, n'étaient pas exacts, comme l'ont fait voir les observations ultérieures faites sur ces Mollusques. Les Cuviéries ne diffèrent extérieurement des Cléodores que par l’appendice singulier qu’elles présentent en dessous de leur partie cervicale, appendice que M. Rang avait regardé comme la branchie, que M. d'Orbigny a comparé au pied rudimentaire des Glios et des Pneumodermes, et que nous considérons comme une dépendance de l'appareil générateur (4) ; mais cet appendice ne nous paraît pas établir une différence importante entre les deux genres, car son existence n’est pas constante dans les Cuviéries, comme nous le dirons bien-

(1) Voy. dans l'Amér. mérid., t. V, p. 195.

(2) Exercices zootomiques, p. 29.

(3) Voy. de la Bonite,t, IX, p. 198.

(4) Voir la description que nous en ayons donnée dans la Zoologie du Voyage de la Bonite.

GENRE CUVIÉRIE. 59

tôt. Sous le rapport de leur organisation interne, ces Ptéropodes ne diffèrent aussi des Cléodores que par de légères modifications dans les appareils digestif et générateur (1). Enfin, pour la coquille, M. d'Orbigny dit s'être assuré qu'elle est primitivement terminée en pointe à son extrémité postérieure, et que la forme qu’elle présente plus tardestle résultat d’une troncature (2); la coquille des Guviéries ne différerait donc encore de celle des Cléodores que par le diaphragme qui obture son extrémité postérieure, et par les bords de l’ouverture qui ne sont plus tanchants, mais arrondis. Ces différences ne paraitront peut-être pas suffisantes pour faire admettre le genre proposé par M. Rang ; cependant les autres divisions génériques de la famille des Hyales ne se distinguant aussi, la plupart, que par des différences peu tranchées, il nous a paru sans inconvénient de conserver provisoirement celle-ci.

Nous croyons qu’il faut rapporter à ce genre les Tniprkres de MM. Quoy et Gaimard, qui ne sont très probablement, comme nous l'avons déjà dit, que des Guviéries observées d’une manière incomplète.

Mœurs, habitudes, distribution geographique.

Les Cuviéries habitent surtout les mers des régions chaudes ; mais, comme les Cléodores, elles se portent aussi jusqu’à des latitudes assez élevées : ainsi M. Gaudichaud a recueilli de ces Mollusques jusque dans les parages du cap Horn.

Ces Ptéropodes sont beaucoup moins communs que les Hyales et les Cléodores; leurs mœurs et leurs habitudes sont les mêmes que celles de ces derniers Mollusques.

On n’en connaît encore qu'une espèce vivante, et une à l’état fossile.

Page 1