IL. CLIO AUSTRAL
Clio australis, BruGuiène.
Encyclopédie méthodique, Vens, t. 1, p. 507, pl. 75, F1902;
(PL-VIII, fig: 1,2:)
€C., corpore carnoso , roseo ; alis lanceolatis; caudà compressd bilobatä. (Bruguière.)
Bruguière a donné la description suivante de ce Cho :
« Gelte espèce, qui n’a pas encore été décrite, » est très commune aux atterrages de l'ile de Ma- » dagascar, où je l’ai observée sur la côte de » Foulepointe, pendant le courant du mois de » juin. Elle est plus grosse que la précédente, » plus charnue et beaucoup moins transparente. » Son corps, qui a la figure d’une poire, est ar- » rondi vers son extrémité supérieure, et partagé » sur sa longueur en six lobes obtus par autant » de rainures, qui se prolongent vers le bas. Il » se termine de ce côté par un aplatissement » tendineux, flexible et échancré , qui lui tient » lieu de queue. Sa longueur, depuis la jonction » de la tête avec le corps jusqu’au bout opposé, » est d’environ 2 pouces, sur une largeur de » moitié moindre. Sa queue est plate, et un peu » plus élargie à son extrémité, que 4 ou 5 lignes » plus haut, où elle est séparée du corps par un » léger rétrécissement. Ses nageoiressont longues » de 1 pouce, larges d’environ 3 lignes à leur base, de 5 lignes à leur milieu, et sont termi- » nées en pointe ; elles sont horizontales comme » dans l’autre espèce, membraneuses, striées » suivant leur longueur, et blanchäâtres. Sa tête » est située à l’extrémité antérieure du corps, » entrela base des ailes ; elle est composée de deux » lobes convexes qui, lorsqu'ils sont rapprochés, » ont le volume d’un gros pois. Quand l’animal » les entr'ouvre, on s’aperçoit que leur face in- » terne est un peu concave, et qu’elle est garnie
di
» de plusieurs feuillets transverses d’un roug: » très vif (1), et qu'elle a une fente longitudi- » nale à leur centre, laquelle est munie sur cha- » que bord de cinq ou six dents de figure coni- » que. La face extérieure des lobes est marquée » de quelques rides profondes qui ne sont appa- » rentes que pendant la vie de l’animal. Chacun » d’eux soutient sur le devant, et vers leur partie » moyenne, un tentacule triangulaire, mou, blan- » chätre, et analogue par sa configuration à ceux » du bulime auriculaire. Ges tentacules, dans leur » plus grande extension, ne surpassent pas d’un » quart de ligne l'extrémité supérieure des lobes, » ils rentrent en totalité comme dans l’espèce » précédente, et ne laissent alors à leur place » qu’une impression blanchâtre, semblable à » une fente,
» Son anus consiste en un mamelon orbicu- » laire, mais enfoncé, qui est situé au-dessus de » la jonction des ailes, sur la face du corps qui » est opposée à celle des tentacules, et que j'ai » regardée, pour cette raison, comme posté- » rieure, Le corps de cet animal est charnu et » d’une teinte uniforme rougeâtre, analogue à » celle des roses ; il est enduit à l'extérieur d’une » humeur très visqueuse et gluante. Ses ailes et » l'extrémité de sa queue sont blanchâtres ; les » lobes de sa têle ont la même couleur que le » reste du corps, excepté à leur face interne, qui » est teinte d’un rouge aussi éclatant que celui » du corail poli.
» Ges Mollusques sont très abondants sur la » côte sud de Madagascar; quoiqu'ils ne parais- » sent que très peu d’instants à la surface de » l’eau, leur nombre est si considérable pen- » dant les heures les plus chaudes de la jour- » née, qu'il me suffisait de plonger un seau dans » la mer pour en rapporter plusieurs du mème » coup. La manière dont ils nagent consiste à » rapprocher les deuxailes, pointe contre pointe, » et à les écarter horizontalement sur une ligne » droite avec la plus grande célérité. J'avais fait » quelques observations anatomiques sur la » forme des viscères de cet animal, qui se sont » malheureusement égarées , et dont il ne me » reste plus maintenant que des idées confuses. »
(1) Les feuillets transverses situés en dedans des lobes de la tête, dont parle ici Bruguière, nous paraissent être les appendices céphaliques qui sont placés sur les eûtés de Le bouche.
Observations. Nous avons cru devoir citer dans toute leur longueur les détails donnés par Bruguière sur cette espèce remarquable, pour fixer l'attention des naturalistes qui pourraient visiter les parages où elle a été recueillie ; il est nécessaire, en effet, que de nouvelles observations viennent la faire connaître d’une manière plus complète. Le Clio australis paraît se rapprocher beaucoup du Clio borealis ; mais il s’en distinguerait d'une manière assez tranchée par ses dimensions plus grandes et par quelques autres de ses caractères.
Quelques auteurs ont fait mention de cette espèce, mais d’après Bruguière seulement ; nous nous abstiendrons donc de les citer,