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Nous réunissons sous le nom d'épimaques une petite tribu d'oiseaux qui nous paraît très-naturelle, et que tous les auteurs indistinctement semblent n'avoir point comprise, car on ne peut se dissimuler les fluctuations sans nombre dont elle a été l'objet. C'est avec les huppes et les promerops que les anciens naturalistes rangeaient la seule espèce connue par eux. Et bien que Levaillant, Cuvier, Vieillot et Temminck aient eu sous les yeux les autres épimaques, on voit ces auteurs les placer loin des oiseaux de Paradis dans les coupes purement artificielles de leurs méthodes. C'est ainsi que Cuvier les maintient dans ses passereaux ténuirostres ou huppes, Vieillot dans ses sylvains épopsides, Temminck dans ses anisodactyles, etc. Nous-même, dans notre Traité d'ornithologie, avons sacrifié aux idées reçues, bien qu'aujourd'hui nous reconnaissions que cette famille des épimaques tient de près à celle des pa-
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210 HISTOIRE NATURELLE radisiers, et qu'elle doit être un lien intermédiaire entre les coraces et les vrais méliphagidées, ou cette famille que nous avons nommée dans notre Manuel philédonées. On conçoit en effet qu'un caractère purement artificiel, comme celui du bec, ne doit pas suflire seul pour diriger les vues d’un classificateur, mais qu'il est nécessaire d’adjoindre à cette diagnose ceux naturels, tirés de la forme des ailes et surtout des pates, organes locomoteurs par excellence.
Les épimaques ne diffèrent donc des vrais paradisiers que par un plus grand alongement du bec, qui s'amincit et se recourbe, tout en conservant le type général de cet organe dans la famille des coraces, et comme aux paradisiers les plumes veloutées du front s'avancent sur les narines. Les mandibules sont dentées à leur pointe, et leur commissure ample s'étend jusque sous l'œil. Les pieds sont forts, avec de larges scutelles | sur l'acrotarse, et ont un pouce notablement robuste. Les ailes dépassent légèrement le croupion, et leurs premières rémiges sont taillées en lames d'épée, tandis que les suivantes sont larges et obtuses à leur sommet.
Les mâles sont vêtus d'une splendide livrée : celle des femelles est terne, ondée de brunâtre sur uu. fond roussâtre : les jeunes tiennent à la fois de leurs père et mère.
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Leurs mœurs et leurs habitudes sont complétement inconnues. Toutes les espèces, à l'exception du ptiloris paradisier qui habite la Nouvelle- Galles du sud, sont de la Nouvelle-Guinée.
Cette famille ne comprend que quatre genres, qui sont, les ptiloris , épimaque , séleucide ou falcinelle et canéliphage. Chacun de ces genres ne renferme ge ‘une FE
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LES PTILORIS.
(PTILORIS.)
Les püloris ont un bec plus long que la tête, dont l'arête entame les plumes du front, qui sont écailleuses et imbriquées. Leur plumage est velouté, mais sans aucunes parures (1), bien que les plumes des flancs soient lâches. Leur queue est moyenne, presque rectiligne. Les ailes sont concaves, et si les deux premières rémiges sont étroites, les suivantes sont arrondies à leur extrémité.
Le mâle de la seule espèce connue a le plumage velours noir violet, avec des franges ou des plaques métallisées. La femelle est grisâtre et roussâtre, avec des chevrons et des taches brunâtres.
La seule espèce décrite a été rencontrée dans les alentours du port Macquarie à la Nouvelle- Hollande.
(1) Règle générale, les caractères tirés de la livrée appartiennent exclusivement aux mâles
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LE PTILORIS PARADISIER.
( PTILORIS PARADISEUS. )
(LE mace, PI. XXIX , ET La FEMELLE, PL. XXX, au À DE G. N.)
Cerre magnifique espèce fut signalée (1825) aux ornithologistes par M. Swainson, sous le nom que nous lui conservons, bien que dès 1824 nous l’ayons décrite sous celui d'épimaque royal, car Cet oiseau était alors inconnu en France. Plus tard (1831) M. Wilson figara le mâle et la femelle en dédiant l'espèce au général Brisbane, alors gouverneur des établissemens anglais de la Nouvelle-Hollande, actif protecteur des sciences naturelles, et qui nous accueillit nous-mêmes avec un noble désintéressement dans cette partie du monde, Tels sont les détails qui se rattachent à l'histoire de ce magnifique oiseau, encore rare dans les collections, et connu depuis quelques années seulement.
Le ptiloris mâle (P/. XXIX) a de dix à onze
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pouces de longueur totale, et le bec entre pour quinze lignes dans cette dimension , en le mesurant depuis les plumes du front jusqu’à la pointe, car il est largement fendu, et sa commissure avance Jusque sous les yeux. La couleur du bec, celle des tarses et des ongles, est un noir mat. La queue est élargie, presque rectiligne, et composée de dix rectrices. Les ailes sont moyennes, concaves, la première rémige très-courte, la deuxième plus longue, les cinquième, sixième , septième et huitième presque égales, et les plus longues de toutes. ;
Le dessus de la tête est revêtu de plumes écailleuses d'un vert bleuâtre d'acier irisé : uné cravate triangulaire occupe le devant du cou et de la gorge, en formant un plastron de ‘plumes écailleuses brillantes, et jouissant de tout l'éclat de l'émeraude en prenant sous les rayons lumineux divers reflets chatoyans et métallisés. Ces plumes sont triangulaires, colorées en vert olive mat et comme frangées sur les bords, tandis que leur portion moyenne est à facettes qui resplendissent. Les plumes du dos, des aïles, ont la douceur du velours, etleur couleur noir intense en offre l’aspéct'et la nature séricéeuse sous un certain” Jour, tandis que différemment éclairées elles pren: nent les teintes les plus suaves du’ velours noirponceau, passant au riche: violet; des plumes
DES PARADISIERS. 2195 comme écailleuses recouvrent aussi l'abdomen; elles sont plus fermes que celles du cou et de l'occiput, noires, séricéeuses au centre, et frangées de cuivre de rosette et d'acier chatoyant.
La queue est courte , presque rectiligne, et les rectrices sont d'un vert doré uniforme en dessus. Les tarses sont noirs, garnis de scutelles en avant et d’aréoles réticulées en arrière; les ongles des trois doigts médians sont très-robustes, très-crochus, comprimés sur les côtés et concaves en dessous; celui du pouce est le plus puissant.
Le bec, légèrement fléchi dans sa longueur, est très-comprimé sur ses bords, et la commissure se déjette un peu en se recourbant en dessous; les narines sont percées dans une membrane située sur une fossette que les plumes du front recouvrent en parte; 1l est complétement noir.
La femelle (PL. XXX )a dix pouceset demi de lougueur totale. La queue entre pour trois pouces et demi dans.cette dimension , et dépasse les ailes de 20 lignes.
Les plumes qui recouvrent la tête, depuis le front jusqu'a l'occiput et les joues, sont d'un gris brun, et chaque très-petite plume est rayée en long d'un trait blanc. Un sourcil blanchâtre assez large se dessine derrière les yeux. Les petites plumes du tour des yeux, du rebordde la mandibule inférieure, et celles des jugulaires,
sont blanchâtres, teintées de roux vif. Le dos. les couvertures des ailes, le croupion , sont d’un gris olivâtre brun uniforme : les rémiges et les rectrices d’un fauve brunâtre , parfois tirant au
blond vif, Le rebord de l'aile est varié de blanc
et de brun, ainsi que le dedans; les rémiges en dessous sont brunes près des tiges, et couleur rouille ou d’un blond doré sur leurs bords.
La gorge est blanchâtre , sans tache : le devant du cou, ses côtés, le thorax , et toutes les parties inférieures jusqu'aux plumes tectrices de la queue en dessous, sont d'un gris teint de roux; et sur le milieu se dessine en forme de V , et souvent de fer de lance, un ruban fauve noirâtre. Les plumes du bas-ventre sont seulement rayées en travers de ce même trait noir. Le bec et les pieds sont bruns.
Nous nous procuràmes pour shirt dollars un très-bel individu du ptiloris à Sydney dans la Nouvelle-Galles du sud. Il provenait du port Macquarie , et portait dans la colonie le nom vulgaire de riffleman, pour rappeler que ce fut un soldat de la garnison qui le tua le premier. Depuis, M. le docteur Busseuil , chirurgien-major de la frégate la Thétis, commandée par M. de Bougainville, en donna un deuxième individu au Muséum d'histoire naturelle, dans les galeries duquel on l'a déposé. Pratt