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L'ÉPIMAQUE PROMÉFIL.
CEPIMACHUS MAGNIFICUS.)
(Le maue AvuLre, Pl, XXXII Le seuxe, Pl XXXIH; La FEMELLE, Pl, XXXIV, ui G. NW). +
La figure que Levaillant a le Pr dounée mutilée, et personne n l'avait encore signalé à notre. connaissance » et, avant. nous, un proméfil complétement intact.
L'épimaque proméfil mâle ( PI. XXXII) a près de treize pouces de longueur totale, Son bec a deux pouces, Les ailes dépassent un peu la queue, qui est médiocre et rectiligne. Le bec et les-tarses sont noirs. Les mandibules du premier sont robustes, à narines vêtues de plumes soyeuses dans toute l'étendue, de 1 la fosse nasale et dans l'intervalle des branches ‘de la mandibule inférieure ; leurs bords sont coupans et entiers, excepté à la, pointe. recourbée et crochue de la Pere; où
se dessine une forte dent.
Le plumage d'un noir velours, à nuance pourpre sous certains reflets, est d'une exquise douceur au toucher. Le devant du cou est couvert par un long plastron d'écailles imbriquées, gaufrées, et d’un vert bleu très-métallisé; une bordure noire encadre la partie inférieure de ce plastron, et une bordure d’or vert en fixe la limite sur le thorax. Le ventre est noir, à teinte pourpre des plus vives; sur chaque flanc sont implantées de longues plumes décomposées, poilues, molles, qui retombent d'une manière gracieuse en parures capillacées.
La queue est courte, composée de rectrices dures, très-raides, et coupées carrément à leur sommet comme avec des ciseaux. Ces rectrices sont droites, d’un noir velouté partout, excepté les deux moyennes, qui sont vert sablé d’or et splendides.
Les ailes sont la partie la plus remarquable de l'organisation de l'épimaque proméfil; elles sont puissantes, plus longues que la queue, composées de rectrices rigides, à tiges solides. Quant à leur coloration , elle est entièrement noire; et quant à leur forme, elle présente les particularités suivantes (PJ. XXXI). La première rémige (A) est courte, pointue, taillée en lame de sabre; la secondé (B), plus large et plus longue que la première, est aussi taillée en glaive; la troisième (C), plus
220 HISTOIRE NATURELLE courte que la deuxième, est tronquée carrément; les quatrième, cinquième et sixième (D), sont égales, à barbes étroites sur le bord externe, très-larges sur le bord interne, et carrément tronquées à leur sommet. | L'individu entier de cette espèce de somptueux oiseau nous a été communiqué par M. Florent Prévost. Jusqu'à ce jour on n'avait reçu l'épimaque proméfil dans les collections que mutilé, c'est-àdire sans pieds et sans ailes; nous aurons eu l’avantage de le faire connaître complétement comme espèce, puisque nous l'avons “re aduke, jeune âge et femelle. dde | L'épimaque proméfil est encore très-rare dans les cabinets. L'individu des galeries du, Muséum a été acheté à Londres à la vente de la collection Bullock. Lors de notre séjour à la Nouvelle-Guinée, sur la corvette la Coquille, nous en obtinmes ou peaux mutilées par les Papous, suivant leurs procédés de conservation, et traversées par un bâtonnet; et enfin M. Pumont- D'Urville, commandant l'expédition de 4strolabe, qui a aussi séjourné à la Nouvelle-Guinée, sur le même point que nous, en a rapporté une peau privée de ses pieds et de ses ailes, telles que les préparent les naturels. | Telles ont été jusqu'à ce jour les seules: données possédées par les naturalistes sur ces oiseaux si
richement vêtus. Quelques dépouilles mutilées, séchées à la fumée sur des bâtons et préparées par des peuples sauvages et barbares, étaient tout ce que nous en connaissions 1l y a encore quelques Jours, et leur organisation extérieure va au moins être éclaircie par la description que nous allons donner de la femelle ; mais il nous restera encore à savoir quelles sont les mœurs et les habitudes qui les distinguent ; quel est leur genre de vie, leur manière d'élever leurs petits; en un mot, nous posséderons une description minutieuse des formes extérieures, mais rien de ce qui peut en rendre l'histoire attrayante.
C’est dans les immenses et profondes forêts qui enceignent le havre de Doréy à la Nouvelle-Guinée, que vit la femelle du proméfil; elle échappa à nos recherches pendant notre séjour sur ce point des îles de l'Asie : elle ne s'offrit point également aux investigations pleines de persévérance de MM. Quoy et Gaimard.
L'épimaque proméfil femelle (PZ.XXXIV)a onze pouces six lignes de longueur totale. Dans ces dimensions, le bec entre pour deux pouces depuis la commissure jusqu'à la pointe, et la queue pour trois pouces et demi. Les tarses de l'articulation à la naissance des doigts ont quinze lignes, et le pouce, y compris l'ongle , a près de quinze lignes de longueur, ainsi que le doigt antérieur médius.
222 HISTOIRE NATURELLE Les deux latéraux, à peu près égaux, sont un 19 plus courts que celui du milieu. |
Le becfort, plus haut que large, est rosourbé dans sa longueur, lisse et comprimé sur les côtés. La commissure est placée presque immédiatement sous l'œil. L'arête du bec entame assez profondément les plumes du front, et les fosses nasales, recouvertes par une membrane et placées dans un sillon latéral, sont revêtues de plumes courtes et séricéeuses. Les ailes sont concaves, à rémiges légèrement étagées, la première la plus courte, la seconde un peu plus longue, la troisième un peu moins longue que les quatrième et ciiquième:; les autres diminuent successivement; elles s'étendent au milieu de la queue à peu près; celle:ci est composée de dix rectrices égales, qui s'arrondissent à leur extrémité. Les tarses sont robustes, garnis de scutelles larges en devant et sur les doigts. Le pouce est beaucoup plus robuste que les autres doigts; il en est de même de l'ongle, qui, ainsi que ceux des doigts antérieurs, est trèscomprimé, trèsrecourbé, crochu et SR en dessous.
Le bec est rougeâtre, Ré tarses sont d'au noir intense , et les ongles cornés; les plumes du front sont courtes et de nature soyeuse; toutes les plumes du corps sont molles , douces au toucher ; leur teinte sur le cou, le dos, le croupion, est
d'un roux blond.cannelle d'une seule nuance. Les ailes, y compris les rémiges, la queue, sont en entier du même roux blond cannelle frais et sans mélange.
Unesorte de sourcil, varié de blanc et de gris, surmonte l'œil, et tout le dessous du corps, depuis la gorge jusqu'aux couvertures inférieures de la queue, sur les flancs comme en dedans sur le rebord desailes, est à fond blanc, d’abord finement strié, Striures qui, sur le devant du cou, se changent en raies brunes émaillant toutes les parties inférieures.
Nous sommes redevables du seul individu que l'on. connaisse en Europe à M. Adolphe Lesson, chirurgien. de deuxième classe de. la marine, embarqué. comme- botaniste sur la corvette l'Astrolabe, qui se le procura à la Nouvelle- Guinée.
Il nous reste maintenant. à décrire le mâle dans, son jeune âge (P/. XXXIH). D'après un individu: que nous devons à l'extrême obligeance de: M. Florent Prévost , ce jeune âge est à nos yeux, une des particularités les plus. neuves en ornithologie; ilkétablit, par l'état de son plumage, le passage graduel du mâle et. de la femelle , et prouve par le changement que subit le plastron métallisé du devant du cou, l'analogie qui existe
224 HISTOIRE NATURELLE , entre les épimaques, les colibris et les souimangas. dde j L'iidividu que nous avons figuré était mutilé suivant le procédé des Papous, qui l'avaient enfilé dans un bâtonnet, après lui avoir arraché les tarses et les rémiges ; mais sa queue et son bec étaient dans un état parfait d'intégrité. Il a de longueur totale dix pouces moins deux ou trois lignes, et sur ces dimensions le bec entre pour deux pouces et la queue pour trois pouces huit lignes ; le bec est entièrement noir; toute la tête est revêtue de plumes écailleuses d'un vert émeraude , à reflets chatoyans , etparfois à teintes d'acier ou de velours noir , lorsqu'elles ne sont point éclairées par les rayons lumineux lancés d'aplomb. Le large plastron, qui occupe toute la partie antérieure du cou, et qui, dans le mâle, possède un aussi splendide éclat, s'étend dans le jeune âge que nous décrivons , sur les côtés du cou et jusqu’au bas de la poitrine. Les plumes qu: le composent sont à moitié écailleuses et à moitié soyeuses: elles sont en grande partie d'un gris vermiculé de noir, tandis que sur les côtés et en bas se dessinent des écailles d’un vert émeraude chatoyant en bleu ou en acier poli, qui annoncent le commencement de la métamorphose que ces plumes doivent subir. et le
début de la formation, brillante et somptueuse qui leur est propre dans l’âge adulte.
Toutes les plumes des parties supérieures ont la douceur et la nuance du plus beau velours noir, seulement des plumes d'un roux blond cannelle dessinent des courbes sur les épaules et sur le dos, et attestent que leur couleur , dans la première année , est tout-à-fait celle que montre la femelle. Une plus grande analogie encore se tire de la queue, dont les rectrices sont d'un roux cannelle fort vif, excepté les plus externes, qui présentent sur leurs barbes intérieures une teinte noire séricéeuse que l'âge doit concourir à foncer et à étendre aux autres rectrices, Comme chez le mâle, complétement adulte, les parties inférieures sont très-fournies en plumes longues, mollettes, effilées, d'un noir velouté, richement teint de pourpre, à reflets d’un beau violet, et qui S'allongent sur les flancs en se décomposant, pour donner naissance à ces brins déliés et délicats qui se prolongent sur les côtés du corps et de la queue. Ces plumes des flancs se trouvent composées d'un long brin arrondi, filiforme, sur lequel naissent d’autres brins plus déliés et arrondis, et dont la réunion compose des parures aussi élégantes que gracieuses , qu'on ne voit point sur le ptiloris.
Æ26 : HISTOIRE, NATURELLE L . Les épimaques mâles.ont CN
et les femelles un plumage HÉRÉTARDREOR
et terne ;. autre analogie » assez remarq entre ces, OISEAHE vd les à PONS Re M: souman- È