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LE ROI DES OISEAUX DE PARADIS, SON AERAT

Paradisea Régla , lin.

Le Manucode a été ainsi nommé d’après le nom indien manuco diata, qui signifie l’oiseau de Dieu. Il arrive souvent qu’un oiseau s’éloigne de la bande dont il fait partie, pour aller se mêler à d’autres espèces; c’est probablement ce qui est arrivé au Manucode qu’on a vu quelque fois au milieu des espèces décrites sous le nom de Paradis Emeraude. Comme en pareil cas, il se tient à l’écart et toujours un peu en avant de ces derniers , dont il diffère beaucoup tant par son plumage que par sa conformation, on aura sans doute pensé qu’il les dirigeait, et de là le nom de roi des oiseaux de Paradis sous lequel le désigné Sonnerai.

La gorge du Manucode est d’un beau rouge-carmin foncé ; la poitrine est traversée par une large bande d’un vert doré. Le dessus de la tête est d’un rouge safrané. 11 existe une petite tache noire derrière les yeux, sur les bords de leur partie supérieure. La couleur rouge safrariée devient plus foncée sur le dos, les petites couvertures et les pennes des ailes. Le ventre est d’un beau blanc. Du dessous des ailes , sur chaque côté du ventre , sortent de longues plumes (plumes subalaires), qui sont grises, dans la plus grande partie de leur longueur. Leur extrémité est terminée par une bande d’un vert d’émeraude. Au-dessous de cette bande se dessinent deux petits liserets , dont l’un est blanc et l’autre couleur de rouille.

La queue d’un brun-rouge est composée de dix pennes. Les deux filets qui naissent au-dessus d’elle, se croisent à leur origine et vont en divergeant à mesure qu’ils s’en éloignent. Ces deux filets se contournent sur eux-mêmes à leur extrémité, et forment une espèce de pa pi ilôt le d’un vert d’émeraude à reflets dorés.

Les pieds sont brun-jaunâtre.

Le chant ou le cri du Manucode n’est point encore arrivé aux oreilles des insulaires. On ignore l’endroit où il fait son nid. Son caractère est insociable ; il semble avoir oublié qu’il est le roi des pi-

seaux de Paradis; jamais on ne le voit s'élever vers la voûte des cieux, ou se percher sur la cîme des arbres; il se rapproche de la surface de la terre, et voltige de buissons en buissons, pour y chercher les baies rouges dont il fait sa nourriture. On le chasse avec des lacets ou à la glue. Sa dépouille sert de parure aux Indiens.

Le Manucode se trouve au sud-ouest de la nouvelle Guinée, dans une des plus petites îles nommée Arrou.

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