‹ Histoire naturelle des oiseaux exotiquesChapitre 57 sur 116 · PICUS. LINN · texte numérisé non relu

PICUS. LINN

Les Pics , de l’ordre des Passereaux et de la tribu des Z y go dactyles , ont servi à former la famille des picidés. ÏIs ont pour caractères distinctifs un bec long et droit d’une substance excessivement forte et dure , plus ou moins gros vers sa base , cannelé et présentant une arête longitudinale sur sa mandibule supérieure ; une langue éminemment contractile, effilée et semblable à un ver de terre, visqueuse et armée à son extrémité de petites épines dirigées en arrière , à l’aide desquelles l’oiseau peut piquer les insectes , si l’espèce de glu qui recouvre la langue ne suffit pas pour les retenir. On avait pensé long-temps que la langue du Pic devait être très longue. Cette erreur prenait sa source dans la grande facilité qu’a l'oiseau , en raison d’une disposition toute particulière de l’appareil hyoïdien , de projeter très loin sa langue qui est renfermée dans une espèce de fourreau , et qui loin d’être longue , est au contraire excessivement courte. La queue des Pics présente une organisation qui mérite de fixer un instant notre attention. Les tiges des plumes qui la composent sont très fermes, résistantes et élastiques. Aussi les Pics se servent-ils souvent des pennes de la queue pour s’appuyer, lorsqu’ils grimpent le long des arbres. La queue fait ici office d’une troisième jambe, ce qui explique l’usure des barbes à l’extrémité des tiges de chaque penne caudale. Les pieds , toujours robustes , ont quatre doigts , deux devant et deux derrière. Le doigt externe est très fort, le pouce est très petit; les doigts sont armés d’ongles recourbés en demi-cercle, très robustes et très acérés. Les ailes sont obtuses et d’une utilité tout à fait accessoire. Les Pics s’accrochent à l’écorce des arbres , contre lesquels ils grimpent en en parcourant toute la circonférence, et se dirigeant tantôt de bas en haut, tantôt de haut en bas.

Ces oiseaux se nourrissent principalement d'insectes. Ils ne se contentent pas d’aller les chercher dans les trous qui existent tout faits dansées arbres ; mais on les voit plus souvent encore, à la faveur de l’épaisseur de leur crâne et des muscles puissans de leur cou, frapper à coups redoublés sur l’écorce avec leur bec dur et vigoureux , entamer la substance du bois , la réduire en fragmens et arriver enfin jusqu’à Finsecte contre lequel ils dardent leur langue visqueuse et épineuse , afin de le retirer par ce moyen du fond de sa retraite et l’avaler ensuite. Cette manière de chasser est surtout mise en usage par les Pics dont le bec est le plus robuste, et qui vont à la découverte des grosses larves retirées pfus profondément dans l'épaisseur des couches ligneuses ; il arrive souvent aussi que lorsque les Pics ont donné plusieurs coups de bec sur un côté de l’arbre , ils se portent précipitamment sur le point diamétralement opposé , afin de guetter l’animal qui, réveillé et mis en mouvement par l’ébranlement communiqué au tronc, cherche quelquefois à s’échapper de ce côté. C’est principalement sur les arbres vermoulus que les Pics vont chercher leur nourriture , sans doute parce qu’ils reconnaissent au son que donnent ces arbres, que ce sont eux qui fournissent le plus d’insectes. Si, d’une part, on considère que ces oiseaux ne s’adressent le plus souvent qu’à des troncs à moitié morts , et que de l’autre ils tuent une grande quantité d’insectes, ils devront être considérés comme des êtres plutôt utiles que nuisibles, et dès lors on concevra difficilement pourquoi les paysans des contrées qu’ils habitent , les poursuivent avec autant d’acharnement. La manière de vivre des Pics exige de leur part une grande activité et des travaux bien rudes et bien pénibles. Ces oiseaux vivent isolément et nichent dans des trous d’arbres. Leur voix consiste en un cri rauque. Ils sont assez familiers et se laissent facilement apprivoiser. Us montrent du reste peu d’attachement.

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