LIMONIER MELLAROSE
CITRUS LIMONUM MELLAROSA, LIMONE MELLAROSA,
Foliis ovato-oblongis lanceolatisque , serratis : fructibus magnitudinis medic , subrotundis ,
levibus, basi depressis, apice mammosis; cortice subtenui ; pulpd acidd.
Depuis long-temps on cnltive cet arbre à l’orangerie de Versailles, sous le nom de Limonier Mellarose , parce quon prétend que ses feuilles froissées répandent une odeur de rose. Calvel en dit quelques mots dans son Traité sur les Pépimères , et il n'est pas à notre connaissance qu’aucun autre auteur en ait encore parle.
Sa tige droite et de moyenne vigueur, a des dispositions è former un bourrelet à son union avec le sujet sur lequel clle est greffée; ses rameaux sont lisses, très-tortuenx, très-divisés, la plupart dressés verticalement, et quelquefois munis de très-petites épines; les jeunes bourgeons sont verts, luisans et peu comprimés.
Les feuilles sont violettes en naissant, mais cette teinte s'évanouit bientòt; elles deviennent d’un vert tendre luisant, varient assez de forme et de grandeur, car on en voit d’ovales, d’oblongues et d’atténuges aux deux bouts; toutes sont dentées et portées sur de gros et courts petioles nus cu non marginés.
Les fleurs, peu nombreuses, axillaires et terminales, sont lavées d’une teinte violàtre en dehors, à calice gros et court, à cinq pétales étroits, à étamines munies d’anthères très-petites,
d'un jaune fort pàle.
Le fruit est de moyenne grosseur, luisant, très-lisse, assez lourd, de forme constamment arrondie, déprimé vers la queue, terminé au sommet en mammelon obtus qui ne se détache jamais par aucun sillon. Sa couleur est. d'un jaune assez foncé; sa peau, peu épaisse dans la grande maturité, est blanche, assez adhérente è la pulpe qui est divisée en dix ou douze loges,
et qui contient un suc abondant, très-agréablement acide.
Observation. Nous sommes portés à croire qu'il existe une autre variété de Limonier Mellarose, car nous avons ouvert des fruits qui avaient exactement la forme et la couleur de celui de notre ;
dessin, mais qui étaient évidemment plus lourds à volume égal, et dont lécorce était aussi
beaucoup plus épaisse.
- — Emu figurés en poires et généralement appelés Perettes. TAR. LX KXIL 150. LIMONIER PERETTE DE SAINT-DOMINGUE, CITRUS LIMONUM PERETTA DOMINGENSIS, LIMONE PERETTA PICCOLA,
Ramis spinosis : foliis parvis , cuneiformibus , mucronatis : fructibus parvis , pyriformibus
levibus , stylo persistente terminatis ; cortice crasso ; pulpd gratè acida.
Limon pyri effigie, vulgò Peretta, Ferr., Hesp., p. 23, T. 235, fig. sup., mala. Limon pyri effigie, Tournef., Inst. R. H., p. 620.
Peretta di San Dominico piccola detta spadafuorra, Zucc., Hort., Bot., Flor., p. 19, p. Spadafora a pera; Tanar.
Citrus Bergamia peretta, Nouv. Duh., p. 76, N. g, T. 24, fig. 2.
Les perettes constituent un petit groupe aisé à distinguer des autres limons, par leur forme qui approche de celle d'une poire, par leur couleur pàle et par leur écorce tendre et parfumée.
La perette de Saint-Domingue a la tige gréle, grisàtre; les rameaux érigés, roides, garnis d’épines.
Ses feuilles sont petites, dentées, cunéiformes avec une pointe terminale, articulées sur le petiole ou pétiolées sans articulation.
Les fleurs sont petites, latérales, peu nombreuses, Iégèrement lavées de violàtre en dehors.
s-lisse, d'un jaune clair, terminé par une grande partie du
Le fruit est petit, pyriforme, tré
style qui persiste jusque dans la maturité; son écorce ou plutòt sa chair est blanche, très- SE
épaisse, cassante; la pulpe, peu considérable, verdàtre, divisée en sept ou dix loges, contient un suc acide assez agréable.
Quand les graines persistent, elles sont petites, teintes de couleur rougeatre. Long. 0,040-0,050 ; larg. 0,030-0,040 ; épaiss. 0,010-0,012.
Cette jolie varieté n'est cultivée à Nice que comme arbre d’agrément. Elle parvieni à la hauteur de cinq métres. Ses fleurs sépanouissent en juin, nouent difficilement, et produisent peu de fruits, qu'on cucille en octobre ou en septembre pour ètre confits : ceux qu'on laisse sur Parbre mirissent è la fin du printemps suivant; ils ont alors un parfum très-suave, et leur suc peut servir aux mémes usages que celui des autres limons.
On remarque fréquemment cette perette dans les haies de citronniers è Saint-Domingue; c'est sans doute de cette ile quelle a été introduite dans les jardins de Italie où elle résiste à une temperature de quelques degrés au-dessous du point de la congélation.
La figure de Ferraris offre des feuilles qui ont une forme et des dimensions que nous ne
remarquons pas sur les individus de cet arbre cultivés dans nos jardins. 151. LIMONIER PERETTE SPATAFORE, CITRUS LIMONUM PERETTA SPATAFORA, LIMONE PERETTA SPA TAFORA,
Poliis ovatis, acutis, subdentatis : fructibus magnitudinis medie, pyriformibus , stylo
persistente terminatis ; cortice subtenui ; pulpà acidd.
Limon pyri effigie.... major, Ferr., Hesp., p. 231, tab. 255, fig. inf. Spadafora Rhegina, Volc., Hesp., pars IL Perettone, Zucc., Cat., Hort., Bot., Flor., p. 19-12.
Spadafuora grande, Tanar., p. 286.
Cette perette remarquée et figurée par Ferraris, conserve ses caractères dans les jardins de Nice, quoique les jardiniers la regardent comme une simple variété de l’espèce précédente. Spatafore est le nom d’un noble Sicilien qui cultivait les perettes avec distinction dans le dix-
septième siècle.
Sa tig i leur: i tige est de moyenne hauteur; ses rameaux sont nombreux et souvent épineux.
Elle a les feuilles ovales, rétrécies aux deux bouts, dentées, d'un vert pàle, nuancées de jaune, portées sur des pétioles presque dépourvus d’ailes.
Les fleurs sont éparses, d’une odeur agréable, légèrement nuanodes de violet en dehors, et d’un beau blanc è l’intérieur.
Le fruit, beaucoup plus gros que le précédent, est également lisse, d’un jaune clair, pyriforme, terminé par la partie persistante du style; mais sa chair est proportionnellement moins épaisse; sa pulpe, plus considérable, est également acide ct divisée en neufou douze loges.
Les graines sont petites ou avortées.
Les terrains bas où l’atmosphére est le plus souvent chargé de vapeurs aqueuses, conviennent à la végétation de cette varieté, qui ne réclame d’autre soin de la part de Phomme que celui
d’étre arrosée plus fréquemment que les autres orangers pendant les grandes sécheresses de l’été.