‹ Histoire naturelle des orangersChapitre 27 sur 134 · ORANGER A FRUIT CHARNU · texte numérisé non relu

ORANGER A FRUIT CHARNU

Crrrus AURANTIUM CARNOSUM, ARANCIO 4 CORTECCIA GROSSA.

Foliis ovato-oblongis, acutis : fructibus spheericis , glaberrimis , luteo-rubescentibus :

cortice crasso : pulpé dulci.

La nature a des transitions graduées qui mettent à chaque instant nos meéthodes et nos

nomenclatures en défaut. Il a paru assez juste de donner le nom d’écorce à l’enveloppe des bonnes oranges douces, surtout quand elle se détache aisément de la pulpe; mais lorsque cette enveloppe est devenue très-épaisse, charnue, et qu elle constitue la plus grande partie du fruit, comme dans le cédrat, alors on a cru devoir lui donner le nom de chair. Entre

ces deux extrémes, il y a plusieurs degrés qui n’ont pas encore recu de noms, et qui em-

barrassent toujours ceux qui ont besoin d’en parler. C'est ainsi que, dans le désir de nous

conformer è l’usage et au bon sens, nous ne savons s1, dans l’orange qui nous occupe, nous devons dire quelle a l’écorce épaisse ou quelle est charnue comme un cédrat. La tige de cet oranger est de moyenne hauteur; ses rameaux sont confus, pressés, couverts

de grandes feuilles ovales oblongues, prolongées en longue pointe, d’un vert pàle et portées

sur des pétioles ailés.

Les fleurs sont nombreuses, rapprochées, grosses, d'un beau blanc; elles ont les étamines aussi longues que le style.

Les fruits sont sphériques, très-unis, fort luisans et d’un jaune rouge foncé; ils ont l’écorce ferme, très-épaisse, compacte, adhérente à la pulpe, qui se divise en dix ou douze loges et qui contient un suc doux peu abondant. Les graines sont nombreuses, oblongues, la plupart

stériles.

Long. 0,060-0,070; larg. 0,060-0,064; épaiss. 0,009-0,012.

Cet oranger, très-différent du suivant, sen rapproche seulement par le peu de suc de sa

pulpe : c'est un arbre de collection, et peu multiplié sur le territoire de Nice.

ce esviania

TAB. XIX, 28. ORANGER A FRUIT RUGUEUX, CITRUS AURANTIUM RUGOSUM, ARANCIO 4 FRUTTO RUGOSO.

Foliis ovato-lanceolatis, acutis, sceepéè plicatis fastigiatisque : fructibus magnis, basi apiceque depressis, striatis, rugoso granulatis ; cortice crasso, spongioso : pulpà vix

dulci.

Aurantium cortice flavo et sapore dulci, (quartum) Fer., Hesp., p. 429. Citrus Aurantium cortice fructis crasso, Risso, Annal. du Mus. d’Hist. Nat. Citrus Aurantium crassum, Nouv. Duh., p. 92, N° 5, T. 33, fig. 4, exclud. synon., Fer.

Oranger des bois de Saint-Domingue.

Quoiqu’on ne puisse douter que cet oranger, si commun aujourd’hui dans le midi de l'Europe, n°y ait éte cultivé l’un des premiers, les auteurs qui nous ont précédés ne nous ont cependant rien laissé de certain sur son existence qu'il edit été facile de constater par la seule légèreté de ses fruits relativement è leur volume.

Sa tige élevée et droite, a les rameaux lisses, assez nombreux, les feuilles grandes, ovales oblongues; aigués, épaisses, d’un beau vert, quelquefois un pen ondulges ou pliées sur les bords, et rapprochées en touffes au sommet des rameaux.

Les fleurs sont bien nourries, d’un beau blanc et assez nombreuses.

Les fruits sont gros, déprimés à la base et au sommet, mous, légers, marqués de plusieurs stries, ou sillons tortueux, particulièrement vers la quene, et de rugosités sur toute la surface, d'un jaune foncé, marqués d'un point noir au sommet qui est quelquefois entouré d’un aréole. La peau, épaisse, spongieuse, cotonneuse en-dedans, se détache aisément de la pulpe, qui est divisée en dix ou douze loges inégales, pleines de vésicules d’un jaune foncg, contenant un suc doux aqueux. Les graines sont grandes, oblongues, pointues aux deux

bouts et de grosseur très-variable.

Long. 0,080-0,090; larg. 0,090-0,100; épaiss. 0,010-0,015.

La facilité avec laquelle cet arbre prospère sur le territoire de Nice, nous porte à croire qu'il est un de ceux que l’on pourrait le plus aisément acclimater hors de la zéne où les autres variétés cessent de croître.

Nous l’avons rencontré è Saint-Domingue, où il porte le nom d’Oranger des bois. Son fruit n'est pas fin comme les autres; mais il a un parfum particulier, et on le donne de pré-

férence aux malades affaiblis par les fièvres.

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