‹ Histoire naturelle des orangersChapitre 29 sur 134 · TAB: XX 50. ORANGER POMMIER DADAM DES PARISIENS · texte numérisé non relu

TAB: XX 50. ORANGER POMMIER DADAM DES PARISIENS

Crrrus AuRANTIUM PoMUM ADAMI PARISIORUM, Ar4NcIO 4 Pomo D’ ApAmo

DI PARIGGINI,

Foliis lato-lanceolatis acuminatis : fructibus ovato-subrotundis, magnitudinis medie , paulisper cacuminatis, ponderosis , saturatè luteis, glabris; carne corticis crassd ,

molli, dulci ; pulpà pergratè acido-dulci.

Aurantium dulci cortice , Fer., Hesp., p. 430, T. 4532. Malus Aurantia cortice eduli, Clus. Bauh., pin. 436. Oranger è écorce douce, Encyclop.

Le nom de Pomme d’Adam a été donné en Italie è tant de fruits différens, qu'il est

anjourd'hui assez difficile, non - seulement de reconnaître tous ces fruits j mais encore de

déterminer celui auquel le nom de Porne d’Adam doit ètre plus particulièrement affecté. Ferraris a figuré trois sortes de fruits qu'il appelle également Pommes d’Adam, et il nous apprend que de son temps on donnait encore le méme nom à la Lumie de Valence, pl. 321 de son ouvrage, et è une autre orange qu'il appelle Aurantium dulci cortice , pl. 453. Nous faisons gràce à nos lecteurs de ce qui a été dit sur la Pomme d’Adam depuis Ferraris, qui gerivait en 1646, jusqu'à M. Gallesio inclusivement, qui a publié son 7raité du Citrus 811: ce dernier auteur, qui fait ordinairement preuve d'une érudition profonde et

en 1 , paraît sétre beaucoup négligé en traitant de la Pomme d’Adam. En

d’une critique épurée effet, M. Gallesio ne dit pas un mot des trois Pommes d’Adam de Ferraris, et on ne sait pourquoi il appelle seulement de ce nom, la Lumie de Valence de cet auteur. Voilà donc déjà cinq fruits différens qui portent le nom de Pommes d’Adam : ce n'est pas tout; M. Gallesio donne encore le méme nom au Pompoléon de Sloane et au Chadec du jardin des plantes de Paris, tandis qu'il néglige de faire connaître la seule espèce d’oranger qui n'a pas d’autre nom que celui de Pomme d’Adam, dans les orangeries de Paris et de Versailles, et è laquelle

se rapporte vraisemblablement la figure 455 de Ferraris, quoique cette figure représente

un fruit beaucoup plus gros que ceux qu'on recueille à Paris. Il n'est pas du tout probable que Sloane ait, comme l’assure M. Gallesio, confondu le

Pompoléon avec la Pomme d’Adam; on ne connaît rien qui se rapporte à ce dernier fruit

dans les iles de lAmérique, et le Pompoléon y est très-multiplié.

Selon les uns, la Pomme d’Adam est une orange qui a une espèce de morsure à son

sommet; selon les autres, ce nom désigne une orange douce dans toutes ses parties, et

qu'on peut manger comme une pomme. Ce dernier caractère convenant parfattement è la

Pomme d’Adam des Parisiens, nous devons judicieusement lui conserver son nom, sauf par

nous à ajouter une épithéte à la Pomme d’Adam des Italiens, quand nous en serons à son

article. Cette digression nous ayant éloigné de notre sujet, nous nous hàtons d’y revenir. Le Pommier d’Adam des Parisiens se reconnaît d’abord au gros bourrelet qu'il a tou-

‘jours è union de sa greffe avec le sujet, dès quil a atteint sa dixiéme ou douzièéme année.

Ses rameanx sont tortucux, diffus, trés-irréguliers. Il a les feuilles oblongues, acuminées, d’un vert foncé, quelquefois un peu tourmentées,

portées sur des pétioles assez longs et peu ailés.

Ses fleurs naissent en grappes è lextrémité des rameaux; elles sont belles, fort blanches

et grandes comme celles de la bigarade cornue.

Le fruit est, à Paris, de moyenne grosseur, assez lourd, oval-arrondi, un peu aplati du còté de la queue, rétréci vers le sommet, où il y a ordinairement un mammelon peu surmonté quelquefois d’une petite pointe qui est la base du style; la peau est d’un

gleve , beau jaune, luisante, finement chagrinée, dpaisse de onze è douze millimétres, blanche dans son intérieur, mais jaunissant promptement à Pair, trés-tendre, douce, fondante comme la chair d’une péche, et munie de fibres jaunàtres qui en constituent la charpente; la pulpe,

divisée en sept ou huit petites loges, est presque aussi jaune que la superficie du fruit;

ce s

nl

{ | ji

doux, moitié acide, mais non fade comme dans les Limes; de

elle contient un suc moitié

légere acidité, assaisonnant agréablement la chair, le tout est très-bon et

sorte que cette se mange avec plaisir, meme sans sucre.

Long. 0,080-0,090; larg. 0,070-0;080; épalss. 0,011-0,012.

= x ; È dr; E -- Cet oranger est cultivé chez. plusieurs fleuristes de Paris et à l’orangerie de Versailles,

mais il n'est pas trés-multiplié : c'est à la complaisance de Bicquelin, botaniste-fleuriste, que nous devons l'échantillon de notre dessin.

n'est pas dans les rapports les plus convenables avec

Le gros bourrelet qui existe toujours à la greffe

de cette espèce , indique que sa seve celle du sujet, et l'on remarque que

l’arbre ait pris un grand développement.

la carie attaque ce dernier, et le fait périr avant que

Nous placons cet arbre parmi les orangers 3 fruit doux, parce qu'en effet la leégere

acidité de la pulpe de ses fruits ne fait que les rendre plus agréables au goùt; cependant cette légère acidité se devine 3 la seule inspection de l’épiderme, qui offre les vésicules de son huile essentielle, concaves comme dans les oranges acides, et non convexes comme

dans les oranges douces. Cette observation rappelle le principe que nous avons cxposé

p. 24, et pourrait autoriser ceux qui ne veulent pas admettre d’exception à placer la

Pomme d’Adam des Parisiens parmi les bigarades.

Page 1