TAB. XXXIII
48. BIGARADIER A FRUIT FÉTIFERE, CITRUS BIGARADIA FETIFERA, MELANGOLO A FRUTTO FETIFERO,
Foltis lato-ovatis , reflexis : fructibus magns , rotundis, depressis, fetiferis; corlice
tenui; pulpà acidulà et amard.
Aurantium fomina , sive fotiferum, Ferr., Hesp., p. 4035, T. 405. Aranzo feemina fetifera, Vole., Hesp., p. 2; T. 200.
Aurantium fetiferum , Tournef., Inst. R. H., p. 620.
Arancio luno dentro l’altro, Tanar., p. 287.
Oranger femelle , Encyclop.
La bigarade fétifore, ainsi que les fruits & forme extraordinaire, appelés monstrueux , de la famille des orangers, ont de tout temps attiré l’attention et excité la curiosité des philosophes: on a vainement cherché la raison de leur formation, surtout avant les progrès de la saine physique et avant qu'on edit établi les principes de la physiologie végetale. Ferraris, peu satisfait, sans doute, de ses propres explications, s'en est dédommagé en sabandonnant aux idées pogtiques, et en nous racontant, dans un style élégiaque, les métamorphoses d’Harmonille, de Tirsenic et autres.
M. Gallesio croit apercevoir l’origine de tous ces fruits fetiferes ou monstrueux dans une
fécondation avec excès : cependant aucune des expériences rapportées par cet auteur ne prouve ni l’existence ni la possibilité d’une fécondation surabondante. Les fécondations croisées ne peuvent étre révoquées en doute; mais les fécondations avec excèés sont encore un probleme.
Le bigaradier fétifere a la tige grisàtre, les rameaux irréguliers, courts et angulenx.
Ses feuilles sont ovales, très-larges, luisantes, réfléchies, à nervures peu sensibles, légèrement sinuges, portées sur des pétioles assez longs, sensiblement ailés.
Les ileurs, ordinairement placges deux à deux le long des tiges, ont le calice è cinq ou six divisions peu profondes; la corolle composée de cinq à vingt-cinq pétales inégaux d’une odeur suave; les étamines courtes, au nombre de vingt è trente; Povaire et le style canelés.
Les fruits sont assez gros, arrondis, déprimés en-dessus et en-dessous; mais cependant un peu alongés vers la base, et marqués de huit ou dix sillons qui ne s’élèvent la plupart que jusqu’au tiers de la hauteur du fruit; quelques-uns arrivent jusquau bord de Pouverture qui se trouve au sommet, d’où paraissent vouloir sortir d’antres fruits plus ou moins formés; la peau épaisse, grossiorement chagrinée, prend un beau jaune rougeàtre dans la maturité; lintérieur du fruit offre toujours de trèés-grandes irrégulatités; on trouve vers la circonférence dix ou douze loges assez grandes, et au centre un nombre indéterminé d'autres loges plus petites et très-inégales; les unes et les autres sont pleines de pulpe jaune
contenant un jus acide. Les graines sont rares et très-petites. Long. 0,060-0,070; larg. 0,080-0,090; épaiss. 0,006-0,008.
On ne trouve pas deux fruits qui aient l’ouverture du sommet égale, et dont les corps qui paraissent vouloir en sortir se ressemblent. La coupe du fruit de notre dessin offre dans lune de ses loges le rudiment d’un autre fruit; mais nous devons avertir qu'on en pourrait trouver plusieurs plus ou moins parfaits.
Quoique le bigaradier fétifere soit très-vigoureux, sa taille est cependant de moyenne hauteur; ses fleurs, d’une odeur très-douce , sont les unes simples et les autres plus ou moins doubles : plusieurs sont méme plus doubles que celles du bigaradier è fleurs doubles, et cependant elles nouent avec beaucoup plus de facilité. La bigarade fétifere est ferme, pesante; elle peut supporter les longs trajets, et servir aux mémes usages que les autres
bigarades ;
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4g. BIGARADIER A FRUIT CANELÉ,
CITRUS BIGARADIA CANALICULATA, MELANGOLO A FR UTTO INCANELLATO,
Foliis oblongis, strictis, acutis : fructibus mediis, subrotundis , canaliculatis ; cortice
subcrasso; pulpà acidulà, subamard.
Aurantium canaliculatum, Vole., Hesp., p. 194, e. Citrus Bigaradia prolifera et callosa, Nouv. Duh., p. 104, N. 13. Exclud. fig.
et synon. Ferr.
Tous les fruits de cet arbre ne sont pas canelés; mais il suffit que le plus grand nombre le soit, pour autoriser le nom qu'il porte dans une partie de l’Italie, et que nous lui conservons ici.
Sa tige, élevée et couverte d’une écorce brune, a les rameaux gpais et les jeunes pousses d’un vert pàle jaunàtre.
Ses feuilles sont petites, ovales oblongues, aigués, d’un vert gai, à pétioles ailés.
Les fleurs, assez grandes et d’un blanc éclatant, ont les pétales oblongs et les étamines plus longues que le style : on trouve quelques-unes de ces étamines adhérentes au stigmate ou à quelqu’autre partie de l’organe femelle.
Le fruit est de moyenne grosseur, arrondi, légerement déprimé à la base et au sommet, marqué de canelures longitudinales qui semblent le diviser en plusieurs cÒles; son écorce, pou épaisse, adhère à la pulpe qui est divisée en sept ou neuf loges, et qui contient une
cau assez abondante, acide et légèrement amére. Long. 0;050-0,060; larg. 0,070-0,080; épaiss. 0,006-0,008.
Cet arbre a de grands rapports avec les trois précédens, et il serait difficile de l’en éloigner sans rompre les affinités naturelles. Cependant ses rameaux touffus le distinguent de la bigarade corniculée; ses feuilles étroites et sa floraison plus tardive le séparent de la bigarade sillonnée : enfin la structure simple et naturelle de ses fruits ne permet pas de le
confondre avec la bigarade fetifere.
Le