CHAPITRE X
Description des Limonuers.
Cuxr. ess. Caule arboreo : ramis virgatis interdùm spinosis : foliis ovatis oblongisque , plerisque serrulatis, dilutè viridibus , petiolo marginato insidentibus : floribus magnitudinis media, extùs rubris , intùs albis, pentapetalis : staminibus polyadelphis, quandòque liberis : ovario ovato,
oblongo , Phycostemone (1) basi cincto, primùm viride , dein pur-
pureo, postremùm virente : stylo cylindrico , longitudine staminum ;
stigmate capitato , toruloso. Fructu ovato, oblongo, rariter subrotundo ,
in mammam apice desinente, lavi aut rugoso , sulcatove; dilutè luteo,
vesiculis olai essentialis concavis punctato; cortice plus minusve tenui;
pulpd aquosd, valdè acidd et sapidd.
16 limoniers ontlatige arborescente ,' les rameaux effilés, flexibles, quelquefois épineux : les feuilles sont ovales et oblongues, la plupart dentées, d'un vert jaunàtre , articulées sur un pétiole simplement marginé : les fleurs sont d’une moyenne grandeur, lavées de rouge en dehors, blanches en dedans, pentapctales, à étamines polyadelphes ou quelquefois libres; l’ovaire, entouré d’un phycostème à la base, est d’abord vert, ensuite rouge, et enfin verdàtre, sarmonté d’un style cylindrique terminé en stigmate toruleux et capité
Le fruit est d’un jaune clair, ovale oblong, rarement arrondi, a surface lisse,
rugueuse ou sillonnée, terminé par un mammelon plus ou moins long, à écorce Zi
(1) M. Turpin, dans un savant Mémoire sur Vinflorescence des graminées et des cyperdes, comparce avec celle des autres végétaux sexiferes , etc. , lu à l’Académie royale des Sciences de Paris, le 19 avril 1819, nomme Puycostime l’organe qui entoure immédiatement l’ovaire dans les orangers , ainsi que dans beaucoup d’autres plantes , et qu'on trouve quelquefois placé entre les pétales et les étamines, et méme
derrière les pétales dans quelques familles.
DES ORANGERS. 1h ordinairement assez mince, et dont les vésicules d’huile essentielle sont concaves;
la pulpe est abondante, pleine d’un suc très-acide et savoureux.
Autant les limoniers sont nombreux et variés dans la partie méridionale de Europe, autant ils sont rares et peu cultivés è Paris; è peine en connaît-on méme le nom dans cette capitale, car c'est sous le nom de citronnier qu'on y en élève quelques pieds par curiosité, et que les jardiniers-orangistes en sèment les graines pour avoir des sujets sur lesquels ils greffent les espèces d’orangers utiles è leur commerce.
Tous les limons que Paris recoit de l’Italie, de la Provence, de l’Espagne et du Portugal, sont débités sous le nom de citron; et quoiqu'il y en ait de toutes les
formes et de toutes les grandeurs, on ne les distingue ni en espèces ni en variétés.
La langue francaise a adopté les mots limonade et limonadier, et, par un usage
bizarre, elle 9obstine è appeler citron le fruit avec lequel les limonadiers font la
limonade. L’irrégularité de cet usage ne nous permet pas de nous y conformer, et nous appelerons, avec les peuples du midi de l'Europe, limonier et limon, ce qu'à
Paris on nomme citronnier et citron.
Les limoniers sont très-multipliés en Italie ; les anciens citriographes en ont décrit et figuré beaucoup que nous avons retrouvés dans nos voyages. Les
limons les plus recherchés sont ceux ui ont l’écorce mince, la pulpe considérable E ’ 9
beaucoup d’eau fortement acide et tempérée par un parfum agréable.
Sur les bords de la Mediterranée, les limoniers se multiplient de graines; c'est
sans doute pourquoi il en existe un si grand nombre de variétés; leur végétation
leur feuillage, quoique moins touffu que celui de l’oranger, a
y est vigoureuse; un aspect qui est agréable; continuellement chargés de fleurs et de fruits, ils
étalent en toute saison le charme du printemps et la richesse de l’automne.
1/6 HISTOIRE NATURELLE * Fruits ovoides term inés par un petit mammelon.