CONSERVATION DES PAPILLONS
On est dans l’usage d’étaler les papillons, afin de leur faire conserver la forme qu’ils ont en volant ; si cet insecte est mort depuis quelque temps, il arrive qu’il dessèche dans une mauvaise attitude ; il faut alors le ramollir ; pour cela, on a dans un vase de la filasse ou du sable mouillé ; on le pique dessus sans cependant qu’il y tou che, et l’on recouvre le tout d’une cloche de verre pour empêcher la circulation de l’air. Au bout de vingt-quatre heures, ils sont ordinairement bons à étendre.
Voici la méthode employée par M. Boitard :
On a une planchette de liège fin, dans laquelle on a creusé une rainure assez large et profonde pour recevoir le corps d’un papillon.
« On pique le papillon dans cette rainure avec le soin d’y enfoncer son corps jusqu’à la hauteur des ailes.
(. On abaisse celles-ci horizontalement jusque sur la
surface du liège, et on les y maintient au moyen d’une petite bande de carte à jouer qu’on applique dessus, et qu’on fixe à ses deux extrémités avec des épingles.
<( Lorsque l’animal est parfaitement desséché, on enlève les cartes ; on le retire de dessus le liège ; et, après lui avoir placé un peu de savon arsenical entre les pattes, et même dessous l’abdomen s’il l’a gros, on le pique dans la collection ; les antennes demandent à être traitées avec l8^éaucoup de soin pour ne pas se rompre, surtout quand l'insecte est sec ; si elles ne prenaient pas naturellement une bonne position, on les y forcerait avec des épingles.
(1 Si l’on voulait préparer l’animal avec la trompe étendue, on la déroulerait et la maintiendrait aussi avec des épingles.
« Enfin , lorsqu’on possédera deux individus de la même espèce, il sera très-bien d’en placer un sur le ventre pour montrer le dessus des ailes, l’autre sur le dos pour en montrer le dessous.
« Les papillons se piquent tous sur le corselet. »
Quelques femelles de papillons, surtout dans la classe des crépusculaires et des nocturnes, ont le ventre trèsgros, plein d’œufs ou de liqueurs.
Ces espèces ont l’air de se dessécher comme les autres; mais peu de temps après les avoir placées dans la collection, le ventre fermente et bientôt tqmbe en pourriture.
On prévient cet accident, en feidant l’abdomen par dessous avec la pointe fine d’un scalpel, en enlevant les
œufs et en faisant couler dans la fente, avec la pointe d’un pinceau, une ou deux gouttes d’essence de térébenthine ; mais il faut avoir soin que cette essence ne se répande pas sur les parties extérieures, car elle tacherait les écailles ou les poils. •
Si l’on aperçoit de la poussière sous un papillon, c’est un indice qu’il est attaqué ; il faut alorsTexposer soit au soleil, soit à la chaleur d’un poêle, pour en faire sortir la larve.