‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 131 sur 157 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Des CoRÉGONES {Coregojius.)

Le genre des Corëgones a été établi par Artedi pour les espèces de Salmonoïdes qui avaient de sept à dix rayons à la membrane brauchiostège, des dents si petites, qu'on ne les apercevait plus dans quelques espèces; la dorsale devait être plus avancée que la ventrale. Il avait fait entrer la dentition dans le caractère générique, parce qu'il mêlait à des espèces sans dents , l'Ombre [Sahno thjnialus).

M. Cuvier a précisé le caractère de ce groupe, en établissant le genre des Ombres. Ce qu'il a fait de mieux ensuite, c'est de déterminer les différentes espèces d'Europe, et surtout des lacs de Suisse, qui ont été méconnues par tous ses prédécesseurs. Le défaut de la détermination de ces espèces a conduit les différents naturalistes, qui ont traité de nos poissons d'Europe, aune telle confusion que, pour arriver à quelque chose de certain, je suis obligé de commencer par exposer une revue critique de tous ces travaux, avant d'appliquer à chacune des espèces en particulier les noms que nous allons essayer de leur donner, en en publiant une description comparative et faite d'après nature.

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Les espèces de ce genre naturel sont toutes si voisines les unes des autres, que je ne puis espérer de les avoir caractérisées avec plus de certitude qu'on ne peut le faire pour les espèces du genre des Ables. Les différentes Corégones représentent parleur similitude, et cependant par leur variété spécifique, les mêmes formes dans le genre des Saumons, que les Ables dans la famille des Cyprinoïdes. C'est en quelque sorte là ce qui me justifie de n'avoir pas suivi l'exemple de plusieurs ichthyologistes qui ont cru devoir séparer les Cyprinoïdes à mâchoire dentée de nos Cyprins sans dents.

Le genre des Corégones est nombreux en espèces : le caractère repose sur la position des intermaxillaires et des maxillaires, et non, comme la dénomination d'Artedi semblerait l'indiquer , sur l'espèce d'angle que formerait en avant la pupille de ces poissons. Si plusieurs espèces appartiennent à l'Europe centrale, il faut bien remarquer que le plus grand nombre, et que celles qui sont l'objet d'une pèche importante , sont confinées avec les autres Salmonoïdes dans les mers ou dans les eaux circumpolaires. On doit donc conclure de cette monographie et de celles qui ont précédé, que la tribu des Saumons dans la famille des Salmonoïdes, est peut-être plus ca-

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ractérislique d'une forme ichthyologique des régions polaires, que les Gades ou toute autre famille.

Quoique Belon * n'ait pas suffisamment distingue les espèces des lacs de la Suisse, il me paraît cependant avoir donné quelques-uns des traits du Lavaret ; mais la figure est si mauvaise qu'il est impossible de reconnaître le poisson dont il parle. Il a soin néanmoins de faire remarquer que le Lavaret appartient aux Truites par la saveur comme par les formes génériques ; qu'on l'apporte communément des lacs du Bourget, d'Aix et de Genève ; que ce poisson, très-commun, ressemblerait tout à lait à rOmbre, s'il n'avait pas le museau si tronqué et s'il ne manquait pas entièrement de dents. ïl se rapproche encore plus du Bezolaj mais le Lavaret ne dépasse jamais un pied, et ne devient pas aussi large que celui-ci, qui a quelquefois plus d'un empan. Sa tête est oblongue, ses écailles sont blanches et petites j enfin, les autres observations qu'il a faites sur son anatomie ou sur ses habitudes , conviennent assez bien à notre espèce. Mais les ichthyologistes de notre temps nous assurent

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