‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 31 sur 157 · Bloch -Schn., p. 426, n." 14, pi · texte numérisé non relu

Bloch -Schn., p. 426, n." 14, pi

chap. xii. anchois. 69

Z'Anchois de Dussumier.

{Engraulis Dussumieri , nob.)

M. Dussumier a encore rapporté une espèce particulière d'Anchois de la division des Th risses ,

dont les maxillaires s'allongent de manière à atteindre près des deux tiers ou des trois quarts de la pectorale. L'anale est courte; les ventrales sont petites et ne sont pas cachées par les nageoires de la poitrine. Le corps est trapu et haut de l'avant. La hauteur du thorax est comprise quatre fois et quelque chose dans la longueur totale.

D. 13; A. 35, etc.

Le poisson a le dos bleu verdâtre, et une large tache bleue foncée, sur la nuque, le fait tout de suite reconnaître. La caudale est jaune, bordée de noir.

Je ne vois pas de différence dans les autres parties du corps.

L'Anchois séti rostre.

{Engraulis setirostris , nob.)

Dans les espèces que nous venons de décrire, nous avons vu le maxillaire s'allonger successivement, commençant par dépasser la mâchoire inférieure, puis le bord de l'opercule; il atteignait ensuite dans d'autres espèces

70 LIVRE XXI. CLUPÉOÏDES.

l'aisselle de la pectorale , dans une autre il l'a dépassée. L'espèce que nous allons décrire est caractérisée

par un allongement plus considérable encore de cet osj car son extrémité devient une sorte de filet grêle, qui dépasse de beaucoup les ventrales et touche presque à l'anale.

Ce poisson a un autre caractère remarquable : son museau, court et obtus, dépasse à peine la mâchoire inférieure. C'est vers le milieu du corps que l'on trouve la plus grande hauteur du tronc; elle y est comprise quatre fois et demie dans la longueur totale. La tête y est tout près de six fois. Tous les caractères de la dentition sont ceux des Anchois. Le ventre est dentelé. L'anale est courte.

Je ne trouve que neuf rayons à la membrane branchiostège.

La couleur de notre poisson paraît argentée, avec une teinte verdâtre sur le dos. La caudale a conservé quelques traces d'une bordure noire.

Telle est la description d'un poisson que j'ai pu comparer au dessin conservé dans la bibliothèque de Banks, et dont mon illustre confrère, M. Robert Brown, m'a permis de prendre une copie. Nous retrouvons, dans la récente publication que M. Lichtenstein a faite des manuscrits de Forster, la description prise sur les lieux. Jie crois que les différences

que l'on peut observer entre le savant compagnon de Banks et de Cook, et celles que je viens de donner, peuvent tenir à la prëcipitation qui pousse naturellement un voyageur. Les dents de notre poisson sont petites ; mais on ne pourrait pas dire avec Forster, qu'elles n'existent pas. Il porte à onze ou à douze le nombre des rayons de la membrane branchiostège ; cette incertitude peut s'expliquer par la difficulté qu'il a eue de voir cette membrane dont il dit vix conspicua. Elle est en effet cachée entre les branches de la mâchoire ; mais quand on les écarte suffisamment , on peut l'étendre assez bien pour compter les rayons 5 il faut seulement faire attention de ne pas comprendre avec eux le sous -opercule; erreur qu'il est très-facile de commettre dans toute cette famille.

Je crois que Forster se trompe également, en disant que le palais est lisse, du moins il ne faut pas entendre que les palatins, qui se portent tout à fait sur le côté cjuand on ouvre largement la gueule , n'ont pas d'aspérités. D'ailleurs nous sommes éclairés sur ce sujet, parce qu'un des exemplaires de Forster avait été donné par Joseph Banks à Broussonnet. Celui-ci l'a fait graver dans sa Décade ichthyologique sous le nom de Clupea setirostris. La

72 LIVRE XXI. CLUPÉOÏDES.

figure qu'il en donne, convient sous tous les points à notre poisson, et nous voyons dans la description que l'ichthyologiste de Montpellier a bien reconnu les dents des mâchoires et les scabrositës du palais. Il y a cependant une légère difFérence entre sa description et la nôtre , puisqu'il porte à dix le nombre des rayons de la membrane branchiostège. Il est probable qu'il aura compris parmi eux le sous -opercule. Il n'avait certainement donné qu'avec beaucoup de doute le Clupea Bœlama de Forskal pour synonyme de son poisson. Gmelin, qui a accepté ce Clupea setirostrisy a copié sans aucune hésitation ce synonyme. Bonnaterre et Lacépède ont suivi cette même erreur. C'est Bloch qui, dans son Système posthume, a rétabli le Clupea Bœlania, en laissant seul le Clupea setirostris.

Russell ' a aussi observé ce Clupea setirostris, que les naturels lui ont donné sous le nom de Yka-poorawali.

Les individus que j'ai sous les yeux viennent de Pondichéry et de Suez : ils sont certainement identiques, et, autant que j'en puis juger sur ces exemplaires conservés depuis longtemps dans l'alcool, je leur trouve les

Page 1