‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 64 sur 157 · Pallas, Zoof^r. ross. asiat., t. III, p. 342, n · texte numérisé non relu

Pallas, Zoof^r. ross. asiat., t. III, p. 342, n

pienne et dans la mer Noire, et qu'il a été à peine observé en Sibérie. Le saumon remonte de la Caspienne principalement dans le Terec et le Cyrus , et de la mer Noire dans le Danube pendant les mois d'hiver. Guldenstœdt l'avait déjà cité comme un des poissons de la Caspienne. La rareté du saumon en Sibérie et le silence que Pallas tient à l'égard du séjour de notre espèce dans les mers du Kamtchatka, me laissent quelque doute sur la présence du saumon dont nous traitons ici dans les eaux du Japon, de l'Asie boréale et du Kamtchatka. Je suis fort tenté de croire que l'on aura pris pour lui, quelques-unes des grandes truites encore peu connues des naturalistes, qui abondent dans ces rivières septentrionales.

Notre saumon est connu dans presque toute l'Allemagne sous le nom de La dis , dénomination à laquelle on ajoute quelques adjectifs pour indiquer son état de maigreur ou d'embonpoint, son temps de frai, et pour désigner aussi les individus qui ont été pris dans la mer. Ce nom allemand se conserve en Suède, en Norwége, dans le Danemark, on l'écrit seulement d'une manière un peu différente : Lax. On dit aussi Salin , nom qui, comme celui de France, d'Angleterre, dérive évidemment de la dénomination latine. Les pêcheurs de ces

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diffërenls pays ont aussi quelques dénominations particulières suivant l'âge; ils disent Sniolt pour designer les très-jeunes, et Grilse pour les individus âgés d'un an. D'ailleurs toutes ces dénominations changent beaucoup dans les différentes contrées. On trouve encore dans Pallas une synonymie vulgaire du saumon que je crois inutile de répéter ici, parce qu'elle me semble s'appliquer plutôt à ces animaux que le commerce transporte chez ces peuplades qu'elle n'indiquerait un vérirable séjour de l'espèce dans ces pays.

Le saumon est un poisson de mer qui remonte dans les rivières. On ne connaît pas les retraites de ce poisson dans le fond de l'Océan. Il est remarquable que les pêcheurs qui vont au large, soit en traînant leurs filets, soit en se laissant dériver avec eux, prennent très-rarement des saumons. Ces animaux ne mordent pas non plus aux appâts des lignes de fond. Cependant on cite des observations qui prouvent que ces poissons fréquentent les bords de la mer, puisqu'on les prend quelquefois dans les mares que la mer forme en se retirant. On en voit échoués sur le sable après de gros temps; enfin on en trouve dans les parcs tendus à la côte. Je ne m'étonnerais pas que les habitudes des saumons n'aient

quelque analogie avec celles des truites, et quune fois entres dans la mer, ces poissons n'aiment à se retirer dans des grands trous creuses le long de la côte, ainsi que nos truites le font dans toutes les rivières. C'est au moment où le saumon remonte avec ardeur dans les fleuves, pressé par le besoin d'y frayer, que l'on en fait partout une pèche qui dans quelques lieux est très-abondante. L'espèce affectionne certaines côtes ou certaines eaux, ainsi elle entre abondamment dans la Somme, tandis qu'il n'en paraît que des individus isoles dans la Seine. Comme ceux-ci ne sont pas arrêtés à l'emboucliure de ce fleuve par des filets, ils y remontent assez haut. J'en ai péché un, long de trois pieds et demi, à Argenteuil près de Paris. On en a vus beaucoup plus loin, car il est certain qu'on en a pris dans la Seine à la hauteur de Provins. Je trouve dans les notes de Noél qu'on a péché auprès de Caudebec un saumon du poids de quatre-vingts livres. Le même naturaliste dit que le saumon entre quelquefois dans la Marne. La Loire nourrit un grand nombre de saumons. Ils se distribuent dans les différents affluents de ce grand fleuve. J'ai tout lieu de croire que l'on désigne dans le centre de la France, sous le nom de Tacon, de jeunes saumons qui ont 21. i3

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encore la livrée de leur jeune âge. Au Pontde-Cé près d'Angers, il y a des pèches régulières productives de cette espèce de poisson. Il pénétrait autrefois dans toutes les petites rivières qui viennent se rendre à la mer sur les cotes de Bretagne, surtout dans le Blavet et à Cliateaulin. Dans le siècle dernier les produits de ces pêches étaient un revenu considérable pour le gouvernement de cette province. Des barrages nécessités par certains travaux hydrauliques ont fermé ces rivières, et depuis, les saumons ont cessé de se présenter sur les côtes en aussi grande abondance. C'est une perte véritable pour le pays.

Cette migration instinctive des saumons pour passer de la mer dans les fleuves, leur fait franchir non -seulement les pièges qu'on leur a tendus, mais des chutes d'eau assez élevées. On cite le Saut du saumon dans le comté de Pembroke, oii la rivière du Zing tombe perpendiculairement et de très- haut dans la mer. Le voyageur s'arrête souvent pour admirer la force et l'adresse avec laquelle les saumons franchissent la cataracte pour passer de la mer dans la rivière.

Il y a deux autres sauts très-renommés en Irlande, l'un à Leixlif, l'autre à Bally Shannon. Les pèches qu'on fait en cet endroit sont très-

productives. On prétend même que si on les interrompait, le nombre des poissons augmenterait sensiblement et qu'on en prendrait de beaucoup plus grands. Twess observe que pendant les guerres de i64i la pèche du saumon fut suspendue ; elle ne recommença qu'à la paix et on prenait alors auprès de Londonderry des saumons qui n'avaient pas moins de six pieds de long. On trouve dans le récit de ce voyageur des détails curieux sur la manière dont les saumons franchissent la chute du Shannon. Il est difficile de se faire une idée de la force employée par ces poissons pour s'élancer à près de quatorze pieds hors de l'eau ou décrire une courbe de vingt pieds au moins pour atteindre le sommet de la chute. Leurs premières tentatives restent ordinairement sans succès , mais loin de perdre courage , ils font de nouveaux efforts jusqu'à ce qu'ils aient atteint la partie supérieure de l'eau; alors ils disparaissent dans le fleuve. On voit auprès de la chute, ajoute Twess, des Marsouins et autres gros poissons bondir dans l'eau, et animer beaucoup cette partie de la côte. Les Marsouins y sont attirés par l'abondance de la proie qu'ils peuvent se procurer avec facilité. Le nombre de ces mammifères marins y est si considérable qu'il y aurait peut-être du profit

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h établir une pêche régulière de ces petits cétacés.

C'est vers le printemps que le poisson commence à passer de la mer dans les fleuves 5 il y reste jusque vers l'automne; il retourne pendant Ihiver dans le fond des mers pour revenir l'année suivante dans les eaux qu'il a quittées l'automne précédent. Il paraîtrait même, d'après des expériences rapportées par Duhamel, que le saumon saurait retrouver l'endroit où il s'était établi. Cet auteur cite des essais semblables à ceux que l'on a faits sur les hirondelles. Ces Salmones entrent dans l'eau douce pour y frayer, et les femelles déposent leurs œufs, soit dans les grands fleuves, soit dans leurs affluents, et souvent très -loin de la mer. Dans la Suède et autres contrées septentrionales, il arrive quelquefois que les rivières gèlent de bonne heure, et alors les saumons passent très- bien l'hiver dans l'eau douce. On prétend encore que le bruit, ou les différents corps flottant sur la surface de Veau, effraient le saumon et lui font souvent abandonner la rivière dans laquelle il voulait monter. Les femelles, au moment de frayer, creusent des sillons dans le sable pour y déposer leurs œufs; elles ont même l'instinct de disposer des anfractuosités ou des sortes de

nids au milieu des pierres, pour mettre à l'abri les petits qui doivent en éclore. Les mâles viennent alors dans ces endroits y abandonner leur laitance. Les deux sexes paraissent tellement épuisés par cette ponte, qu'ils se laissent en quelque sorte entraîner par le courant pour retourner vers la mer. Tous les auteurs s'accordent à dire que la chair devient mauvaise après la ponte.

La pèche du saumon se Fait sur quelques fleuves dans des pêcheries sédentaires, mais on emploie aussi très-souvent la seine pour les prendre. D'ailleurs, l'industrie des pécheurs fait un peu varier les moyens de poursuivre ces poissons suivant la localité. Le saumon est vorace, il croit avec rapidité. Sa nourriture consiste en poissons, et l'on dit qu'il préfère l'Ammodite {^Amniodytes tobianus). Sir William Jardine regarde ce petit poisson comme un très-bon appât. Bloch a reçu du Wesel un saumon qui pesait quarante livres. Pennant en cite du poids de soixante-quatorze livres en Ecosse. On en a trouvé en Suède du poids de quatre-vingts livres. La pêche du saumon est une branche d'industrie considérable clans l'économie politique de certains pays. Elle a surtout fixé l'attention dans le Nord de l'Europe. Pennant

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cite des rivières où l'on prend quelquefois sept cents saumons d'un seul coup de filet, et l'on rapporte que dans la Ribble on en prit une fois trois mille cinq cents. Quelques pêcheries d'Angleterre fournissent, année moyenne, plus de deux' cent mille saumons. La pèche est plus considérable en Ecosse et en Norwége; il n'est pas rare qu'on porte à Berghem deux mille saumons frais en un jour.

Elle varie selon que le poisson entre dans les fleuves à une époque plus ou moins hâtive, parce que la saison de la montée du saumon change suivant la température des climats. Il n'entre pas dans les fleuves en bandes nombreuses comme beaucoup d'autres, mais en petites troupes, à la tête desquelles on distingue les plus gros qui sont des femelles. Elles sont suivies des mâles de la plus grande taille, puis les petits saumons viennent ensuite. La succession de ces troupes est cependant assez rapide pour que dans certaines occasions on voie apparaître un très- grand nombre d'individus.

La brise qui souffle de la mer est favorable à cette montée ; on l'appelle en quelques endroits vent du saumon. Fischer cite qu'après une brise assez forte et soutenue pendant plusieurs jours, il entra dans la Dwâna un

rideau si considérable de saumons qu'on en prit par milliers pendant plusieurs semaines. Les annales anciennes ont conservé le souvenir de saumons venus en abondance dans le Rhin, dans l'Elbe, et de ce fleuve jusque dans la Moldaw, où ces poissons lâchèrent une immense quantité de frai. On remarque en Islande que vers la S. Jean, dans les grandes marées de la pleine lune, il entre plus de saumons dans les rivières de cette île, lorsque le vent souffle du sud , que par des vents différents.

La pèche du saumon qui serait d'un grand produit pour les Islandais, paraît cependant presque nulle dans beaucoup d'endroits de cette île, parce que le manque de bras et peut-être aussi la pauvreté des habitants ne leur permet pas d'établir ces caisses percées de trous avec lesquelles on arrête le saumon. Souvent la rapidité du courant ou l'escarpement des berges sont des obstacles. Dans d'autres parties les paysans négligent la pèche du saumon, parce que le fond des baies est infesté par les Phoques. Cette considération ne devrait pas être un obstacle sérieux, car le produit de ces mammifères serait avantageux.

La pêche est exploitée avec plus de succès dans la Laponie danoise; elle est en général

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plus considérable dans la Laponie orientale que dans les contrées occidentales de cette terre. La pèche s'en fait avec des caisses comme en Islande , mais elle n'y est pas suivie avec autant d'ardeur, que l'abondance du poisson semblerait y engager les habitants, parce qu'ils préfèrent pêcher le Dorsli. Tl paraît que ce Gade donne des bénéfices plus considérables. En Norvs^ége la pèche du saumon est d'un produit remarquable. On se sert souvent de filets sédentaires placés à l'embouchure des fleuves; on leur fait décrire des lignes variées où le poisson s'égare comme dans des tonnares. Il y a des exemples où l'on en a pris trois cents en une seule marée. C'est principalement dans le district de Drontheim ou de Christiansand que la pêche norwégienne est exploitée en grand; elle n'a pas autant d'importance dans les parties septentrionales. Outre la pêche faite sur le bord de la mer, on prend aussi le saumon dans les fleuves de l'intérieur des terres. Elle est surtout très -animée mais très- périlleuse dans celle de Moudahl, auprès du fameux pont appelé Bielands-Broé. On sait qu'il est posé sur d'énormes fragments de rochers restés debout en forme de piles et élevés de trente-six à quarante pieds au-dessus du niveau ordi-

naire. A la fonte des neiges l'eau s'élève quelquefois jusqu'au cintre des arches. C'est un spectacle eftrayant que de voir avec quelle ardeur les pécheurs se hasardent sur une simple et frêle embarcation, en s'exposant à tous les dangers de la chute de cette énorme masse d'eau, s'échappant avec fracas du haut du rocher et tombant en large cascade. Les pêcheurs cherchent à profiter des contre-courants qui les portent sur de grands trous au bas de la chute et oii les saumons se rassemblent volontiers. Quand ils sont assez heureux pour se maintenir, ils font souvent une capture considérable. Le Danemarck proprement dit, le Jutland et le Holstein ne sont pas aussi bien pourvus de saumons. Il y a cependant quelques golfes où on en pêche encore une assez grande quantité, mais toutes les côtes de la Baltique en sont extrêmement riches. On prend cette espèce dans les eaux douces ou salées du golfe de Finlande, et en remontant au nord, dans celles de la Laponie suédoise. Le golfe de Bothnie coupé par des anses, des baies ou des embouchures de fleuves assez nombreuses, est extrêmement favorable à cette pêche. Il y avait autrefois des pêcheries considérables dans le Halland, mais elles ont bien déchu de leur ancienne

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prospérité, parce que beaucoup d'embouchures de rivières se sont ensablées; le saumon trouvant les rivières ainsi barrées n'a pu gagner les cliutes des cascades, ni déposer son frai sur les sables où il se réunissait auparavant. Ce poisson est très-commun sur les côtes méridionales de la Baltique, tant en Poméranie qu'en Livonie. La Dwina est très-renommée pour les pèches qu'on y fait presque toujours au moyen d'enceintes fixes. Au fond du golfe de Finlande, la quantité d'eau courante qui s'y verse, y appelle le saumon; par la Newa il pénètre dans le lac Ladoga. La moyenne des pèches est assez variée. L'Elbe est de tous les fleuves de la Basse-Allemagne celui qui a le plus de saumons. Il y en a moins dans le Weser et dans lEms. Toutes les rivières de la Hollande jusqu'à l'Escaut sont abondamment pourvues de ce Salmonoïde. La pèche a une grande importance à Schoonhaven sur la Meuse; dans le Bhin, l'Yssel, le Wahl, le Lech on le prend dans des clayonnages garnis de filets. Mais le saumon est l'objet d'une pèche bien plus considérable tant en Ecosse qu'en Irlande; elle est moins productive en Angleterre. Dans la Tweed elle commence en Décembre et se soutient pendant neuf mois. Beaucoup de pêcheries sont établies sur les

deux rives jusqu'à quatorze milles de son embouchure. Presque tous les produits s emportent à Berwick. Les péclies du Tay sont aussi renommées. On regarde Fentrée précoce du Bull-Trout [Fario ar^enteus, nob.) comme le présage d'une bonne péclie. Il y a en Irlande, dans la rivière de Ban, une pêcherie considérable. L'embouchure de la rivière regarde le nord et les fdets sont placés au pied des promontoires, de manière à ce que les saumons s'y engagent en filant le long de la côte.

Les nappes ont souvent plusieurs centaines de mètres d'étendue. On les met à l'eau jour et nuit, pendant tout le temps de la saison de pèche, qui dure environ quatre mois. L'heure la plus favora])le est celle de la marée montante. On pêche moins de saumons dans les eaux salées des côtes de France baignées par la Manche ou par l'Océan. Il est rare qu'ils s'approchent assez près du rivage pour être pris dans les parcs, excepté sur les grèves du mont Saint-Michel, oii l'on peut tendre des filets au reflux des marées de morte eau. A l'embouchure de nos rivières ou le long de leur cours on emploie presque toujours des nappes sédentaires, mais aussi, suivant les localités, on peut employer la seine ou le tramail.

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Celle industiie n'a pas beaucoup d'imporlance dans la Seine ni dans l'Orne, puisque ces fleuves n'ont que très-peu de poissons. Dans la Loire elle mérite une haute considération. Le poisson remonte dans ce fleuve en assez grande abondance vers les équinoxes. Les pécheurs de Belle-Ile trouvent donc du profit à poursuivre celle espèce. Au-dessus de Nantes on voit des pêcheries établies au Pont-de-Gé, à Tours et à Saumur. Le saumon passant dans la Vienne et l'Allier, y devient l'objet d'une pêche assez considérable. Cette dernière rivière est, dit-on, barrée dans toute sa largeur au pont du Château par une digue haute de plus de deux mètres au-dessus des moyennes eaux. Je regarde ces procédés comme des moyens de destruction plutôt que comme une pêche aménagée avec une sage économie. Le saumon entre aussi dans la Charente, la Gironde et l'Adour. On en prend une assez grande quantité depuis Agen jusqu'à Toulouse. Dans l'Adour et dans les Gaves qui descendent des Pyrénées occidentales, on distingue deux montées de saumons; l'une commence en janvier et dure jusqu'à la fin d'avril; la seconde s'opère en juillet et en août, mais on dit que ceux-ci sont moins gros et moins bons que ceux de la précédente montée. On a jus-

qu'à présent essayé, mais inutilement, de transporter le saumon vivant, ou même de le conserver dans des viviers; mais en gênerai ces expériences ont trcs-mal réussi. L'abondance des individus a nécessairement obligé d'employer des moyens conservateurs pour utiliser cette grande quantité de poissons pris à la fois. Ces moyens varient suivant les localités. On le sèche, on le fume, on le sale ou on le marine. Dans l'Asie septentrionale on le fait geler, et l'on peut, par ce moyen trèssimple, le transporter à des distances considérables. Cette manière prompte et économique nuit à la qualité de la chair. Pour les fumer il faut choisir les individus de taille moyenne; s'ils sont maigres, ils éprouvent une dessiccation trop prompte; s'ils sont trop gras, l'abondance de fhuile nuit au succès de la préparation. Le saumon de la Baltique, qui lient le milieu entre ces deux qualités, est fumé en Livonie. Hambourg en reçoit des cargaisons que le commerce distribue , sous le nom de Saumons de Hambourg, dans tout le monde.

Pour le fumer, on le saupoudre de sel après l'avoir fendu pour en retirer les viscères et la colonne vertébrale. Après être resté dans le sel pendant environ trente-six heures, on l'expose à la fumée que produit un feu entre-

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tenu avec des brindilles de chêne, d'aune et de genévrier. On préfère dans quelques endroits la fumée du piment royal [Mjrica gale). En Ecosse, en Irlande et en Norwége on sale presque tous les saumons. On peut remarquer cependant que l'accroissement de la pèche de la morue sur le banc de Terre- Neuve a dû donner une concurrence défavorable à celle du saumon.

Je viens de présenter Thistoire du saumon adulte, mais on peut se demander si l'animal ne change pas d'aspect avec l'âge. M. Agassiz a cru devoir établir que le Sahno Gœdenii de Bloch était le jeune âge de notre espèce. Les poissons que j'ai reçus d'Allemagne, sous ce nom, ne confirment pas cette hypothèse. On verra plus loin qu'ils ont, comme le saumon, le corps du vomer sans dents, mais celles qui sont sur le chevron sont tout à fait différentes. Je crois qu'il faut regarder comme de jeunes saumons les poissons qui ont été représentés dans le grand et bel ouvrage de sir William Jardine, sous le nom de Salmo albus ou de Herling de Sohvay. M. Fleming, qui a admis cette espèce, l'appelle Salmo Phinock, et dit que c'est un poisson qui atteint rarement un pied de long, que la chair est rougeâtre, qu'il entre dans les ri-

vières vers le mois de juillet : on le prend rarement dans les filets tendus dans les eaux saumâtres; les individus sont pourtant trèsnombreux dans les rivières qu'ils fréquentent pour frayer dans les mois d'août et de septembre. Tous ces traits me paraissent convenir parfaitement au saumon, et ce qui me persuade encore plus, c'est que nous recevons sur nos marches de vrais saumons, tels que je les caractérise, qui n'ont pas plus d'un pied à quatorze pouces, et qui sont tout à fait semblables à la figure que j'ai citée plus haut. Cette espèce a été inscrite dans le British Fauna de Turton, sous le nom de Salino Phinock, Fleming croit que c'est le Salmo alhiis de Pennant, espèce nominale adoptée par M. de Lacépède \ Mais Fleming pense que ce peut être aussi le Salmone Ciwz&e/Vr/nfi de Lacépède; les notes de Noël de la Morinière prouvent que cette description a été faite sur notre Forelle ou Truite de mer [Fario argent eus, nob.). MM. Jenyns et Yarrell n'admettent point cette espèce qu'ils regardent comme un jeune de première année de leur Truite de mer (Sea Trout). La dentition peut seule décider cette question, mais je n'hésite pas à répéter

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