Nordmann, Fauna pont. , p
Le Saumon Ocla.
{Salino ocla, Nilsson.)
Je trouve, dans l'ouvrage de M. Nilsson, l'établissement d'une espèce de Saumon que ce zoologiste croit différer et du -5'. Huclio de Bloch et de celui de Pallas, Il le donne comme un poisson
ayant les yeux pelilsj l'iris blanchâtre. Le dos d'un noir verdàtre. Les côtés et les opercules argentés , couverts de taches noires. Les écailles plus petites et plus nombreuses que celles du saumon. La dorsale entièrement tachetée. A l'automne, la mâchoire prendrait un crochet comme celle du Récard ; mais le corps ne serait jamais orné de taches rouges.
Ce poisson sortirait de la mer Baltique pour remonter dans le fleuve de Dalefven et peut-être dans les autres. Il se présente en Suède, à Elfkarlly, plus tard que le saumon ordinaire. On le prend en plus grand nombre au mois de juillet. Sa chair est blanche.
Cette description laisse encore beaucoup à désirer j c'est donc avec doute que j'indique ici cette espèce.
Z/'Ombre chevalier.
{Scdmo umhla, Linn.) Un saumon commun dans l'est de la France,
234 LIVRE XXIl. SALMONOÏDES.
dans la Suisse, clans le Tyrol, est l'Ombre chevalier. Ce poisson
a le corps beaucoup plus arrondi el plus trapu que le Huch et même que le Saumon. La tête me paraît un peu plus allongée que le corps n'est élevé, et à peu près du cinquième de la longueur totale. Ces proportions me paraissent cependant offrir quelques variations. Les deux mâchoires sont égales. Le bord montant de Topercule descend un peu obliquement. Les trois autres pièces operculaires se montrent à peu près comme dans le Hucho. Il n'y a aussi que dix rayons à la membrane brancliioslège. Les intermaxillaires ont de fortes dents sur deux rangs irrégullers. Il y a aussi un groupe de sept ou huit dents crochues sur le chevron du vomer, et pour se faire une idée juste de ces dents vomériennes, nous renvoyons à la figure donnée par M. P\.ichardson. ^
Nous avons compté sur noire exemplaire deux cent dix rangées d'écaillés. La couleur de ce saumon est un gris verdàtre sur le dos, tacheté de points blancs pâles. Le ventre est jaunâtre. Les vieux mâles ont les maxillaires, l'opercule et le ventre salis d'un noir de charbon, qui les distingue tout de suite des femelles adultes. Celles-ci paraissent avoir le dos plus clair et moins tacheté. La dorsale est bleuâtre; la caudale, de même teinte, a du jaune sur la base des rayons mitoyens. Les nageoires inférieures sont jaunes, avec les deux ou trois rayons externes
1. llicliaidcon , Faunn vor. amer., [>1. 9-2 , t'g. 5, a cl o.
CHAr. I. SAUMONS. 255
bleuâtres. Toutes ces teintes sont beaucoup plus pâles dans les femelles. L'adipeuse n'a pas de taches.
Nous possédons, au Cabinet du Roi, un.
bel exemplaire de ce saumon, long de deux pieds et huit pouces, qui a été envoyé à notre Muséum par les soins de notre illustre confrère et ami , M. Decandolle.
La meilleure ligure à citer de cette espèce est celle que nous trouvons clans l'Histoire naturelle des poissons d'eau douce de l'Europe centrale. M. Agassiz a fait représenter le mâle et la femelle adultes , puis il a donné la ligure d'une jeune femelle péchée, avant la ponte, dans le lac de Zurich au mois de novembre. Il la représente avec le dos coloré en vert olivâtre très -foncé sans aucune tache; les flancs sont noirâtres, couverts de petites taches plus pâles. Le ventre est d'un rouge orangé sah. Les nageoires , à l'exception de la dorsale, sont d'un rouge-brique; celle du dos est terre d'ombré. Malgré ces différences trèssensibles de coloration, il n'est pas difficile d'admettre que le poisccn de la planche IX et celui de la planche XI ne soient de la même espèce, à cause de la ressemblance des formes. Notre savant ami a encore représenté un Omble plus jeune. Celui-ci paraît avoir le corps plus allongé, le museau [)lus pointu
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et la tête proportionnellement plus longue. Le fond de la couleur est comme dans l'adulte, un vert noirâtre piqueté de blanc sur le dos et de jaunâtre sur les parties inférieures. Mais à cet âge les joues, les flancs et la dorsale sont piquetées de points rouges qui, d'après ces figures, disparaîtraient dans un âge plus avancé. On voit quelques points blanchâtres perdus dans l'olivâtre du dos.
Piondelet' a plutôt indiqué qu'il n'a véritablement fait connaître l'Omble. Mais le Carpione de Salviani"" en est une représentation beaucoup plus reconnaissable. On conçoit en effet que l'iclithyologiste de Rome ait mieux fait connaître un poisson qui est célèbre dans toute l'Italie à cause de la délicatesse de sa chair. Gessner ne fait que le copier. La figure de DuhameP, que Ton cite ordinairement, me paraît tellement mauvaise qu'on ne peut en quelque sorte reconnaître le poisson que par son inscription.
Le poisson dont nous nous occupons est le Charr des Anglais. Déjà Willugliby"* avait associé au Charr du pays de Galles le Car-