‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 80 sur 157 · Ra^ei. Arcli. rnéd. compar. , n."' 4 cl 5. [>. -bo · texte numérisé non relu

Ra^ei. Arcli. rnéd. compar. , n."' 4 cl 5. [>. -bo

Antoine Roland Martin' dit qu'il a vu à Berghen, dans l'automne de 1759, des poissons lépreux. Il entendit affirmer que des lacs entiers étaient pleins de ces poissons malades. Il croit même que plusieurs autres espèces de truites étaient affectées en même temps que le Roéding; et il inclinait à admettre que la lèpre était plus commune parmi les habitants des bords de ces lacs, que dans ceux des autres contrées. Il faudrait de nouvelles observations plus étendues, mieux faites sur ces maladies des poissons observées en général par des hommes peu instruits, et qui emploient pour désigner une affection qu'ils ne connaissent pas bien, des mots qui désignent une maladie dont la nature est bien déterminée et nettement connue. Quand on parle de saumons ladres, il ne faut pas admettre que ces poissons ont la chair farcie de cysticerques, comme les cochons ou Thomme souffrant de ladrerie. Nous ne connaissons pas bien la maladie de nos saumons. Il en est de même très- probablement de cette lèpre des truites alpines de A. R. Martin. La lèpre est malheureusement commune sur les côtes de

1. Amnerk. ilber die sogenannten aussiitzigen Fische , von And. Roi. Martin, K'on. Ak. der Wissenscliaflen von Stockholm, 1760; t. XXII, p. 301.

254 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.

Norwege, et les truites qui changent d'aspect, ou qui meurent peut-être après la ponte, sont dites lépreuses. Il faut espérer que les zoologistes ou les médecins liabiles de Bergîien traiteront un jour cette question curieusp et importante pour la physiologie générale.

Le Saumon kulmund.

{Salmo carhonarius ^ Ascanius.)

Nous avons encore reçu de Norwege, par Noël de la Morinière, une autre Truite de Norwege, dont Ascanius a donné une f.gure parfaitement reconnaissable : c'est le Kulmund des Norwégiens, qui est devenu dans le travail de Strom le S. carhonarius, et que nous voyons adopté dans l'ouvrage de Nilsson. Ce poisson est remarquable

par la longueur de ses maxillaires arqués. Sa mâchoire supérieure dépasse évidemment l'inférieure. Les dents forment un petit groupe sur le chevron du vomer; celles des mâchoires sont assez fortes. La caudale est un peu fourchue,

B. l'O; D. iO; A. 7; C. 25; P. 12; V. 9.

La couleur du poisson, conservé dans l'eau-de-vie, est noirâtre. Des taches paraissent sur le corps. Les nageoires, pectorales et ventrales, ont un fin liséré

blancliàlre. x\scaiiius', qui a vu le poisson frais, peint le dos presque noirâtre, les flancs violets, couverts de taches argentées; le ventre blanc; les nageoires sont bleuâtres; la base de la caudale tient de la couleur du dos.

Ce Rulmuod a été observe par Ascanius dans le Randsfjord. La pèche de cette espèce produit très-peu, parce que le poisson a une chair blanche, molle et peu estimée. C'est aussi l'opinion de M. Nilsson : suivant cet auteur , le Rulmund se tient dans les lacs des régions boisées de la Nor^?vége occidentale, mais quil ne s'élève jamais dans les eaux alpines; il ne quitte le fond des lacs cfu'aii moment du frai ; on le pèche dans l'été avec des lignes amorcées d'une grenouille vivante.

Cette espèce est la seule qui convienne à cette phrase de la synonymie d'Artedi : Sahno pedalis maxilla superiore lojigiore. Mais il faut observer de suite, que les citations placées dans cette synonymie sont fausses; car elles se rapportent toutes à un poisson entièrement différent. Si l'on s'en tenait à la phrase d'Artedi, sur laquelle l'espèce a été établie , le S. sah'elinus de la 12.^ édition de Linné serait la dénomination linéenne à donner à notre

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