Jurine, Poissons du Léman, p. 165, année
280 LIVRE XXII. SALMONOÏDES. "
que la chair en devenait rouge. On nettoya ce fossé il y a près de dix ans. On enleva toutes les plantes qui y croissaient, puis on fit rentrer l'eau. Dès ce moment les truites qu'on y mit ne se colorèrent plus , mais depuis trois ou quatre ans les mousses ayant repoussé, les truites s'y colorent de nouveau. S. A. R. voulant remonter à la cause de ce fait singulier, chargea M. Dcebereiner, professeur de chimie à l'université de léna, de faire une analyse comparative de l'eau du ruisseau où on péchait les truites et de celle du fossé où on les mettait. '' Je renvoie le lecteur au mémoire que j'ai cité, pour juger lui-même des explications qui ont été proposées.
Cela étant bien établi , ainsi que les caractères d'après lesquels je classe les Salmonoïdes dans leurs genres, on conçoit, je ne dis pas la difficulté, mais presque l'impossibilité de rapporter aux deux espèces que j'ai citées, une synonymie exacte. On ne peut pas la trouver dans les auteurs les plus récents, sans en excepter notre illustre maître. En cherchant à établir, d'après le Règne animal, la liste des Forelles d'Europe, il est bien clair que la première des deux espèces est ce que M. Cuvier a appelé la Truite de mer. Mais je ne crois j)as que ce soit là le Salmo Schie-