‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 22 sur 100 · Will., p · texte numérisé non relu

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culier. Après avoir donné des considérations générales sur le Hareng et sur les prétendus voyages de ces poissons, qu'il décrit d'après Anderson, il fait connaître par une description très-longue le Hareng plein, le Hareng gai, et il passe ensuite à ce qui faisait l'objet spécial de son ouvrage , à tout ce qui peut avoir rapport à la pèche du hareng, aux salaisons que l'on en fait ou à la manière de le saurir, et il renvoie dans un dernier chapitre la description d'un nombre assez considérable de petits poissons que ses nombreux correspondants et la haute protection qu'il recevait du gouvernement d'alors, lui faisaient parvenir en nature, ou par des dessins que lui envoyaient les différents commissaires de l'amirauté. Il faut bien avouer qu'il a fort mal employé tous ses matériaux; car il laisse dans les plus grandes incertitudes sur tous les poissons qu'il a représentés aux planches XVI et XVII de cette' section. Nous tâcherons cependant d'y revenir aux articles spéciaux de chacune de ces petites espèces; et quant au Hareng en particulier, les deux figures qu'il a données sur la planche IV de cette même section, celle n.° 1 d'un Hareng plein, et l'autre, n.° 2, d'un Hareng gai ou vide, sont loin d'avoir l'exactitude qu'un zoologiste

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peut désirer, quoiqu'elles soient cependant plus reconnaissables qu'aucune des figures publiées avant lui. Il résulte de ces observations que, si Duhamel a rendu service au commerce par les documents qu'il a pu donner dans son ouvrage, il n'a véritablement avancé en aucune façon l'histoire naturelle du Hareng et des espèces voisines.

Un peu avant Duhamel, James Solas Dodd, chirurgien de Londres , publia un Essai de l'histoire naturelle du Hareng. Il n'était point naturaliste, et manquait en même temps d'une critique assez sévère pour suppléer par cette qualité à ce que l'absence de ses connaissances en histoire naturelle laissait à désirer. S'il eût rempli convenablement le plan qu'il s'était tracé, son petit traité spécial sur le Hareng eût été certainement fort utile; mais il s'est malheureusement plus étendu sur les propriétés médicales que sur ce qui avait rapport à l'histoire naturelle de ce poisson, et l'on conçoit facilement d'après cela combien nous avons peu à tirer de cet ouvrage.

Pennant, dans sa Zoologie britannique, a naturellement parlé du hareng; il en donne une description très-courte; il le croit un habitant de nos mers septentrionales, qui émigré jusque sur les côtes de l' Amérique, et s'avance

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jusques vers la Caroline du sud; il croyait aussi qu'on le trouvait dans les mers du RamtscJiatka ou du Japon. Adoptant les idées d'Anderson, il fait de même voyager le hareng par bandes régulières, qui manœuvreraient en quelque sorte en ordre de bataille. Il a donc très-peu ajouté à l'histoire naturelle de ce poisson.

Nous voilà arrivés à la grande Ichthyologie de Bloch, où l'article sur le Hareng tient une place importante. Il est le premier qui ait opposé quelque doute au récit merveilleux et ingénieux des migrations du hareng, et la raison qu'il en donne est déjà très-forte. Après avoir présenté quelques considérations sur les préparations, la pêche et les produits qu'elle fournit, après avoir montré que les cargaisons de Berghem emportent tous les ans près de cinq cents millions de harengs, que les Hollandais en détruisent trois cents millions, et après avoir ainsi suivi cette destruction vraiment prodigieuse chez les différents peuples de l'Europe, il parle aussi de la préparation de ces animaux ; et il termine son article par quelques documents sur le commerce du hareng, sur celui de l'huile que les Suédois tirent de ce poisson; mais, quant à l'histoire naturelle du hareng proprement dite et à celle des petites espèces voisines, il a vraiment très-peu avancé

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cette question j car la description de l'animal n'est pas à beaucoup près assez détaillée, et la figure qu'il a donnée du poisson n'est pas non plus exempte de tout reproche.

C'est d'après Bloch et Duhamel que M. de Lacépède a composé son article du Hareng. Il a, comme à son ordinaire, adopté sans critique ce que ses prédécesseurs en avaient dit, et, ce qui est remarquable, c'est que Noël de la Morinière qui correspondait avec lui et qui lui a donné des notes sur plusieurs espèces voisines de ces clupées, ne paraît pas lui avoir communiqué celles qu'il avait réunies sur le hareng. Je crois en trouver la raison dans le projet que cet auteur de l'histoire des pêches avait formé, mais qu'il n'a point exécuté, de donner une histoire naturelle des harengs.

Si de ces auteurs généraux nous passons à ceux qui ont écrit des faunes spéciales de différents pays, nous voyons le hareng cité dans tous les ouvrages qui traitent des contrées septentrionales. Ainsi, Linné le nomme dans le Fauna suecica \ mais en copiant trop exactement la synonymie d'Artédi. Mùller l'indique dans le Fauna danica%\ Fabricius l'inscrit

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