Anderson . Accounl of the Ihbridgc , p
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à lignes longitudinales rousses, se multiplie quelquefois en si grande quantité que la mer en devient toute rouge; elle donne des qualités malfaisantes au hareng qui les mange ; aussi existe-t-il un règlement qui prescrit de laisser au moins deux jours dans le filet tout hareng aatig. Fabricius dit la même chose pour ceux qui ont mangé ce petit crabe désigné par lui sous le nom dAstacus harengorum.On trouve aussi très-souvent des filaires dans les épiploons du hareng; c'est le Filaria capsularia de Rudolphi, qui y a aussi rencontré un Ascaride et le Distoma oclireatum. Les auteurs citent ces parasites comme une des maladies du hareng. Les recherches nombreuses que j'ai faites sur les Helminthes m'ont donné la conviction que ces animaux sont associés par la nature aux espèces sur lesquelles ils vivent, sans que leur présence soit un indice de maladie.
Enfin, je citerai une monstruosité assez commune dans le hareng, ainsi que dans beaucoup d'autres poissons, et qui consiste dans ihermaphroditisme. M. Yarrell a communiqué, il n'y a pas longtemps, une observation de ce genre à la société zoologique de Londres. Je trouve dans mes notes , que j'ai observé deux cas de ce genre, l'un à Bou-
logne, en 1827, et l'autre, un peu plus tard, sur un hareng pris au marché de Paris.
L'incroyable fécondité du hareng a toujours fait l'étonnement du naturaliste. La constante énergie de cette puissance reproductrice dans cette espèce de Clupée donnerait des résultats si considérables en chiffres que le calcul en effraierait véritablement l'imagination. Si pendant vingt ans consécutifs on pouvait réunir la progéniture d'un seul hareng et la rassembler en masse, quel espace immense n'occuperait -elle pas dans l'Océan! Mais la nature conserve heureusement la balance des forces respectives. La destruction de tous les jours égale en somme la fécondité de toute une année. C'est pour cette raison que les philosophes considèrent les mammifères, les oiseaux et les poissons carnassiers non comme des ennemis destinés à détruire , mais comme des êtres bienfaisants et nécessaires à la continuelle harmonie des productions de la nature. Sans le concours de l'avidité des poissons, la mer serait bientôt surchargée de ses productions, embarrassée de ses propres richesses, et au lieu de procurer l'abondance aux nations, elle en deviendrait bientôt le plus terrible fléau. Bonnet, Buffon, Lacépède ont t racé de si magnifiques tableaux de toutes ces
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images qu'il serait maintenant présomptueux de vouloir y revenir après ces grands maîtres. Au moment où le hareng se sent pressé du besoin de frayer, il sort de sa retraite, ainsi que le font tous les autres poissons, s'avance près des rivages, où les femelles lâchent leurs ceufs que les mâles viennent féconder. Plusieurs pêcheurs de la Baltique assurent que lors du frai on ne prend d'abord que des harengs mâles et ensuite des femelles dans la pèche du printemps. La pêche d'automne sur les côtes de la Bothnie septentrionale a donné lieu à cette remarque singulière qu'on ne pêche jamais que des mâles et peu de femelles. Ces remarques m'é tonnent d'autant plus qu'elles sont contraires à ce que l'on observe des autres espèces de poissons dont les femelles commencent presque toujours le frai. On pourrait d'ailleurs opposer à ces remarques celles d'autres observateurs qui ont consigné, en parlant de la pêche du hareng dans le golfe de Finlande, que suivant les années on prend tantôt plus de mâles, tantôt plus de femelles. Les œufs tombent-ils constamment au fond de l'eau dès qu'ils sont pondus et fécondés, ou restent-ils quelquefois entre deux eaux et près de la surface*, c'est une question encore indécise. Je trouve dans les notes de Noël de
la Morinièrë qu'un pécheur se trouvant dans la mer du Nord, vit pendant un été la surface de l'eau couverte, sur une grande étendue, d'oeufs de poissons qu'il crut être ceux du hareng. Le patron de la buyse eut l'attention de serrer le vent et de se détourner de la route dans la crainte de froisser et de détruire sans utilité ces myriades d'oeufs qui semblaient nager dans une liqueur blanchâtre. Pennant, dans son voyage en Ecosse déjà cité, rapporte également un phénomène à peu près semblable et qui mérite quelque attention. Pendant les mois de juillet et d'août, à la distance de quatre à cinq lieues des côtes de Scarborough, les pêcheurs lui ont dit que l'eau de la mer paraissait contenir une espèce de liqueur gélatineuse et grasse au milieu de laquelle flottent les œufs du hareng sur une épaisseur de deux à trois brasses. Ce qui a donné lieu a cette observation, continue Pennant, c'est qu'il s'en attache 'des portions aux cordes et aux câbles des ancres mises à la mer avant de commencer la pêche. Les pêcheurs anglais supposent que cette enveloppe gélatineuse sert à protéger et à nourrir le poisson nouvellement éclos. D'autres observations viennent encore corroborer celle-ci. Il n'est pas rare de trouver, dit-on, sur les rivages de la Baltique, de '
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grandes lisières d'œufs de harengs poussés par les tempêtes et bientôt détruites par le froid. On voit quelquefois aussi les pilotis des jetées ou des digues couverts d'œufs de harengs, et quelquefois sur une épaisseur d'un pouce et demi à deux pouces. D'autres observations cependant tendent à démontrer que les œufs tombent au fond de la mer dès qu'ils sont fécondés, qu'ils s'attachent aux plantes ou aux corps sous-marins et s'y ramassent en pelotons. C'est l'opinion des pêcheurs de Dieppe, de Cayeux, de Boulogne et de Calais. Il arrive quelquefois à ces pêcheurs de recueillir des quantités considérables de frais dans la partie inférieure de leurs filets; elle y est souvent si abondante que le fond des barques en est couvert à une épaisseur telle qu'ils les rejettent à la mer avec des pelles. D'autres en retirent des masses avec la drague, d'autres ont souvent trouvé des œufs de harengs logés dans le tai des huîtres vides. Ces pêcheurs comparent le nombre des œufs qu'ils croient être déposés chaque année dans les eaux voisines de Dieppe, à celui des brins d'herbes qui couvriraient une vaste prairie. On peut d'ailleurs se rendre compte des différences que semblent présenter ces diverses observations rapportées plus haut, en réflé-
cliissant au nombre immense d'individus composant un radeau de harengs, se pressant tous à côté les uns des autres, quelquefois sur une épaisseur de deux à trois pieds, et voulant tous approcher de la côte pour y déposer leur frai. Il est très -probable qu'une grande partie du banc sera surprise par le besoin de frayer avant d'avoir atteint le sable de la côte, et les œufs lâchés dans le trajet resteront à flotter entre deux eaux. Mais on sait d'ailleurs que le hareng s'approche de terre à la distance d'un demi-mille : qu'on voit les- femelles se frotter en quelque sorte contre les pierres, agiter l'eau vivement et la troubler; elles perdent souvent par la vivacité de leurs mouvements une partie de leurs écailles. On remarque ensuite, très-souvent vers le lever du soleil, que l'eau devient presque toute blanche par la quantité de laiteuse que les mâles laissent échapper. Cette blancheur s'étend quelquefois jusqu'à plusieurs milles en mer.
Dès que le hareng a pondu, il essaie de gagner la haute mer ; aussi , quand on en revoit près du rivage, ce n'est jamais qu'en petites troupes. Bloch croit, d'après des notes qu'il avait reçues d'un pêcheur très - expérimenté de la côte de Poméranie, que le hareng ne lâche pas son frai d'une seule fois, mais qu'il
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y aurait toujours un intervalle de quelques semaines entre une ponte et la suivante, et que le hareng ne s'éloigne de la côte qu'après avoir entièrement épuisé ses ovaires ou ses laitances. Mais Noël de la Morinière affirme au contraire très-positivement que le hareng ne fraie qu'une seule fois dans la Manche. Il ne dit pas cependant comment il s'en est assuré. La mucosité huileuse dont je viens de parler s'observe aussi dans la Manche. Les pêcheurs français lui donnent le nom de graissin; ils disent aussi quand ils l'aperçoivent que la mer est pouilleuse , et la plupart d'entre eux croient que le graissin est le meilleur indice qu'on puisse avoir de la présence du hareng. Mais il est certain que cette indication n'est pas toujours exacte. Les pêcheurs de Ratwyck pensent que c'est un signe certain de l'abondance du chien de mer et particulièrement de l'aiguillât (S(jualus acanthias) qui dévore les harengs, ce qui répand sur l'eau cette matière grasse et blanchâtre. Ce graissin répand une odeur nauséabonde, qui est quelquefois assez semblable à celle des odeurs sperma tiques. Les femelles du hareng sont beaucoup plus nombreuses que les mâles, dans la proportion de sept contre trois. Harmer a donné, dans les
Transactions philosophiques1, des tables de la fécondité du hareng en ayant en soin de prendre le poids de la femelle, celui de la rogue et le nombre d'œufs quelle contenait. Il a vu le nombre d'œufs varier de 21,000 à 36,ooo. Mais Bloch en porte le nombre à 68,000. Il est facile d'expliquer ces variations quand on réfléchit à la différence de grosseur entre les poissons du Nord et ceux de nos mers. On ne sait pas au juste combien de temps les œufs sont à éclore. Les pécheurs de Boulogne disent que trente ou quarante jours après le solstice d'hiver on tire quelquefois avec la drague des huîtres sans mollusques, qui renferment entre leurs coquilles une quantité considérable de petits harengs, qu'ils comparent à des fourmis à cause du point noir dont leur bec est marqué. On confond quelquefois le frai du hareng avec les jeunes Sprats. Nous avons déjà dit qu'on les appelle aussi blanches ou blanchailles. Tous les pêcheurs sont d'accord sur ce fait que les petits de hareng ne se montrent à la surface qu'après que le gros s'est retiré.
En résumant tous les faits précédemment recueillis, an peut conclure que les harengs