‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 92 sur 100 · Bowdich, Excurs. to Âfrica, p. 234, fig · texte numérisé non relu

Bowdich, Excurs. to Âfrica, p. 234, fig

CHAP. XI. ALOSES. -7l29

ver celle espèce américaine aux iles du Cap- Vert , que ce n'est pas le premier exemple d'espèces américaines observées et décrites dans cet archipel.

Nous en avons reçu de petits individus par les soins de M Ménétrier. La tache numérale est très -marquée sur ces jeunes poissons : à en juger par son dessin, le dos aurait une teinte plus ou moins violacée, l'anale et la caudale seraient d'un beau jaune doré. Il nous a donné pour nom portugais de ce poisson le mot de Savega. M. d'Orbigny a pris aussi cette espèce à Montevideo.

Z'Alose striée.

(Alausa striata , nob.)

Nous avons encore une autre espèce d'alose originaire de la Guadeloupe , et que l'on confondrait fort aisément avec quelques-unes de# nos espèces de harengules, si l'on ne faisait attention au caractère de la dentition.

Elle ressemble aussi, à certains égards, à notre Alose d'Afrique, Alausa Eba. La courbure du ventre est régulière et assez grande. La plus grande hauteur se mesure sous la dorsale, et est le quart de la longueur totale. La tête mesure environ les trois quarts de la hauteur. L'opercule est haut et étroit. La pectorale est assez pointue. Je ne vois pas

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de noir à la pointe de la dorsale; cependant l'espèce tient évidemment de notre Alausa Eba par la forme de la tête, et de notre Alausa dor salis par celle des pectorales. Les écailles présentent un caractère fort remarquable; elles ont chacune une grande strie verticale qui semble, au premier abord, faire croire que les écailles du poisson seraient imbriquées en sens inverse que de coutume : c'est là ce qui m'a fait donner le nom spécifique de ce poisson. Il me paraît avoir le dos rayé et une tache noire près de la caudale.

Les deux exemplaires que nous avons reçus de la Guadeloupe y ont été préparés par M. Ricord : le plus long a neuf pouces ; mais nous voyons l'espèce s'avancer vers le sud jusqu'à Bahia; car nous en avons reçu de beaux exemplaires parmi les collections que le Musée de Genève a cédées au Cabinet du Roi et qui provenaient de Bahia. C est peut-être le Clupea arcuata de M. Jenyns.

L'Alose mouchetée.

{Alausa maculata, nob.)

Nous trouvons aussi des poissons de ce genre, et encore très-voisins de notre Menhaden, sur la côte orientale d'Amérique. J'en ai sous les yeux un exemplaire provenant des collections faites à Valparaiso du Chili par M. d'Orbigny.

C'est un beau poisson qui a le corps assez allongé, dont la hauteur du tronc, un peu supérieure à la longueur de la tête, est comprise quatre fois dans celle du corps. Je ne vois pas de veinules sur l'opercule ; c'est tout au plus si l'on peut dire que cet os est strié. Le ventre est fortement dentelé. L'anale n'est pas très-longue.

La couleur, bleu foncé sur le dos et argentée sous le ventre, est relevée par de grandes et grosses taches bleues, éparses sur l'argenté du flanc et sur la ligne de fusion entre le bleu du dos et le blanc du ventre. La dorsale a du bleu; les autres nageoires sont incolores.

M. Gay a eu la bienveillance de me communiquer un très-joli dessin colorié qui représente le dos bleu- verdâtre, couvert de taches vertes, tirant plus ou moins au jaunâtre. Cette partie du corps reflète d'ailleurs des teintes dorées. Les taches qui couvrent les flancs argentés du poisson, sont vertes. Je puis extraire des notes que M. Gay m'a communiquées, que ce poisson est de haute mer: qu'il n'approche de la côte que dans les gros temps: les pêcheurs l'appellent Machuelo. Ces aloses vivent en troupes, sautent assez souvent hors de l'eau; on en voit quelquefois jusqu'à quinze ou vingt s' élevant ainsi en l'air. Quand les Machuelos entrent dans la baie, on peut en

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remplir des canots entiers. A cause du grand nombre d'arêtes dont la chair est farcie, on ne les mange que frits.

L'Alose bleue.

(Alausa cœrulea , nob.)

M. d'Orbigny nous a rapporté une autre espèce d'alose assez semblable à la précédente;

mais qui me parait s'en distinguer par une forme beaucoup plus trapue; car la hauteur n'est que le tiers de la longueur totale. La courbure inférieure du tronc est très-concave.

Je puis juger des couleurs de ce poisson par un très- joli dessin que je dois à la complaisance de M. Gay : le dos est bleu; le ventre est blanc; toutes ses nageoires sont rembrunies.

Nos individus ont six à sept pouces.

Z/Alose palasah.

( Alausa Palasah , nob. )

Nous voici arrivés maintenant à parler des Aloses de l'Inde, et nous commencerons nos descriptions par une espèce qui parait devenir aussi grande que celle d'Europe. J'en ai deux exemplaires sous les yeux ,

qui ont l'ovale du corps tout à fait régulière et dont la plus grande hauteur est comprise trois fois et un

peu plus d'un quart dans la longueur totale. Les flancs sont bombés ; ce qui donne assez d'épaisseur au corps. La tête n'a guère qu'un sixième de moins que la hauteur du tronc ; elle n'est comprise que quatre fois et un tiers dans la longueur totale. Le museau est un peu pointu ; la mâchoire supérieure fortement échancrée ; l'oeil est couvert d'une adipeuse très-épaisse. Je ne sens aucune sorte de dents. La pectorale est pointue; la dorsale est coupée carrément; la caudale est écailleuse et très -profondément fourchue.

Les écailles sont, serrées, fortement imbriquées; elles paraissent petites. J'en compte quarante- sept entre l'ouïe et la caudale.

M. Dussumier, qui a vu ce poisson frais, le décrit comme ayant le dos verdâtre, et tout le reste du corps argenté. Il en a rapporté deux beaux individus, longs de seize pouces, et pris tous deux dans le Gange , où cette espèce est très-abondante en août 5 elle remonte le fleuve jusqu'à Chandernagor, et peut-être beaucoup plus haut. M. Dussumier observe que sa chair, quoique huileuse, est agréable au goût, sans valoir cependant l'alose de France. C'est, à n'en pas douter, le poisson figuré par Russell ' sous le nom de Palasah. Nous avons

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