‹ Histoire naturelle des poissons (volume 5)Chapitre 34 sur 149 · Faun. Pont,, p. 4t · texte numérisé non relu

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à ses pectorales plus courtes, et enfin à la tache noire qui existe de chaque côté de la base du lobe supérieur de la caudale , c'est-à-dire , que la tache est tout à fait à l'opposé de celle qui caractérise la loche fianche. Si maintenant nous examinons avec détails cette loche dé rivière, voici les caractères que nous lui trouvons.

La hauteur du tronc ne fait guère que le double de l'épaisseur, et le huitième de la longueur totale. La caudale égale aussi en longueur cette mesure. La tête j est six fois et quelque chose. La tète comprimée n'a en épaisseur que le cinquième de sa longueur. Les yeux sont un peu saillants sur les côtés; leur diamètre est six fois et quelque chose dans la longueur de la tête. Ils sont éloignés du bout du museau de plus de trois fois leur diamètre. On ne voit rien à l'extérieur qui montre la chaîne des osselets sous-orbitaires. Elle est d'ailleurs réduite à un seul os mobile, que l'animal redresse à volonté, et qui se cache dans une petite fente pratiquée sous l'œil et derrière l'ouverture postérieure de la narine. L'extrémité libre du sous-orbitaire est une double épine, dont l'inférieure est plus longue que l'autre, et qui sort, à la volonté de l'animal, de la rainure, où il la tient cachée quand il est tranquille. Cette fente s'étend lors de la protraction de l'épine, et elle couvre un ligament fixé au bord postérieur de l'ouverture; elle est moins visible sur l'animal vivant que sur celui qui est contracté par l'alcool. La bouche est très-petite en dessous; le voile membraneux du museau est petit et ne porte que les deux très-courts

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barbillons moyens. Les deux autres sont sur la lèvre supérieure, tout près du postérieur, qui esta l'angle même de la bouche, La lèvre supérieure est presque confondue avec le voile, et peu épaisse; mais l'inférieure est libre et devient une membrane ilottanle sous la bouche. Cette lèvre est divisée en deux par une échancrure sous la symphyse; chaque lobe offre encore un commencement de subdivision. Cet organe est donc très-semblable à celui du misgurne d'Allemagne. La membrane branchiostège n'a que trois rayons. Les ouïes sont peu ouvertes. Le premier rayon de la dorsale est inséré au milieu de la dislance du bout du museau à la tache caudale. L'attache de la ventrale répond à ce premier rayon du dos. L'anale est au milieu de l'espace entre la nageoire paire inférieure et la tache de Ja queue. La nageoire caudale est coupée carrément, mais ses angles sont arrondis. B. 3; D. 8; A. 6; C. 15; P. 8; V. 7.

Les écailles sont excessivement petites et peu visibles sous la couche épaisse des mucosités qui les enduit, et qui rend le poisson aussi glissant que l'anguille.

Le fond de la couleur sur le dos est un gris verdâtre, devenant plus foncé dans les nombreux points pigmentaires, souvent réunis en taches disposées en séries longitudinales, dont les principales, par leur grandeur et par leur teinte presque noire, dominent sur le corps, et forment une bandelette longitudinale composée de douze gros points arrondis. Un trait festonné, grisâtre, sépare ces taches d'une bandelette d'un vert grisâtre, au-dessus duquel est une

autre sorte de bandelette avec des taches verdâtres et transversales sur le dos. Le dessus de la tête, les joues, la dorsale et la caudale sont couverts de points verdâtres, composés eux-mêmes d'un sablé plgmentaire souvent plus foncé. La tache noire et en croissant se dessine toujours d'une teinte bien tranchée sur la base du lobe supérieur de la caudale. Les points de la caudale forment, quand les rayons sont rapprochés, trois à quatre bandelettes brunes verticales. Les pectorales et les ventrales ont un peu de jaunâtre; le reste est blanc.

A l'intérieur, l'examen des viscères montre que cette espèce a le canal digestif droit, sans circonvolution, et bordé dans la moitié de sa longueur, à droite et à gauche, par les deux lobes du foie, qui sont d'un beau rouge. Sous la bride qui réunit ces deux lobes, l'intestin est un peu renflé; c'est la seule apparence d'estomac. La vésicule du fiel est grosse, verte, et située dans la bifurcation du foie sous l'estomac. Les œufs sont gros comme des petits grains de millet, et occupent toute la longueur de la cavité abdominale. Ils sont séparés de l'intestin par un repli argenté du péritoine qui est très-visible, non-seulement à cause de sa couleur blanche , mais aussi à cause de son épaisseur.

Quant à la vessie aérienne, elle est renfermée dans la petite boule osseuse qui forme les apophyses de la grande vertèbre.

Nous avons donc à parler du squelette. Ce qui nous frappe d'abord dans le crâne, c'est son étroitesse. Le trou interpariélal est long, la crête inter-

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pariétale est très-petite, les deux trous des occipitaux latéraux sont assez grands. En avant du frontal on remarque la hauteur de la crête osseuse, due à une lame tranchante et élevée de l'ethmoïde. Le vomer est long et étroit, et son chevron dépasse de beaucoup l'ethmoïde. Les palatins sont très-grêles. Ils donnent aussi sur le côté une petite apophyse saillante en épine pointue au devant de la grosse épine sous-orbitaire. Le basilaire donne également en arrière une double apophyse, qui se prolonge sous la grande vertèbre. Celle-ci est composée de trois autres. Une première, petite, donnant sur le côté, et vers l'arrière une longue apophyse étendue au delà de l'apophyse transverse de la seconde vertèbre. Cet os porte une longue crête ou lame osseuse unie à l'apophyse épineuse de la vertèbre suivante.

L'apophyse transverse est changée en une lame convexe, plus grande que dans la loche franche, et terminée en une pointe aiguë qui dépasse de beaucoup la petite boule formée par les apophyses de ces vertèbres , et qui contient la vessie aérienne. La colonne vertébrale se compose ensuite de trentehuit vertèbres , dont vingt-sept poiir l'abdomen.

Nos plus longs individus ont quatre pouces. Je les trouve en abondance dans la Seine; ils peuvent très-bien vivre dans un baquet où l'on a mis du sable, et dont on change l'eau souvent. Je les ai observes dans cette captivité, et je vois qu'ils ont l'habitude de se tenir cachés dans le sable, de manière a ne laisser

sortir que le bout du museau, les deux yeux et un peu du vertex. Le reste de la tête, les ouïes, sont enfoncés avec le corps. Si on les touche, ils se retirent pour enfoncer le corps tout entier, mais si on ne les tourmente pas, elles ressortent bientôt à la même place. Si on les touche plusieurs fois, elles cheminent sous le sable et finissent à sortir un peu loin de l'endroit où ils étaient d'abord. Ces loches sont voraces, et se nourrissent principalement de petits vers.

Nous avons reçu cette espèce de tous les pays de l'Europe : ainsi je l'ai prise dans le lac de Tegel chez M. de Humboldt; M. Agassiz nous l'a donnée du Danube à Munich; M. Savigny l'a rapportée de Milan et de Naples; M. le comte Borromeo l'a envoyée au Muséum parmi les poissons du lac Majeur; M. Major l'a expédiée du lac de Genève, et nous l'avons reçue dernièrement d'Espagne, par les soins de M. le D.'^ Tellieux.

Outre son nom de loche de rivière, nous Connaissons pour noms vulgaires, celui de SternazzOy qui nous a été transmis par M. Major, et celui deForarjuada, par M. le comte Borromeo. M. le D.'' FiKppi l'appelle Usellina.

Ce poisson, abondant dans l'Europe, a été aussi souvent représenté et décrit que le cohitis harhatula.

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C'est encore dans Gesner* que nous en trouvons la première bonne peinture car Rondelet, et Aldrovande, son copiste, n'en ont donné qu'une ligure à peu près nulle, tant elle est mauvaise. Willughby^ cite deux fois cette espèce, et a soin de ne pas négliger le dessin du manuscrit de Baldner, qui est excellent. Ce pécheur lui donne déjà le nom allemand de Steinhisser , et dit qu'il est plus rare que la loche franche, ce qui n'est pas la même chose dans notre Seine. Les deux espèces y sont aussi abondantes l'une que l'autre, et je crois que l'espèce dont il est question dans cet article, y est au moins plus facile à prendre que la première. Duhamel n'en fait pas mention; mais Marsigli^ en donne une représentation assez bonne. Bloch'^ en a donné une meilleure figure, où la tache caudale a été cependant négligée, et l'histoire qu'il a laissée du poisson est assez complète.

Toutes les Faunes spéciales de l'Allemagne et de l'Angleterre en font mention. Ainsi Linné ^, dans le Fauna siiecica, et Nilson^

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