M. Costa compte les nombres autrement que moi. Il dit
D. 1 — 11; A. 10, etc.
J'ai yérifié , sur plusieurs de nos exemplaires , l'exactitude de ceux que j'indique.
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vessie aérienne plus grande; le péritoine est noir de même. N'ayant pas observé de femelle, je ne puis dire si ce poisson est vivipare comme l'autre.
Nos individus ne dépassent pas un pouce six lignes. Ils viennent des eaux douces des environs du cap Cagliari, et nous en sommes redevables à M. Bonelli et à M. le chevalier de la Marmora.
C'est en comparant ces exemplaires en trèsbon état avec celui qui est conservé depuis très-long-temps dans les galeries du Muséum, que j'ai pu me convaincre de leur identité; mais comme ce dernier a été altéré par le temps, il en résulte que les extrémités des nageoires, aussi délicates que celles de ces petits poissons, se sont détruites, et que la figure donnée dans mon premier travail' sur ce genre est défectueuse. En effet, la dorsale et l'anale sont beaucoup trop basses , et cependant le peintre aurait dii les Faire plus hautes et moins arrondies. S'il eût copié avec plus d'exactitude, le bord de la nageoire eût été plus découpé, et cela aurait mis le naturaliste sur la voie. Il a aussi exagéré les bandelettes, et surtout les antérieures, croyant qu'elles étaient effacées
1. Val. apud Humb., Observât, zool. et anat. conip. , t. H, p. i6o, pi. LI, fig. 4-
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par l'action de l'alcool. D'ailleurs, le peu de mots que j'en ai dit alors dans le texte ne s'oppose nullement à reconnaître dans le Lehias fasciatusXe Cyprinodon qui fait le sujet de cel article.
J'ai eu soin aussi de remarquer que j'ignorais la patrie des deux espèces dont je donnais la description et la figure j je ne voulais alors que compléter ce que M. Cuvier avait laissé à faire dans la première édition du Règne animal, où les deux seules espèces de ce genre alors connues, sont désignées comme nouvelles. Le hasard m'a du moins assez bien servi, puisque, en publiant ces descriptions dans une monographie d'espèces nouvelles de l'Amérique, l'une des deux s'est trouvée américaine.
Dans ces derniers temps M. Costa, en iSSg, donna une figure aussi élégante que fidèle de cette jolie petite espèce. Une description détaillée précède cette planche. L'auteur cependant ne nous fait pas savoir si le Lebias est vivipare. Quant à la détermination spécifique, ce zélé naturaliste a bien reconnu les affinités de son espèce avec mon Cyprinodonfasciatusy qu'il a cru américain; mais il a considéré comme distinct le poisson italien, et il l'a nommé Lehias flava. Il l'a trouvé réuni et mêlé au précédent dans le lac Varano,
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Le Cyprinodon d'Espagke.
{Cjprinodon Iherus , nob.)
Nous devons à M. Teillieux, jeune médecin, qui aime les sciences naturelles, une nouvelle espèce de ce genre, ce qui en établit une troisième en Europe.
Elle a le museau plus court, la mâchoire inférieure plus arrondie et plus saillante; l'œil plus grand et plus près du bout du museau. Les dents sont tricuspides, la pointe du milieu est plus alongée que celle des précédentes. J'en compte quatorze. La queue plus courte et plus grosse, la dorsale et l'anale peu alongées, la caudale plus elliptique.
D. 10; A. 9; C. 25, etc.
Les écailles sont petites, le corps est gris plombé et traversé par quinze à vingt traits verticaux argentés. Il y a trois bandes brunes sur la caudale, une tache noire sur les derniers rayons de l'anale, et ceux de la dorsale sont noirs. - ^
Tous nos individus n'ont qu'un pouce de longueur. Ils ont été pris en Espagne par le médecin que j'ai cité plus haut : l'espèce est bien distincte et nouvelle.
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Le Cyprinodon a croissant.
{Cjprinodon lunatus; Lebias lunatus , "Ehr.)
Il existe aussi en Orient des cyprinodons qui y représentent nos espèces de Sardaigne, ou de Naples même, par la disposition des couleurs : elles sont vivipares; elles vivent dans les eaux douces des côtes de l'Abyssinie; elles ne craignent pas de séjourner dans l'eau salée, car M. Elirenberg en a pris dans la mer de Massuah. MM. Ruppell, Botta et Bové, qui ont parcouru TÉgypte et la Syrie, en ont rapporté de nombreux exemplaires en Europe.
Les deux naturalistes allemands qui ont fait une étude assidue des poissons de Forskal, ont été tous deux d'accord pour croire que ces petites espèces appartenaient au cyprinus leuciscus du voyageur danois. Je conserve, malgré leur autorité, beaucoup de doutes à établir cette synonymie. Forskal donne à son poisson la longueur d'un pied, et des couleurs ou des proportions qui ne peuvent s'accorder avec ce que nous offrent ces petits poissons. Il dit que le front est assez large pour que les yeux soient éloignés de trois fois leur diamètre : le dessus de la tête était donc proportionnellement deux fois plus large que celui i8. 11
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de nos cyprinodons. Il existe un trait doré longitudinal derrière les opercules.
Cependant les détails des couleurs des deux variétés s'accordent ensuite avec nos petits cyprinodons. Faut-il croire que ces deux diagnoses ne se rapportaient pas à la phrase du cjprinus leuciscus? 11 me paraît bien difficile de décider ces doutes d'une manière plausible.
Voici les observations que j'ai faites sur les petits poissons, venus en assez grande abondance au Cabinet du Roi, et depuis longtemps.
Parmi ces cyprinodons du littoral de la mer Rouge, je trouve une espèce remarquable
par la hauteur du tronc et surtout par celle du tronçon de la queue. La dorsale et l'anale sont aussi très-élevées. La ligne du profil monte obliquement jusqu'à la base de la nageoire du dos, et la ligne inférieure descend jusqu'aux ventrales, de manière à ce que la longueur totale comprend à celte partie trois fois et demie la hauteur. Celle de la queue mesure les deux tiers et plus de celle du tronc j l'épaisseur est des deux tiers de la hauteur. Ce poisson a donc le corps beaucoup moins rond que celui des autres espèces. Il a l'air d'une petite brème, à queue encore plus haute. La longueur de la tète fait moins du quart de la longueur totale; le museau est beaucoup moins obtus ou arrondi que celui de nos cyprinodons de Sardaigne. La mâchoire supérieure, un
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peu protraclile, se cache tout-à-fait sous le voile du haut du museau , et l'inférieure ne la dépasse guère. Toutes deux portent quinze à seize dents de cjprinodon.
La dorsale, insérée sur le milieu du corps, atteint, quand elle est couchée, la base de la caudale. Sa hauteur égale celle de l'anale et est un peu supérieure à celle du corps. Les pectorales dépassent l'insertion des ventrales, et celles-ci les premiers rayons de l'anale. La caudale est coupée carrément.
Je vois vingt-cinq rangées d'écaillés assez fortes entre l'ouïe et la caudoile. La couleur argentée du corps devient rembrunie sur le dos; la dorsale, grise, est ponctuée ou rivulée de noirâtre; l'anale a ses premiers rayons blancs et les derniers chargés d'ondulations transversales noires; la caudale a deux larges bandes verticales, aussi foncées, et une autre, brune ou rousse, sur la base des rayons. Une tache noire fait remarquer l'épaule du poisson. On voit, à la loupe, les nombreux points de pigments qui rembrunissent le bord des écailles du dos, et il y a des traces de bandes longitudinales visibles par reflets.
M. Ehrenberg a trouvé ce poisson dans les eaux douces de la côte cVAbyssinie. Il avait le projet de nommer cette espèce Lebias velifer, à cause de la hauteur et de la grandeur de la dorsale et de l'anale.
La contraction des parties molles conservées dans l'alcool peut faire varier beaucoup les
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proportions du corps; car dans d'autres individus, également recueillis par M. Ehrenberg et durcis par l'esprit de vin, la hauteur de leur tronc est comprise cinq fois dans la longueur totale ; la dorsale et l'anale ayant la même longueur relative , des taches semblables sur le corps et à l'ëpaule; je vois aussi des bandes sur la caudale, de sorte que je ne puis hésiter à les regarder comme de la même espèce que l'individu précédemment décrit. Ils ont cependant sur le haut de l'opercule deux ou trois taches alongées, horizontales, dont je n'aperçois pas de traces sur le premier de nos exemplaires.
J'observe ensuite dans les collections du Muséum d'autres individus que je puis comparer aux précédens, en les plaçant à côté les uns des autres: ceux-là ressemblent tout-à-fait, par les proportions du corps et par les couleurs, aux seconds exemplaires de M. Ehrenberg, et que j'ai dit contractés par l'action de l'alcool; mais sur ces derniers individus la dorsale et l'anale sont courtes; car, loin d'atteindre à la caudale, elles ne dépassent pas les deux tiers de la longueur de la queue.
Parmi les exemplaires que M. Ehrenberg nous a cédés, il y en a qu'il a pris lui-même dans les eaux de la mer à Massuah.
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A côté de ces exemplaires à dorsale et à anale courtes, j'ai à placer un individu que M. Botta a rapporté des environs de Massuah, et dont le corps est comprimé et assez élevé pour que sa hauteur ne soit aussi que trois fois et demie dans la longueur totale. Il a donc les dimensions du premier de nos exemplaires , avec la brièveté des nageoires verticales des troisièmes : d'ailleurs ils ont tous les mêmes couleurs.
J'ai ouvert ce dernier exemplaire, et je me suis assuré qu'il est une femelle, dont l'ovaire unique est gonflé d'œufs développés : ainsi, cette espèce est aussi vivipare. Cette observation prouve également que la femelle de ce cyprin odon a la caudale rayée, la dorsale haute et rivulée, l'anale marquée de traits noirs sur les derniers rayons comme les mâles.
M. Botta a rapporté un grand nombre de petits individus, tous de même taille, longs d'un pouce à un pouce et demi, qui ont les mêmes nageoires impaires; mais le dos paraît plus noir. Je retrouve cette même variété dans les individus envoyés du Jourdain par M. Aucher Éloy.
Les différentes variétés que je viens d'énumérer, prouvent que j'ai examiné un grand nombre de poissons de cette espèce, et quelle
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est bien caractérisée par les fines rayures d'une dorsale plus ou moins longue, mais toujours étendue, même quand elle paraît courte, par une anale également grande, et qui a toujours, dans l'alcool, les derniers rayons traversés alternativement par des rayures grises, blanc de lait ou bleuâtres, et enfin par une caudale ornée de deux ou trois bandes verticales. La tache noire de l'épaule est aussi très- constante. Je retrouve d'ailleurs dans toutes ces variétés le même nombre de rayons et de dents.
Cette constance de caractères m'engage à considérer encore comme appartenant à cette espèce, les nombreux individus que M. Bové a pris aux bains de Moïse, près de Tor, dans des sources qui ont de 36 à 27 degrés Réaumur. Tous mes individus portent les caractères signalés ci-dessus, mais ils ont le corps grivelé de beaucoup de points bleuâtres; le corps me paraît un peu plus rond.
Je ne crois pas devoir en faire une espèce distincte , parce que je reste ainsi de l'avis de M. Ruppell, qui a vu ces petits poissons vivans.
M. •Éhrenberg, qui avait désigné le plus grand de nos individus sous le nom de Lebias velifer, réservait aux autres variétés le nom de Lehias lunatus. C'est celui que j'ai adopté, parce qu'il caractérise mieux l'espèce,
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la grandeur des nageoires tenant, sans aucun doute, à la croissance du poisson.
M. Ruppell a très -exactement représenté notre cyprinodon sous le nom de Lehias dispar mâle". Il donne à ce petit poisson les couleurs suivantes : le dos est brun jaunâtre; les côtés et le ventre, jaunes, grivelés de rouge et de bleu; la dorsale jaune, tachetée de brun; la première moitié de l'anale d'un beau jaune sans taches, et la seconde moitié bleue et piquetée de cinq taches noires ; la caudale , bleue, avec trois bandes verticales. Ce savant voyageur se trompe quand il ne compte que trois rayons à la membrane branchiostège , mais il a remarqué que ces poissons sont vivipares.
Puisque j'ai trouvé des femelles de cette espèce, je ne rapporte à notre poisson que celui de M. Ruppell, dont je parle ici. C'est pour cette raison que je n'adopte pas le nom de Lehias dispar, qui serait très-convenable si la femelle était aussi différente du mâle que M. Ruppell l'a cru.