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domiiiale. Un canal gros et court s'ouvre dans le haut de l'œsophage par un assez large trou , sans aucunes papilles, de sorte que l'air de la vessie doit s'échapper très-aisément de l'intérieur de cet organe. Les reins sont minces en avant ; ils se réunissent en arrière en un fort lobe, qui se porte au-delà de l'anus. La vessie urinaire est petite et réduite à un seul tube. Je compte quarante -trois vertèbres abdominales et vingt caudales. Les dix premières vertèbres ont l'apophyse épineuse plus forte que celles des vertèbres suivantes, La première et la seconde sont larges, comprimées et se touchent; la troisième, un peu moins haute de l'avant, donne un stylet en arrière, qui s'alonge peu à peu, se confond successivement avec la base de l'apophyse, et finit -par devenir la seule apophyse longue et grêle des vertèbres suivantes. Les cinq premières vertèbres ont de plus à la base de l'apophyse épineuse une apophyse transverse de chaque côté, saillante au-dessus de la petite apophyse transverse ordinaire qui porte la côte. Je ne compte que quarante côtes à partir de la troisième vertèbre. Les huit premières vertèbres caudales ont sur le milieu du côté un petit tubercule saillant, apophyse qui augmente la puissance des muscles coccygiens. Je n'en vois aucune trace sur les onze dernières vertèbres; mais on commence à les voir se prononcer sur les sept ou huit dernières vertèbies abdominales. I^es trois ou quatre dernières vertèbres caudales ont les apophyses épineuses, supérieures et inférieures, élargies , soudées ensemble, et font parleur réunion la grande vertèbre
flabellifornie, qui termine l'épine de la pluj)ari des poissons, et supporte les rayons épineux de la caudale.
Les interépineux de la dorsale et de l'anale sont pour la plupart contigus.
Pour compléter maintenant la description du squelette, il faut décrire la tête avec détail.
Le crâne est aplati , sans crêtes saillantes en dessus; celle que nous appelons externe, forme ici réellement le bord externe du crâne; les autres ne se montrent qu'à l'occiput. La partie du crâne, derrière les orbites, est large et quadrangulaire; entre les orbites elle se rétrécit un peu; au-devant d'eux il se rétrécit encore davantage, et s'alonge en un museau étroit, à bords parallèles, et qui s'élargit un peu au bout.
Les frontaux principaux occupent presque toute sa longueur, couvrant la plus grande partie du museau par leurs prolongemens , et ne laissant en arrière d'eux, jusqu'à la crête occipitale, que des pariétaux et un interpariétal peu considérables.
Les frontaux antérieurs et postérieurs sont placés sous les bords du frontal principal, avant et en arrière de l'orbite; mais à la suite du postérieur, le mastoïdien déborde ce frontal principal , occupe tout le bord extérieur du crâne, et dépasse même par son apophyse la crête occipitale.
Les occipitaux externes sont entièrement à la face occipitale, qui est peu élevée. L'interpariétal y descend entre eux. Leur saillie est peu considérable, et la crête de l'interpariétal, qui est toute à la face occipitale, est fort peu de chose.
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Il y a de chaque côlé, en arrière, une fosse profonde, ayant en dessus le pariétal, en dehors et en dessous, le mastoïdien, et en dedans et en arrière, l'occipital externe. Cette fosse, très-différente de celle qu'on voit en dessous dans la carpe, n'a pas son fond ossifié; il n'est rempli que par un cartilage. Au reste , plusieurs poissons , nommément les sciènes, ont un trou à cet endroit-là. Il n'y a pas de rocher. En dessous, l'occipital latéral et la grande aile occupent les côtés du crâne immédiatement sous le mastoïdien et le frontal postérieur. L'aile orbitaire est médiocre. Le sphénoïde règne en arrière jusque sous le basilaire, et en avant il se porte aussi loin que les frontaux.
La' plus grande partie de l'eihmoïde est représentée par une lame cartilagineuse, qui unit dans cette partie rétrécie, que j'ai appelée museau, les avances étroites des frontaux avec le sphénoïde, et qui porte de chaque côté de son extrémité antérieure un petit point ossifié, situé entre les parties correspondantes du nasal et du vomer. Le vomer est très-considérable : c'est une lame élargie en avant et toute hérissée de dents. Les nerfs olfactifs passent par deux trous de la masse cartilagineuse, qui représente l'ethmoïde, et percés tout près du frontal antérieur. Les naseaux sont couchés sur chaque bord du museau, formé par les avances des frontaux; ils s'élargissent en avant, ainsi que le museau lui-même. Le sphénoïde antérieur, très-petit os à trois branches, est suspendu dans la membrane antécérébraje et interorbitaire, sans s'articuler fixement, ni avec le
sphénoïde ni avec les ailes orbitaires. La cavité pituitaire est très-considérable. Il y a de chaque côté un espace cartilagineux, assez étendu, borné en avant par le frontal postérieur, en dessous par la grande aile, en dessus et en arrière par le mastoïdien.
L'espace membraneux interorbitaire est plus long que haut, et s'abaisse en avant.
L'oreille du brochet a été l'objet de l'étude des anatomistes, a. cause de la particularité remarquable qu'elle offre dans l'appendice du sinus médian des canaux semi-circulaires verticaux , et dans lequel ils ont reconnu de l'analogie avec des parties différentes de l'oreille des autres vertébrés, selon les vues des auteurs, et suivant aussi qu'ils en avaient fait une anatomie plus ou moins exacte. L'oreille du brochet est située, comme celle des autres poissons osseux, dans la cavité du crâne, à droite et à gauche du cerveau, et entre la cinquième et la huitième paire; elle est cependant séparée et distincte de cet organe par les membranes qui, d'une part enveloppent le cerveau et la matière graisseuse et albumineuse de l'encéphale, et de l'autre, par la membrane propre à l'oreille, et qui forme sa capsule interne, de sorte qu'il n'est pas exact de dire, ainsi que l'a écrit M. Breschet, que le liquide contenu dans les sacs des canaux semi-circulaires ou le liquide de Cotugno soit mêlé et confondu, je ne dirai pas avec le liquide céphalo-rachidien, car ce liquide n'existe pas dans le poisson, mais avec celui dans lequel baigne le svstème cérébro-spinal de ces vertèbres. D'ailleurs, M. Breschet a très -bien reconnu la disposition des
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canaux semi-circulaires de leurs ampoules el du sinus médian qui réunit les deux verticaux. Ce sinus médian se prolonge en avant en un tube renflé antérieurement, dans lequel on trouve un petit lapilhis. Au-dessus du sinus est le sac ordinaire de l'oreille, de forme ovale, pointu en avant, et qui contient deux lapilli; un premier, assez grand pour le remplir presque en entier, et un second, petit, situé derrière et un peu au-dessous de l'autre. En arrière et sur le côté interne on trouve, dans une petite fosse du mastoidien et vers le canal vertébral, un second sac oblong, terminé par un col ou canal très-mince, assez long, qui adhère au grand sac assez fortement, pour que l'on puisse les tirer ensemble de la cavité auditive du crâne, mais qui ne communique point avec l'intérieur de cet analogue du vestibule. La cavité de cette petite poche supplémentaire est remplie d'un liquide albumineux , contenant des molécules de carbonate de chaux. On les aperçoit plus facilement quand on a fait coaguler, par l'immersion dans l'alcool , le liquide du petit sac. Le canal du col de ce petit appendice communique avec le sinus médian. Je m'.n suis assuré en y faisant passer des petites bulles d'air. Scarpa, d'ailleurs, l'avait vu au moyen du mercure. Je puis donc, d'après mes recherches, affirmer que Comparetti et Huschke ont très-bien vu cet organe, que Scarpa a eu raison de dire qu'il était un appendice des canaux semi- circulaires, c'est-àdire, une sorte de prolongement, si l'on veut du sinus médian; que Casserio avait avancé avec raison qu'il communiquait avec le sinus médian; qu'il ad-
lierait au grand utricule auriculaire j mais qu'il a eu tort de croire à la communication de ces deux sacs entre eux; que M. Breschet a eu tort de le représenter dans son Mémoire, pi. XIII, fig. 4? comme étant distinct du sac auditif. Je puis affirmer, que ce sac est tout-à-fait libre en arrière; je n'ai pu trouver les adhérences indiquées d'abord par Camper, puis par M. Cuvier , et je ne partage pas l'avis de ces grands anatomistes, qui considèrent cet organe comme un ligament que Camper a nommé Tensor bursœ. On volt même dans les dlfférens passages des ouvrages de M. Cuvier, qui se rapportent à cette partie de l'oreille du brochet, que ce grand homme n'avait pas une idée très-arrêtée sur cet organe. Les anatomistes qui ont adopté les idées émises dans les leçons de l'anatomie comparée, et qui, d'après elles, ont répété que cet organe était propre et spécial au brochet, se sont trompés; car les recherches anatomiques de M. Breschet ont fait reconnaître un organe semblable dans plusieurs autres poissons.
La fonction de cet organe accessoire a été le sujet des conjectures de la plupart des savans que je viens de citer. M. Breschet a discuté avec beaucoup de savoir et de sagacité les opinions émises avant lui, et je ne puis mieux faire que de renvoyer mes lecteurs au mémoire de ce savant académicien; mais, si je suis de son avis, en ne considérant pas ce petit sac comme un rudiment de limaçon ou de quatrième canal semi-circulaire, je ne puis
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admettre avec cet habile professeur qu'il soit un vestige de la communication entre le labyrinthe membraneux des poissons et la vessie aérienne. Je démontrerai dans le livre suivant que, malgré les assertions les plus positives à ce sujet, et malgré les figures qui en ont été données par M. Breschet lui-même, cette communication n'existe pas.
J'ai injecté la vessie aérienne de l'alose, par exemple; cet organe, loin de se bifurquer en deux canaux, se termine en avant en une pointe unique. Je n'essaie donc ici que de présenter des observations anatomiques plus exactes que celles de mes devanciers; mais je ne hasarde aucune explication sur la fonction de cet organe, parce qu'elle m'est complètement inconnue.
A la suite du mémoire anatomique de notre savant confrère de l'Académie des sciences sur l'oreille du Brochet, on peut d'ailleurs consulter, pour connaître les autres parties de l'anatomie de ce poisson, la figure fort bonne du squelette, donnée par Spix dans son Cephalogenesis\ celle de la coupe du crâne ^ et des pièces détachées ^ M. Bojanus en a