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Val. apud d'Orbigny, Poissons, pi. 9, fig

520 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.

Le Cynopotame a tache sur lepaule.

(Cynopotamus humeralis s nob.)

La seconde espèce, qui est également due aux recherches de M. d'Orbigny, ressemble tellement par les couleurs au Xiplwrhynchus hepsetus, qu'il faut y regarder avec soin pour ne pas confondre deux poissons, non -seulement d'espèces distinctes , mais encore de genres différents.

Ce Cynopotame a le corps moins élevé que le prédent ; la nuque moins concave et la courbe du dos un peu plus régulière. L'anale est longue, mais plus droite. Je trouve les mêmes dents aux intermaxillaires et aux maxillaires. L'œil est un peu moins grand. Le premier sous-orbitaire est très -étroit; le second et le troisième sont plus larges. La pectorale atteint au tiers de la longueur de la ventrale; la dorsale est haute et pointue ; la caudale est fourchue.

Les écailles sont à peu près semblables à celles de l'autre espèce; il y en a cent quinze rangées le long des flancs. M. d'Orbigny a donné à son poisson une couleur plombée sur le dos, un peu plus claire au-dessous de la bandelette argentée qui va du surscapulaire au milieu de la queue. Il y a une tache noire numérale et une bandelette noire qui commence par un trait fin sous l'adipeuse, et se termine sur la caudale en embrassant l'espace de deux ou

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trois rayons. Cette nageoire, ainsi que la dorsale, est jaunâtre.

L'exemplaire déposé par M. d'Orbigny dans les collections du Muséum est long de six pouces.

Ce Dentudo, du marché de Buénos-Ayres , se pêche "dans les mêmes circonstances que le précédent : il est plus commun.

Le Cynopotame bossu.

{Cjnopotamus gibbosus , nob.)

Les eaux douces de Surinam nourrissent un troisième Cynopotame , que l'on confondrait avec XEpicyrtus gibbosus, aussi facilement que le Cynopotamus humer alis peut être confondu avec le Xiphorhynchus hep s et us.

Cette espèce est remarquable par l'élévation et la convexité de son dos. Le profil, concave jusqu'au delà de l'œil, remonte le long de la crête interpariétale, pour se porter jusqu'à la dorsale par une courbe convexe. Il s'infléchit un peu sous la nageoire; puis, il se rend en ligne droite jusqu'à la fin de la queue. Celui du ventre est légèrement convexe, depuis l'extrémité du museau jusqu'aux ventrales. Il remonte au delà en ligne droite tout le long de l'anale jusqu'à la queue, dont la hauteur n'est que le quart de celle du tronc, mesurée au-devant

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de l'anale; celle-ci est près de trois fois dans la longueur totale. Le museau est court, obtus, à cause de l'extrême brièveté des intermaxillaires, qui ont leurs deux rangées de dents; mais celles du bord sont si petites qu'il faut y regarder avec le plus grand soin pour ne pas les oublier. Il n'y a que deux courtes canines sur les maxillaires; l'une en avant; l'autre près de l'extrémité postérieure; les autres sont d'une extrême petitesse. J'en dis autant des canines ou des autres dents de la mâchoire inférieure. Le diamètre de l'œil fait, à peu de chose près, le tiers de la longueur de la tête, et il n'y a pas tout à fait un diamètre entre lui et l'extrémité du museau. Le premier sous - orbitaire est très-étroit, ne descend pas aussi bas que le maxillaire, qui reste entièrement à nu; les autres sous-orbitaires sont plus larges, mais ne couvrent pas le bas de la joue. La dorsale est sur la première moitié de la longueur du corps; l'anale est longue et basse; la caudale est fourchue, et ses lobes sont très-pointus; les ventrales, reportés en avant, répondent à la moitié de la longueur des pectorales.

Nous ne voyons que soixante-cinq écailles le long des flancs; cela dépend de la brièveté du corps; car elles ne sont pas proportionnellement plus grandes que celles des espèces précédentes, qui, cependant, en ont le double. La couleur, plus ou moins argentée, est relevée par une bandelette brillante tracée le long des lianes ; sur elle et au-dessus de la ventrale il y a une tache noire, et une autre sur l'extrémité de la queue.

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Nos exemplaires varient de quatre à six pouces. Nous en avons reçu un grand nombre de la Mana par M. Leschenault, de l'Esséquibo par M. Schomburgk, et tout récemment M. de Gastelnau en a rapporté de l'Amazone.

G. Des Gynodons.

Nous avons déjà dit qu'on doit à Spix l'établissement de ce genre. Nous possédons de très-beaux exemplaires des trois espèces décrites dans les auteurs; elles ont toutes les trois, et sans aucun doute, des dents grenues aux palatins. Il faut joindre à cela, pour compléter le caractère du genre , que Fin termaxillaire et le maxillaire sont armés , ainsi que la mâchoire inférieure, de dents coniques et pointues sur un seul rang, entre lesquelles on voit saillir d'énormes canines ; celles qui sont auprès de la symphyse sont beaucoup plus grandes que les autres; elles sont comprimées et arquées, et reçues dans des fossettes correspondantes, creusées sur la voûte du palais. Les Gynodons ont la région thoracique très- comprimée; l'abdomen l'est souvent; l'anale est très-longue, couverte d'écaillés ; les pectorales pointues et couchées le long du corps , s'abaissent à angle droit lorsqu'elles s'écartent.

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Ces poissons sont remarquables par la grandeur de leur estomac. Ils doivent être trèscarnassiers. La première espèce de ce genre est celle qui a été décrite par M. Cuvier sous le nom de Hjdrocjon scombéroïde. Nous allons entrer dans de nouveaux détails descriptifs sur cette espèce.

Le Cynodon scombéroïde.

(Cjnodon scomberoides, Agassiz.)

Nous avons encore dans la collection du Muséum l'exemplaire desséché, d'après lequel M. Cuvier a décrit et figuré son Hjdrocjon scomberoides. Comme nous en avons d'autres bien conservés dans l'alcool, nous commencerons par décrire cette première espèce avec détail.

Ce Cynodon a le corps allongé et comprimé; le dos est arrondi; le ventre est tranchant, sans être dentelé; les écailles de la carène abdominale se déplacent, et peuvent alors faire croire à un observateur inattentif que le ventre offre ce caractère. La hauteur est le quart de la longueur totale, et l'épaisseur le tiers de la hauteur. La tête paraît assez grosse à cause du grand développement des mâchoires; mais si on la mesurait du bout du museau à l'insertion des muscles cervicaux, on devrait dire

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qu'elle est courte et petite ; car celte distance ne fait que la moitié de la longueur, prise jusqu'au bord de l'opercule. Mesurée dans sa plus grande dimension, elle est contenue quatre fois et trois quarts dans la longueur totale. La fente de la gueule est si grande qu'elle égale les quatre cinquièmes ou même les cinq sixièmes de la longueur de la tête; mais cette fente descend si obliquement qu'elle laisse encore derrière elle un espace assez grand pour la joue. Cette bouche est terminée par de très-courts intermaxillaires qui n'ont guères que le quart de la longueur du maxillaire. Ces os, peu mobiles, ont à chaque extrémité deux forts crochets. Les maxillaires qui bordent le reste de la bouche sont peu mobiles, ils ont, en avant, deux canines fortes, plus courtes que les précédentes; tout le bord est hérissé de petites dents en herse , placées irrégulièrement. La mâchoire inférieure qui se place, quand la bouche est fermée, au-devant de la supérieure, sans la dépasser, peut s'abaisser beaucoup. Ses branches sont larges et courbées, et elles sont armées de très-fortes dents; car les secondes, qui sont les plus longues, ont jusqu'à onze lignes de longueur dans un individu de dix -sept pouces, et quinze lignes dans un individu de vingt -deux pouces. Ces deux grosses canines, placées près de la symphyse, ont à leur base et au-devant d'elles une petite dent pointue. Le long des branches de la mâchoire il y a vingt-quatre ou vingt-cinq dents de grosseur inégale; la sixième est la plus longue après les deux grands crochets ; puis , la onzième

et la quatorzième dépassent leurs voisines ; mais on conçoit qu'à cause de la succession et du remplacement des dents, la position numérique de ces crochets puisse varier. Ainsi, dans un autre exemplaire c'est la huitième et la douzième dent qui sont les plus longues toujours après les grands crochets. Les deux grandes dents de la mâchoire inférieure sont reçues, quand la bouche est fermée, dans deux fossettes creusées dans les intermaxillaires et au-devant du voile palatin. Il y a ensuite, dans l'épaisseur de ce voile et dans la rainure que laissent entre eux les palatins et les maxillaires, des fossettes qui reçoivent les dents de la mâchoire inférieure. Les canines de la mâchoire supérieure font saillie en dehors des branches de la mâchoire. La gueule de ce poisson s'ouvre considérablement, malgré le peu de mouvement des os de la mâchoire supérieure, à cause de la grande mobilité que la nature a laissée à toute l'arcade ptérygo - palatine , en même temps que le mouvement de bascule de la mâchoire inférieure est considérable. C'est le même mécanisme que nous avons déjà vu dans beaucoup de Clupées, dans les Chirocentres et dans d'autres espèces de diverses familles, dont on pourrait dire que les Cynodons sont les représentants dans la famille des Salmonoïdes. Les palatins et les ptérygoïdiens , dont je viens de signaler la grande mobilité, constituent deux larges surfaces osseuses, rapprochées en ogive sous un angle très-aigu, et hérissées de très-fines aspérités. Le bord externe et antérieur du palatin forme, sous le voile, un bourrelet charnu, lisse. La

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langue est libre, très-pointue. Les râtelures des branchies sont de fines aspérités qui prennent plus de longueur et de force sur les pharyngiens.

J'ai commencé par décrire la gueule de ce poisson parce que c'est évidemment la partie la plus remarquable, à cause de sa largeur et de son armure. Si nous examinons maintenant les autres parties, nous voyons un œil assez grand , qui n'est pas tout à fait éloiané du bout du museau d'une fois son diamètre, lequel est le quart de la longueur de la tête. Il a au-dessous de lui un très-grand sous-orbitaire, composé de cinq pièces ; la première est trois fois plus haute que large au-dessous de l'œil, et elle ne remonte au-devant de l'œil pas tout à fait jusqu'à l'intermaxillaire, sans en rester cependant très -éloignée. Cette lame, mince et haute, cache presque tout le maxillaire. Le second sous-orbitaire, irrégulièrement triangulaire, descend presque aussi bas que le premier, a son bord postérieur arqué, et s'appuie sur tout le limbe, excepté vers le bas ; le troisième sous-orbitaire est un trapèze irrégulier, qui remonte jusqu'au haut de l'articulation de l'opercule ; le quatrième est petit, au-dessus de l'œil; mais le cinquième, un peu plus grand, est placé sur les côtés de la nuque. Tous ces os minces sont irrégulièrement et parfois profondément striés. Ce sous-orbitaire cuirasse entièrement la joue; il n'y a qu'un très -petit espace nu, au-dessus de la très -courte portion horizontale du préopercule. Aussi, l'interopercule est -il redressé presque verticalement; il reçoit, comme à l'ordinaire, le sous -opercule, qui est arqué et qui élargit

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la portion inférieure de l'opercule, lequel est trois fois plus haut au moins que large. Les ouïes sont très -largement fendues. La membrane est soutenue par cinq rayons. La ceinture numérale est assez forte ; elle se compose d'un assez grand surscapulaire, d'un petit scapulaire et d'un humerai qui ne descend pas, à beaucoup près, aussi bas que l'extrémité du maxillaire. Au-dessous de l'ouïe est articulée très-obliquement la pectorale, qui, dans ses mouvements, s'abaisse horizontalement lorsqu'elle s'écarte du corps, ainsi que cela a lieu dans tous les poissons à ventre tranchant. C'est, d'ailleurs, une nageoire triangulaire, à rayons forts et larges, et qui atteint à l'insertion de la ventrale, laquelle est attachée aux deux cinquièmes de la longueur du corps ; cette seconde nageoire paire est courte, et occupe à peu près la moitié de la dislance entre son aisselle et l'origine de l'anale; celle-ci est basse, égale au cinquième de la longueur du corps. Sa base est couverte d'écaillés; cependant, les premiers rayons sont encore assez libres. La dorsale est pointue, courte et répond à peu près à l'extrémité des ventrales. La caudale a ses lobes larges, courts, ir réguliers, sans être fourchus. Les rayons mitoyens dépassent un peu les autres.

Les écailles sont beaucoup plus petites sur le dos que sur le ventre, et celles de la ligne latérale sont plus grandes et un peu autrement faites. J'en compte deux cents entre l'ouïe et la caudale. La couleur me paraît avoir été verdàtre sur tout le corps, s'éclair-

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