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son, sous le nom de Lacépède; suivant lui, les Chinois l'appellent Hwa Kow Kwan.
Enfin , il faut encore rapporter à cette espèce le Sauras minutas de Lesueur. x II est évident qu'il est établi d'après un exemplaire encore très-jeune , de deux pouces de long sur une épaisseur de deux lignes. Ce petit poisson venait de l'Ile-de-France : son museau est très-pointu; il a des marbrures sur le corps. Voilà tout ce qu'on peut dire d'une espèce aussi peu caractérisée par son auteur. Il me paraît probable qu'elle a été établie sur d'anciennes notes prises à l'Ile-de-France, quand ce voyageur y passa avec l'expédition du capitaine Baudin. Or, on conserve encore , dans les collections nationales, des petits Saurus rapportés par Péron, qui ont les proportions que nous venons d'indiquer, et qui doivent être les originaux de cette figure. Ils appartiennent à l'espèce que nous décrivons dans cet article.
1. Lesueur, Journ. of the acad. se. of Philnd. , t. V, pari. 1 , 1825, p. 118, pi. 5.
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Le Saure anolis.
(Saurus anolis, nob.)
Il existe dans les mêmes mers une autre espèce très-voisine de celle-ci ,
qui me paraît cependant s'en distinguer par légalité des dents palatines ; les antérieures ne sont pas plus longues que celles qui sont implantées en arrière sur le reste de l'os. Un autre caractère remarquable consiste dans les alvéoles hexagonales qui tapissent toute la muqueuse du palais. Le dessus du crâne me paraît un peu plus court. Les sourciliers ont la forme de deux écailles plus saillantes et plus détachées sur le devant de l'orbite. Cette espèce a d'ailleurs les couleurs assez semblables a celles des poissons qui précèdent. Les taches semblent cependant être plutôt disposées par bandes verticales, et je vois aussi une ou deux raies longitudinales sur la joue.
Ce poisson nous est venu de la Guadeloupe par M. Ricord, et de Bahia par M. Moricand. Je rapporte, mais avec quelque doute, à celte espèce, un individu desséché qui a été envoyé de la Martinique par M. Achard. M. Plée en a recueilli dans la même île de forts beaux exemplaires sous le nom d'Anolis; l'un d'eux est long de quinze pouces. Ce qui me paraît faire reconnaître facilement cette espèce ,
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quand on la met à côté de la précédente, c'est l'absence de tache noire sur l'extrémité du museau; cependant on voit que je ne me fonde pas sur ce seul caractère pour distinguer ces deux poissons , et que j'ai commencé par signaler ce qui tenait aux formes générales. M. Plée nous dit, dans ses catalogues, que la forme et les couleurs ont fait donner à ce poisson le nom ôHAnolis. On ne le mange pas, probablement à cause du nom qu'il porte. M. Plée ne croit pas que les plus grands individus dépassent un pied et demi.
Le Saure méléagride.
{Saurus meleagris , nob.)
J'ai déjà distingué de ces espèces un Saurus très-voisin,
qui a l'intervalle des yeux plus étroit ; le sourciller moins saillant sur les côtés ; le museau plus court ; les dents plus longues et l'extrémité pointue et taillée en fer de flèche. Les taches sont plus nombreuses et plus serrées; c'est ce qui m'a fait distinguer ce poisson sous le nom indiqué plus haut.
Ce poisson vient de Buenos - Ayres , par M. d'Orbigny. L'individu est long de huit pouces.
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Le Saure de Forster.
(Saurus mjops > nob.)
Après ces espèces à museau très -allongé, nous en avons d'autres qui sont remarquables par le raccourcissement de l'extrémité de la tête. Cependant je ne vois dans la composition des maxillaires, dans la forme de leurs dents, ou dans celle des os du palais ou de la langue, aucune autre différence caractéristique assez grande pour établir une nouvelle coupe générique. Je remarque seulement que les trois pièces de l'appareil operculaire qui suivent le préopercule, sont tout à fait visibles. La grandeur même du sous- opercule mérite de fixer l'attention du zoologiste; car, dans presque tous les autres poissons , cette pièce n'est qu'un simple accessoire de l'opercule , et nous l'avons vu disparaître complètement dans une famille entière, celle des Siluroïdes. x\près ces réflexions je dirai, du poisson que j'ai sous les yeux ,
que son corps est allongé et arrondi; l'épaisseur du tronc mesure à peu près les trois-quarts de la hauteur comprise sept fois et demie dans la longueur totale, et à bien peu de chose près deux fois dans celle de la tête. Les yeux sont placés tout à fait sur le devant; car la distance du bout du museau au bord antérieur de l'orbite n'est que le huitième de la
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longueur de la tête, et le diamètre de l'œil est un peu plus petit que cette distance , sans être tout à fait le neuvième de cette même longueur. L'intervalle qui sépare les deux yeux est creusé en une gouttière assez profonde. Les sourciliers sont élevés , mais se portent peu sur les côtés. Les osselets sous-orbitaires sont petits et tout rugueux. Toute la surface du crâne est osseuse et rugueuse ou fortement striée. Les dents sont en grosse herse sur les intermaxillaires. A la mâchoire inférieure elles sont un peu plus fines ; elles le deviennent encore plus sur la bande unique des palatins et sur la langue. Tout le préopercule est couvert d'écaillés oblongues ; il est facile d'en compter six ou sept rangées. Il y en a quelques-unes sur le haut de l'opercule , sur le bord du limbe ; mais le sous-opercule et l'interopercule ne sont couverts que par une peau lisse et sans écailles ; c'est une des causes qui laisse apercevoir plus facilement ces pièces. La dorsale est avancée sur le dos, au tiers environ de la longueur totale. Les ventrales sont insérées encore plus en avant; elles répondent à l'extrémité de la pectorale, qui est courte, et elles sont assez longues, car leur extrémité atteint à l'aplomb du dernier rayon de la dorsale. La caudale est fourchue; l'anale est longue.
Les écailles sont fortes; il y en a soixante -cinq rangées le long de la ligne latérale, qui est marquée comme celle du Saurus ordinaire. La couleur est un gris plus ou moins cendré, disposé par bandes longitudinales sur les flancs.
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L'examen des viscères de ce poisson nous montre un estomac charnu, en sac conique très -allongé, donnant de sa partie antérieure et inférieure une branche très-courte, d'où naît un duodénum entouré de nombreux cœcums. Le foie est petit et grêle. Les laitances n'occupent guère que la moitié de la longueur de la cavité abdominale. Il n'y a pas de vessie natatoire. Les muscles rétracteurs de l'œsophage sont d'une grosseur remarquable, tellement que les reins s'écartent l'un de l'autre pour se porter en dehors de ces muscles et de chaque côté sous les côtes en s'écartant de la colonne vertébrale. La vessie urinaire est grande et oblongue. Le péritoine est mince et argenté.
La longueur du plus grand de nos individus est de quinze pouces.
Cette espèce est du petit nombre de celles que nous trouvons à la fois sur les côtes d'Amérique et dans les mers de l'Inde. Nous l'avons reçue, en effet, delà Caroline du Sud, par M. Lherminier ; puis nous en avons un grand nombre d'exemplaires envoyés de la Martinique par M. Plée et par M. Garnot. Nous la voyons passer à Bahia; MM. Gay et de Castelnau l'ont rapportée du Brésil. M. Dussumier en a pris de magnifiques exemplaires à Sainte-Hélène. Or, cette espèce, si répandue dans l'Atlantique, a été observée à l'Ile-de- France et donnée par M. Liénard. M. Lesche-
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nault l'a pèchée à Pondichéry; elle y porte un nom particulier, celui de Pai-tompoli, et M. Reynaud se l'est procurée à Trinquemalay, de Ceylan, pendant le service qu'il faisait sur la corvette la Chevrette. M. Gernaert, consul de France à Macao , l'a aussi envoyée des mers de Chine. Elle nous est encore venue de Célèbes par MM. Quoy et Gaimard. Nous l'avons d'Amboine par les mêmes naturalistes. Ce poisson, si répandu, n'a pas été connu de Linné ; mais c'est évidemment lui que Bloch a fort mal figuré, en le confondant avec le Salmo fœtens du Systema naturœ. Quoique la figure de Bloch soit au-dessous de toute critique, on reconnaît encore notre espèce à la brièveté du museau. Longtemps avant, Plumier d'abord, puis Forster, avaient rapporté en Europe des documents sur ce poisson : c'est le Trutta marina, rictu obtuso du premier. Il en a laissé une figure assez peu correcte que M. de Lacépède a fait graver sous le nom d'Osmère galonné (Osmerus leniniscatus 1). J'ai sous les yeux le calque de la figure du second de ces naturalistes, intitulé Salmo myops, dessiné à Sainte-Hélène. Le peu de mots que Forster a laissés dans ses manuscrits