Val. apud Wel)b et Berth., pi. 15, %. 2 et
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ventrales, bleues et jaunes sur l'anale, ainsi que la couleur noire des premiers rayons prolongés de la dorsale, offrent une différence de coloration très-tranchée. La femelle, indiquée sous le nom â'Aulopus maculatus, a la dorsale et la ventrale tachetées de noir, et la caudale rayée verticalement. Malgré ces différences , je n'hésite pas à croire qu'il faut réunir ces deux espèces nominales, et s'en rapporter, pour plus d'exactitude, au dessin de la Faune italienne.
Z/Aulope de Miles.
{Aulopus Miles ii, nob.)
Les riches collections de notre Musée national possèdent les deux sexes d'une seconde espèce de ce genre.
Ses formes rappellent assez bien celles de l'espèce précédente. Elle a le museau un peu plus gros; le dessus du crâne plus creux, rugueux, mais sans apparence d épines. L'œil un peu plus petit ; le sourciller est plus épais ; la palette est striée et peu distincte, ainsi que la palette frontale. Les dents sont sur une bande un peu plus large. Les écailles de la joue et de l'opercule sont beaucoup plus grandes. La dorsale est beaucoup plus longue. Les premiers rayons du mâle sont plus longs, car ils atteignent presque jusqu'à la caudale. Les derniers rayons de
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la nageoire sont plus hauts que les rayons mitoyens; ils touchent presque à l'adipeuse. L'anale est également beaucoup plus haute et un peu plus longue. Ses rayons le sont plus que les rayons du milieu de la dorsale. Les écailles semblent carénées, mais leur bord n'est pas cilié.
Les couleurs sont plus rembrunies que celles de l'espèce précédente; mais elles sont cependant plus variées. Un brun violacé ou vineux colore le dos et les flancs. Le ventre est plus pâle. Des taches violettes forment des rayures plus ou moins irrégulières sur la dorsale et sur l'anale. Les ventrales paraissent noirâtres ; la caudale et les pectorales sont grises.
Les deux beaux exemplaires que nous possédons sont longs de vingt et un pouces. Ils ont été envoyés aux collections nationales par M. Miles, naturaliste anglais établi à Sidney, et qui s'est occupé avec beaucoup de succès de richthyologie des côtes de la Nouvelle- Hollande. Ce n'est pas le premier exemple que nous ayons que les genres de la Méditerranée soient représentés dans les mers Australes par de belles espèces analogues.
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Z/Aulope d'Agassjz.
(Aulopus Agassizl, nob.)
J'ai encore à parler, pour terminer la monographie de ce genre , d'une petite espèce que le prince de Canino avait indiquée dans sa correspondance et envoyée dans quelques Musées sous le nom de Scopelus Agassizi. Il en a fait dans la Faune italienne le type d'un genre nommé Chlorophthalme. La figure donnée dans cet élégant ouvrage est d'une telle exactitude , que rien n'est plus facile que de reconnaître l'espèce représentée ; mais je suis obligé de remarquer, que le texte de l'auteur est bien loin d'être aussi exact, et j'avoue qu'il me serait resté de bien grandes incertitudes dans l'esprit, si je n'avais tenu de lui un de ces petits poissons ; car il dit qu'il n'existe point de dents sur le palais, sur l'œsophage et sur la langue. On verra par la description qui va suivre , et qui est faite d'après son exemplaire, que ces organes, au contraire, portent tous des dents. Si, comme le va prouver ma description, le Chlorophthalme est un poisson qui a le bord de la mâchoire supérieure entièrement formé par linlcrmaxillaire; si le maxillaire reculé en
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arrière de ce premier os ne contribue pas plus à former l'arcade maxillaire que dans une Perche ou dans tout autre Acanthoptérygien ; si les dents sont implantées sur les deux mâchoires , sur le chevron du vomer , sur les palatins et sur la langue, je ne vois pas la possibilité de le distinguer génériquement des Aulopes. C'est une espèce bien distincte , bien caractérisée , et qui conserve encore quelques-unes des particularités des autres Aulopes ; car je vois sur les exemplaires parfaitement conservés dans le Cabinet national par les recherches de M. Savigny , que le premier rayon de la ventrale se prolonge en un filament assez délié: caractère remarquable qui n'est pas exprimé dans la figure de l'Ichthyologie italienne.
Après ces réflexions préliminaires, je vais donner avec quelques détails la description de cette espèce , afin de bien convaincre le lecteur de la détermination à laquelle je m'arrête.
Ce poisson a le corps arrondi ; la tête assez grosse ; le museau déprimé; la mâchoire inférieure plus longue que la supérieure. L'intervalle qui sépare les deux yeux est extrêmement étroit; il ne fait pas le dixième de la longueur de la tête, prise du bout du museau jusqu'à l'occiput. La longueur de celte
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première partie du corps, mesurée comme à l'ordinaire, n'est que trois fois et demie dans la longueur totale. Le diamètre de l'œil fait presque la moitié de la longueur de la tête. Les sous-orbitaires sont étroits et caverneux; le préopercule a l'arête du limbe en arc concave. Quant au bord montant, il est à peu près vertical. L'angle fait une petite saillie en arrière ; le bord horizontal est un peu arqué et assez long. Je trouve, comme dans les poissons voisins des Saurus, un petit opercule à bords sinueux, prolongé en pointe, un sous - opercule assez grand et un interopercule étroit et oblong, caché sous le limbe du préopercule, et assez semblable à cette partie de l'appareil operculaire. Le museau est aplati, assez large, un peu en ogive. La mâchoire inférieure dépasse la supérieure. Ces différentes pièces sont assez séparées et les branches sont plates et courtes. La mâchoire supérieure est bordée par des intermaxillaires grêles, derrière lesquels sont des maxillaires assez longs, élargis en palette et arqués de manière à embrasser les branches de la mâchoire inférieure en recouvrant l'angulaire et à ne montrer leur partie élargie qu'au-dessous de la gorge. Les dents de l'intermaxillaire sont très-petites, toutes égales. .T'en vois six plus pointues sur les deux tubercules de l'arc osseux du chevron du vomer. Il y en a de petites sur les palatins et sur la langue. La première dorsale commence au second tiers du corps ; elle est assez haute de l'avant. L'anale est courte; la caudale, petite , est peu fourchue. L'adipeuse répond à l'anale. Les pectorales sont longues et étroites; leur pointe
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dépasse beaucoup l'insertion des ventrales, qui répond à très-peu de chose près au premier rayon de la dorsale. Le premier rayon des nageoires paires inférieures est prolongé en filet. Les derniers sont courts, de sorte que la ventrale est ici faite à la manière ordinaire.
Je suis très -sûr des nombres que j'indique, et cependant je vois que le prince de Canino ne compte que neuf rayons à la membrane branchiostège, et qu'il donne dix-neuf rayons à la pectorale. C'est cependant sur un exemplaire envoyé par lui que j'ai vérifié ces nombres. Ceux des autres nageoires sont conformes à ce que j'ai trouvé. Les écailles sont très-rudes et composées de stries concentriques très-marquées. La couleur est verdâtre sur le dos, plus pâle sous le ventre; le tout à reflets argentés. La caudale est verte. Les grands yeux sont surtout remarquables parce que l'iris est coloré en vert très-intense. Je vois des taches nuageuses plus marquées sur les petits individus que sur les grands.
La description que je viens de donner est faite d'après l'exemplaire long de deux pouces et demi, que le prince de Canino a envoyé à nos collections nationales. D'ailleurs nous en possédons deux autres à peu près de même taille, pris à Naples par M. Savigny. M. Bibron en a rapporté plusieurs exemplaires du canal de Messine 5 j'ai donc pu m'assurer, par la
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comparaison d'un assez grand nombre d'individus de toutes tailles des caractères de cet Aulope, qu'on prendrait aisément pour un jeune des espèces précédentes , si la grandeur des yeux, très -rapprochés sur le haut du crâne, ne démontrait bien vite que l'on a sous les yeux une espèce particulière. Les principes de nomenclature que j'ai admis jusqu'à présent, auraient dû me faire désigner cette espèce sous le nom dUAulopus chlorophihalmus. J'aurais ainsi désigné une des particularités les plus notables de ce poisson ; mais, puisque je l'ai trouvé dédié à mon célèbre ami, Louis Agassiz, les ichthyologistes seront d'accord avec moi pour concéder à cet illustre zoologiste la dédicace de cette espèce.
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