‹ Histoire naturelle des poissonsChapitre 70 sur 158 · Mull. et Trochel, Horœ ichthyol, t. VIII, fig. 2, p · texte numérisé non relu

Mull. et Trochel, Horœ ichthyol, t. VIII, fig. 2, p

CHAP. XV. TÉTRAGONOPTÈRES. 147

dividus proviennent des collections faites à Surinam par M. Diepering. Je dois cependant faire observer que ce poisson me paraît extrëment voisin de notre T. tœniatus; car, dans les individus de cette dernière espèce, la tache numérale est quelquefois très -peu marquée. Elle ne devient, en quelque sorte, visible que sur les exemplaires qui ont perdu leurs écailles. Il faudrait, pour plus de certitude, pouvoir rapprocher tous ces individus.

Le Mojarra.

( Tetragonopterus Orbignjanus , nob.)

Le voyageur, auquel nous dédions cette espèce , a eu le soin de dessiner sur les lieux ce nouveau Tétragonoptère.

Il ressemble tout à fait au Tetragonopterus Gronovii par la forme générale. Il a cependant le dos un peu plus convexe. A en juger par le dessin fait sur le poisson récemment tiré de l'eau, les couleurs sont assez différentes. Le dos est gris, avec une assez large bande qui descend jusqu'à la ligne latérale, en passant derrière la tache numérale et sans se confondre avec elle. Tout le reste du dos est couvert de séries verticales de points noirâtres, qui ne descendent pas au-dessous de la ligne latérale. La tache caudale se prolonge en bandelette. Toutes les nageoires sont d'un assez beau jaune citron.

148 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.

Outre les exemplaires de M. d'Orbigny, nous en avons reçu deux autres qui avaient été envoyés de la Plata à M. Bâillon.

M. d'Orbigny nous a donné sur cette espèce les renseignements qu'il a recueillis dans le pays. On l'y connaît sous le nom de Mojarra. Il est répandu , depuis les Missions jusqu'à Buenos- Ayres, dans le Parana , l'Uruguay et la Plata. Il préfère les fonds sablonneux et rocailleux, où le courant est rapide 5 il se jette avec avidité sur les corps en putréfaction. Il ne craint pas d'attaquer les hommes qui se baignent, et il les blesse en leur emportant des morceaux de peau. C'est une des espèces les plus voraces et les plus acharnées. Les individus ne deviennent pas très -grands; ils ne dépassent guère sept à huit pouces. La tache noire de la caudale est peu marquée sur les jeunes. Ce poisson sert de nourriture aux Dorados (Salminus Orbignyanus). Les habitants le mangent et l'aiment beaucoup. On se plaît à le pécher, à cause de son extrême voracité. Il suffit, pour le prendre, d'attacher une épingle pliée au bout d'un fil fixé à une petite baguette et de battre l'eau pour le faire venir. On l'amorce avec un petit morceau de viande crue.

CHAP. XV. TÉTRAGONOPTÈRES. 149

Le Tétragonoptère fascé.

( Tetragonopterus fasciatus , nob. )

C'est effectivement ici la place du poisson que M. Cuvier a décrit et figuré dans les Mémoires du Muséum sous le nom de Chalceus fasciatus.

Cette espèce se distingue des précédentes

par un corps un peu plus régulièrement ovale et allongé. La plus grande courbure du profil du ventre est en arrière des ventrales. Le museau est aussi plus gros et plus obtus. Les nombres sont d'ailleurs les mêmes. Les rayons de l'anale ont des scabrosités sensibles et semblables à celles que nous retrouverons dans une des espèces suivantes.

C'est un poisson brun roussâtre sur le dos, verdâtre sur les flancs, avec une bande longitudinale bleuâtre, à reflets argentés, qui se confond sur la queue avec la tache de l'extrémité. On retrouve aussi celle de l'épaule.

D'après le dessin de M. d'Orbigny, les nageoires sont roses, assez brillantes.

Les premiers exemplaires apportés à M.

Cuvier viennent du Rio San -Francisco, par M. de Saint-Hilaire. Nous en avons reçu d'au-

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