Spix, pi
210 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
Je ne possède qu'un individu empaillé qui est long d'un pied; c'est une femelle que M. Plée a désignée sous le nom espagnol de El pampano.
Le Mylète rhomboïdal.
{Mjletes rhomboidalis , Guv.)
Nous pouvons encore parler d'une des espèces de M. Guvier; c'est son M. rhomboidalis, dont la hauteur est une fois et deux tiers dans la longueur totale,
qui a le profil un peu concave près de la nuque. L'œil assez grand sur le haul de la joue. Les différentes pièces de la face sont presque lisses. L'opercule est très-étroit. Les premiers rayons de la dorsale sont prolongés en filet; ceux de l'anale, longs et courbes, constituent un lobe pointu, plus ou moins allongé. La caudale , assez profondément fourchue , a le bord des lobes arqué. Les écailles qui bordent la base de la nageoire s'arrêtent en ligne droite.
D. 23 ; A. 33 , etc.
La carène du ventre est sensiblement dentelée, quoique les épines soient moins fortes que celles du précédent. La nageoire adipeuse a aussi la base garnie d'écaillés, et je la vois, en général, égaler la distance qui la sépare de la dorsale; mais elle est quelquefois plus courte. Je regarde donc la longueur de cette nageoire comme un caractère variable. Les écailles sont très -petites. Nous en comptons cent
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vingt-cinq le long des flancs. La couleur est un gris plombé, très - finement linéolé de gris foncé ou de noirâtre. Je vois une tache noire sur le haut de la dorsale, et l'anale a aussi quelque teinte rembrunie.
Les plus grands individus ont six pouces: ils viennent de l'Amazone, par M. de Castelnau. Nous en avons reçu d'autres du même fleuve par les soins de M. de Montravel. Ceux de M. Cuvier en venaient également, car ils faisaient partie du Cabinet d'Ajuda. Depuis, M. Leschenault en a envoyé d'autres exemplaires de la Mana, et M. Schomburgk l'a rapporté de l'Esséquibo. Son exemplaire porte le nom de Kartabak; c'est donc très-certainement le Tetragonopterus latus des poissons de M. Schomburgk *, que M. Muller a fait passer dans la liste des Mylètes avec la même épithète.
J'ai sous les yeux un de ces Mylètes trèsbien conservé, envoyé de Surinam à Leyde sous le nom de Kartabak, inscrit par M. Diepering. Il faut faire attention qu'on peut très-facilement le confondre avec le Mylètes rubripînnis.
i. Fish. ofGuyan., t. I, p. 241.
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Le Mylète a anale lobée.
{Myletes lobatus, nob.)
M. de Montravel a rapporté trois autres Mylètes de l'Amazone qui me prouvent qu'ils appartiennent à une espèce distincte ; mais les individus ne sont pas assez bien conservés pour que je puisse donner à leurs caractères la précision que j'aimerais à y apporter. Je puis indiquer ici qu'ils ont
le même profil que le précédent ; mais l'œil est plus bas sur la joue. L'anale a ses premiers rayons formant un lobe arrondi, et les derniers sont recouverts à plus de moitié par les petites écailles de
la nageoire.
D. 23; A. 33, elc.
Les épines de la carène du venue sont peu sensibles.
L'un d'eux est long de huit pouces. Les deux autres sont un peu plus petits.
Le Mylète de Schomburgk.
(Mjleles Schomburgkii , nob.)
Le poisson que je trouve décrit sous le nom de Tetragonopterus Schomburgkii, me paraît une espèce extrêmement voisine de celle-ci. J'en juge par la hauteur du lobe antérieur de l'anale. Je ne crois pas qu'il soit le Myletes
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rhomboidalis de M. Cuvier, parce que le museau me paraît un peu plus pointu et que les rayons antérieurs de la dorsale ne sont pas assez allongés.
C'est un poisson à écailles petites, elliptiques, adhérentes et finement dentelées. H y a une épine couchée sur le devant de la dorsale. Le museau est étroit. Les nageoires paires sont petites et pointues. La langue est ronde et charnue. Les intestins ont de nombreux appendices pyloriques. Les ovaires doubles remplissent les deux tiers de la cavité abdominale.
Je vois, dans les planches coloriées de de richthyologie de la Guyane, que
la couleur de la tête est un olive pâle, tirant au jaune sur les opercules. Il y a trois taches noires sous les yeux. Le haut du dos est d'un bleu grisâtre, passant au blanc le long de la ligne latérale, et prenant, sous le ventre, des teintes d'un vert jaunâtre très-pâle, semé de taches noires. Au-dessus de l'anale, les teintes sont d'un gris bleuâtre plus pâle que le dos. Par le milieu du corps, on voit une large bande noire, oblique, allant des premiers rayons de la dorsale aux antérieurs de l'anale. La dorsale est verte foncée, traversée par deux bandes rembrunies. L'adipeuse est olivâtre. L'anale, verte, a la pointe de son lobe noire, et elle est bordée de rouge. Je trouve les mêmes teintes à la caudale ; mais la bande rouge est lisérée extérieurement de vert, et la pointe supérieure de la nageoire est noirâtre.
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M. Temminck a bien voulu céder un bel
exemplaire de cette espèce. Il l'avait reçu de
Surinam par les soins de M. Diepering. Il est
long de neuf pouces et demi, et haut de près
de cinq.
Le Palomète.
(Mjletes Palometa, nob.)
Cette description et cette figure nous servent à fixer nos idées sur le Palometa du haut Orénoque décrit par M. de Humboldt. Voici, en effet, ce qu'il en dit : C'est un poisson à corps large et comprimé latéralement, d'un blanc argenté avec une large bande noire verdâtre, placée transversalement de chaque côté de l'anus.
Il est bien certain que , si cette description n'appartient pas à la même espèce que celle donnée par M. Schomburgk *, elle a été faite au moins d'après une espèce extrêmement voisine. M. de Humboldt l'a prise près du confluent du Rio Jao.
Ce qui prouve que ce Palometa du haut Orénoque doit être rapporté aux Myiètes, c'est que les Tamanaques de l'Orénoque, comme l'a remarqué M. de Humboldt2, désignent le Pa-