Muller et Troschel, p. 24 et p. 36, pi
24 8 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
Le profil du ventre descend très-obliquement jusqu'à l'anale , d'où il remonte presque verticalement jusqu'à la queue. Il en résulte que la plus grande saillie de l'abdomen est précisément au commencement de la nageoire de l'anus. L'œil est grand , car le diamètre n'est que deux fois et demie dans la longueur de la tête, et l'intervalle d'un œil à l'autre contient une fois et trois quarts la largeur de l'orbite. La dorsale est longue ; l'adipeuse est petite. Quand on abaisse le lobe antérieur de l'anale, la hauteur entre les extrémités des deux nageoires verticales est plus grande que la longueur totale du corps ; mais il est très - facile de coucher le lobe de l'anale en arrière, de manière à laisser à la nageoire la forme d'une lame de faux. La caudale est beaucoup plus haute que longue, et sans être fourchue, la convexité des lobes rend son bord festonné.
D. 27; A. 45, elc.
Le dessin que m'a communiqué M. Schomburgk me montre une couleur bleu d'acier sur le dos, glacée d'argent sur les côtés, la dorsale jaunâtre avec une tache noire près de la pointe; l'anale, beaucoup plus rembrunie avec le lobe antérieur rouge : des taches de cette même couleur sont éparses sur le corps.
Le poisson vient de l'Esséquibo. Nos exemplaires sont longs de huit pouces et demi; un autre vient de Surinam : il faisait partie des collections que M. Diepering a envoyées du
CHAP. XXI. MYLÈTES. 219
même endroit au Musée royal de Hollande , à Leyde.
Le Mylète hypsauchen.
(Mfletes hypsauchen, Mull.)1
Ce poisson est remarquable
par la forme orbiculaire de son corps, laquelle dépend de la courbe très -élevée que suit le profil du dos et du ventre jusqu'aux nageoires verticales. La hauteur portée sur la longueur, atteint à peu près au milieu de l'adipeuse, ou est une fois et demie dans la longueur totale. La crête interpariétale monte très -haut sur le dos, qui est comprimé et comme tranchant. Les osselets sous- orbitaires sont étroits; mais l'angle du préopercule descend assez bas, et il n'y a pas une grande différence entre la hauteur de la tête et sa longueur, laquelle mesure le quart de celle du corps, en n'y comprenant pas la caudale. Les épines de la carène dentelée du ventre sont assez grosses. La dorsale est pointue de l'avant. L'adipeuse est très-basse, mais très-longue. L'anale occupe aussi une grande étendue; elle n'est pas très haute. La caudale est à peine fourchue.
D.-19; A. 43, etc.
Les écailles sont fort petites. La ligne latérale est droite. La couleur, plombée et rembrunie sur le
1. Mull. etTroscli., Horœ Ichthrol, p. 23, n.° 10, et p. 38. pi. 10. fig. 1.
220 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
dos, est un glacé métallique argentin sur le reste du corps.
Les premiers exemplaires de cette espèce ont été rapportés de l'Amazone par M. de Montravel. Depuis, M. Schomburgk en a donné un très-bel individu aux collections nationales. Ils sont longs de cinq pouces. Un autre, originaire de la Guyane, a été cédé au Musée de France par celui de Leyde, qui l'avait reçu par les soins de M. Diepering.
Le Mylète de d'Orbigny.
(Myletes Orbignyanus , nob.)
Cette espèce à corps orbiculaire nous conduit à parler de celle que M. d'Orbigny a rapportée ,
et qui a le profil du ventre presque en demi-cercle. Cette ligne est fortement dentelée. Celle du dos est très -convexe jusque la nuque; mais elle devient concave sur le dessus de la tête. Une particularité notable de cette espèce est d'avoir toute la carène du dos nue et sans écailles. On aperçoit bien quelques traces de cette disposition sur le poisson précédent; mais l'espace nu n'est pas à beaucoup près aussi large que dans celui-ci. La tête est petite. L'anale n'est pas très -haute, et comme la queue est très-courte, le lobe de la caudale paraît toucher
CHAP. XXI. MYLÈTES. 221
au bord de l'anale. L'adipeuse est basse et tout
écailleuse.
Les écailles sont très-petites. La ligne latérale est très -peu concave. Ce poisson a le dos plombé; le ventre jaune; les flancs sont plus pâles. Les nageoires participent de la couleur du dos.
La longueur du poisson est de dix pouces. D'après les notes de M. d'Orbigny, nous voyons qu'il n'a rencontré cette espèce que bien au-dessus de Corrientes, dans le Parana, et vers le mois d'octobre seulement. Il croit qu'elle descend des parties élevées du grand fleuve, qu'elle aime les eaux rapides et un fond sablonneux. C'est un des poissons que les Espagnols nomment Palometa, et les Guaranis Mbiraï ou Piraï. Cette espèce, peu commune, vit en petites troupes qui font la terreur des pêcheurs, à cause de leur voracité et de l'habitude qu'elles ont de couper les lignes. C'est une des meilleures à manger 5 aussi elle est fort recherchée , quoique sa chair soit remplie d'arêtes.
Le Mylète lune.
(Mjletes lima, nob.)
Je désigne sous ce nom un Mylète différent des précédents
par sou corps orbiculaire, par sa longue dorsale et par l'éclat brillant et argentin de tous ses flancs. Il a, d'ailleurs, le museau gros et arrondi; les yeux saillants; la nuque un peu concave; la courbure du dos régulière jusqu'à la queue. La dorsale est assez longue; l'anale est coupée en faux; la caudale a deux lobes aigus, sans être profondément fourchus; elle est cinq fois au moins plus haute que longue. Les dentelures du ventre sont assez fortes.
Les écailles sont très -petites; il y en a cent le long de la ligne latérale.
Cette espèce vient de Cayenne; nous la devons à l'envoi que M. Fremy nous a fait de cette colonie ; mais elle occupe une assez grande étendue sur la côte américaine 3 car d'autres exemplaires nous ont été envoyés de la côte ferme et de Carthagène des Indes, par M. Beauperthuis-
Les plus grands individus ont quatorze pouces de longueur.
Le Mylète a dents en cuilleron.
(Myletes doidjocodon , nob.)
M. de Castelnau a rapporté de l'Amazone un Mylète
dont les dents commencent à s'éloigner, par leur forme comprimée et en cuilleron , des poissons
CHAP. XXI. MYLÈTES. 223
précédemment décrits. La nuque est à peine concave. La courbe du dos jusqu'à l'épine dorsale, qui est très-forte, n'est pas très-arquée; celle du ventre devait l'être beaucoup plus, autant je puis en juger, du moins d'après mon exemplaire ; car la carène de l'abdomen n'a pas été assez ménagée par le préparateur. Il ne reste plus que les deux dernières épines de l'anus ; elles sont assez fories. Je vois à l'intermaxillaire une première rangée de quatre dents, véritables incisives tranchantes, à couronne taillée en biseau, un peu rétrécie au collet, elliptique et sans crénelures. Il y a derrière elles et de chaque côté quatre dents à couronne triangulaire , dont l'arête postérieure est très-peu pointue. La mâchoire inférieure a des dents très-peu différentes de la supérieure; cependant les deux mitoyennes ont un petit talon à l'angle externe et quelques traces de festons; derrière elles existent deux très -petites dents coniques, pointues et courbées en crochet; elles sont si petites, qu'il faut y regarder avec attention pour les apercevoir. Cette dentition ne laisse pas que d'être assez différente de celle des autres Myhtes, cependant je n'ose fonder sur elle la diagnose d'une coupe générique. La dorsale est assez longue, et a les premiers rayons prolongés en petits filaments. L'anale a trois lobes. L'extrémité des rayons ne se termine pas en pointes divergentes. Les premiers sont courbés en lame de sabre , mais ne sont pas larges. La caudale est fourchue.
224 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
Les écailles sont très -petites. La couleur était plombée, rembrunie sur le dos et argentée sur tout le reste du corps.
Ce poisson vient de l'Amazone : il a été rapporté par M. de Castelnau.
CHAP. XXII. TOMÈTES. 225