‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 75 sur 216 · GincLymostomA concoLor, Müll. Henle, Plag., p. 22, pl · texte numérisé non relu

GincLymostomA concoLor, Müll. Henle, Plag., p. 22, pl

CARACIÈRES. — Angles des nageoires pointus; caudale à bord inférieur non convexe; chaque pli labial inférieur à peine égal à la moitié de la distance qui le sépare de l’autre pli; dents à pointe médiane assez saillante. Pour les autres caracières, cette espèce est très-analogue à la précédente.

Teinte générale d'un gris-brun uniforme.

Habitat. Mers de l'Inde. — Espèce inconnue au Muséum.

3. Ginczymosroma RUPPELLIH, Bleeker, Plag., p. 91, et Enumeratio, p. 205, n° 2154.

Nebrius concolor, Rüppell, Neue wirbelth. Abyss., p. 62, pl. 17, fig. 2. — Gingl. concolor, Cantor, Cat. malay. fishes, p. 1377.

CARACTÈRES.— Contour du museau presque quadrangulaire; dents à bord libre arrondi, représentant un segment de cercle complètement dentelé à 6 ou 10 dentelures latérales, et une médiane les dépassant à peine, comme on le voit sur la planche citée de M. Rüppell; nageoïre caudale beaucoup plus longue que chez le G. concolor, Müll. Henle.

SCYLLIENS. GENRE GINGLYMOSTOMA, À, 2, 3, 4. 339

Chez ce dernier, pl. 6, la queue est à peine le tiers de la longueur totale; chez le G. Ruppellii (Voy. la figure de Nebr. concolor, Rüpp.), elle en dépasse notablement le tiers. De plus, les dents du Nebrius diffèrent de celles de l’espèce précédente.

Le Muséum ne possède aucun Gingl. qui puisse être rapporté à l’une ou à l’autre de ces deux espèces. Je ne m'étenäs donc pas davantage sur les indications données par M. Blecker, d’après l'examen d’un individu pêché dans le détroit de Singapore. Celles que je viens de rappeler sont suffisantes pour justifier la distinction qu'il établit entre le Gingl. concolor, Müll. et Henle, et celui de Rüppell. Par conséquent, il convient de laisser à ce dernier la dénomination de Gingl. Rüppellü, Bleeker.

Habitat. Mer Rouge, détroit de Malacca et celui de Singapore.

4. Ginczymosroma FuLvUM, Poey, Poiss. de Cuba, esp. nouv. in : Memor. sobre la hist. nat. de Cuba, t. 2,1856-58, p. 342 (1).

CARACTÈRES. — « Largeur de la tête bien plus considérable que la hauteur du corps, car elle est comprise près de six fois dans la longueur totale. Toutes les nageoires ont leurs pointes arrondies. Entre la 1° dorsale et les ventrales, et, d’autre part, entre la 2 dorsale et l’anale, la distance est courte; la caudale est trois fois et demie dans la longueur totale. Le cirrhus nasal atteint le milieu de la mâchoire supérieure. Les dents ont une pointe médiane et deux pointes beaucoup plus courtes de chaque côté. La couleur est d’un brun jaunâtre. »

Cette description a été faite par M. Poey d’après une © longue de 0.839. Chez un mâle, les appendices génitaux très-courts n’arrivaient pas jusqu'à la 1/2 du bord interne des ventrales.

N.B. Il me paraît probable que la Roussette décrite par Lesson sous le nom Sc. ferrugineum (Voy. aut. du monde, Exp. Duperrey, Zool., t. LU, 1"e partie, p. 95) et qui ne se trouvait pas dans les riches collections rapportées au Muséum à la suite de ce voyage, par Lesson et Garnot, doit être un Ginglymostome, et peut-être même le G. cirratum. Je le suppose : 1° d’après les dimensions de la nagcoire caudale, d’ailleurs assez élevée, qui formait le tiers environ de la longueur totale 0.378 sur 1.082 ; 2% à cause de l'étendue des barbillons 0.030 environ ; & en raison de la forme mousse du museau et de la situation de la bouche assez près de son extrémité ; 4 de la petitesse des évents ; 5° du peu de rudesse des écailles. Enfin, nos grands individus

(1) Je n’ai pas fait figurer cette espèce sur le tableau synoptique placé en tête de l’histoire du genre, parce que, ne la connaissant point, je ne puis pas la comparer avec certitude au G. concolor, qui, lui-même, manque au Muséum,

336 PLAGIOSTOMES PLEUROTREMES OÙ SQUALES:

“ne portant point de taches, ils offrent un système de coloration auquel convient très-bien l’épithète ferrugineum.

Vi. Genre STÉGOSTOME, STEGOSTOMA (1), Müll., Henle.

CARACTÈRES. — Tête voûtée et arrondie en avant; bouche tout-à-fait transversale et étroite; sur la mâchoire supérieure, comme sur l'inférieure, la peau forme un pli supportant les dents; entre les valvules nasales, réduites à un simple repli cutané terminé par un cirrhus, elle se prolonge en un bourrelet convexe en avant, Concave à sa face postérieure, qui est le plus souvent couverte de scutelles et constitue une sorte d'opercule au-devant de la bouche; plis labiaux supérieurs et inférieurs courts; yeux très-petits, suivis d'évents peu considérables et verticaux; 5° ouverture branchiale rapprochée de la %, avec laquelle elle semble presque se confondre; 1" dorsale sur les ventrales et les dépassant un peu em avant; la 2° entre celles-ci et l’anale; cette dernière très-près de la caudale, remarquable par son extrème longueur, qui égale la moitié des dimensions totales, et dont la hauteur est la même d’un bout à l’autre.

1. Srecosroma rasciaruM (2), Müll. Henle, Plag., p. 95, pl. 17, museau et dent.

Squalus varius, naribus ori proximis, foraminibus pone oculos, spiraculis utrinque quaternis, cauda longissima, Seba, Thesaur., t. II, p. 105, pl. 34, n° 1.

Squalus capite obtuso, cirris duobus adinaxillam super., dorso vario inermi, Gronov., Mus. ichth., t. 1, p. 62, n° 136, et Zoophyl., p. 31, n° 147.

Le tigre, Broussonnet, Ac. des sc., 1780, p. 658. — Sgq. tigrinus Linn., ed. Gmel., t. 1, p. 1493, n° 19; et Sg. longicaudus, 1496, n° 24. — Zebra shark, Shaw, Nat. misc., pl. 434. — Sq. tigre, Lacép., Hist. Poiss., 1. 1, p. 249. — Id., Forster, Zocl. ind., p. 24, pl. XII, fig. 2.—Id., H. Cloq., Dict. des sc. nat., t. 56, p. 353, pl. 33, fig. 2.

(1) Zréyw, je couvre, otéua, bouche, à cause du bourrelet de la lèvre supérieure.

(2) Afin d'employer les mêmes dénominations que la plupart des zoologistes postérieurs à Bloch, je conserve à l’espèce l’épithète de fasciatum, qu’ils ont adoptée à l'exemple de ce dernier, mais à laquelle il eût été plus régulier de préférer, à cause de son droit de priorité, celle de ds num proposée par Broussonnet.

SCYLLIENS. GENRE STEGOSTOMA. SO

Sq. fasciatus, B1., pl. 113, copiée par Shaw, Gen. x0o1., pl. 148, et dans l’Encyclop., pl. 8, fig. 23. — Id., BI. Schn., p. 130.

Pollee makum, Russell, Fishes Corom., pl. 18; jeune âge.

Scyllium heptagonum, Rüpp., Neue wirbelth. Abyss., p. 61 et 71, pl. 47, fig. 1.

Steg. carinatum, BIÿth, Journ. asiat. Soc. Bengal, 1847, t. XVI, part. IL, p.725, pl. XXV bis, fig. 1 et la, écailles de l’une des carènes.

Steg. fasciatum, Bonap., Tab. analyt. Selachorum, p. 11. — Id., Blkr, Plagiost., p. 28. — Id., Cantor, Cat. malay. fishes, p. 1378.

CARACTÈRES. — Largeur de la bouche égale seulement à l'intervalle des narines ; cirrhus atteignant le bord de la fente buccale; une carène au milieu du dos, étendue jusqu'à la première dorsale; trois carènes parallèles de chaque côté :la supérieure, qui est la plus longue, ne dépassant pas l'extrémité postérieure de la seconde dorsale, et la plus inférieure, étendue depuis l’origine des ventrales jusqu'au milieu de l’espace compris entre ces dernières et les pectorales : d’où le nom de Sc. heptagonum proposé par M. Rüppell; enfin, entre les ventrales et l’anale, de chaque côté, une petite carène; sur toutes ces crêtes, des écailles à saillie médiane assez fortement relevée, séparée de chacun des bords latéraux par un petit enfoncement, en quelque sorte tricarénées, et offrant plus de volume que partout ailleurs; tous les angles des nageoires arrondis, à l'exception de l’angle postérieur de la seconde dorsale, qui est pointu; celle-c1 plus petite que la première.

Forme générale des Roussettes, mais un peu modifiée en raison de la brièveté du tronc et de la longueur de la queue.

Système de coloration. Trois variétés qui semblent n'être que le résultat de différences d’âge, comme M. Cantor le fait observer.

17e variété. Couleur fondamentale d’un blanc jaunâtre relevé sur le dos par de larges bandes transversales noirâtres qui couvrent tellement la tête et les nageoires, que, sur ces régions, la teinte générale ne forme plus que des taches ovales ou circulaires (Pollee makum, Russell; pl. citées, de Seba et de Bloch, fœtus et très-jeune âge, Cantor, loc. cit.).

2e variété. Outre les bandes, des taches noires, arrondies, sur les régions brunes (âge plus avancé, Cantor).

3e variété. Plus de bandes, mais de nombreuses taches noires arrondies sur tout le corps (fig. du Sc. heptagonum Rüppell ; Sc. carinatum, Blyth. Adulte ? Cantor).

Le Muséum possède les 3 variétés; la 3° est propre aux individus de grande taille et la première aux plus jeunes.

Taille. L'espèce peut atteindre 2%.12 [tronc, 0".95; queue, 1". “1

Habitat. Mer des Indes ; côtes de Madagascar.

Poissons. Tome I. 22

338 PLAGIOSIOMES PLEUROTRÈMES OÙ SQUALES.

VII. GENRE CROSSORHINE, CROSSORHINUS (1), Müll. Henle, Plag., p. 24.

CARACTÈRES. — Tête plate, large, garnie dans tout son pourtour, jusqu'aux ouvertures des branchies, d'appendices cutanés, les uns simples, les autres divisés en lobules; yeux en dessus, ainsi que les évents qui sont une fois et demie aussi grands; bouche largement fendue, formant une courbe trèsouverte, plus rapprochée de la pointe du museau que chez la plupart des Squales; plis inférieurs des coins de la bouche longs et très- prononcés, atteignant presque la ligne médiane, mais séparés par un sillon vertical profond, qui se voit sur le milieu de la lèvre inférieure; dent médiane d'en haut très-pe tite, faisant à peine saillie, mais celle de chaque côté trèsgrande, et les suivantes beaucoup plus petites; la médiane d'en bas très-longue et placée entre deux dents de mème dimension, mais les suivantes beaucoup moins hautes, semblables à celles de la mâchoire supérieure; les grandes dents simples et coniques, les autres, munies d’une petite dentelure de chaque côté de la base; ouvertures branchiales proportionnellement peu développées, égales entre elles; écailles triangulaires, à pointe mousse, tri-carénées.

4, CROSSORHINUS BARBATUS, Müll. Henle, Plag., p. 21, pl. 5.

Sq.in Valentyn, Oud en nieuw Vost-Indien, t. I, p.330, pl. 52, A.

Le Barbu, Brouss. Ac. sc., 1780, p. 657.—Sq. barbatus, Linn., ed. Gmel., Syst., t. 1, p. 1493, n° 18. — Waits shark, Philipp, Voy. to Botany-Bay, p. 285, pl. 43. — Sq. appendiculatus, Shaw, Natur. Misc., pl. 727. — Sq. barbu, Lacép., Hist. Poiss., t. 1, p. 247. — Sq. barbatus et lobatus, BI. Schn., Syst. posth., p. 128, 9, et p. 137, 37. — Sc. lobatum, Cuv., R. an.,t. IL, p. 387. — Cross. barb., Richards., Report ichth. China, p. 194. — Cross. barb., Schl., Faun. jap., p. 304.

CARACTÈRES. — Corps aplat Jusqu'à l’anus, c’est-à-dire dans sa première moitié, et cylindrique à partir de ce point; pectorales grandes, à angles arrondis; ventrales quadrangulaires; les deux dorsales à peu près égales, situées entre les ventrales et l’anale, qui est très-rapprochée de la caudale, dont l’étendue est à peu près le sixième de la longueur totale.

Teinte générale brune, plus claire en dessous; sur lé dos et les

(1) Koocooc, frange, 6iv, éivéc, nez, à cause des barbillons.”

SCYLLIENS. GENRE CROSSORHINUS. 339

flancs, des taches claires blanchâtres, souvent bordées de noir; nombreuses et irrégulières ; ocellées chez les jeunes sujets, où leur centre est brun et sans bordure sombre.—Habitat. Australie; mers du Japon

et de Chine. Le Muséum possède plusieurs exemplaires, dont un adulte de 2n,90.

À la fin de la famille des Scylliens, doivent prendre place, sans détermination générique, certaines espèces incomplétement décrites :

1° Sc. chilense, Guichenot (Hist. de Chile, par CI. Gay, Zool., t. I, p. 361. — Cette espèce, connue dans le pays sous le nom de Pintaraja, n’a été inscrite dans cet ouvrage, que d’après un dessin que j'ai eu sous les yeux, et qui ne permet de saisir aucun des caractères à l’aide desquels le groupe dont elle fait partie a été divisé en plusieurs genres, avec tant d'avantages pour l'étude.

C'est au Sc. catulus, comme M. Guichenot le fait observer, que cette Roussette ressemble le plus par son système de coloration. Il consiste en un semis, sur le dos et sur les nageoires, de taches noires assez espacées et disposées irrégulièrement; mais toutes les nageoires ont leurs angles arrondis, à l'exception, néanmoins, des ventrales, et le museau est moins court.—Les indications données sur cette espèce, sont qu'elle est très-commune sur les côtes du Chili, où elle vit au milieu des rochers et des fucus. L’individu figuré avait environ 0.60.

2° Rousseite panthère, non décrite, mais simplement nommée par Liénard dans le 7° Rapport annuel sur les trav. de la Soc. hist. nat. de l’île Maurice, 1836, p. 64. Elle avait été reçue de la mer Rouge. Serait-ce le Siegosloma fascialum qui, à l'état adulte, ne porte plus de bandes, mais est couvert de taches et qui, avec cette livrée, a été décrit et figuré par M. Rüppell (voy. p. 337), parmi les poissons de cette mer, sous le nom de Sc. heptagonum ?

Rouss. à taches noires et blanches, Cuv., R. an., t. IL, p. 386. — Sc. albo-maculatum, Bonap., Faun. it. où elle est mentionnée avec doute à la fin de l’histoire du Sc. stellare (Sc. cat.); non portée sur son Gatal. pesci europ. — Id., Doumet, Gatal. poiss. de Cette (Rev. 2001., 1860, p. 445 et 505, n° 196). La détermination de cette Roussette comme espèce distincte dans le genre Scyllium reste incertaine.

Il paraît impossible d’assigner un rang, parmi les Roussettes, à l’Isabelle de Broussonnet et au Squale pointillé de Lacépède (t. II, p.120).

340 PLAGIOSTOMES PLEUROTRÈMES OU SQUALES.

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