I. Ervilie gousse. — Ervilia legumen. — Pl. X, fig
Corps très-diaphane , montrant quelques vacuoles à l’intérieur. — Long de 0,04 à 0,06.
J’ai trouvé dans l’eau de le Méditerranée, en mars 1840 , cet Infusoire dont la forme rappelle un peu celle d’une gousse d’Ærvum, d’où j’ai dérivé son nom générique. Le pédicule peut s’agglutiner sur les corps solides. M. Ehrenberg a trouvé dans l’eau de la mer Baltique un animal que je crois bien être le même, quoique la description et la figure ne s’accordent pas tout à fai^ avec ce que j’ai vu. Il le nomme Euploles monostj-lus (Ehr. , Inf. Pl. XLIl , 6g. 14), et dit avoir observé sa multiplication par division spontanée transverse , et sa coloration artiBcielle par l’indigo.
2® Genre. TROCHILIÎE. — Trochilia.
An. de forme irrégulièrement ovale, plus étroite en avant , où se montrent des cils vibratiles ; cuirasse oblitjuement sillonnée, et comme contournée et terminée en arrière par un pédicule mobile. — Point de bouche distincte.
I. Trochilie sigmoïde. — Trochilia sigmoïdes, — Pl. X, 6g. i5.
Corps ovale , rétréci et sinueux en avant ; cuirasse montrant cinq à six côtes arrondies , obliques ; pédicule susceptible de s’agglutiner au porte-objet. — Long de 0,028 à 0,03S.
J’observais en grand nombre des Trochilies dans l’eau de mer prise à Cette, au canal des Étangs, et conservée depuis un mois à Toulouse , en avril 1840 ; quelques-pne? étaient en voie de
HlS'l'OlKJi NATUKULU:
se diviser sponlanëment en travers ; on distinguait alors au milieu le nouveau pédicule delà moitié antérieure; le nombre des côtes ou des sillons était assez variable ainsi que leur degré de torsion.
XVP Famille.
LEUCOPHRYENS.
Animaux de forme déprimée , ovale ou oblongue , revêtus de cils vibratiles trés-serrés et disposés en séries régulières. — Sans bouche distincte.
Les Leucophryens paraissent entièrement dépourvus de bouche , ou bien s’ils en ont une , elle n’est pas distincte et leur sert seulement pour avaler le liquide au milieu duquel ils vivent , car les vacuoles de l’intérieur ne contiennent ni corpuscules étrangei’s , ni rien de solide , et il est plus probable que ces animaux se nourrissent uniquement par absorption. La plupart vivent parasites dans les cavités viscérales ou interviscérales des Annélides et des Batraciens , et quand ils en sont retirés pour être mis en liberté dans l’eau pure , ils nagent d’abord avec une extrême vivacité, mais ils ne tardent pas à périr par suite de l’action dissolvante , de ce liquide ainsi que les Helminthes. C’est quand ils vont cesser de vivre qu’on voit exsuder sur tout leur contour des disques et des globules de sarcode dans lesquels il se produit souvent des vacuoles, d’une manière fort remarquable. Au milieu du corps des Leucophryens on observe une ou plusieurs masses d’apparence spongieuse , qui à la mort de l’animal se contractent de plus en plus : on ne peut supposer que ce soient des glandes dont on n’apercevrait point les relations avec d’autres organes ;
ÜES INFUSOIRES.
ce sontplulôtles restesd’un tissuou d’une sorte de trame contractile préalablement etendue dans tout le corps.
Les Leucophryens se multiplient par division spontanée transverse. Nous en faisons trois genres, savoir : les Leucophres et les Spathidies qui n’ont aucune trace de bouche et qui se distinguent parce que celles-ci sont élargies et tronquées en avant , et que celles-là sont arrondies aux deux extrémités. Puis un dernier genre, Opaline , chez lequel une fente oblique en avant paraît indiquer une bouche.
Müller avait établi un genre Leucophre caractérisé par les cils vibratiles dont la surface est entièrement garnie. Ce genre très-nombreux contenait avec quelques vraies Leucophres beaucoup de Paraméciens et de Bursariens , et divers objets qui ne sont même pas des Infusoires , tels que des débris de branchies de Moule. Il avait placé dans son genre Enchelys notre Spathidie. M. Bory a conservé presque sans changement le genre de Müller. M. Ehrenberg, dès l’année 1830 , admit un genre Leucophre faisant partie de la famille des Enchéliens , mais caractérisé par une large bouche obliquement tronquée , et par conséquent bien plus voisin des Bursaires, quoiqu’il renferme aussi une Leucophre sans bouche , celle de l’Anodonte et la Spathidie qui est également dépourvue de bouche. C’est au contraire dans son genre Bursaire que cet auteur a reporté la plupart des vrais Leu^ cophryens avec d’autres Infusoires à bouche très-distincte.
1®^ Genre. SPATHIDIE. — Spathidium.
An. à corps oblong, plus épais et arrondi en arrière; plus mince , élargi et tronqué obliquement en avant.
HISTOIRE NATUREtLE
I. Spathidie hïaun. — Spaihidium hyatinum. — PI. VIII , fig. lo.
Corps oblong , lancéolé , hyalin , aminci et comme membraneux en avant , et terminé par un bord rectiligne oblique , le long duquel s’observent des petits points noirs irrégulièrement rangés.
— Long de 0,18 à 0,24.
J'ai observé plusieurs Infusoires de celte espèce dans l’eau d’une ornière des Batignolles, au nord de Paris , le ii novembre i838.
Ils étaient d’une transparence parfaite , ne contenaient aucune particule solide qu’on eût pu croire avalée par eux, et montraient une ou plusieurs vacuoles limpides ; on comptait sur une face vingt à vingt-sept stries parallèles indiquant des rangées de cils vibi’atiles très-fins ; mais le bord antérieur ne montrait ni cils ni aucun indice de bouche.
h’Encheljÿs spathula de Müller ( Inf. PI. V, fig. 19-20) paraît bien êtrela même espèce ; l’auteur le décrit «comme ayantlecorps exactement cylindrique , très-diaphane , cristallin , marqué de stries longitudinales très-déliées; dilaté, membraneux au sommet, et tronqué, sinueux en avant , avec les angles tant soit peu repliés en oreilles, d’où résulte une figure de spathule.» Müller aremarqué aussi des vacuoles ou vésicules hyalines ordinairement au nombre de deux, l’une au delà du milieu , l’autre à l’extrémité postérieure.
M. Ehrenberg a décrit sous le nom de Leucophrys spathula (Ehr., Inf. PI. XXXII, fig. 2), comme synonyme de YEnchelj's de Müller, un Infusoire qui paraît différer du nôtre par une rangée de cils très- prononcée au bord antérieur, où l’auteur suppose une ! bouche en forme de fente ; les stries de la surface sont au nombre de neuf seulement de chaque côté, et garnies également de cils plus visibles. M. Ehrenberg dit en outi'e avoir coloré par l’indigo les vésicules stomacales de son Infusoire.
2® Genre. LEUCOPHRE. — Leucophrys.
An. à corps déprimé , ovale ou oblong, également arrondi aux deux extrémités , couvert de longs cils vibratilcs formant des rangées parallèles très-nombreuses. — Sans bouche.
Les seuls Infusoires auxquels je conserve le nom de Leucophre vivent parasites dans le corps des Lombrics entre l’intestin et l’enveloppe musculaire; peut-être doit-on y ajouter aussi celle que M. Ehrenberg a trouvée dans l’Anodonte? Gleichen et Müller les avaient déjà observées, et on les rencontrera certainement si on les recherche avec persévérance dans le liquide qui s’écoule des blessures faites à des Lombrics , surtout vers la partie postérieure , et si l’on soumet à cette recherche les Lombrics de diverses localités.
I. Leucophre striée. — Leucophra striatjrs. — Pl. IX , fig. 1-4.
Corps oblong, marqué de 35 stries longitudinales granulées. — Long de 0,08 à 0,125.
Pendant les mois de mars et d’avril i838, à Paris, je trouvai abondamment cette Leucophre dans les Lombrics de mon jardin. Observée dans le liquide écoulé de la blessure du Lombric, elle est uniformément demi-transparente , avec quelques petits granules disséminés , et présente quelques vacuoles contractiles irrégulièrement rangés le long d’un des côtés ou des deux côtés. Tenue dans ce même liquide préservé de l’évaporation, laLeucophremontre bientôt au milieu de son corps une bande longitudinale irrégulière, trouble. En ajoutant de l’eau, le mouvement de la Leucophre est d’abord plus vif, son contour est plus tranché, et l’on distingue un double rebord ; en même temps la bande centrale devient plus distincte; bientôt les vacuoles se montrent plus nombreuses , quelques-unes même sont multiples , mais on voit clairement qu’elles ne communiquent point avec la bande centrale, qui dans aucun cas ne peut être nommée un intestin; les stries cessent d’être aussi distinctes , et des exsudations discoïdes ou globuleuses de sarcode se montrent sur le contour ; enfin , quand la Leucophre est morte, on voit, au lieu de la bande centrale , une masse allongée plus ou moins infléchie et sinueuse.
Les stries granuleuses, épaisses de o,ooi4 et bien régulières d’abord, s’effacent peu à peu, et les cils dont elles sont garnies cessant de vibrer aussi uniformément, se groupent diversement et deviennent alors plus visibles.
HISTÜinE NATUnELLE
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Dans le nombre des Leucophres nageant dans le liquide intérieur des Lombrics , il y en a souvent qui sont en voie de se diviser spontanément ; chacune des moitiés, après cette division, est moins arrondie du côté où elle touchait ù l’autre.
2. Leucophre noduleuse. — Leucophrj's nodulaia. — PI. IX, fig- 5-9 («).
Corps oblong , régulièrement cilié , mais sans stries bien distinctes; ayant deux rangées de vacuoles. — Long de 0,10 à 0,12.
Au mois d’octobre i835 , en Normandie, j’observai , dans des Lombrics , cette Leucophre que je crois distincte delà précédente par l’absence de stries ; cependant toutes les fois que depuis lors j’ai essayé de la trouver, je n’ai vu que la Leucophre striée ; peutêtre cette différence tient-elle seulement à ce que mes Leucophres de i835 avaient déjà été altérées par leur séjour dans l’eau.
J’ai décrit avec soin dans les Annales des sciences naturelles (tome 4 , décembre i835), les phénomènes que présente cet Infusoire, dans l’eau, quand il va cesser de vivre ; je donne dans notre planche IX , fig. 7, 8, 9, quelques-unes des figures que j’avais publiées alors pour montrer comment les exsudations de sarcode se forment autour de la Leucophre et se creusent de vacuoles.
Gleicben avait trouvé dans un Lombric un Infusoire que je suppose être le même que celui-ci ; Müller a décrit sous le nom de Leucophra nodulata un Leucophryen que je croirais bien être exactement le nôtre , s’il ne l’eût trouvé exclusivement dans l’intestin de la Nais litioralis, 11 lui attribue une forme ovale-oblongue déprimée, une double rangée de nodules (vacuoles) et un petit tube intermédiaire.
3? Leucophre de l’Anodonte. — Leiicophrrs Anodontœ. — (Ehr. , Inf., PI. XXXII , .fig. G.)
Sous ce nom M. Ehrenberg décrit comme douteuse une espèce de Leucophre qu’il a trouvée en Sibérie dans un Anodonte , en
(i)PerZe/t/;/icrc//e«,Gleiclien, Mlcrosc. PI. XXVII, f. i ,ctPl. XXVIII, f. 2.
Leucophra nodulata , Müller , Zool. d.in . fa^c. 2, tab. 80, fig. n-i. — Infuï. p. i53i
Jui donnant pour synonyme, avec doute, la Leucophra Jluida de Millier (MiUl., Zool. dan., fasc. 2, PI. LXXIII , fig. 1-6. — Inf. , p. i56), trouvée par cet auteur dans l’eau de la moule commune, et qu’on doit plutôt considérer comme un lambeau de la brancliie du mollusque. Quant à l’espèce de M. Ehrenberg, ce paraît être un véritable Infusoire, cilié partout et sans bouche distincte. Les vacuoles qu’il présentait à l’intérieur ont empêché l’auteur de le confondre avec les lambeaux de branchies. Sou corps est ovale, gonflé, hyalin, très-obtus de part et d’autre, long de 0,062.
3' Genre üPALIjNE. — Opalina.
An. à corps ovale ou oblong, avec une fente oblique . indiquant une bouche vers l’extrémité antérieure.
Le genre Opaline proposé par MM. Purkinje et Va- I lentin , pour des Infusoires vivant dans l’intérieur du corps I des Grenouilles , est un genre tout à fait artificiel et prolî visoire ; car si la bouche existe il faut le réunir aux Para- •: méciens ; si elle n’existe pas il faut le réunir aux Leuco- I phres avec lesquelles il a la plus grande analogie j c’est > meme cette analogie qui nous a déterminé à le placer ici en I, attendant de nouvelles recherches. On trouve les Opalines 1 dans l’intestin ou dans les humeurs des Batraciens et des I Annélides. '
1. Opaune du LOMBitic. — Opalina lumbrici. — PI. Xlll , fig. 12.
3 Corps ovale , déprimé , plus étroit en avant , tronqué en arrière.
— Long de 0,14 à 0,18.
I Je trouvai, le /, septembre *836 , dans un Lombric pris sur le f) rivage humide de la Seine, des Infusoires très-ressemblants :i des la Leucophres, mais ayant en avant une apparencede bouche obli- < que ; 1 un d’eux fortement tronqué et même excavé en arrière ,
I’ avait deux , rangées régulières de six vacuoles; un autre, plus large et plus arrondi en arrière, avait une grande vacuole entourée de petites vacuoles formant comme un rang de perles,
HISTOIRE NaTUREI-LE