‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 108 sur 179 · Opaline des grenouilles. — Opalina ranarum. — PI. XIII · texte numérisé non relu

Opaline des grenouilles. — Opalina ranarum. — PI. XIII

fig. i3 (1).

Corps rond ou ovoïde plus ou moins allongé , de forme variable, avec une large fente oblique , ciliée en avant. — Long de 0,10 à 0,20.

Dans les excréments d’un Triton nourri depuis vingt jours avec des lombrics, au mois d’avril i838, je trouvais beaucoup d’infusoires à corps rond ovoïde, obtus en avant , plus étroit en arrière, longs de 0,17 à 0,20, et larges de 0,107 à 0,128 , tournant sur eux-mêmes, et ayant leur surface couverte de stries granulées régulières très- fines. Des vacuoles contractiles, déplus en plus nombreuses et très-vastes, se montraient à l’intérieur, et quand cesanimaux avaient séjourné dans l’eau pure , ils commençaient à se décomposer en laissant exsuder des globules de sarcode qui se creusaient de, vacuoles , et souvent renfermaient des particules agitées du mouvement Brownien.

Le 1 1 juin de la même année, dans le liquide mêlé de sang qui occupait la cavité pectorale d’une grenouille morte depuis vingt heures , je trouvai des Infusoires analogues, mais de diverses formes ; les uns presque globuleux, les autres presque vermiformes, quatre à cinq fois aussi longs que larges, rétrécis en

arrière ; tous parsemés de très-petits granules, et renfermant des vacuoles souvent très-gi’andes. Précédemment, en février i83G, j’avais aussi trouvé, dans des excréments de grenouilles , des Opalines de forme variable, dont quelques-unes étaient comprimées ou contournées diversement, et qui finissaient par se creuser de vacuoles très-nombreuses.

Toutes ces variétés me paraissent devoir constituer une seule espèce que Leeuwenhoeck le premier a observée dans les excréments de grenouilles où elle est très-commune, que Bloch observa et décrivit sous le nom de Chaos intestinalis , et d'Eirudo inteslinalis, et que MM. Purkinje et Valentin décrivirent comme nouvelle sous le nom d^Opalina ranarum ; mais Müller lui-même en avait déjà parlé sous le nom de f^ihrio vermiculus et de Leucophra globuUfera , et M. Ehrenberg, en i83i , l’avait inscrite parmi sesBursaires, sous le nom de Bursaria intestinalis. auteur distingua, en i835, sous le nom de Bursaria nucléus, ceux de ces Infusoires qui ont le corps ovale plus petit , arrondi aux deux extrémités, mais un peu plus étroit en avant ; puis, en i838, il nomma Bursaria ranarum ceux qui ont le corps ovale , lenticulaire comprimé , un peu aigu en avant, et souvent tronqué en arrière. Mais, comme je l’ai dit , je présume que ce ne sont que des variétés d’un même animal.

XVII® Famille.

PARAMÉGIENS.

Animaux à corps mou , flexible ^ de forme variable, ordinairement oblong et plus ou moins déprimé , pourvu d’un tégument réticulé lâche , à travers lequel sortent des cils vibratiles nombreux en séries régulières. — Ayant une bouche.

I<a famille des Paraméciens , pour qu’elle pût être caractérisée plus nettement, devrait être débarrassée de quelques genres comme les Pleuronema et Lacryviaria , dont on formerait des familles distinctes ;

mais en attendant que ces animaux soient mieux connus, nous avons préféré les grouper tous ensemble d’après les caractères un peu vagues tirés de la présence du tégument et de la disposition des cils vibratiles. En elïet , la bouche attribuée aux Paraméciens en général, n’est que soupçonnée chez les Lacrymaria, et elle nous paraît douteuse quoique l’enfoncement désigné comme tel soit bien visible, chez les Pleuronema.

C’est chez les Paraméciens que l’on observe mieux le summum d’organisation des Infusoires, car ils montrent à la fois le tégument réticulé contractile , les cils en séries régulières servant d'organes locomoteurs , la bouche au fond de laquelle le tourbillon excité par les cils détermine le creusement d’une cavité en cul-desac , et la formation de vacuoles sans parois permanentes dans lesquelles sont renfermées les substances avalées avec de l’eau ; chez eux aussi on observe la production spontanée de vacuoles contractiles près delà surface et ' des exsudations de sarcode sur tout le contour , et enfin on voit souvent à l’intérieur ce que M. Ehrenberg a nommé le testicule.

Les Paraméciens ont été vus de tous les anciens observateurs ; ils sont répartis dans les genres Para- i mécie , Cyclide , Kolpode et Vibrion de Müller.

M. Bory les a classés aussi dans plusieurs familles où bien souvent ils sont confondus avec des animaux j tout à -fait difiérents. M. Ehrenberg les a distribués dans ses familles des Ophrjocercina , des Enchelyens, des Trachéliens et des Kolpodiens , suivant la position de la bouche qui est terminale chez les Enchélyens seulement , et suivant la position de l’anus que cet auteur prétend être terminal chez les Trachéliens.

Nous reconnaissons bien en eflet que chez des Pa-

raméciens la bouche est tantôt latérale et tantôt terminale , et nous trouvons là de bonnes distinctions génériques ; mais, comme nous 1 avons dit précédemment, nous n’accordons à ces animaux ni intestin , ni anus , et conséquemment nous ne pouvons nous servir (les caractères supposés par M. Ehrenberg. Nous avons donc dû , pour distinguer les genres de Paraméciens , chercher des caractères dans la forme générale du corps de ces animaux , et dans la présence d’un faisceau de petites baguettes entourant la bouche comme une sorte d’armure dentaire. <

' Séparant donc d’abord les Laciymaria et les Pleuronema dont la bouche est douteuse et qui diffèrent entre eux parce que chez celui-ci le corps est ovale, oblong, déprimé avec une large ouverture latérale d’où sort un faisceau de filaments, et que l’autre a le corps rond prolongé en rrianière de cou , il reste encore dix genres que l’on divise en deux groupes suivant la position de la bouche , savoir : ceux qui ont la bouche latérale, parmi lesquels on distingue d’abord les Glaucomd elles, Kolpoda qui ont la bouche appendiculée ou pourvue d’une lèvre qui est longitudinale et vibratile dans ceux-là , inférieure et transverse dans ceux-ci ; les autres , ayant la bouche non appendiculée , sont distingués par la forme du corps. Le corps en effet n’est jamais globuleux chez les Paramecium , les Aiiiphileptus , les Loxophjllum et les Chilodon. Ces deux derniers à corps aplati , sinueux, diffèrent parce que la bouche de l’un est nue et celle de l’autre dentée ou entourée d’un faisceau de petites baguettes |cornées; les deux autres ont le corps oblong marqué d’un pli oblique chez les premiers et très-allongé ou rétréci chez les seconds.

466 HISTOinE NATURELLE

Le corps passe au contraire de la forme ovoïde ou oblongue à la forme globuleuse chez les Panophrys et les Nassula , qui difièrent encore parce que la bouche est nue chez ceux-là et dentée chez ceux-ci.

Le deuxième groupe, caractérisé par la position terminale de la bouche , ne renferme que deux genres : Holophrya à bouche nue , et Prorodon à bouche dentée.

Les Paraméciens se multiplient par division spontanée , le plus ordinairement transverse. Ils se développent pour la plupart dans les infusions ou dans des eaux stagnantes , .qui sont de vraies infusions naturelles ; d’autres se trouvent exclusivement dans des eaux stagnantes , limpides , contenant certains principes en dissolution ; d’autres enfin dans les eaux pures, entre les herbes aquatiques. Presque tous sont blancs ou incolores , et leur multitude est quelquefois si prodigieuse que l’eau en est troublée ; quelques-uns sont colorés soit par eux-mêmes , soit par leurs aliments.

Corps rond, prolongé en manière de cou , ayant une apparence de bouch

DES TlfFUSOÎRES.

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