‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 13 sur 179 · C. Expériences de coloration artyicielle des Infusoires · texte numérisé non relu

C. Expériences de coloration artyicielle des Infusoires

Lors de mon premier mémoire sur les estomacs des Infusoires en 1835 , j’avais observé la coloration quelque temps après quelle s’était produite et non point dans l’instant même où ces animalcules avalent la substance colorante. J’avais cru, mal à propos, pouvoir conclure de ce qui, comme je le crois, est bien certain pour les Monades et les Amibes , à ce qui doit avoir lieu dans les Infusoires ciliés ; et j’eus le tort de dire que la couleur a pénétré dans les vacuoles des Paramécies et des Kolpodes à travers les mailles du tégument. Je m’empressai , quelques mois après , de revenir sur cette assertion ; cependant, il est bon, je crois , de m’arrêter un instant , sur les deux motifs qui m’avaient conduit à adopter d’abord cette opinion.

Les Infusoires non ciliés, mais munis d’un ou deplusieurs filaments flagelliformes locomoteurs, sont dépourvus de bouche et ne peuvent se nourrir rj^ue par leur surface extérieure ; ainsi les Euglènes , les Cryptomonadines, les Vibrions et les Volvociens ayant un tégument perméable seulement aux substances dis- .soutes dans l’eau , ne peuvent jamais être colorés artificiellement par du carmin ou de l’indigo, dont les particules , relativement trop grosses, sont arrêtées par ce tégument. Et ceci doit paraître plus plausible que de dire , avec M. Ehrenberg, que ces animalcules

DES IiNEUSOIUES.

n’aiment peut-être pas la couleur (1) ; car , comme je l’ai déjà dit dans mes précédents mémoires (1835), on ne peut supposer à des Infusoires quelconques un appétit particulier (2) pour une substance telle que l’indigo , qui ne peut être digérée. Les Monades , au contraire, et les autres Infusoires non ciliés qui n’ont pas de téguments , présentent près de leur surface des vacuoles variables , plus ou moins profondes , qui , donnant accès au liquide extérieur , multiplient la surface d’absor P tion et conséquemment aussi les moyens de nutrition. Des corps étrangers et des matières colorantes peuvent donc être entraînés avec le liquide dans ces vacuoles et rester engagés dans l’intérieur du corps , sans cependant être entrés par une bouche. On pourrait être surpris de voir des vacuoles ou prétendus estomacs plus chargés de couleur que le liquide environnant , si l’on ne considérait d’une part que ces animalcules se tiennent souvent contre les plaques de verre où la couleur est en plus grande quantité, et, d’autre paj't , qu’une vacuole , après s’être i*emplie par

(1) Ehrenberg’s Abhandl. I. i83o, p. l83. « Vielleichtliebt es dicse Farbcn nicht. »

(2) Celle supposilion d’un appétit particulier n'embarrasse pas le professeur de Berlin, qui va plus loin encore, en admettant qu’une Paramécie , dans un liquide coloré .i la fois par de l'indigo et du carmin , choisit parmi les corpuscules tenus en suspension , tantôt les uns , tantôt les autres, pour en remplir exclusivement et à volonté tels ou tels de ses estomacs. Ce fait, qu’il dit avoir observé quelquefois (si(wei7cn) lui parait démontrer chez ces animalcules le sens du goût (Gcschmacksinu) (Die Infusiousthicrchcu, i838, p. 35l) ; mais pour quiconque voudra considérer le mode d'intromission des aliments et des substances colorantes dans les Infusoires , il paraîtra bien plus rationnel d'admettre que celte différence de coloration provient seulement de ce que l'animalcule s est trouve successivement dans divers endroits où, par suite d'une différence de densité ou d'un mélange imparfait, l’une ou l’autre des deux couleurs était en excès.

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