DÉFINITION
Les Systolides sont des animaux microscopiques , presque aussi petits que les Infusoires , et comme eux dérobés à notre vue par leur extrême petitesse; mais ils sont doués d’une organisation bien plus complexe, et qu’on aurait à peine soupçonnée avant les. découvertes de M. Ehrenberg, qui , le premier , fit voir qu’ils doivent être séparés des Infusoires, avec lesquels on les avait confondus jusque-là.
Les Systolides sont des animaux symétriques , constamment revêtus d’un tégument résistant, flexible, au moins en partie ; ils sont susceptibles de se retirer en se contractant sous la partie moyenne de ce tégument , qui offre quelquefois l’apparence d’une cuirasse solide ; et c’est de cette faculté de contraction que vient leur nom de Systolides. Ils ont un canal digestif ordinairement droit, avec deux orifices opposés, et sont pourvus le plus souvent d’une paire de mandibules engagées dans un bulbe pharyngien musculaire. Leur bouche est ordinairement entourée d’un appareil charnu, revêtu de cils vibraliles, qui , dans certains
cas , par la régularité de leur mouvement , présentent tout à fait l’apparence de roues dentées tournant avec rapidité. D’après cela, on a nommé Rotifères quelquesuns d’entre eux et Rotateurs ou Rotatoires la classe entière , quoiqu’un grand nombre de genres n’aient point du tout cette apparence de roues.
Enfin , ils sont tous hermaphrodites , et se reproduisent uniquement par le moyen d’œufs peu nombreux et d’un volume relativement très-considérable. Ces œufs éclosent quelquefois avant la ponte , et les Systolides alors paraissent être vivipares. L’ovaire est toujours bien visible dans les Systolides ; mais il n’en est pas de même des organes mâles, que M. Ehrenberg attribue à ces animaux. Les muscles, les nerfs, les organes des sens , les vaisseaux , etc. , que M. Ehrenberg prétend avoir reconnus chez les Rotateurs , et les autres détails découverts par M. Doyère’, dans les Tardigrades, ne nous semblent pas encore devoir fournir des caractères précis pour la définition des Systolides en général. Cependant tout, dès à présent, tend à nous prouver que l’organisation de ces animaux est considérablement plus complexe que celle des Infusoires , et nous ne doutons pas que de nouvelles recherches , entreprises en suivant la marche adoptée par M. Doyère , ne nous révèlent prochainement une foule de faits mal connus ou mal interprétés aujourd’hui. Voilà pourquoi , dans l’attente de ces résultats probables, qui permettront de classer définitivement les Systolides , nous avons voulu nous borner ici à une simple esquisse de cette classe d’animaux.