‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 37 sur 179 · Trinème PEPIN. — Trinema acinus (3). — PL IV, fig. i · texte numérisé non relu

Trinème PEPIN. — Trinema acinus (3). — PL IV, fig. i

Caractères du f/enre. — Longueur de la coque de 0,021 à 0,048.

J’ai observé pour la première fois cet Infusoire en grande quantité, à Paris , le 1 3 janvier 1 83G , dans de l’eau apportée le 6 décembre de l’étang du Plessis-Piquet avec divers débris de végé-

{1) Difflugia, Leclerc, Mém. du Mus. d'Hist. nat. iSlâ, t. II,

p. 478 , pi. xvn, f. 2-3.

^{fftagia proUiformis , Ehr. Infus. p. i3l, Pl. IX, fig. I.

(^) ^iff^^gia , Leclerc , Mém. du Mus. d Hist. nat. 1. c. fig. 5. acuminata , Elir. Infus. 1. c. üg. 3.

Difflugia enchelys, Ehr. Infus, 1. c. fig. 4-

taux, et je l'ai décrit dans les Annales des Sciences Nalurelles (avril i836, loin. 5, pl, t)). Il vivait dans la couclie vaseuse de débris qui recouvre les feuilles ûelj’pha. La forme de son têt , qui est lisse avec quelques dépressions longitudinales, rappelle un peu celle d’un pépin de pomme. 11 fait sortir de la large ouverture oblique de sa coque , deux ou trois filaments simples épais de millimètre o,ooo5 environ, et longs de plus de o,o5. Ces filaments s’allongent lentement en rampant sur le porte-objet ; mais l’animal les dresse, pour les porter assez vivement d’un côté à l’autre; il en fixe alors un par l’extrémité, puis en le contractant peu à peu , il se transporte ainsi dans une certaine direction, jusqu’à ce que le filament contracté ait fini par se confondre dans la masse intérieure. Les autres filaments se trouvant alors fortement tirés de côté, l’un d’eux quitte le plan de reptation et se dresse à son tour pour s’aller fixer dans un autre endroit , et faire avancer de nouveau le Trinême en se contractant. De l’ouverture on voit quelquefois saillir un lobe charnu d’où partent les filaments , et dans l’intérieur on aperçoit quelques vacuoles. La transparence et la ténuité des filaments ont dû les dérober à la vue de beaucoup de micrographes , et la lenteur du mouvement général de l’animal a dû empêcher qu’on ne le reconnût plus tôt quoiqu’il soit très -commun. Jô l’ai toujours rencontré depuis quand j’examinais au microscope l’eau prise en raclant la surface des plantes marécageuses , à la fin de l’automne.

M. Ehrenberg l’a observé à Berlin , et l’a nommé Difflugia enchelj's en 1 838 ; mais il ne lui accorde que des expansions courtes égalant le tiers dè la longueur de la Chque , c’est à-dire o,oiG ; il remarque bien d’ailleurs aussi que son ouverture latérale le distingue des autres Diülugies ; les vacuoles de l’intérieur lui ont paru démontrer la structure polygastrique de l’appareil digestif ; il a rencontré quelques individus contenant des Bacillariées qu’il suppose avoir été avalées , ainsi que j’en ai vu dans les espèces du genre suivant, et dans les Amibes, sans vouloir admettre qu’elles soient entrées par une bouche.

Les coques des Trinêmes étant membraneuses et résistantes , on en rencontre bien plus souvent de vides que d’occupées par l’animal ; elles sont dans ce cas plus transparentes encore, mais elles mettent l’observateur sur la voie pour trouver lès Trinêiïiei vivants.

4' Genre. EGGLYPHE. — Euglypha.

An. sécrétant un têt diaphane , membraneux , résistant , de forme ovoïde allongée , arrondi à une extrémité, et terminé à l’autre extrémité par une très-large ouverture tronquée, à bord dentelé, orné de saillies ou d’impressions régulières en séries obliques. Expansions filiformes nombreuses, simples.

1 . Ecglyphe TiiBERCL’LÉE. — Euglrpha iuberculata . — PI. 2, fig. 7-8.

Tét orné de tubercules arrondis. — Longueur 0,088 , largeur 0,043.

J’ai vu plusieurs fois à Paris depuis i83G des coques vides de cette espèce sans connaître leur nature ; mais pendant l’hiver de i83g à 1840. à Toulouse, j’ai vu plusieurs fois l’animal vivant dans des vases où je conservais avec des plantes aquatiques de l’eau prise dans des marais , et dont quelques-uns avaient été apportés de Paris. Le têt, parfaitement diaphane , présente dix à vingt rangées obliques de tubercules peu saillants , qui sont disposés assez régulièrement pour qu’on puisse les rapporter à des lignes en hélice ou en spirale, croisées dans deux directions. Les expansions trèsdifficiles à voir sont d’une délicatesse extrême à l’extrémité, et cependant elles permettent à l’animal de se mouvoir dans toutes les dircclions, et de dresser son têt perpendiculairement au plan de reptation : alors il paraît globuleux, plus foncé, et devient bien plus difficile à reconnaître , parce qu’il ne peut être au foyer du microscope en même temps que les expansions. J’ai compté jusqu’à huit de ces expansions qui sont élargies en membrane à leur base , ou qui paraissent partir d’un lobe palmé de la substance intérieure, leur longueur est un peu moindre que celle du têt, ils se meuvent plus ordinairement en rampant , mais je le ai vus aussi se dresser comme les filaments du Trinême.

Un têt vide que j’observais à Paris en 1887, avait en arriète plusieurs pointes irrégulièrement placées comme dans l’espèce suivante. Un autre avait les tubercules en rangées longitudinales. Un Euglyphe vivant, long de 0,007 “ tubercules plus nombreux et que j’ai représenté (pl. 2 , fig. 7, a-h) dans les deux positions

qu’il a prises à quatre minutes d'intervalle, contenait une Navicule longue de 0,02, engagée dans la substance glutineuse vivante. Je suis porté à croire que cette Navicule, qui changeait de position suivant les mouvements d’afilux ou de reflux de la substance même de l’Euglyphe, y était entrée comme celles qu’on voit dans les Amibes, c’est-à-dire qu’elle avait été emprisonnée sous la base des expansions, puis retirée à l’intérieur quand les expansions s’étaient contractées. 11 n’y aurait donc point ici de véritable bouche; néanmoins , il n’est pas impossible qu’une telle intromission de corps étrangers doive favoriser la nutrition.

U. Euglyphe alvéolée. — Euglypha alveolaia. — PI. II, flg. 9 et 10.

Têt orné d’impressions polygonales, régulières. — Longueur 0,09, largeur 0,048.

Je n’ai vu que les têts vides de cette espèce , que son analogie avec la précédente fait suffisamment reconnaître ; peut-être même sera-t-on tenté de n’y voir qu’une variété , d’autant plus qu’elles étaient ensemble dans les mêmes vases. Voici toutefois ce que ces têts m’ont offert de particulier, l’un (flg. 9) , avait des impressions en losange séparées par des côtes saillantes courant obliquement, suivant la direction de deux hélices très-allongées en sens inverse; elle avait aussi cinq pointes grêles in'égulièrement placées en arriére; un autre ( fig. 10) avait des impressions hexagonales , qui en outre de la disposition sériale observée dans le précédent , formaient aussi des rangées transverses.

5' Genre. GROMIE. — Gromia.

An. sécrétant une coque jaune brunâtre , membraneuse, molle , globuleuse , ayant une petite ouverture ronde, d’où sortent des expansions filiformes très-longues , rameuses et très-déliées à l’extrémité.

La coque des Gromies, lisse et colorée, paraît à l’oeil nu comme un œuf de Zoophyte, ou une petite graine de plante; celle de l’espèce marine surtout se voit fréquemment entre les touffes de Corallines et de Ceramium , ou dans le produit du lavage de ces herbes; on ne soupçonnerait pas que ce

soit là un animal, si on ne savait qu’après quelque temps de calme, la Gromie, placée dans un flacon avec de l’eau de mer, va commencer à ramper au moyen de ses expansions , et que bientôt elle viendra s’élever le long des parois, où l’on peut aisément distinguer, avec une loupe, ses expansions rayonnantes. C’est ainsique j’ai découvert les Gromies à Toulon en i 835, et que depuis je les ai revues dans la Manche et dans la Méditerranée. J’ai vu aussi , en 1837, une très-petite Gromie fluviatile dans l’eau de la Seine, le 11 octobre; enfin cette année (4 février 1840), dans un bocal où je conservais depuis plus d’un an de l’eau prise avec diverses plantes aquatiques aux environs de Paris, j’ai trouvé plusieurs Gromies fluviatiles visibles à l’œil nu.

I. Gromie oviforme. — Gromia oviformis (Ann. sc. nat. i835, t. IV.pl.f) ).

Coque globuleuse , lisse , avec une ouverture entourée d’un goulot court, expansions rameuses, peu anastomosées. — Largeur de la coque , 1 à 2 millimètres; longueur des expansions, s à 4 millimètres.

Je l’ai trouvée à Toulon, à Marseille, à Cette, et sur la côte du Calvados , entre les touffes de plantes marines, et je l'ai conservée vivante dans des flacons d'eau de mer durant plusieurs mois.

Ses expansions sont épaisses de o,o66 à la base ; leur mouvement particulier, par suite de l’afilux de la substance glutineuse, paraît assez prononcé sous le microscope ; mais le mouvement général de la Gromie est tellement lent, que, dans une minute , la coque n’a avancé que de o,o6 dans le champ du microscope, et que , dans une heure, elle ne s’est pas élevée de deux millimètres le long des parois du vase. 11 lui faut plusieurs jours pour arriver au bord du liquide ; et quand elle a atteint la surface du liquide, elle continue à ramper en se renversant sous cette surface à la manière des Planorbes et des Lymnées.

Les Gromies étant, de tous les Rhizopodes, ceux dont les expansions filiformes, quoique très-déliées, se prêtent le mieux à l’observation en raison de leur volume, je rapporterai ici ce que j écrivais en i835 (Annales des sciences nat., t. IV) sur le mou-

HISTOIIîE NATURELLE

vement de ces expansions. Le filament qui commence à paraître est très-fin , simple et égal, il s’allonge et s’étend en différentes directions pour chercher un point d’appui ; tantôt il oscille , tantôt il s’agite d’un mouvement ondulatoire assez prompt, ou bien il se roule en spirale sur lui-même ; et dans ce cas , les différents tours qu’il a formés, venant à se souder, il en résulte une masse susceptible de s’allonger de nouveau. A mesure que le filament s’allonge, il grossit par l’afflux de nouvelle substance , ce que l’on distingue bien par le mouvement des granules irréguliers qui s’avancent en même temps et rendent le filament inégal et noueux (Voyez Pl. I , fig. i6). 11 émet aussi çà et là, sous un angle plus ou moins aigu , de nouveaux filaments qui se ramifient à leur tour. Les embranchements présentent souvent des palmures que l’on observe mieux encore dans les anastomoses, provenant des soudures, et, à l’extrémité des rameaux, où la substance glutineuse s’étend quelquefois en membranes irrégulièrement étirées et lamelleuses.

Les filaments se retirent par un mouvement inverse : on voit alors les granules revenir en arrière et forcer à rétrograder d’autres granules animés d’un mouvement d afflux. Quand deux ou plusieurs filaments se sont soudés latéralement, il arrive même que les granules se meuvent en sens contraire dans chacun d’eux, quoique la fusion de ces filaments paraisse complète.

11 arrive souvent que le filament, en se retirant plus brusquement au sommet qu’à sa base , se trouve terminé par une sorte de tête ou de bouton résultant de la fusion de toute la partie extrême. De ce bouton sortent quelquefois des filaments différents des filaments précédents, et de même aussi quand un filament tout entier s’est fondu dans la masse totale , ceux qui sont émis plus tard n’ont avec lui d’autre rapport que l’identité du mode de production. Mais ce sont les anastomoses qui montrent bien mieux encore comment les filaments peuvent se souder et se confondre ; en effet , deux filaments qui se rencontrent se réunissent intimement pour n’en former qu’un seul au-dessus du point de jonction. La palmure qu’on observe au-dessous , et le mouvement des granules ou nodules qu’on suit dans le filament simple , puis indifféremment dans l’une ou l’autre des branches anastomosées, ne permettent pas de supposer là une simple juxtaposition.

Si les deux filaments ainsi réunis partent d’un même point , il en résulte une maille ou lacune que l'on voit diminuer, puis

disparaître entièrement par suite du mouvement progressif des palmures qui se sont forme'esaux deux extrémités. De là résultent quelquefois des expansions membraneuses, percées de mailles ovales.

Quand une Gromie ou tout autre Rhizopode à expansion filiforme s’avance dans une certaine direction , les filaments dirigés dans le sens du mouvement s’allongent assez rapidement en avant et se retirent en arrière ; et ceux qui s’étendent de chaque coté de celte direction, se trouvent plus ou moins infléchis en arrière, jusqu’à ce qu’ils abandonnent le plan de reptation pour se contracter entièrement tandis que de nouveaux filaments les remplacent. On voit souvent ces filaments , heurtés par quelque animalcule, s’infléchir et s’allonger beaucoup avant de se rompre , et se cf)utracter ensuite ; souvent aussi , quand on heurte le flacon aux parois duquel rampent des Rhizopodes, beaucoup de ces petits animaux restent suspendus par un simple filament.

î. Gromib rtuviATiLB. — Gromia Jluviaiilis.V\. Il, fig. i a-h.

Coque globuleuse ou ovoïde sans goulot ; expansions palmées et anastomosées. — Diamètre de la coque 0,09 à 0,2o.

Je ti:ouvai , pour la première fois , le 1 1 octobre 1837 , dans la Seine , sur des Cératophylles , une Gromie fluviatile , presque globuleuse , longue de 0,09, et émettant des filaments lisses, rameux, palmés aux embranchements. J’ai eu à Toulouse, en février et en mars i.8/{o, plusieurs Gromies beaucoup plus grosses dans un flacon où javais apporté , Tannée précédente , de Teau de la Seine avec des plantes aquatiques et des débris recueillis depuis longtemps dans ce fleuve. Ces Gromies, larges de 0,28, d’une couleur gris jaunâtre, rampaient à la paroi interne du flacon , comme les Gromies marines; leurs expansions, longues de 0,7 à 0,8, étaient noduleuses, et, en se soudant entre elles, formaient de nombreuses anastomoses, dont les nœuds étaient plus renflés, et souvent creusés de vacuoles ; le mouvement de la substance glulineuse s’y fait en plusieurs directions comme chez la Gromie oviformc; à travers la coque on voyait de nombreuses vacuoles se former dans l’intérieur , à mesure que l’animal était plus près de cesser de vivre.

mSTOIUE NATURELLE

6® Genre. MILIOLE. — Miliola.

: An, secrétant un tét calcaire ovoïde ou déprimé, à une seule ouverture , formé de loges qui se replient l’une sur l’autre , ou qui s’appliquent longitudinalement sur les précédentes , de telle sorte que l’ouverture terminale est alternativement à chaque extrémité. Expansions filiformes sortant en rayonnant par l’ouverture terminale unique , laquelle est toujours rendue bifide au côté interne par un appendice saillant.

Le têt des Milioles est compacte, sans pores, lisse ou diversement orné de côtes et de stries, il se compose de loges allongées qui sont de plus en plus grandes, et se l’eplient l’une sur l’autre dans le sens de la longueur, de manière que la dernière dépasse toujours un peu la précédente, et forme le côté le plus long de la coquille. En se pelotonant ainsi, les loges recouvrent plus ou moins les précédentes, et n’en laissent voir qu’une , deux ou quatre. M, d’Orbigny a fondé sur ces distinctions les genres .SiZocn/ine, Triloculine^Quinquelocidine, etc. , dans lesquels il divise les Milioles suivant le nombre des loges qui se montrent à l’extérieur. Si l’on dissout le têt par un acide faible avec beaucoup de précaution, on aperçoit au-dessous une membrane excessivement ténue; et comme le têt ne présente aucune trace de texture fibreuse ou lamelieuse , on pourrait le considérer comme produit par encroûtement extérieur. Si, pour dissoudre le têt d’une Miliole vivante , on a employé un mélange d’acide nitrique faible et d’alcool , la substance charnue de l’intérieur se trouve consolidée et se montre sous l’apparence de lobes aplatis, repliés suivant leur longueur, et occupant chacune des loges: de sorte qu’en développant la série de ces lobes, on a un cordon articulé formé d’autant d’articles qu’il y a délogés. Si on brise le têt de l’animal vivant, on ne voit à l'intérieur qu’une substance glutineuse plus ou moins diaphane, rétractile, et

dont quelques lambeaux se contractant isolément, peuvent ensuite émettre de nouveaux filaments, comme s’ils étaient devenus des centres partiels d’organisation.

Les expansions des Milioles sont au moins six fois plus minces que celles de la Gromia ovij'ormis -, leur épaisseur n’est que de 0,01, mais elles se meuvent absolument de même. Le mouvement général de la Miliole est au contraire plus rapide que celui de la Gromie ; car, en été, elle parcourt six à neuf millimètres par heure. Ainsi ,1e 12 juin 1835, ayant mis dans un flacon , avec de l’eau de mer, le résidu sablonneux provenant du lavage dîme grande quantité d’herbes marines (Corallines , Fucus , Céramiums) recueillies sur les bas-fonds de la rade de Toulon , je vis, au bout de trois heures, des Milioles et d’autres Rhizopodes fixés le long des parois, à une hauteur variable de 10, 15 et 20 millimètres. Au bout de douze heures la paroi interne du flacon en était tapissée jusqu’à une hauteur de 60 millimètres.

Le nombredesespècesdeMilioles vivantes et fossiles est trèsconsidérable, et doit sans^ doute donner lieu à l’établissement de plusieurs genres; mais je ne crois pas que ce soit en suivant la marche de M. d’Orbigny. L’espèce que j’ai l’cprésentée ( Pl. 1 , fig. 1 4) est la plus abondante , et peut bien être nommée Miliola vulgaris. Elle a la forme d’un grain de millet ; sa longueur est d’un millimètre environ , et ses filaments sont quatre ou cinq fois plus longs. Ce serait une Triloculine ou une Quinquéloculine de M. d’Orbigny , suivant son degré de développement. Une autre espèce beaucoup plus grande ( 2 à 3 millimètres) , qui est assez commune dans la Méditerranée , a une forme discoïdale déprimée , ses loges étant rangées d.ans un même plan , alternativement sur les deux bords opposés , et présentant en dehors une crête saillante souvent ondulée. C’est la Miliola depressa qui serait une Spiroloculine pour M. d’Orbigny, mais qui ne me ]iarait pas dillércr de la précédente autrement que par son têt.

VertÈdraline, — f^cr iclralina. [j'Ovh.

Au. sécrétant un têt calcaire non poreux, à une seule ouverture, très- déprimé et formé de loges allongées, irrégulièrement placées en travers à la suite les unes des autres , et dont la dernière seule présente une ouverture étroite par laquelle sortent les expansions filiformes.

J’ai observe', en i835 à Toulon, les animaux de ce genre qui se rapprochent beaucoup des Milioles.

T Genre. CRISTELLAIRE. — Crislellaria.

An. secrétant un têt calcaire poreux , aplati , et composé de loges contiguës plus larges d’un côté , et formant ainsi une spirale très - ouverte , dont les tours ne se recouvrent pas. Les expansions Oliformes sortent par les pores de la dernière ou de l’avant-dernière loge.

Les Cristellaires, fort communes dans la Méditerranée, fournissent un gi-and nombre d’espèces qui ont également été divisées en plusieurs genres par M. d’Orbigny. Leur vitesse est de 5 millimètres par heure environ.

8“ Genre. VORTICIALE. — Vorlicialis.

An. sécrétant un tôt calcaire poreux, lenticulaire, trèsrenflé au centre , composé de loges nombreuses formant une spirale dont les tours se recouvrent complètement. Expansions Oliformes sortant par les porcs sm* tout le contour.

La Vorliciale commune (PI. 1. fig. 15) se trouve abondamment dans l’Océan et dans la Méditerranée, son diamètre est de 0,5 à 1 millimètre ; ses expansions filiformes sont environ deux fois plus longues; sa vitesse a été trouvée de 4,8 millimètres par heure. Si l’ou dissout le tet par un mélange d’acide nitrique très- affaibli et d’alcool, la substance charnue, solidifiée dans chacune des loges qu’elle occupe

toutes à la Ibis , forme une série de pièces en V ou en chevron , dont les deux branches, dirigées en avant, sont repliées latéralement de chaque coté du tour précédent, et qui d’ailleurs portent sur leur bord postérieur une rangée de lobes pédicellés. Ces pièces, durant la vie de l’animal , sont des masses de substance glutineuse occupant la cavité de toutes les loges, et communiquant entre elles par les pores dont le têt est percé en tout sens.

J’ai encore vu vivants des Rotalies et d’autres genres de Rhizopodes libres, mais je n’ai pas étudié leurs expansions filiformes non plus que celles des Rosaliiies, Planorbulines, etc., qui vivent fixés à la surface des plantes marines. J’ai bien constaté que foutes les loges sont occupées à la fois par la substance glutineuse; mais je n’ai point vu les expansions, non plus que dans le Polytrema rabra , que je conjecture appartenir à cette même famille d’après la nature de la partie vivante.

Un nombre considérable de fossiles proviennent probablement de vrais Rhizopodes , et de ce nombre serait même la Sidérolite de la craie de Maestricht; mais je ne considère pas comme devant appartenir à cette famille les Nummulites, ni les üryzaires, les IVodosaires, etc.

ACTINOPHRYENS.

Animaux sans organisation appréciable; immobiles ou fixés , pourvus d’expansions variables , très-lente“ ment contractiles, toujours simples, et dont l’extrémité en se contractant devient souvent globuleuse.

Les Actinopliryens , dont l’organisation paraît aussi simple que celle des Amibiens et des Rhizopodes , se distinguent de ces animaux ]>ar la lenteur extrême avec la([uelle ils étendent ou retirent leurs expansions.

HISTOIRE NATURELEE

Celte lenteur est telle , que parfois on serait tenté de douter de la nature animale de ces êtres , si , par Tagitation du liquide et par le choc des autres corps^ on ne reconnaissait que la consistance de leur corps est molle, glutineuse comme celle des Amibes, et que leurs expansions, d’abord très-déliées , se contractent en se renllant à Textrémité pour se prolonger de nouveau ou se trouver remplacées par d’autres expansions sorties de la masse du corps, quand l’animal est laissé en repos. A l’intérieur on n’aperçoit que des granules de diverse grosseur et des vacuoles souvent fort grandes , qui ont pu quelquefois être prises pour une bouche. Ils peuvent aussi émettre un ou plusieurs prolongements épais, que Millier a désignés sous le nom de papille , et que M. Ehrenberg a pris pour une trompe. Leurs cils paraissent avoir la propriété , comme les tentacules des Actinies , de s’agglutiner au corps des Infusoires qui viennent à les toucher en nageant , de leur donner la mort par leur contact , puis , en se contractant de les rapprocher peu à peu de l’Actinophryen, qui est alors dans le cas des^en nourrir par absorption , soit par sa surface, soit au moyen de ses expansions plus épaisses : c’est là du moins, bien plutôt qu’une véritable manducation , ce qu’on peut conclure des observations des divers micrograpbes. Les Actinophrjs se multiplient par division spontanée.

Les Actinophryens que l’on trouve , soit dans l’eau douce , soit dans l’eau de mer, au milieu des algues et des Conferves , soit dans ces mêmes eaux longtemps conservées et même putréfiées , mais non dans les infusions artificielles , peuvent être distingués suivant qu’ils sont tout à fait nus et sans tégument, ou suivant qu’ils ont une enveloppe partielle ou un pédoncule

membraneux. Dans ce dernier cas ils forment le genre ylcineta, remarquable aussi parce que ses pédoncules sont simples, et que ses expansions sont plus souvent terminées en globules par l’elïet de la contraction , elle genre Dendrosoma , indiqué seulement par M. Ehrenberg comme présentant un pédoncule rameux et des corps semblables à des Actinophrjs à l’extrémité de chaque rameau. Les Actinophryens nus forment le genre Actinophrjs, remarquable par la ténuité de ses expansions, et qu’on a proposé de subdiviser en plusieurs autres genres.

Des Actinopbrys ont été vus anciennement par plusieurs micrograpbes , qui , frappés de la disposition rayonnante de leurs expansions ou cils , les désignèrent par une dénomination correspondante. Ainsi Eichhorn nomme Étoile [der Stern) , Y ylctinophrjs sol \ et Millier, qui en fit unTrichode, le nomma Trichoda sol. Des Acineta ont également été vus par Baker et par Millier, et ce dernier classa parmi les Vorticelles,V Acineta tuberosa , qu’il avait pourtant vue ne point se contracter.

Les Actinophryens , dont Millier avait fait desTricbodes , M. Bory de Saint-Vincent les plaça dans son genre Peritricha avec des Urcéolariens , des Leucopbryens et de vrais Trichodiens ; ce genre , d’ailleurs , fait partie de sa famille des Polytriques , qui , dit-il , ont des cils très-fins , non distinctement vibratiles, répandus sur toute la surface du corps, c[uoique parmi eux il place les Leucophres.

M. Ehrenberg distingua les ylctinophryens nus en trois genres , Aclinophrys., Trichodiscus et Podophrja, 11 les caractérisa par l’absence de cils vibratiles , et cependant les classa parmi les Enchéliens , avec

d’autres Infusoires, qui tous ont des cils vibratiles. Il leur attribue un canal digestif distinct, avec une bouche et un anus opposés, et cependant il n’a pu leur faire avaler à tous des substances colorées , et ne se fonde pour cela que sur le fait de l’agglutination de leurs expansions au corps des Infusoires , qu’ils semblent absorber en les rapprochant de leur surface. En même temps il avait placé le genre Acineta comme appendice à la suite des Bacillariées , en remarquant que les tentacules rayonnants rétractiles de ces animaux , ne sont point vibratiles. Mais pendant l’impression de son histoire des Infusoires , où il les classe de cette manière , il eut occasion d’observer un nouveau genre voisin des Acinètes , qu’il nommdi Dendrosoma ^ et qui l’a conduit à penser que les Podopbrya , les Actinophrys et les Acinètes, pourraient être réunis'avec le nouveau genre dans une famille qu’il propose d’instituer sous le nom d’^cùzeime^ , et qui, sauf la définition, répondrait bien à notre famille des Actinopliryens.

1“ Genre. ACTINOPHRYS. — ActinopUiys, Ehr.

An. à corps globuleux ou discoïde entouré d’expansions rayonnantes filiformes très-déliées, lentement contractiles.

I. Actinophrys SOLEIL. — Jclinophrj-s sol{\).V\. 111, fig. 3.

Corps globuleux, expansions très-nombreuses, rayonnant en tout sens , une ou deux fois aussi longues que le corps. — Diamètre du corps de 0,018 à 0,062.

(l) Joblot. Micros, part. 2 , p. 6zj , PI- 7 , f- l5;

Der Stern, Eichliorn. — Beytr. Zugab, 1783, p. l5, f- 1-7. !/'richodfi sol. MiiWcr , An. Inf. p. l6.j , Lab. XXItl, f. l3-l5. Pcritricha sol , Bory, Encycl. 1824.

Actinophrys sol, Elirenb. Mcin. Berlin, i83o, tab. U, f. IV. — Infus. i838, tab. XXXI , f. VI, p. 3o3.

licite espèce, dont le corps forme une masse sphérique , isolée, contenant des granules et des vacuoles, est très-commune dans l’eau douce conservée avec des plantes aquatiques , lors même que ces plantes se sont déjà décomposées.

Millier qui la décrit comme globuleuse , hérissée en tout sens de rayons innombrables très-déliés, plus longs que le corps, ajoute qu’il n’a jamais pu observer le moindre mouvement de ces rayons , quoique , à plusieurs reprises , il l’ait observée avec at tention pendant deux heures de suite. « Le corps , dit-il , se dilatait et se contractait tant soit peu , très-lentement et comme s’il eut eu une ouverture. Je l’ai vu çà et là (passim) émettre et rétracter une papille hyaline. » Enfin il ajoute qu’en 1777, son ami Wagler , en sa présence , fit sortir du corps de cet Infusoire un Crustacé du genre Lyncée, d’où il conclut que cet animal, malgré son extrême lenteur, dévore les animaux qui vivent avec lui. Mais on conçoit que ce fait est tout à fait analogue à ce que nous voyons chez les Amibes renfermant si souvent des corps étrangers.

Eichhorn avait été bien plus explicite que Millier sur le fait de la manducation chez les Actinophrys , en affirmant avoir vu des Actinophrys , visibles à l’œil nu , dévorer des Cyclopes. M. Ehrenberg , partant de là , dans son premier mémoire ( i83o ) , décrit comme une trompe charnue , protractile et rétractile , ce que Millier nommait une papille; il compte jusqu’à vingt estomacs dans cette Actinophrys et dit l’avoir vue souvent adhérente à la Kerona pusiulaia , qu’elle empêchait de nager jusqu’à ce quelle l’eût tuée, paraissant, dit-il , la sucer avec sa trompe ; ce qui, comme on voit , ne s’accorde guère avec le fait des Crustacés avalés , comme prétendait l’avoir observé Eichhorn. Plus tard (i838), M. Ehrenberg, parlant du même Infusoire, dit : «11 est presque immobile, ce qui le rend difficile à apercévoir , et son mouvement est très-lent comme celui d’un Oursin. En admettant de l’air dans son corps , il peut rapidement être porté à la surface , et , en le laissant échapper , il revient promptement au fond , comme l’avait vu Eichhorn. » Cet auteur a vu les rayons , ou cils , se courber, s’allonger et se contracter , et , dans ce cas , présenter un renflement à l’extrémité. Ces rayons, dit-il , servent à l’animal pour palper un objet , pour marcher et pour arrêter sa proie ; ils donnent la mort aux autres animalcules, par leur contact, avec une promptitude surprenante. Il assure eu-

HISTOIIIE NATURELLE

core l’avoir vu avaler du rannin et de l’indigo (jiii pénélraienl à riiUericur sans (onihillonncmcnt , ce qui lui a pcnnis de coinpler jusqu’à seize estomacs.

* AcTiNOPiMiYS .MAntNE. — /IcUitopluys mufina. l'I. I.fig. i8.

J’ai observé dans l’eau de mer delà Méditerranée, conservée à Toulouse depuis vingt jours, le 2 avril 1840, une Actinoplirys , très-voisine de la précédente, dont elle semble différer seulement par son habitation et par la contractilité plus marquée de ses raj’ons. Elle était très-abondante parmi les algues microscopiques. Le corps, en masse globuleuse grenue , était large deo,oo8 à 0,012. 11 faudrait des observations plus détaillées pour pouvoir pu ononcer si c’est une simple variété de \' yJclinophrj-s sol.

2. Actinophkys digitée. — Aclinophrys digilala. PI. 1 , fig. i[), et

pi.in,fig. 4.

Corps déprimé , à rayons flexibles , épaissis à la l)a.se et formant ])ar la contraction , des prolongements épais , ol)tns , en forme de doigts. — Largeur du coiqjs 0,055.

J’ai trouvé dans de l’eau douce, conservée depuis longtemps avec diverses plantes de niarais, eu 1 83g, cette espèce bien distincte et qui appartiendrait au genre Trichodiscus de M. Ehrenberg , si ce genre était admis. Son corps , en disque irrégulier tuberculeux , présente, à l’intérieur, des granules de diverses grosseurs, et des vacuoles bien reconnaissables (fig. 4-«). De son contour seulement , paraissent partir ses expansions plus épaisses à la base, moins longues que celles de l’espèce précédente , et susceptibles, en se contractant, de former des prolongements épais , obtus; ce serait une véritable Amibe, si elle .se servait de ses expansions peur ramper. Lejeune individu, représenté dans la planche T” ( fig. ig) était fixé par une extrémité et offrait une certaine ressemblance avec les Aciuètes.

* Actinophrys discus. — Trichodiscus sol, Ehren. Infus, i838,

tab. XXXI, f. g.

Le genre Trichodiscus , caraclévisé par laforme de son corps discoïde déprimé, émettant de son bord seulement une rangée de

cils, a été institué par M. Ehrenberg pour cette espèce. 11 la décrivait, en i83o, comme un disque arrondi, incolore, au bord duquel sont de longues soies, très-déliées, dont ou suit le trajet dans l'intérieur du corps , jusqu’auprès du centre. Ce dernier caractère assurément snlRrait à l’établissement d’un genre distinct; mais quoique l’auteur l’exprime encore dans son dessin , en i838, il n’en parle plus en caractérisant ainsi son genre Trichodiscus('page3o4.).<( Au. à cils non vibratiles, à bouche inerme, tronquée parallèlement à la surface inférieure , à corps déprimé non pédicellé , avec une nouvelle série de tentacules marginaux en rayons. » En décrivant la seule espèce connue ayant le corps déprimé , sub orbiculaire, hyalin ou jaunâtre , avec des rayons variés , il compare cet Infusoire , dont les mouvements ont une extrême lenteur, à une Arcelle sans têt, et dit lui avoir vu, à Berlin, mie bouche centrale, et peut-être une glande (testicule) latérale, et en Russie beaucoup d’estomacs et des ovules. Mais il n’a pu réussir à lui faire avaler de substances colorées, et il déclare que la position de l’anus est incertaine. Il l’a trouvé en juin et juillet parmi les Conferves. 11 fixe à 0,082.011 o,i 24 le diamètre du corps, sans les rayons qui ont une longueur égale, mais qui échappent facilement à la vue.

3. Actinophrïs DIFFORME. — Jclinoplirj's diJJ'ormis (1). — Pl. 1 ,

fig. 20.

Corps déprimé, diaphane, irrégulièrement lobé, appliqué sur le porte-objet, émetlant de divers points des expansions filiformes. — Largeur du corps de 0,04o à 0,13.

.l’ai observé, au mois d’avril i838 , entre les débris végétaux d’une eau de marais conservée longtemps, cette espèce que je pris d’abord pour une Amibe, mais que son extrême lenteur et la roideur de ses expansions filiformes m’ont fait rapporter à 1 espèce décrite sous ce nom par M. Ehrenberg, qni l’a trouvée seulement à la surface de diverses infusions, le 10 novembre 1828, et lui assigne pour maximum de largeur o,oi).

(I) Actinophrys difformis , Ehr. Infus. i838, Pl. XXXI, 1’. 8, p. 3o.''|.

mSTOTRE NATURELLE

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