Acinela Lj'ngby'ei. Ehr. Inf. i838. — Pi. 20, fig
Corps globuleux , jaunâtre , hérissé de toutes parts de cils plus courts que le corps , et supporté par un pédoncule long , épais, transparent , trois à cinq fois plus long que le corps. — Diamètre du corps 0,062. — Longueur totale de l’animal 0,2o0 à 0,576.
M. Ehrenberg a trouvé sur une Sertulaire , dans la mer Baltique, cette espèce qu’il dit ressembler entièrement à une AcUnophrj-s sol pédonculée; j’ai moi-même observé eu i835, à Toulon, sur un Buccinum mulabile, une espèce que je crois la même, quoique ses expansions variables fussent plus épaisses et moins nombreuses.
LES INFUSOinES.
* Acinela mystacina, Ehr. Inf. i838.
Le même auteur donne ce nom à un Infusoire qu’il avait d’abord (i83i) nommé Coihurnia? mysiacina , et qu’il a trouvé en juillet et septembre sur les racines de la Lemna minor. Son corps jaunâtre, presque globuleux, est garni de cils renflés à l’extrémité, deux fois plus longs que son diamètre ; et il est logé au milieu d’une capsule ou vessie cristalline et porté par un pédoncule très-court ; la longeur totale est de 0,047.
Genre DENDROSOMA. Ehr. 1838. Infusionsl. p. 316
Dans une simple note ajoutée à la suite de sa famille des Enchelia , et après avoir dit que le genre Podophrya , n’ayant qu’un orifice à l’intestin , et restant dépourvu d’anus, se rapproche des Acinètes, M. Ehrenberg annonce avoir observé tout récemment une forme très-remarquable qu’il veut nommer Dendrosoma radians , et qui paraît également dépourvue d’ouvertui'e anale : c’est une tige plus épaisse , fixée à sa base et portant sur ses rameaux des têtes nombreuses dont chacune ressemble à une Actinophrys. Cette espèce se rapproche donc à la fois des deux genres cidessus indiqués, et fournit à l’auteur l’occasion de dire qu’il serait nécessaire de former avec les Acinètes, séparées des liacillariées , et le Dendrosoma , une famille particulière entre les Bacillariées et les Vorticelliens, à laquelle appartiendraient peut-être aussi les Podophrya et Trichodiscus.
lUSTOlHE NATURELLE
Infusoires pourvus d’un ou plusieurs filaments llagelliformes servant d’organes locomoteurs. — Sans bouclie.
MONADIENS.
Animaux sans aucun tégument , formés d’une substance gluüneuse , en apparence homogène, susceptible de s’agglutiner et de s’étirer plus ou moins ; de forme ordinairement variable ; ayant un ou plusieurs filaments flagelliformes pour organes locomoteurs , et quelquefois des appendices latéraux ou en forme de queue.
Les Monadiens sont aussi parmi les plus simples de tous les Infusoires , ils se produisent preque tous dans des infusions , et n’ont d’autres organes visibles que leurs filaments flagelliformes qui n’ont été aperçus que dans ces derniers temps, et qu’on ne peut voir nettement qu’au moyen des meilleui’s microscopes , et avec les plus grandes précautions. Ces filaments, en efiet , ne se montrent quelquefois, au grossissement de 300 à 400 diamètres, que comme des brins de soie ou de laine très-fine vus à fœil nu ; on peut donc calculer qu’alors ils n’ont pas pi us d’un trente millième de millimètre d’épaisseur réelle ; leur mouvement et l’agitation qu’ils causent dans le liquide environnant les font d’abord deviner ; mais on ne parvient à les distinguer
DES l.NFÜSOIKES.
qu’à l’insUinL où leur mouvement se ralentit, et quand, par une disposition convenable du diaphragme ou du prisme réflecteur, on a fait naître desombres. Leur longueur est toujours au moins double , et quelquefois quadruple de celle de l’Infusoire lui-même.
Tous ces animaux paraissent formés d’une substance glutineuse homogène , susceptible de s’étirer quand elle s’est agglutinée à quelque autre corps ; d’où résulte un changement de forme ou la production d’un appendice irrégulier que parfois on pourrait prendre pour un autre filament ; q^uelques Monadiens changent même de forme en nageant librement dans le liquide , et se rapprochent ainsi du caractère des Amibes. Des vacuoles ou cavités sphériques se creusent spontanément dans le corps des Monadiens près de la surface ; quelquefois elles s’ouvrent au dehors, et , venant à se contracter, elles enferment les corps étrangers qui y sont entrés. C’est ainsi que sont venus à l’intérieur les divers objets que ces animaux paraissent avoir mangés , et non par une bouche qui n’existe point.
Les genres nombreux qu’on peut établir dans la famille des Monadiens , seront donc distingués seulement par le nombre et par la position des filaments locomoteurs, par la forme la plus habituelle de leur corps et de leurs appendices ; enfin on pourra établir deux genres pour ceux qui vivent habituellement agrégés ; savoir, les Ui^ella, formant des groupes en forme de mûre qui se meuvent librement dans le liquide ; et les Anthophysa , dont les groupes sont naturellement fixés à l’extrémité des l’ameaux d’un support corné cju’ils ont sécrété. Les animalcules de ces deux genres , quand ils sont désagrégés , ressemblent ^l’ailleurs entièrement à des Monades isolées pourvues d’un seul filament.
Parmi les Monadiens qui vivent toujours isolés, on sépare, sous le nom de Trichomonas, ceux qui ont une rangée ou une touffe de cils vibratiles en outre de leur filament flagelliforme ; et l’on fait un genre Heteromita bien distinct pour ceux qui , avec un filament flagelliforme , au moyen duquel ils se meuvent en avant, ont aussi un filament plus épais , traînant , qui s’agglutine çà et là sur les corps voisins ; et , par sa contraction subite, leur donne le moyen de changer de lieu tout à coup.
TJn autre genre, qui se distingue aisément des autres Monadiens, est celui des Hexamita , bien remarquable par le nombre de ses filaments flagelliformes , quatre en avant, et deux en arrière qui paraissent résulter de l’étirement de la substance même du corps. On peut distinguer encore les Chilomonas ^ dont le filament flagelliforme part obliquement en arrière d’un prolonge^ ment antérieur en forme de lèvre ; et les Trepomonas, dont le corps , arrondi en arrière , aplati et tordu en avant, est muni de deux filaments flagelliformes , partant de l’extrémité de deux lobes anguleux , dirigés en sens inverse, d’où résulte un mouvement gyratoire particulier.
Les autres Monadiens pourraient, à la rigueur, être considérés comme des modifications de forme d’un même genre , produites par l’influence du milieu dans lequel vivent et se développent ces Infusoires ; en effet on voit dans des infusions cesMonadiens présenter telle ou telle modification remarquable, suivant la nature d’un sel ou d’un réactif qu’on y ajoute.
En attendant toutefois que l’on soit bien fixé sur ce point , on peut diviser ainsi ces Infusoires : ceux dont le corps est rond ou oblong sans appendices, et
DES JNI'ÜSOIKLS.
avec uu seul fllameut également ün et agité clans loute sa longueur, forment le genre Monas proprement dit, leur mouvement est irrégulier, tremblottant , mais non saccadé. Ceux cjui, avec un corps discoïde sans .appendices, ont un filament plus épais et roide à sa base, agité seulement à l’extrémité, sont les Cyclicliiim, dont le mouvement est lent et uniforme. Il en est chez c[ui un prolongement latéral devient parfois un second filament ondulatoire, distingué du premier parce qu’il prend évidemment son origine de la substance charnue étirée , ils forment le genre Amphimonas , reconnaissable à un mouvement saccadé tout particulier ; Ceux enfin qui ont un prolongement en manière de queue , sont les C<3/’como7za^ ; ce prolongement s’agglutinant au porte-objet, fournit un point d’ap])ui autour duc[uel l’Infusoire s’agite en se balançant juseju’à ce qu’il soit redevenu libre. Mais , je le répète, ces distinctions génériques sont tout à fait artificielles, et destinées seulement à faciliter la désignation des Infusoires qu’on aura rencontrés dans telle ou telle infusion , et c[ui , mieux connus, pourraient meme, dans certains cas, être rapportés comme variétés à une seule espèce.
Les Monadiens, se montrant des premiers dans presque toutes les infusions , ont été remarqués par tous les anciens micrograpbes qui, ne soupçonnant pas la présence de leurs filaments flagelliformes , les décrivirent comme des animalcules en forme de point ou de globule. Cependant Gleicben en vit souvent d’agglutinés par leurs appendices ou par leurs filaments , et il les nomma jeux de nature ; d’autres auteurs virent aussi des Monades agrégées ou Uvcllcs. Muller plaça dans son genre Monui une de IXfUSOlHES. 18
mSTOIUE NATUUELLE
ces Uvclles avec des vraies Monades , des Bactcriumcl des corps dénaturé douteuse qu’il caractérisait seulement en les disant poncti formes ou en forme de point; d’autres Uvelles furent placées par lui dans son genre V olvox , ce sont les Volvox socialis et Volvox uva. Son genre Cyclidium^ caractérisé par une forme circulaire, contient aussi des Monadiens, et vraisemblablement de ceux que nous nommons de même. Enfin son genre Cercaria contient des Amphimonas ou Cercomonas dans les espèces qu’il a nommées Cercaria gibba et Cercaria gjrinus,
M. Bory a réparti les Monadiens dans ses genres Monade, Ophtalnioplanis ; et Cyclide, de la famille des Monadaires ; dans son genre Uvelle, de la famille des Pandorinees , et dans son genre Gercaire.
M. Ehrenberg voulut , dès 1830, appliquer aux Monadiens , qu’il nomme Monadina , ses principes de classification basés sur la disposition de l’appareil digestif; prenant donc pour des estomacs les vacuoles qui se forment successivement à l’intérieur de leur corps , et qu’il avait vues colorées par l’indigo et le carmin , il leur supposa douze à vingt estomacs pédicellés , appendus autour d’un pharynx , s’ouvrant au dehors par une large bouche bordée de cils, La position de cette bouche supposée, lui fournissait ensuite des caractères distinctifs pour plusieurs de ses genres ; mais préalablement il avait séparé comme pourvus de queue les deux genres Bodo et Uroccntruin y dont le premier répond en partie à nos Cercomouas , et dont le second a été reporté depuis par l’auteur lui-même auprès des Vorticelles. La présence d’un point rouge qu’il appelle un oeil , lui servait à séparer le genre Microglena , c|ue nous croyons avoir été établi avec des
DES INFUSOIIIES.
espèces de Tbécamonadiens. Restaient alors des Monadina de forme invariable , à boucbe terminale et dirigée en avant, c’étaient les Monas s’ils étaient toujours solitaires; les Uwella, s’ils étaient solitaires d’abord, puis groupés et enfin libres; des Polytoma, si , solitaires dans le jeune âge , ils se divisent eu deux directions et se résolvent en un amas d’individus. Les Monadina à boucbe droite , tronquée , dirigée en divers sens dans le mouvement, formaient le genre Doxococcus ; pour d’autres enfin, à boucbe oblique sans bord et bilobée, était institué un genre Chilo- ' monas.
Cet auteur, en 1833 , avait déjà reconnu un filament flagelliforme , qu’il nomme une trompe chez une de ses précédentes espèces de Monas ( M. puhisculus ), dont il faisait dès lors un nouveau genre de Crjptomonadina , sous le nom de Chlamidomonas , à cause de la présence d’une cuirasse ; mais il persistait encore à attribuer à sa , ainsi qu’à ses autres
espèces, une couronne de cils vibratiles. Ce ne fut que dans son mémoire de 1836 qu’il reconnut cbez tous ces animaux la présence de ce qu’il nomma une trompe ; et dans son histoire des Infusoires , en 1838 , il établit, d’après ce caractère et quelques autres , une nouvelle division de ses Monadina., qu’il définit encore « des animaux polygas triques sans tube intestinal , sans cuirasse ni appendices, à corps uniforme. « Séparant d’abord le genre Bodo , caractérisé par la présence d’une queue, il distingue parmi les Monadina sans queue un seul genre Chilomonas dont la boucbe est pourvue de lèvres. Parmi les autres qui sont sans lèvres , il fait un groupe de ceux qui se meuvent en nageant, et il place à part, dans un genre Doxococcus , ceux qui se meuvent en
roulant. Parmi les Monacliens nageants, il distingue ceux qui sont sans yeux et en forme trois genres, savoir les Monas ^ qui sont simples, les üvella et les Poljtoma^ qui sont agrégés; mais ces derniers le sont par division spontanée , et ceux-là par réunion. Puis enfin de ceux qui ont les jioints colorés qu’il nomme des yeux , il fait aussi trois genres; les deux premiers, Microglena et Phacelomonas , comprennent des animaux vivant isolés, mais distingués, parce que les premiers n’ont qu’une ou deux trompes, tandis que les seconds en ont plusieurs. Les Infusoires du troisième genre Glenomorum , vivent agrégés.
Je n’ai pu, dans le cours de mes observations, reconnaître tous les genres de cet auteur, soit que plusieurs des caractères aient été interprétés d’une manière trop dillérente par chacun de nous ; soit que le hasard ne m’ait pas fait rencontrer les mêmes objets. Je ne ]uiis toutefois admettre chez aucun Monadieu , l’existence d’une bouche , et je persiste à croire qu’elle a été simplement déduite ]iar M. Ehrenberg de l’introduction des substances colorées. Je crois que les Microglena , Phacelomonas, Glenomorum et Doxococcum doivent appartenir à une autre famille , et je ne comprends pas la distinction des genres Uvella et Polytoma , distinction fondée en partie sur le mode de division spontanée des Polytoma suivant deux directions ou en croix cjue je n’ai pas eu l’occasion d’observer , et sur le groupement périodique des Uvella, c]ue je ne veux pas admettre. 11 resterait donc seulement quatre genres de cet auteur, les Monas^ Uvella, Chilonionas et Dodo qui pourraient être comparés avec les miens ; ce dernier comprenant en partie mes Ilcxamita , yintphimonas et Ccrcomonas.
Quant au mode de propagation des .Monadiens que M. Ehrenberg dit avoir lieu par division spontanée transverse dans hui tde ses genres, et suivant deux directions en croix dans son Polyloma, je dois avouer que je ne l’ai jamais vu bien nettement ; il me semblerait plus probable que la propagation a lieu comme pour les Amibes par l’abandon d’un lobe ou de l’extrémité d’une expansion. Je n'ai pas besoin de répéter que je n’admets chez ces animaux , ni bouche ni estomac ni aucun autre mode de nutrition que l’absorption effectuée par toute la surface externe ou par les vacuoles. Enfin , pour ce qui est des yeux et de la coloration en vert ou en rouge attribués par M. Ehrenberg à plusieurs de ses Monadina^ je n’ai rien vu de tel , si ce n’est chez les Thécanonadiens et les Eugléniens dont les points rouges ne m’ont pas paru mériter le nom d’yeux.
Je voyais le filament flagelliforme des Monadiens à la fin de 1835 , sans savoir que M. Ehrenberg avait déjà aperçu précédemment ce filament dans quelques autres types d’infusoires , mais je le voyais bien difléremment que lui , et les notions précises que j’avais eues dès le principe sur la vraie longueur et sur l’extrême ténuité de ce filament, ne me permettaient pas d'y voir comme lui une trompe, mais simplement un organe de locomotion; je l’ai représenté et décrit dans les Annales des sciences naturelles (tom. 5, avril 1836, pl. 9) , tel que j’ai continué à le voir depuis.
IIISTOiriE NATURELLE
1®'' Genre. MONADE. — Monas.
An. nus, de forme arrondie ou oblonguc; de forme variable , sans expansions , et avec un seul filament flagelliforme. — Mouvement un peu vacillant.
Ainsi que je l’ai dit précédemment , il est impossible de rapporter avec certitude les Monades, telles que nous les connaissons aujourd’hui , aux espèces décrites par Millier ou par M. Bory ; la même observation s’applique à la plupart des 26 espèces décrites ou plutôt indiquées par M. Ehrenberg dans son dernier ouvrage , et dont plusieurs avaient été précédemment rapportées par lui à divers autres genres (1). Cela tiènt à ce que beaucoup de ses Monades n’ont été vues par lui qu’une seule fois dans ses voyages , et surtout à ce qu’il regarde leur forme comme tout à fait invariable , et devant offrir un caractère distinctif absolu, tandis que je regarde au contraire cette forme comme plus ou moins va-
(l) Des vingt-six espèces de Monades de M. Ehrenberg, cinq seidemcnt sont représentées dans l'ouvrage de cet auteur {J)ic Jnfusionsthicrchen), avec une trompe, longue peine comme le corps, les vingt-une autres sont représentées simplement à un grossissement de 290 fois , ou 3oo ou 450 fois comme de petits ovales iriéguliers sans aucun détail; et si quelques ligures sont faites à un grossissement de 5'25 et 800 fois , elles n’expriment rien de plus; or, je le demande, pourrait-on songer aujourd'hui à établir sérieusement une comparaison quelconque avec ces petits ovales dessinés à la hâte et avec un microscope imparfait, en 1828, pendant le voyage de l’auteur en Egypte et en Libye , et donnés aujourd’hui pour représenter les Mortrts .çj’myj/eo: (fig. 23, Pl. 1), M. inanis 24), J\I. scintillaiis (lig. 2o) ou même avec les figures non moins simples représentant les prétendues espèces observées pendant une course r.apide.à travers l'Asie septentrionale, telles que les M. Kolpoda (11g. 10) , M. umbra (fig. 12), M. ovalis (fig. l5), M. cyliudrica (fig. 18), M , eruhescens (fig. 8), M. hyalina {Itg. i3)? Plusieurs des Monades décrites et figurées par l’auteur à Berlin même , et avec ses moyens actuels d observation, ne seront assurément pas plus reconnaissables; telles sont le Monas crepusculum (Pl. i , fig. i) qui , dit-il, est hyalin, globuleux, agile et carnivore, long de 0,0022, et qu’il représente par de petits ovales d’un millimètre environ; le Monas ochracca (fig. 7), long de
IIISTOinE NATURELLE
viable. Il divise ses 26 espèces en Sphéromonades ou Monades globuleuses, et en Rliabdomonades ou Monades allongées, puis il subdivise encore les premières en Monades ponctiformes incolores ou verdâtres , ou jaunâtres, ou rougeâtres , et en Monades oviformes qui sont ou ne sont pas échancrées ; et parmi ses Rhabdomonades , il distingue celles qui sont cylindriques, incolores ou rouges, celles qui sont coniques, verdâtres ou incolores, et enfin celles qui sont en forme de toupie et fusiformes ; mais je n’ai pu appliquer aucune de ces distinctions aux Monades que j’ai observées.
I . Monade lentille. — Monas lens. PI. III , fig. 5, et PI. IV, fig. 7.
Corps arrondi ou discoïde , tuberculeux. — Largeur de 0,00o
Cette espèce , l’une do celles qu’on rencontre le plus fre'quemment dans les infusions animales ou végétales , a été vue par tous les anciens micrograplies qui l’ont indiquée sous la forme d’un
0,0045 , globuleux, (le couleur d'ocre , et qu’il se borne .à représenter grossi 2()0 fois sous la forme de petits ovales irréguliers, et même le M. vinosa , que sa couleur de vin rouge ne fera pas mieux reconnaître, je crois. Une seule espèce observée par lui dans une infusion d’ortie dioîqiie paraît avoir fixé davantage son attention ; il la représente aux grossissements de 2po , 820 et 2000 diamètres, mais cela même , bien loin de prouver que ce soit une Monade , doit faire penser que c’est toute autre cliose ; en effet, comme les Bactérium, cette espece se présente sous la forme de particules ovoïdes, oblongues, assemblées par deux ou par quatre en ligne droite, et d’ailleurs, .i ce grossissement énorme de 2000 , elle ne montre aucune apparence de trompe ou de tilanient llagelliformc.
Quant aux espèces représentées avec un fdament, la première, Monas termo (£ig. 2), quoique grossie S20 fois, n’est encore exprimée que par un petit ovale long de deux millimètres avec deux points colorés à l’intérieur et une petite ligne noire en manière de queue; elle n’est donc nullement comparable ; une autre, Monas grandis, représentée dans une ligure avec une trompe épaisse eourlc et pointue, est représentée dans plusieurs autres avec une couronne de cils et une bouche apparente; une troi.sième, Monas guuula (11g, 3) , est représentée ou cou* Irniru par une llguro gigantesque tout à fait idéale.
point nu d’un globule qui se meut lentement et en vacillant. Un bon microscope fait voir que ce globule est formé d’une substance homogène, transparente, renflée en nodules ou en tubercules à sa surface, et émettant obliquement un filament flagelliforme, trois, quatre ou même cinq fois aussi long que le corps , agité dans toute son étendue ou seulement un peu plus roide à sa base, et infléchi en arc de cercle.
Je l’ai vue surtout bien développée dans le liquide où plongeait depuis huit jours pour une expérience d’endosmose un tube de verre fermé par de la vessie de cochon et rempli d’eau sucrée ; son diamètre était de O, oi3 , O, oi5 et même 0,017 , c’étaient les plus volumineuses qui offraient un filament plus l'oide à la base et un mouvement plus régulier.
Je l’ai étudiée et mesurée avec soin dans une vieille infusion où avaient vécu depuis trois mois plusieurs autres Infusoires; elle était large de 0,01 zS, et son filament grossi 460 fois paraissait à sa base aussi gros qu’un cheveu de o,o58 vu à l’œil nu , ce qui fait pour la grosseur réelle 0,0001 zG.
J'ai vu des /enr , que je crois pouvoir regarder comme
tous d’une même espèce , 1“ dans une eau de lavage de diverses Algues marines avec de l’eau douce ; elles avaientde 0,008 ào.oio; z° dans une vieille infusion de mousse; elles étaient ovoïdes, granuleuses, longues de 0,01 1 , et larges de 0,0097 ; leur filament était sensiblement plus épais à sa base; 3° dans une infusion de gélatine avec l’eau de mer, préparée depuis dix jours, le iz février i836 ; elles étaient discoïdes , larges de 0,007 avec un filament bien visible , l'oide et arqué à sa base ; 4° dans une infusion de gélatine avec oxyde de manganèse laissée à l’air depuis trois , mois, le zo novembre i83G, elles avaient o,oi5; avec elles vivaient des Euglènes et des Kerona puslulaia ; 40 dans une infusion de chair crue, au bout de deux mois; elles étaient larges de o,ooü ; 50 dans une infusion de chair avec du sel ammoniac ; ces Monades , au bout de dix-huit jours, n’avaientque 0,006 , au bout de deux mois il y en avait de 0,009 ’ l'odeur était très - fétide; G" dans une infusion de chair et de nitrate d’ammoniaque; ces Monades, largesde o,ooG, s’y trouvaient abondamment le dix-huitième jour avec le f^ihrio tineola et le f^ihrio serpens ; quarante jours après, ces mêmes Monades, encore très -nombreuses, n'avaient pas sensiblement -grandi , l’odeur était faible et corama nmmoniacole ; 7" dans une infusion de gélatine avec addition
d’iode préparée depuis douze jours; le 24 août i830, les Monades, longues de 0,010 à 0,01 2, s’y étaient développées avec des Enchelys et des Bactérium ; 8“ diverses infusions de sucre de réglisse avec addition de réactifs chimiques, m’ont offert des Menas lens en abondance, mais ces Monades montraient une tendance manifeste à s’allonger et à s’étirer comme les Cercomanas ; 90 une infusion de racine de réglisse avec du phosphate de soude était recouverte le dixième jour (i i février 1 836), d’une pellicule blanche , formée de Bactérium et de Monas lens, discoïdes, larges de 0,007, Les mêmes Monades se sont présentées dans d’autres infusions de la même racine, dans lesquelles le sulfate de soude ou le nitrate de potasse remplaçait lepremier sel; 1 0° les infusions de poivre, de persil, de pain, de colle de farine, etc. , m’ont presque toujours fourni également des Monades lens , de 0,006 à 0,008.
I * Monade concave. — Monas concava.
Corps circulaire, concave d’un côté, aminci au centre, et renflé aux bords. — Largeur 0,0123.
Cette Monade , que j'observais au mois de février, à Toulouse , dans de l’eau de marais conservée depuis trois mois, pourrait bien être simplement une variété de la Monas lens; elle était notablement concave d’un côté et convexe de l’autre ; son filament, très-délié, s’agitait dans toute sa longueur.