I. CrumÉnüle tressée. — Crumenula iexta, — PI. V, fig
Têt résistant, réticulé rempli de substance verte avec des vacuoles ou des globules hyalins , et un gros globule rouge en avant. — Longueur, 0,03.
Cet Infusoire , que j'ai observé plusieurs fois, en décembre et janvier, dans l’eau de l’étang du Plessis-Piquet, conservée depuis quelques mois avec des végétaux vivants et des débris (voyez Annales des sciences natur. i83G, t. 5, PI. IX), a la forme d’un sac tressé, aplati et rempli de matière verte entremêlée de granules et de globules hyalins; vers le quart ou le tiers antérieur, se voit un globule rouge large de o,oo5 , que je ne puis regarder’ comme un œil ; et, tout à fait en avant, se voit un pli ou une entaille formée par une saillie en manière de lèvre; du fond de cette entaille sortun filament trois fois plus long que le corps, et épais deo,oooiG, lequel contourné sur lui-même un grand nombre de fois, s’agite vivement sans faire beaucoup avancer l’animal. Avec les Gruménules vivantes, il s’en trouve de mortes, dont le lest limpide ne contient plus que des granules brunâtres, réguliers, longs de o,ooi6 , qui sont peut-être des corps repr oducteurs.
* Genre prorocentrom. Ehr.
M. Ehrenberg nomme Prorocentrum micans (Infus. PI. II, lig. 23) , un des Infusoii’es phosphorescents de la mer Baltique, observé précédemment par M. Michælis qui ne put y reconnaître le filament moteur. Cet Infusoire, de couleur jaunâtre, long de 0,06, est ovale, comprimé, plus étroit en arrière, revêtu d’une cuirasse glabre prolougée en pointu au milieu du bord antérieur; il présente à l’intérieur
IIISTOIKE NATURELLE
|ilu.-)icnrs vésicules ou globules plus clairs, rpie l’auteur iioiiiiue des estomacs, et se meut en sautillant au moyen d’un filament flagelliforme qui sort du tct , en arrière de la pointe anterieure. M. Ehrenberg place son genre Prorocentruni dans sa famille des Cryptomonadina, et le caractérise ainsi ; «An. dépourvus d’œil, à cuirasse glabre , terminée par une pointe frontale. « Sa forme déprimée et son tégument me font croire que cet Infusoire , s’il n’appartient pas au genre Cruménule , doit en être fort voisin.
5' Genre. DISELMIS. — Diselmis.
An. à corps ovoïde ou globuleux , revêtus d’un tégument presque gélatineux non contractile , et pourvus de deux filaments locomoteurs égaux.
Ce genre, qui répond à peu près au Chlamidomonas de M. Ehrenberg, tel que cet auteur le définit aujourd’hui, mais non tel qu’il le voyait précédemment , compi’end des Infusoires presque globuleux, verts, dont les organes locomoteurs n’ont pu être vus des anciens micrographes, et qui ont dû conséquemment être classés avec les Monades, par Goeze, parMüller, parM. Boryet mêmeparM.Ehi-enbergen 1831. Jereconnus en 1837, leur double filament moteur, et ce caractère me paraissant devoir les distinguer de tous les autres Infusoires indiqués comme ayant une trompe simple, je proposai dans les Annales des sciences naturelles (tom. 8, 1837), d’en former le nouveau genre Diselmis. A cette époque en effet, M. Ehrenberg était censé définir encore son genre Chlamidomonas , comme dans son troisième mémoire en 1832, c’est-à-dire en lui attribuant une trompe filiforme simple; mais dans son histoire des Infusoires, en 1838 , il lui a reconnu une trompe double et il a continué à l’inscrire dans sa famille des Volvocina; parce qu’à l’intérieur de la carapace on voit des indices de division spontanée en deux ou en quatre.
Cette même raison devrait faire reporter à la famille des
3?il
Volvocina, notre Tetrabæna, mais comme je l’ai dit précédemment, je ne place dans ma famille des Volvociens que les Infusoires montrant une agrégation d’individus complets dans une enveloppe commune.
Les Diselmis m’ont toujours paru composés d’un tégument diaphane non résistant , susceptible de se dissoudre après la mort ; déjà même , quand l’animal n’est plus dans les conditions normales , on voit sortir à travers le tégument plusieurs globules de sarcode , d’une transparence parfaite , ce qui semble bien annoncer que le tégument est perméable et que la partie vivante est essentiellement formée de ce sarcode diaphane. Toutefois le tégument est rempli d’une substance verte, dont M. Ehrenbei'g attribue la coloration à des œufs : cette opinion me semble d’autant moins probable que ces animalcules, remplisde cette substance verte , sontsensibles eux-mêmes à la lumière, et, comme des végétaux, se fixent à la partie la plus éclairée du vase en dégageant du gaz ( oxygène?) s’ils sont exposés aux rayons du soleil. Au milieu de la substance verte, se voient des granulations inégales et un disque renflé aux bords, nommé sans motif un testicule, et souvent aussi un point rouge pris à tort pour un œil j car, je le répète , c’est par la substance verte tout entière , que les Diselmis paraissent être sensibles à la lumière, et non par le point rouge seul. Les filaments moteurs sortent par une même ouverture du tégument, et souvent' même, ils partent d’un lobe diaphane, saillant par cette ouverture. Les Diselmis se trouvent dans les eaux stagnantes , au milieu des débris de végétaux plus ou moins décomposés, ou dans des flacons où l’on conserve depuis longtemps des eaux de marais, mais non dans les infusions artificielles faites en petit. La coloration en rouge des salines de la Méditerranée est due à un Infusoire qui paraît appartenir à ce même genre.
I. Diselmis VERTE, — Distlmis viridis (i). — PI. III , f)g. 20-21.’
Corps ovoïde, renflé, vert avec un point rouge , et deux filaments d’une longueur double environ. — Longueur de 0,010 à 0,019.
J’observais, au mois de juin 1887, cet Infusoire dans de l’eau de pluie qui depuis quinze jours baignait du terreau laissé à l’ombre dans une terrine, et qui en était totalement colorée en vert. Cette eau verte exposée dans un flacon au soleil, dégageait beaucoup de gaz , et les Diselmis montraient une disposition bien manifeste à se fixer aux parois les plus vivement éclairées, ou à former une pellicule continue à la surface. Je les ai revues fréquemment depuis, mais jamais en si grande quantité. A l’intérieur, on distingue quelquefois un disque déprimé au centre et regardé comme un testicule par M. Ehrenberg. Les deux filaments moteurs me parurent deux fois et demi aussi longs que le corps dans les individus observés au mois de juin. Ils sortaient d’nne ouververture oblique placée un peu en arrière du bord antérieur; dans les individus observés au mois d’avril i838, les filaments n’avaient pas deux fois la longueur du corps ; ils étaient quelquefois portés par un lobe charnu sortant par une ouverture presque terminale. Ces filaments, d’une extrême ténuité, ne deviennent visibles que quand ils cessent de s’agiter aussi vivement; quand tous les deux sont agités également , l’animal se meut imiformément en avant, mais quelquefois l’un d’eux s’agite seul , et l’autre fixé ou agglutiné à la plàque de verre retient l’animal qui se balance autour de ce point d’appui ; d’autres fois , les deux filaments se fixent en même temps en formant entre eux un angle presque droit , et l’animal reste immobile pendant quelques instants ; souvent aussi ils se détachent à leur base, et on les voit flotter dans
(1) Monas ovuliim, Goeze, 'Wittemb. magaz. 3 , p. 3 , 1783.
Monas pulvUculus, Millier , Infus. Pl. l, fig. 5-6.
Monas lens, Nces d'Esenbeck. — Hornschuch, Nov. ad. nal. cur. t.X, p. 517.
Monas pulvisculus , Ehrenb. i83l , mém. Berlin.
Chlamidomonas pulviscultis, 'EAiv. i832-l838.Infus.pl. III, fig. 10. Diselmis viridis, Duj. Ann. sc. nat. 1837, t, 8.
le liquide. Les Diselmis tenues depuis quelque temps entre les lames de verre laissent exsuder sur leur contour des globules diaphanes de sarcode qui ont dû passer à travers le tégument, quoiqu’on n’y aperçoive ni mailles ni lacunes ; si ces Infusoires sont comprimés, ils font sortir par l’ouverture antérieure une masse sarcodique qui s’étale en large disque , et ne contient que quelques parcelles vertes ou même reste entièrement diaphane. Parmi les Diselmis fixées et devenues ainsi plus globuleuses, je voyais plusieurs globules verts un peu plus gros, divisés intérieurement en deux ou en quatre , et qui peut-être étaient ces mêmes Infusoires en voie de se diviser spontanément.
Il est probable que Muller a voulu parler de cette même espèce sous le nom de Monas puhisculus, 11 l’a observée dans les eaux stagnantes, au mois de mars, et la décrit comme des granules sphériques, translucides, à bord vert, dont les plus grands montrent à l’intérieur des indices de division spontanée : ces granules, dit-il, se trouvent dans chaque goutte d’eau par myriades, et forr ment une pellicule verte à la surface de l’eau , et sur les parois du vase abandonnées par l’éau.