Acomie variable. — Acomia varians. — Pl. XI, fig
Corps oblong , cylindroïde , tronqué et anguleux en avant , rentlé ou resserré tour à tour en divers points de sa longueur , et par suite alternativement aminci postérieurement, et terminé en queue pointue ou arrondie. — Mouvement rectiligne en tournant sur son axe. — Long de 0,026 à 0,035.
J’aurais besoin , pour être bien fixé sur ses organes locomoteurs, de revoir cet Infusoire , observé dans une infusion fétide de lombrics , en 1 835 , à une époque où mes moyens d’observation ne me permirent pas de voir s’il existe des cils ou des filaments flagelliformes. Les angles prolongés du bord antérieur pourraient faire penser qu’il y a des filaments, comme chez le 'Prépomonas.
2‘ Genre. GASTROCHyETE. — Gastrochœta.
An. à corps ovale, convexe d’un cote et creusé d’un large siUon longitudinal du côté opposé ; cils vibratiles dans tout le sillon et principalement aux extrémités.
J’ai institue ce genre pour une seule espèce bien impar-
faitement connue, ou bien remarquable par la simplicité île son organisation ; car à une époque (9 novembre 1838) , où j étais le mieux préparé à faire de bonnes et complètes observations , je ne l’ai vue que comme un corps ovale nu et sans tégument sur la plus grande partie de sa surface, et montrant seulement d’un côté, un large sillon évasé en avant, où le corps est un peu échancré , rétréci en arrière et prolongé en pointe. Les cils vibratiles ne se montrent que dans ce sillon , et c’est surtout à la partie antérieure qu’ils sont le plus longs , ils sont agités d’un mouvement ondulatoire un peu lent , qui fait tourner le eorps de gauche à droite sur son centre. Le corps, demi-transparent, contient à l’intérieur des granules nombreux et des vacuoles. 11 se pourrait que cette forme singulière fût due à la présence d’un tégument non contractile , comme celui des Ervilies , qui ont également un sillon garni de cils vibratiles; je ne les connaissais pas encore lorsque j’étudiais le Gastrochæle : ce sera un point à vérifier.
I. Gastroch/Ete fendue. — Castrochœla Jlssa. PJ. VII , fig. 8 .
Corps demi-traiisparent, ovale tronqué en avant, montrant une très-petite pointe mousse au milieu du bord postérieur, convexe et lisse en dessus, creusé d’un sillon longitudinal en dessous. — Longueur, 0,06-^.
Le 9 novembre dans l’eau de Seine l’ecueillie avec des callitriches, un mois auparavant.
3“ Genre. ENCHÉLYDE. — Enchelys. Hill.
An. à corps cylindrique, oblong ou ovoïde, entoure de cils vibratiles droits, uniformes, épars sans ordre.
Le désir de conserver dans l’histoire des Infusoires une ^des dénominations les plus anciennes et les plus fréquemment employées, m’a déterminé à former ce genre Enchélydc avec des espèces qui ont , bien certainement, été nom- INFUSOIRES. 25
inces ainsi par Millier et par d’autres micrograplies ; mais ce ne sont certainement pas celles que l’anglais Hill désigne par ce nom qui, en grec, veut dire Anguille ; il est probable que ces premières Encbélydes étaient desEuglènes, et peutêtre des Trachélius, ou même le Spirostome elle Kondylostome. Comme il est désormais impossible de concilier cette signification du mot Enclielys avec la forme des Infusoires auxquels nous pourrions l’appliquer aujourd’hui, j’ai choisi pour cela une des formes les plus simples et les plus fréquentes en même temps, une de celles qu’on sera toujours certain de rencontrer, comme les Kolpodes et les Paramécies , dès le début des recherches j mais il est possible que plusieurs espèces d’Acomies ou de Tricliodes y soient l’éunies par la suite , quand une connaissance plus exacte de ces Infusoires , si simples, permettra d’établir différemment la caractéristique du genre.
Des Enchélys de Millier, il en est tout au plus quatre ( E. seminulum, E. tremula^ E. festinans et E. epistomiiini?)^ qu’on puisse rapporter à notre genre, ou même aux Enchélyens en général; les autres sont des Mon adiens {E. intermedia , E. constricta) , des Tbécamonadiens {E. puhisculus) , des Eugléniens {E. deses ^ E. mridis) , âes Trachélius {E. gemmata), et surtout des Paraméciens {E. similis, E. serotina,E. nebidosa, E. oviduin, E. pjrum? E. farcimen, E. piipa) , dont l’auteur n’avait pu distinguer les cils vibratiles ; plusieurs même sont tout à fait indéterminables, telles que les E. index , E. truncus, E. larva , E. pupida ; on pourrait enfin penser que son Enchelys rétrograda est une Planariée, et que son E.fiisus est une Navicule.
M. Ehrenberg a institué, en 1830, un genre Enchélys (1)
(l) M. Ehrenberg n pris son genre Enchélys pour type d'une famille des Enchelyn, la quinzième de sa classification ; cette famille, lotaleinent dilï'éren te de nos Enchélyens, est placée par cet auteur dans la division des polygastriques enléi odélés ou à intestin distinct , enantiotrélcs ou ayant Iqs orifices du tube digestif aux deux extrémités du
tout clillercnt du nôtre, et il le caractérisait ainsi : « An. polygastriques entérodélés (ou à intestin) enantiotrètes (à bouche et anus opposés), ayant la bouche droite garnie de cils, mais le corps entièrement nu, sans cils ni soies. » C’est encore ainsi qu’il le décrit dans son histoire des Infusoires ,
corps. Il la divise en dix genres , de cette manière : un seul genre Prorodon, ayant la bouche dentée, est placé à la fin ; des neuf autres , deux seulement, \e& Leucopbrys et les Holophrya , ont toute la surface couverte de cils vibratiles ; ils diffèrent parce que les uns ont la bouche obliquement tronquée avec une lèvre , et que ceux-ci ont la bouche droite sans lèvre ; parmi ceux qui n'ont pas de cils vibratiles sur toute la .surface du corps, une première section caractérisée par la disposition de la bouche droite , terminale , sans lèvre , comprend les genres Enchelys et Pisoma , montrant encore des cils vibratiles autour de la bouche , et les genres Actinophrys , Trichodiscus et Podophrya , si différents de tous les autres par leurs tentacules ou appendices filiformes, rayonnants, non vibratiles; ce sont nos Actiiiophryens (voyez page 25g) ; une deuxième section, caractérisée par la disposition de la bouche obliquemenltronquée etmunie d’une lèvre, sé compose des genres 'Erichoda et Lacrymaria , ce dernier seul ayant le corps prolongé en manière de cou.
On voit donc qu’à part les Actinophryens, il se trouve encore dans cette famille des genres tout à fait dissemblables qui n’ont pu être réunis que d'après la fausse supposition d un intestin droit que l’auteur n’a pu représenter que d’une manière purement idéale, en i83o, dans quelques Enchélys et Leucophres , qu’il a même été obligé de représenter plus tard avec une forme et des caractères différents.
Les espèces rapportées par cet auteur à son genre Enclielys me sont inconnues, ce sont : i“ EnchcLys jmpa de Millier (Müll. Inf. Pl. V, f. 25-26. — Ehr. Inf. Pl.XXXI, fig. i), longue de 0,287, jaune verdâtre, en forme’de massue plus mince en avant ; 2“ V Enchélys farcimen de Millier (Mùll Inf Pl. V, fig. 7-8.— Ehr l838, Inf. Pl. XXXI, fig. 2), longue de 0,062 , cylindrique ou en forme de massue. Ce même auteur la nommait Enchélys pupa en i82g-l83l , il la décrit, comme amincie en avant, tandis que Millier la dit quatre fois plus longue que large , partout également épai.sse, droite ou sinueuse , et tronquée aux deux extrémités : 5°VEnchelys infuscata (Ehr. Infus. Pl. XXXI, fig. 3) longue de o,oy à o,i l , ovale ou sphérique , avec un cercle brun autour de la bouche; 4° \ Enchélys nehulosa (Ehr. Infus. Pl.XXXI, fig. 4), longue de o,on à 0,046 , ovale , diaphane , à bouche saillante en forme de bec.
Quant au genre Disomn, il a été établi sur un Infusoire très-incomplélement observé pendant le voyage de l’auteur en Egypte , et l’on ne peut s en former aucune idée précise d'après le dessin qui le représente seulement grossi
llISTOlUli NATURELLE
mais je dois dire que je n’ai jauiais rencontré, dans le cours de mes observations, aucun Infusoire auquel cette définition pût s’appliquer , en faisant même abstraction de la prétendue disposition de l’intestin et de la grappe d’estomacs (ju’il supporte ; je suis donc conduit à penser que les Enchélydes de cet auteur sont des Paraméciens à bouche terminale, ou des Bursariens mal observés, et dont on n’a pas su reconnaître la surface ciliée. La famille des Cycliclina (1) de cet auteur a beaucoup plus de rapport avec nos Euchélydes. En effet, il ne suppose point aux Infusoires de cette famille un intestin ni une bouche terminale ; il ne distingue ses
(i) La famille des Cyclidinn de M. Ehrenberg a pour caractère la présence des soies ou des cils vibraliles sur tout le corps ou sur le contour seulement , et d’un seul orifice auquel aboutissent les estomacs; elle fait donc partie de ses polygastriques anentérés, épitriques. Elle comprend trois genres mal définis et très-imparfaitement connus. L’un, Chœlomonas , caractérisé par des soies non vibratiles, se compose de deux espèces représentées par des figures tout à fait défectueuses au grossissement de 3oo diamètres qui permettent seulement de penser que ce doivent être des Monadiens ; l’une {Cliœlom . globulas , Elir. Inf. PI. XXII, fig. 5) vit dans l'infusion de chair ; l'autre {Chœt. constricta, Ehr. Inf. PI. XXII, fig. 6), se développe dans le corps des Hydatines mortes.
Les deux autres genres de Cyclidines se distinguent par les cils vibraliles qui garnissent seulement le contour du corps aplati des Cyclidium, et qui couvrent au contraire tout le corps arrondi des Pantotrickum. Le Panlotrichum Enchelys (Ehr. Inf. Pl. XXII, f. ^), long de 0,023, observé dans l'infusion fétide de chair, parait bien être notre Enchelys nodulosa ; le Panlotrichum volvox (Ehr. Inf. Pl. XXll , fig. 8) , long de o,o3i , globuleux , vert, pourrait être le jeune âge de quelque Paramécien ; le Panlotrichum lagenula (Ehr. Infus. Pl. XXII, fig. g), long, de o,oi5 à 0,046, ovo'ide , également arrondi aux deux extrémités avec une saillie en forme de bec ou de cou , est représenté par l’auteur aussi régulièrement cilié que nos Paraméciens.
Des quatre espèces de Cyclidcs , deux {C? planum , C. lentiformc) , indiquées par l'auteur lui-même comme douteuses, ne sont décrites et figurées que d'après les notes prises pendant son voyage d'Afrique en 1828; une autre, C. glaucoma (Müll. Infus. Pl. XI, fig. 6-8. — Ehr. Jnfus. Pl. XXII, fig. i), a le corps elliptique , aplati, long de o,oi8S, aine derniere enfin, C. margnrilaccum (Ehr. Infus. Pl. XXll, fig. 2. — Cercaria Cyclidium , IVliil. Infus. Pl. XX, fig. 2) a le corjis aplati, oblong , strié en dessus, long de 0,0268.
nES INFUSOIRES,
Pautotriclium et ses Cyclidium^ que parce que eenx-ci sont ciliés seulement sur le contour, tandis que ceux-là le sont sur toute la surface, et véiitablemeiit les détails très-incomplets qu’il donne sur les uns et sur les autres permettent bien de n’y voir que nos Enchélydes.
Ces Infusoires se multiplient par division spontanée transverse.
r. EncuÉlvde nodiileuse.' — Enclielys nodnlosa. — Pl. VI, fig, 2 , et Pl. VU. fig. 93
Corps incolore , peu transparent, ovoïde, oblong, plus ou moins plissé, et irrégulièrement nodulenx ; entouré de cils rayonnants très-fins, ayant souvent une ou plusieurs grandes vacuoles. — Longueur, 0,018 à 0,024.
Cette espèce , très-commune dans les eaux de fossé ou de marais qui se sont putréfiées dans les bocaux où on les conserve, me paraît être la même que M. Ehrenberg a nommée Pnntotrichum Enchelys Pl. XXII, fig. 7), quoique cet auteur, qui lui assigne pour habitation les infusions fétides de chair, la décrive comme ayant « le corps cylindiique , oblong, arrondi de part et d’autre, jaunâtre-pàle , trouble au milieu , diaphane aux deux extrémités. » 11 n’.n pu lui fiiire avaler de substance colorée, et regarde les espaces diaphanes des extrémités, l’un comme la bouche, l’autre, avec doute, comme un testicule.
Notre Enchélyde ale corps oblong, plus étroit en avant, marqué de cinq à six côtes noduleuses dont quelquefois deux ou trois plus prononcées le rendent comme prismatique ; elle se multiplie par division spontanée transversale , et plus rarement par division longitudinale; en mourant elle se contracte en boule noduleuse, souvent creusée d’une grande vacuole ; quelquefois aussi elle laisse exsuder un large disque de sarcode. Elle montre ordinairement, pendant la vie, une vacuole terminale , et plus rarement une ou deux vacuoles au milieu et en avant, lesquelles sont peu profondes, et ont souvent l’apparence de cupules à rebords nodulenx. Eu raison de sa disposition à prendre une forme li iangiilaire , peut-être pourrait-on aussi ra[)porter cette espèce au Purnrncciitni iniliitin de M. Ehrenberg , mais non au Cj-clultuin mi/iiim do Millier que rct auteur indique comme synonymes.
î.ENcnÊLYDE TRioi.ÈTRE. — Enchelj's triquetra, — PI. VII, fig. 3.
Corps incolore , peu transparent|, olilong , rugueux avec trois plis longitudinaux, irréguliers, qui le rendent comme prismatique, ayant souvent une grande vacuole en arrière. — Longueur, 0,057.
Cette Encbélyde est très-abondante dans les eaux de marais putréfiées, ainsi que la précédente, dont on la pourrait croire une simple variété ; mais sa forme est toujours plus effilée, ses plis sont plus marqués , et surtout sa longueur est beaucoup plus considérable. Elle meurt en s’aplatissant , mais sans se contracter en boule, et en laissant sortir sur son contour plusieurs disques de sarcode. Ses cils sont moins longs que ceux de l’espèce précédente. I
C’est peut-être le Cyclidium milium de Millier.
3.» EnchÉlyde kidée. — Enchelj's corrugaia. — PI. VU, fig. 1 1.
Corps incolore , peu transparent , oblong, plus éti’oit et limpide en avant, rugueux, avec des plis longitudinaux noduleux; ayant souvent une vacuole en arrière et des granules à l’inlerieur. — Long de 0,042 à 0,049. — Marin.
Cette espèce ressemble aussi beaucoup aux deux précédeutes, mais elle est encore plus grande, elle s’aplatit en mourant et laisse alors sortir par expression , sur tout son contour , plusieurs disques de sarcode. Le nombre des plis ou des rangées de nodnles varie de quatre à six sur une face. L’extrémité antérieure est mince et flexible , l’animal s’en sert comme les Tracbelins pour palper les objets.
Je l’observais au mois d’octobi’e et de décembre , dans de l’eau de mer gardée depuis dix ou quinze jours avec divers zoopby tes. Je l’ai vue aussi dans l’eau douce qui avait servi à laver une grande quantité d’algues.