‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 91 sur 179 · I. UronÈme marine. — Uronema marina. — PI. VII , fig. i · texte numérisé non relu

I. UronÈme marine. — Uronema marina. — PI. VII , fig. i

Corps incolore, demi-transparent, noduleux, alongé, rétréci en avant, et courbé légèrement avec quatre ou cinq côtes longitudinales peu marquées. — Longueur, 0,044.

Dans l’eau de la Méditerranée , gardée depuis trois jours avec des Coi-ûllines , au mois de mars, et devenue fétide; cet Infusoire montrait ordinairement une vacuole à l’extrémité postérieure , et quelquefois une autre au milieu. J’ai cru voir plusieurs fois un long filament roide en avant.

Xll^ FAMILLE.

TRICHODIEINS.

Infusoires à corps mou , flexible , de forme plus ou moins variable , cilié ; ayant une bouche visible , ou simjilemenl indiquée par une rangée de cils plus forts, en crinière , en écharpe ou en moustache. — Dépourvus de cirrhes.

Comme je l’ai déjà dit plus haut, en parlant des

Enchélyens, cette deuxième famille aussi, qui pourtant paraît naturellement indiquée, n’est établie que d’une manière incertaine; les types qui s’y rapportent ne sont pas encore suffisamment connus , et ses caractères sont trop vagues. Cependant, pour faciliter l’étude , il faut nécessairement mettre à part les Infusoires qui , sans avoir une bouche aussi clairement visible que les Kéroniens , ne peuvent pas être regardés comme en étant privés, et qu’on peut, jusqu’à un certain point , considérer comme présentant un degré d’organisation intermédiaire entre les Enchélyens , qui sont les plus simples des ciliés, et les Kéroniens qui nous conduisent aux types les plus complets de la classe des Infusoires. Mais , je me hâte de le dire , ce caractère de la présence d’une bouche non visible ou supposée est en vérité trop loin de la précision qu’on a droit d’exiger dans les classifications zoologiques ; il faut donc chercher un caractère extérieur plus facile à apprécier, quoique bien moins important en réalité, et on le trouve dans la nature des cils vibratiles et des appendices, dont aucun ne peut mériter le nom de cirrhe, ou de style ou de crochet, comme ceux qu’on voit dans la famille des Kéroniens. On est conduit alors à grouper avec les Trichodiens, en attendant qu’on en fasse une famille à part, le Dileptus , qui est couvert de cils fins vihratiles , et qui a une bouche bien visible h la base d’un prolongement antérieur en lorme de cou , mais sans la rangée caractéristique de cils en moustache. Un autre Infusoire., la Pelecida , également pourvu d’une bouche visible, est terminé en avant par un bord obliquement recourbé en fer de hache. Les espèces sans bouche visible jieuvent, d’après leur forme générale et d’après la disposition de la l'an-

HISTOIUE NATURELLE

£»ée de cils , former trois genres, savoir : \qs Acinevia , de même forme, ou plus alongés que les Pélécides, avec le bord antérieur obliquement courbé et portant une rangée de cils dirigés en avant ; les T rachelius ^ de forme très-alongée , ou au moins rétrécie en manière de cou en avant , avec une rangée des cils divergents et disposés en crinière au bord antérieur ; et les Triclioda, de fornie oblongue, ovoïde ou pyriforme, avec une rangée de cils ordinairement dirigés en arrière.

Les Tricbodiens ont été vus par Müller, et décrits par cet auteur dans ses genres Trichoda, Fibrio et Kolpoda. M. Bory a institué un ordre des Tricbodés , qui n’a presque rien de commun avec nos Tricbodiens ; M. Ehrenberg, de son côté, a placé , dans sa famille des Enclielia , un genre Trichoda qui répond en partie au nôtre ; et d’ailleurs il a réparti parmi ses Leucophres , ses Encbélys , sesTrachelius , ses Loxodes , etc. , beaucoup d’infusoires que nous rapprochons dans cette famille , pai’ce que nous ne pouvons voir, comme cet auteur, leurs organes digestifs. Les Tricbodiens , vus isolément, paraissent incolores, ou du moins ne sont colorés que par les aliments contenus à l’intérieur ; quelques-uns , réunis en amas , peuvent présenter une couleur brunâtre. Les uns se trouvent dans les infusions, les autres dans les eaux stagnantes ou dans les marais , entre les herbes aquatiques. Tous montrent à l’intérieur des vacuoles plus ou moins grandes , plus ou moins nombreuses , qui , dans certaines espèces , sont manifestement susceptibles de s’ouvrir au dehors pour évacuer leur contenu , et qui , chez plusieurs , peuvent contenir des substances colorées admises à l’intérieur par une bouche. Aucune trace d’intestin, aucun oi'ganc distinct ou déterminable ne sc voit d’ail-

leurs , en outre de ces vacuoles et de quelques globules non organisés, huileux ou autres. Le mode de propagation a lieu par voie de division spontanée transverse ou longitudinale.

1" Genre. TRICHODE. — Trichoda.

An. à corps ovoïde-oblong ou pyriforme , un peu flexible en avant, avec une rangée de cils dirigés en arrière et paraissant indiquer la préscncer d’une bouche.

Comme nous l’avons déjà dit précédemment (page 147) , le genre Trichoda de Müller était un amas confus d’infusoires et de Systolides , n’ayant de commun que la présence des cils apparents sur une partie plus ou moins considérable de leur corps. M. Bory avait déjà trouvé à établir un grand nombre de genres aux dépens de ces Triebodes ; M. Ehrenberg a mieux effectué cette séparation, quoiqu’il l’ait basée trop souvent sur des caractères supposés ; et il ne conserva sous le nom àeTrichoda qu’un genre très-peu nombr eux faisant partie de ses Polygastriques entérodélés nus , énantiotrètes ; c’est-à-dire des Infusoires sans cuirasse , ayant un intestin s’ouvrant au dehors par une bouche et un anus opposés , il le caractérisait en ajoutant que , la bouche terminale mais oblique , est souvent ciliée , que le corps n’est pas cilié, et qu’il n’a point de prolongement eu forme de tête et de cou. Plus récemment , en 1838, cet auteur a modifié la caractéristique de ce genre, en disant que les Triebodes ont la bouche obliquement tronquée avec une lèvre; c’est seulement ainsi qu’il les distingue des Actinophi’j's faisant également partie de la section de ses Enchéliens saus dents, sans cils vibratiles à la surface , mais qui auraient , dit-il , la bouche tronquée parallèlement et sans lèvre. Il ne comprend alors dans ce genre que six espèces , dont cinq observées trèsimparfaitement en 18Ü8 , pendant son voyage en Egypte et en Arabie, sont fort douteuses, et dont une seule, Trichoda

pura (1), observée plus récemment en Europe clans les infusions, paraît se rapjiorter à notre genre Acomia. M. Ehrenberg, en 1830, plaçait clans son genre Triehocle un^ septième espèce, Tr. caruium, c[u’il a reportée depuis avec les Leucopbres , parce qu’elle a tout le corps cilié , et qui, cependant, nous paraît bien mieux mériter le nom de Triebode.

Ce genre, que je propose pour conserver convenablement un nom créé par Millier, et fréquemment employé depuis, devrait ne comprendre cjue des Infusoires plus ou moins complètement ciliés, mais sans réticulation apparente ou sans disposition sériale des cils , comme les Acomia et les Enchelys ^ mais il se distinguerait de ces deux genres par la présence d’une rangée régulière de cils , analogue à celle qui accompagne la bouche des Kérones.

Les Trichodes qui sont encore des Infusoires d’une orga-

(l) M. Ehrenberg caractérise ainsi son genre Trichode : o Corps nu, bouche sans dents, munie de cils vibratiles , obliquement tronquée avec une lèvre, mais sans cou. » Il ajoute que les rapports organiques de ce genre sont incomplètement observés; il a cependant constaté l'intromission des substances colorées et en a conclu la position de l’anus, mais il déclare que les organes sexuels ont été imparfaitement observés , et que la division spontanée n’a été vue que dans la Tr. pyrum qui est une des espèces si incomplètement observées pendant son voyage en Arabie.

Sa Trichoda pura (.[ni. i838, Pl.XXXI,fig. 1 1 , p. So^), est ainsi décrite : « Corps oblong, en massue, aminci en avant, avec une bouche latérale et des estomacs petits. Elle se trouve abondamment dans les infusions végétales avec le Cyclidium ^laucoma . et ressemble beaucoup à la Leucophrys.pyrifovmis qui est un peu plus grosse et ciliée partout. Elle admet aisément dans son corps les substances colorées, mais elle se distingue des espèces analogues par ses très-petits estomacs au nombre de plus de vingt. Précédemment, dit-il, je confondais ces deux espèces, et je vis souvent au milieu de leur corps une tache ronde claire qui paraît être un testicule, et que depuis j'ai revue seulement dans la Leucophre. Cet Infusoire nage eu tournant lentement sur son axe puisqu'il a seulement peu d'organes locomoteurs. Une Leucophre,semblable vit dans les infusions fétides de chair, et l’on ])eut bien lui comparer aussi le GLauconm scinlillaiis elle Chilodou ciicuUiit. — Grosseur l/üo lig. (o,o3-5) , presque double de celle du Cyclidium, » M. Ehrenberg pense que celte espèce est une de celles que Muller a

nisatiou en apparence Tort simple, se trouvent surtout dans les. infusions et dans les eaux de marais conservées longtemps ou putréfiées.

I. Tricbode anguleuse. — Trichoda angulata, l’I. XI, fig. 8.,

Corps oblong, obliquement et irrégulièrement plié ou anguleux, ayant souvent une ou plusieurs vacuoles superficielles. — Longueur, 0,082.

Dans l’eau conservée avec des plantes marécageuses et déjà gâtée. Ce pourrait être la même espèce que la suivante.

* Trichoda pyrüm. — (Kolpoda ? Müller.)

Corps ovoïde , oblong, aminci eu avant ou pyriforme, pins épais dans un sens que dans l’autre. — Long de 0,020 à 0,061.

Cette espèce, qui se voit fréquemment dans les infusions fétides

confondues sous le nom de Kolpoda pyrum avec la Trichoda pyrum , les Leucophrys pyriformis et cnrnium , et avec divers degrés de développement des Glnucoma scintillans , Chilodoii cucullulus , Paramecium Kolpoda, etc. Il caractérise lui-même ainsi (1. c. p. 3o8) , sa Trichoda pyrum qu’il n’a vue qu’au mont Sinaï et qu’il représente grossie 20O fois et non ciliée : « Corps ovale , gonflé , subitement aminci et pointu en avant. » Long de 0,0225. «Tous les synonymes précédents , dit-il , sont incertains , et fon ne peut rien conclure des figures dans lesquelles les caractères ont été omis. Tout ce que j’avais précédemment considéré comme Trichoda pyrum .à Berlin, je suis maintenant plus porté à le rapporter à la Leucophrys pyr-iformis dont on ne peut apercevoir les cils de la surface, sinon quand on a délayé de la couleur dans l’eau : son mouvement a lieu en tournant lentement. La Trichoda para, quand elle vient de se diviser spontanément, peut présenter une forme analogue. »

Les Trichoda nasamonum , Tr. ovata , Tr. asiatica du même auteur, ont été observées seulement à la hâte en Egypte et en Arabie ; elles avaient d’abord été décrites comme autant d’espèces de Condylostoma , en 1828, dans les Symbolœ physicce de MM. Hempricht et Ehrenberg; une dernière espèce enfin , décrite en même temps par ces auteurs sous le nom de Trichoda celhiopica , est conservée sous ce nom comme douteuse; mais il faut se rappeler que ces quatre dernières espèces ne peuvent en aucune manière être comparées ni d’après les figures, ni d'apres les descriptions avec ce que nous connaissons.

IIISTOinE NATUHELLE

tic chair, est sans doute la même queM. Ehrenberg avait nommée, en i83o, Tricboda carnium, la croyant alors ciliée seulement au bord antérieur, et que depuis , en 1 838, il a inscrit au nombre de ses LeucophrCs (Z. carnium), parce qu’il a reconnu, seulement en i835, dit-il, quelle est ciliée partout, mais il admet que les cils de la surface forment environ dix rangées de chaque coté , ce qui véritablement serait un caractère de nos Infusoires ciliés à tégument contractile , et ce qui , je crois, a bien lieu pour son Leucophrj’s pjriformis, qu’on doit au contraire reporter avec les Glaucomes et les Kolpodes. Cet auteur décrit ainsi sa Lcucophrys carnium (Infus. Pl. XXII, fig, 5, p. 3i3) : « Corps ovale, oblong blanchâtre, un peu pointu en avant , avec des estomacs plus étroits. » 11 dit lui avoir reconnu récemment, comme organes sexuels, desœufsde un 2000° de ligne, 0,001 12, un testicule rond et une vésicule contractile simple, qui est sans doute la grande vacuole que moi-même j’ai vue aussi. 11 aobsei-vélefaitdela coloration artificielle , et indique un anus à l’extrémité postérieure ou il croit avoir vu un amas de substances excrétées. 11 a vu aussi la division spontanée en long et en travers,

2" Genre. TRACHÉLIUS. — Trachelius, Schrank.

Corps plus ou moins allonge , notablement rétréci en forme de cou en avant ; cils du bord antérieur divergents et disposés en crinière.

Le genre Trachelius a été établi par Schrank avec des Trichodes, des Aibrions et des Kolpodes de Müller, d’après le caractère d’un prolongement antérieur en forme de cou , comme l’indique son nom formé du mot grec Tpiyn^o;, cou. M. Ehrenberg, adoptant ce genre , le prit pour type de sa famille des Trachelina (1) , comprenant les polygastriques entérodélés allotrètes , ou spontanément divisibles en long et

(1) La famille dos Trachelina Ae M. Ehrenberg ainsi caractérisée est divisée en huit genres de celle manière : ceux qui onl la bouche dentée sont les Chilodons ou les Nnssula , suivant que la lèvre supérieure est ou n’est pas prolongée. Ceux qui ont la bouche sans dents, mais avec une lame vibralile , sont les Glaucoina ; les autres sans lame vibratile à la bouche, sont les Phialina, dont le front est prolongé eu ma-

cn travers ,• qui ont la bouche inférieure et l’auus terminal ; puis il distingua ce genre de ceux qui sont aussi sans dents et sans couronne de cils, parce que sa lèvre supérieure ou son front est alongé, cylindrique ou déprimé, et se prolonge en manière de trompe étroite. Plus tard , en 1838, il l’a caractérisé ainsi : « Corps cilié partout, bouche simple inerme, lèvre supérieure très-longue en forme de trompe. » En ajoutant que les cils de la surface n’ont été vus par lui que dans cinq de ses huit espèces , et que le prolongement cn forme de trompe qui porte la bouche non à son sommet, mais à sa base sert principalement ou accessoirement à la locomotion. Il a observé le lait de la coloration artiücielle dans quatre de ses espèces, et attribue un suc digestif rouge-pide à son Tr. nieleagris ; il leur attribue des œufs, des testicules ronds ou ovales et une seule vésicule contractile ; il a pris le phénomène de la diffluence pour la ponte chez deux de ses espèces , et enfin , nonobstant sa définition de 1830 , suivant laquelle la division spontanée devait avoir lieu de deux manières , il déclare avoir vu seulement la division spontanée transverse dans deux espèces.

Pour nous, qui à la vérité ne pouvons voir de vrais Trachelius dans toutes les espèces de cet auteur, nous n’attribuons pas une organisation aussi complexe à ces animaux; bien loin delà: les Trachelius nous semblent dépourvus de tégument contractile ou réticulé distinct ; leur corps se compose d’une substance glutineuse, contenant des granules inégaux et irrégulièrement renflée en nodules formant quelquefois des rangées; quand ils meurent sur le porteobjet du microscope, ils s’aplatissent et s’étalent en laissant seulement des granulations irrégulières. En avant, ils ont, comme nous l’avons dit, une sorte de crinière formée par

nière de tenon; les Spiroslomum , dont la bouclie est en spirale. Les 7'rncheUus , dont la lèvre est prolongée cn forme de trompe ; les Loxodes , dont la lèvre est aplatie et dilatée cn fer de hache ; et les Bursaria, dont le dos se prolonge en manière de front convexe au-dessus de la bouche.

lIISTOUUi NATUIŒLLK

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des cils plus loris que ceux du reste du corps, mais ils ne montrent pas de bouche distincte ; en arrière , on voit souvent une vacuole assez grande. Les cils de cette crinière sont d’ailleurs seuls visibles sur plusieurs espèces.

Les Trachélius se trouvent dans les eaux stagnantes ou putréfiées, douces ou marines ; on en voit quelquefois aussi dans les infusions artifieielles.

I. Tbachélujs étroit. — Trachélius slricius. — Pl. Yll, fig. 8.

Corps filiforme, un peu pointu aux deux extrémités , avec des cils visibles en avant seulement. — Longueur, 0,063.

J’observais, au mois de février i836 , cette espèce dans un flacon où je conservais de l’eau de Seine, avec des débris de végétaux et des Lemna.

2. Trachélius cylindrique. — Trachélius ieres. — Pl. Yll, fig. g.

Corps filiforme, cylindrique, obtus en avant, aminci et pointu en arrière , cilié au bord antérieur seulement. — Longueur, 0,15. — Marin.

Dans l’eau de mer stagnante avec des Ulves à Cette, le i'^ mars 1840. Cette espèce diffère de la précédente par son habitation et par sa taille , il faudra que des observations ultérieures fassent connaître d’autres caractères.

3. Trachélius LAMELLE. — Trachélius lamella. — Pl. VII, fig. 10.

Corps très-alongé, déprimé, ou en forme de bandelette flexible, un peu plus large et obtus en arrière, cilié au bord antérieur seulement. — Longueur de 0,13 à 0,18. — Marin.

J’ai vu fréquemment cette espèce, en octobre i835, dans l’eau de mer où étaient morts depuis peu quelques Zoophj'tes des côtes de la Manche. Il était souvent un peu tordu sur lui-mème.

4. Trachélius faux. — Trachélius faix. — Pl. VI , fig. 8, 9 et 17.

Corps alongé , déprimé , lancéolé ou sigmoïde , variable , plus étroit et un peu recourbé en forme de faux en avant ; cilié partout, avec une ou deux vacuoles en arrière. — Longueur, 0,o62.

DES INFUSOIliES.

^lOl

Je réunis sous ce nom plusieurs Trachclius ilo ibrme vaiialtle, prenant parfois d’une manière plus ou moins distincte la forme d’une lame de faux , uu peu obtuse à l’extrémité ; mais pouvant aussi en se contractant se rapprocher beaucoup de l’espèce suivante. J’ai vu dans ces Infusoires des vacuoles remplies de granules de carmin une demi-heure après avoir ajouté cette couleur au liquide où ils nageaient. Je les ai particulièrement étudiés daais l’eau de pluie ayant séjourné au fond d’une auge eu pierre avec des feuilles mortes , au mois d’avril ; et dans l’eau des ornières et des fossés au nord de Paris, le i5 novembre i838.

5. Tbacuélics anaticule. — Trachclius anaiicula, PI. VI, fig. i6.

Corps pyriforme, aminci et aloiigé en avant, quelquefois en forme de flacon à long goulot, cilié partout, avec une grande vacuole en arrière. — Longueur de 0,05 à 0,09.

Je l’ai vu dans des eaux de marais conservées de[iuis plusieurs mois avec des herbes , et dans l’eau des bassins du Jardin du roi , au mois de novembre. J’ai vu plusieurs fois deux individus collés latéralement pendant plus d’une heure ; l’un était un peu plus avancé que l’autre, et je ne pouvais voir là ni un accouplement ni un fait de division spontanée, mais simplement un fait d’agglutination fortuite, et une preuve de l’absence d'un tégument.

M. Ehrenberg observa, en i8-32, ce même Infusoire qu’il décrivit dans son troisième mémoire; il le distingue seulement des Leucophres, parce qu’il y reconnaît une sorte de bouche, que moi-même je n’ai pu apercevoir. Cet auteur d’adleurs reconnaît que le Trachélius anaticule ne peut avaler de couleurs; il j nomme vésicule séminale la grande vacuole postérieure. Il assure i avoir aperçu, dans la partie trouble du corps , le contour peu distinct des estomacs et les œufs, enfin, il termine en disant que les cils forment dix à douze rangées sur chaque moitié de la surface , et il renvoie à la comparaison de la Trichoda pj'rum et de la Leucophra pyriformis.

INfUSOIKES.

3» Genre. ACINÉRIE. — Acincria.

Corps oblong, déprimé ou lancéolé, avec une rangée de cils dirigés en avant sur un des côtés qui est recourbé obliquement en lame de sabre.

Je crois devoir indiquer, comme pouvant former un genre particulier, quelques Infusoires qui se distinguent des Trachélius par la disposition de leur rangée de cils et par leur courbure en avant. Ils paraissent dépourvus de bouche comme les Traebélius, et c’est là surtout ce qui les distingue des Pélécides , qni ont une forme analogue.

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