L'OCÉANIE PARADOXALE ? OCEANIA PARADOXA ? Péron, n
Ombrelle subhémisphérique , déprimé ; ovaires simples et linéaires ; estomac... bras... rebord entier; tentacules très-nombreux, très-fins et très-courts ; couleur hyaline, tentacules rouges; 2-3 centimètres.
Habite les côtes de Nice. |
119. L'OCÉANIE MICROSCOPIQUE , OCEANIA MICROSCOPICA , Péron, n° 62. (Glatten beroe, Slabber, Phys. belust., p.46, tab. 11, fig. 1, 2, 1781.)
Ombrelle hémisphérique ; quatre ovaires filiformes ; un diaphragme au pourtour intérieur de l'ouverture de l’ombrelle; deux tentacules trés-longs ; hyalino-bleuûtre ; l'estomac, les ovaires et les tentacules d’un jaune-brunâtre; microscopique.
Habite les côtes de la Hollande.
120. L'OCÉANIE HÉTÉRONÈME ? OGEANIA HETERONEMA ? Péron, n° 63.
Ombrelle hémisphérique ; quatre ovaires filiformes ; un diaphragme au pourtour intérieur de l’ouverture de l’ombrelle; douze tentacules, dont dix très-courts, entremélés de dix petites glandes ocelliformes ; hyalin ; microscopique.
Habite les côtes du Havre.
42e GENRE. PATÈRE, patera, Less.
Ombrelle cyathiforme, par conséquent concave en dessus, garni de larges festons réguliers, festonnés eux-mêmes sur les bords. Sac stomacal central, émettant des vaisseaux fins et droits, rayonnant du centre à la circonférence et disposés par faisceaux de six, séparés les uns des autres par un intervalle plein. L’estomac s’avance en dessous dans un prolongement conique, sillonné de vaisseaux où s'ouvre la bouche qui est arrondie et que bordent de longs tentacules membranacés, rubanés et trèsentortillés. :
121. LA PATÈRE CÉRÉBRIFORME , PATERA CEREBRIFORMIS. Dianœæa cerebriformis, Less., Zool. Coq., p. 124, pl. 10.
Hyaline, charnue, à tentacules buceaux nuageux , déliés, terminés par des houppettes ponctuées et coniques : atteint une très-grande taille.
Habite l’Océan Atlantique.
L’individu figuré avait des anatifes (alèpes) attachés au disque sur la face supérieure.
Nous rencontrâmes cette méduse, le 25 septembre 1822, sous l’équateur même, dans l'Océan Atlantique. La température était chaude, la mer très-belle, et nous nous trouvions alors par 25 degrés de longitude occidentale.
L'ombrelle de cette espèce, au lieu d’être en parasol comme chez la plupart des méduses, est, au contraire, creux au centre de manière à imiter un vase antique. Cet ombrelle est donc concave supérieurement ou est infundibuliforme, se relevant sur les bords qui sont convexes, puis qui se surbaïissent pour se découper en féstons , festons ou lobes qui occupent l'épaisseur d’une membrane circulaire étroite, etiqui sont eux-mêmes découpés en quatre ou cinq festons plus petits. Le parenchyme de l’ombrelle est sur toute sa surface, qui est d’un blanc mat, couvert de stries rayonnantes d’un blanc hyalin et rapprochées par faisceaux de six, faisceaux séparés par un intervalle assez grand. Ces stries n’occupent que le cercie de la portion moyenne de l’ombrelle, et communiquent sur le pourtour avec un vaisseau de même couleur qu’elles et qui les réunit toutes. De chaque dentelure de la circonférence naissent en dessous des festons membraneux, et en s’attachant sous je vaisseau aérifère circulaire, les tentacules qui sont excessivement nombreux, parfaitement blancs, très-longs , très-grêles et arrondis. Ces tentacules paraissent creux à l’intérieur, ou du moins à travers leurs parenchymes d’un blanc mat, se dessine une tube capillaire d’un blanc nacré trés-brillant ; ce tube parait même décrire une légère spirale.
MÉDUSAIRES. 3923
L’ombrelle est donc entièrement hyalino-albide, tandis que les stries qui rayonnent sur Sa surface sont d’un blanc argentin je plus brillant. Dans la concavité et au centre même de la périphérie de l'individu que nous primes, était attaché par un pédoncule soudé avec la substance propre de la méduse un paquet de mollusques de la famille des anatifes ; et que nous avons figuré sous le nom de {réton fasciculatus et que nous avons décrit dans la Zoologie de la Coquille.
Le corps de la dianée cérébriforme est court, évasé sous l’ombrelie et assez brusquement tronqué ; il est percé à sa partie moyenne d’une large ouverture, réguliérement arrondie, autour et au-dessus de laquelle le corps se divise en quatre troncs bifurqués, d’où partent huit bras. Ces bras sont formés par des canaux rubanés excessivement entortillés, d’une délicatesse extrême, membraneux, colorés en gris au milieu, tandis que leurs corps sont côtoyés par deux tubes d’un blanc nacré, dans lesquels montaient des bulles d’air ayant le même aspect que des globules de mercure descendant dans un tube capillaire de verre. Sur ces rubans s'attache une membrane singuliérement ténue, froncée, plissée sur elle-même, de manière à donner une imitation parfaite des plis mésentériques des intestins, ou plutôt simulant les anfractuosités de la surface pulpeuse du cerveau. Chacun de ces bras, dont la longueur est si considérable lorsqu'ils sont détendus, ce qui arrive très-rarement , se termine par un épi allongé de tubes cylindriques subulés à leur sommet et plus épais à leur attache. Ces tubes, qui pourraient bien être des organes de tact, sont très-irritables, car il suffit de les toucher pour faire opérer de suite une contraction de tout le bras, et dans ce mouvement ils sont entiérement cachés dans les replis qui simulent une boule encéphalique.
Quant à sa coloration générale , cette méduse, de grande taille, est d’un blanc de porcelaine que relèvent les stries nacrées ou cristallines du corps et de l’ombrelle ; les contours des bras sont, au contraire, nuageux ou Vaporeux.
L'ombrelle est très-épais, et son diametre est de 18 pouces et plus. Le zoophyte entier pesait plus de 30 livres. Le tissu des bras se déchire avec la plus grande facilité, et nous parvinmes avec des peines infinies à en conserver pendant quelques jours un individu vivant dans une baignoire remplie d’eau de mer renouvelée plusieurs fois par jour. Nous n’en rencontrâmes pendant tout le voyage que trois individus : le premier avait les anatifes membraneux que nous avons indiqués, attachés sur son ombrelle, et le second tenait captifs dans ses bras plusieurs petits poissons déjà à moitié digérés. Ces poissons, enlacés dans le réseau de la méduse, n’y avaient-ils été portés que par hasard? d’ailleurs les méduses vivent de chair animale à la manière des physales ou d’autres zoophytes.