‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 184 sur 328 · L'AURÉLIE AURICULÉE, AURELIA AURITA · texte numérisé non relu

L'AURÉLIE AURICULÉE, AURELIA AURITA

Lamarck, Syst. de anim., IT, p. 513, esp. 3 : Hemisphærica, depressa, margine tentaculis numerosissimis brevissimisque ciliata; brachiis quatuor prœlongis, membranis undato-crispis hinc alatis. — Aureliarosea, Péron, Méd., esp. 88, Ann., p. 358 : Ombrelle subhémisphérique, déprimé; réseau vasculaire d’un rose très-pâle; rebord simple, garni de tentacules très-nombreux, três-courts et roussâtres. Ovaires semi-lunaires, de couleur rose; auricules brunes. 10 centimètres. De la mer Baltique. — Medusa aurila, Eschsch., Ac., p. 61 : Hemisphærica, brachiis lanceolatis membrana duplici filamentosa instructis. — Medusa orbiculo subtus quatuor cavitatibus notato. L., Fauna suecica, p. 368, esp. 1287, et 2° édit., n°2109: Corpus pellucidum gelatinæ inslar, extus Ccouvexum, sublus concavum , margine subciliato : subtus in centro quadruplex cavitas. Sinçula arcuata el cincia opaca linea, constante punctis plusquam viginti paralleiis ; e centro orbiculi quatuor prodeunt falces, margine exteriore ciliatæ. In tergo corporis e centro plurimæ venæ pallidæ. Habitat ubique in mari : ad solem lucentes tanquam stellæ in mari. Tactu urentes. Vulgo : urtica marina. Suecis : Manet : Oelandskresa, 160 ; Lachesis, Lapponia, |, 338, avec figure. — Medusa, il. œl., Linné, Syst., [, 1097. — Medusa aurita, Gm., esp. 4, p. 3153 : Cavitatibus subtus quatuor : habitat in mari Baliico Oceano : hemisphærica hyalina. 2-4 pollicum diumetro ; pisciculis et scorpiorum præsertin pullis victitans ; cavitatüm corporisque marginalibus ciliatis flavis. — Medusa aurita, Müller, Zool. dan., pl. 76, fig. 1-3, et pl. 77, fig. 1 à 5 (1780); Prod., n° 2820 : Orbicularis, subius quatuor cavitatibus. — Modeer, N. Abh. Schw. Ac., 1790, 12, 163. — Bonat., Encycl., pl. 94, fig. 1 à 3. — Bomard, Dict., ILE, 112, 2. -— Medusa awrila, Bosc, Pers, TE, 167,

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esp. 1 : Quatre cavités en dessous ; quatre bras frangés. — Merret, Pin., 195, pl. 76 et 77. — Gaëde, Medusen, t. 1, s.12. — Ehrenberg, Anat. de la medusa aurita, Ann. sc. nat, L. IV, p. 29. — Meckel’s, 4rch. physio., VIII, 569, pl. 4. (Voyez ce Mémoire, p. 242 de ce volume. — Baer (Isis, 1826, p. 847, pl. 6). — Cyanea aurita, Guvier, Règne animal, IV, 56. — Chamisso et Eysenh., Ac. leopol. de cur., t. X. — Rosenthal, Zeits. für phys., t. 1, p. 318, pl. 12 (1825); Bull. Feruss., IX, 253, art. 223. — Cyanea aurita, G. Cuvier, Milne Edwards, pl. 56, 11° liv. du Règ. an. — La planche de Milne Edwards, faite sur le vivant, représente cette méduse réduite de moitié; Milne Edwards ajoute : « Il me paraît y avoir quelques différences entre cette méduse et la medusa aurita, figurée par Müller, et si bien étudiée dans ces dernières années par Ehrenberg, mais elles ne sont peut-être pas suffisantes pour létablissement d’une distinction spécifique ; ainsi dans la variété représentée ici, la forme des organes qui portent les points oculiformes, n’est pas exactement la même que celle représentée dans les belles planches de M. Ehrenberg, mais il est possible que cela dépende de quelque différence d’àge. » — Urtica sexta , Aldrovandi, liv. XIV, p. 574. — 6° espèce d’ortie, Rondelet, Poiss., p. 384, 1. 17. — Jonston, Aguat., pl. 19. (Figure copiée de Rondelet.)

Ombrelle hémisphérique, déprimé ; ovaires rosés; bras Jancéolés munis d’une duplicature membraneuse fimbriée ; coloration pâle, hyaline rosée : varie en densité.

Habite la mer Baltique. Chamisso l'indique dans les mers des îles Radack et d'Unalaschka , dans la mer du Sud. Müller lui donne pour noms suédois ceux de Æuid-blank gople, Soë-nelde et Kiobmandshuer.

Rondelet dit : « J’ai vu, près d'Agde, cette espèce d’ortie semblable aux autres de vie et de vertu ; elle n’a que # pieds ou branches plutôt,

Sn e—

! Sur le pulmone marino, par Johannes Jonston, D. M. (Hist. nat. de exanguibus aquaticis, libri IV, cum æneis figuris. Francf. ad Mœnum, 1650, p. 74, pl. 19.) « Inter testacea quidem pulmonem marinum posuisse Aristoteles videtur : Plinius tamen inter zoophyta recensuit, quem nos sequimur. Pulmo marinus dicitur ita vel a pulmonum nostrorum figura, vel ab eorundem substantia laxa, et molli, foraminulisque plena. Kiranidis interpres cunnum marinum exponit, et sic pro urtica soluta, sed falso, sumere videtur.

« Sane decoctum pulmonis commendant medici : at urticæ substantia est nimis mollis, et pituiltæ concretæ similis, qua in aquam abit; el nec in cinerem redisi, nec in aqua decoqui, corpore aliquo superstite potest.

« Descriplionem ejus vix ex antiquis obtineas. Plinius per mare ferri ubi imminet tempestas, pluriumque dierum hyemem portendere scripsit : Ephesius vero non adhærere, sed absoluta esse, addidit. Commendantur ad pylos evellendos. In äceto putrefacto et mento aspersæ carnes, fugam illorum facere dicuntur. Cinis alligatus egregie profluvia purgat. Decoctus vero in aqua, calculosis medetur. Lignum si eo confricetur, ardere videbitur, ut sua luce faculam quoque vincat. Rondeletius invenit substantiam quandam saxis bærentem, Corio duro et nigro intectam, intus mollem fungosam et fistulosam aplysiarum modo. Vel inquii puimo marinus dici potest, corpus quoddam rotundum, pilæ marinæ modo , virescens, foris substantia filtro simile, intus totum fistulosum, veluti spongia aplysia. In mari aqua plenum est et grave : extra mare in se concidit, ot flaccescit : in saxorum rimis delitescit et inter algas. »

350 ACALÈPHES, plus longues que toutes les autres ; au-dessus de l’autre partie, il y à des figures ovales, disposées en tonne d'étoiles.

M. Weber, naturaliste all lemand, a fait ne quelques faits nouveaux conBrmant la propriété attribuée aux méduses d’irriter nos lissus. Il rapporte que plusieurs personhes, se baignant auprès du bâtiment où il se trouvait, furent atteintes de douleurs très-vives, causées par le contact des méduses. Suivant M. Weber, c’est plutôt par la sécrétion des liqueurs irritantes que par des propriélés électriques que ces animaux sont à craindre. Il peut arriver, si l’on touche longtemps les méduses, que les mains se couvrent de pustules, qui ent en apparence certaine ressemblance avec la lèpre. ( Âfém. encycl. et Echo, n° 67, 10 juillet 1835.)

Rosenthal, pour l’anatomic des méduses, a fait ses recherches sur la medusa aurila, L., qui se trouve en tout temps dans la mer Baltique, près de Greifswald, et en nombre fort considérable. Dans toutes les saisons de j’année, on en voit de grandeurs fort différentes, depuis 1 pouce jusqu’à 5 pouces de diamètre. Les ieuncs différent considérablement des adultes par la longueur de leurs bras, qui, dans les individus qui n’ont qu’un pouce, n’existent même pas du tout, et l’on ne trouve chez ces mêmes individus, à la face inférieure du corps, que le rebord quadrangulaire qui entoure la bouche. Il est rare de rencontrer des individus à cing bras, et quelquefois on en voit qui en ont six.

La vitalité de ces animaux est très-grande : coupés par morceaux, chaque partie se meut encore longtemps, et surtout lorsque l’eau, dans laquélle on les tient, reste pure el sans mélange d’eau douce, tandis que les individus entiers périssent promptement lorsqu'on ne renouvelle pas souvent l’eau, ou lorsqu'on les place dans de l’eau douce.

L'auteur a cherché en vain un système nerveux ; il n’en a pu découvrir aucune trace, et il pense que les méduses en sont dépourvurs, cu, pour mieux dire, que la substance médullaire n’est point distincte des autres organes.

Quoique M. Rosenthal entre dans des détails assez grands sur la structure de ces animaux, son Mémoire ne renferme d’ailleurs rien qui soit nouveau, et il serait difficile d’en faire un extrait, ( Bullelin des Seiences naturelles, 2e sect., tom. IX, p. 253.)

Observations de M. Sars sur un actinozoaire des côtes de Bergen ( Norwège), décrit, par ce naturaliste, sous le nom de s{rebila. (Annales françaises et étrangères d’ Anatomie el de Physiologie, tom. II, n° 2, mars 1838, p. 81 et suiv.)

Pendant l’été dernier (1837), M. Sars, naturaliste norwégien de Bergen, a communiqué à l’Institut de France { Acad. des Sceien.) un extrait de ses curieuses recherches sur les animaux inférieurs que lui a fournis le littoral qu’il habite. El a été question, dans !e premier volume des présentes Annales, de ces nouvelles observations de M. Sars. Nous avons pour but, dans ce second article, de

MÉDUSAIRES. 301 réunir ce que l’auteur a publié sur l’animal qu’il appelle s{robila, soit dans un ouvrage norwégien ‘ fort rare chez nous, el d’ailicurs à la portée d’un très-petit nombre de lecteurs, à cause de Ia langue dans laquelle il est écrit, soit enfin dans des communications plus récentes. M. Sars est, en effet, arrivé actuellement à ce résultat fort remarquable, que le strobila, qui représente d’abord un polype, puis une sorte de méduse composée, se désagrége enfin en divers corps médusiformes, tous doués d’une vie propre, et qui ne sont autres que des jeunes d’une méduse déjà connue, la medusa aurila, qui vit dans les mers du Nord et dans la Baltique.

Voici comment s'exprime M. Sars dans l'ouvrage précité :

« C’est en 1829, dans un ouvrage intitulé Bidragtil Soëdyrenes JVaturhistorie (p. 17-26), que j'ai fait connaître pour la première fois l’espéce d’acaléphe composé que j'appelle s{robila. Depuis lors, en août 1830, j'ai eu l’occasion d'observer une seconde fois cet animal à Ja fois rare et curieux ; j’ai pu ajouter dé nouveaux détails à ceux que j'avais publiés, et faire à ces derniers quelques rectifications, Ainsi il m'est démontré à présent que le genre que j'indiquais alors comme particulier, en le nommant scuphis(oma, n’est autre que le strobile dans son jeune âge.

« En effet, le strobile à cette époque ressemble tout à fait à un animal de la classe des polypes. fncapable de se mouvoir, il cest fixé aux fucus. Sa longueur égale -: ou £ de pouce, et son épaisseur -L ; il est cylindrique, mais un peu plus épais en haut, et atténué au contraire à sa base, de maniére à représenter un gobelet; sa surface est lisse et sa substance tout à fait gélatineuse. Son extrémité supérieure présente de vingt à trente tentacuies (différents individus m’en ont présenté vingt-un, vingt-quatre cu vingt-sept), égalant le corps en longueur, filiformes, atiénués à Icur pointé et disposés sur un seul rang. Ces

: Beskrivelser og Jagttagelser, etc. Descriptions et observations relatives aux animaux les plus intéressants, polypes, acalèphes, radiaires, annélides et mollusques, qui vivent dans la mer, près Bergen; petit in-4°, avec 15 planch. Bergen, 1835.

Quoique ce livre soit publié depuis bientôt sept ans, il n’en a pas été question dans aucun de nos journaux périodiques, et on n’en connaît chez nous que l'extrait relatif aux polypes et aux radiaires , que M. de Blainville en donne dans les nouvelles additions de son fanuel d’'Actinologie.

« Genus strobila, Sars. Species str. octoradiala.

« Animal prima ætate polypiforme, cylindricum, inférne attenuatum, basi affixum , ore proininente tubuloso tentaculis uniformibus uniserialibus circumdato ; deinde rugss transversalibus sese dividens in permultas partes æquales, quæ tandem animalia evadunt (e classe acalepharum). Hæc animalia, quorum alterum sua superficie superiore in alterius inferiore superpositum, ila ut seriem forment perpendicularem, sensim sese deripiunt (primum superiora, deinde gradatim inferiora) a trunco coMmuni. Animal liberum disci formam refert, margine radiata ; ore tubuloso, tetragono. »

tentacules sont mobiles dans tous les sens ; si on les touche légerement, ils restent mobiles ou se courbent sur le côté ; mais lorsqu'on les irrite davantage, ils se réunissent en un seul faisceau, se replient vers la bouche, mais jamais, lors même qu’ils se sont réduits au sixième de Jeur volume, ils ne rentrent dans le corps. A la même extrémité et au milieu des tentacules disposés en cercle autour d’elle, se trouve la bouche de l’animal ; s’il n’est pas inquiété, il la porte au denors sous la formie d’un tube un peu quadrangulaire et plus large au sommet, dont je pourtour est entier. Il en agite continuellement l’ouverture, soit pour la rapprocher de la base du tube lui-même, soit pour len éloigner, soit pour la porter de côté. Mais si l’on touche Panimal, il contracte aussilôt sa bouche. Celle-ci est remarquablement dilatable, et quelquefois elle égale le corps en diamètre. Quant à ce dernier, il n’est pas moins contractile ; car l’animal irrité vivement peut le raccourcir de moilié et même plus ; dans ce cas, son épaisseur augmente d'autant, et par l’orifice de la bouche, alors trés-élargie, on distingue tout l’intérieur du corps ; ce zoophyte, de même que le polype à bras (l'hydre), manque de canal intestinal. Voici tout ce que j'ai appris sur le premier âge des strobila; plusieurs individus dans cet état étaient fixés aux fucus parmi d’autres plus avancés.

«Je fais commencer le second âge à l’époque où des plis se développent sur le corps du polype. J’ai d’abord observé à la partie supérieure du corps un seul pli transversal. Mais le nombre s’en accroit bientôt ; à mesure que l'animal prend une forme cylindrique et qu'il se développe, il est déjà plus grand d’un quart de pouce. Ces piis sont constants, réguliers, également distants et semblables à des canaux dont le corps serait environné : à cette époque ils sont encore lisses.

«Mais peu à peu ces anneaux ou, si vous aimez mieux, ces sillens, se disposent en petites lanières, au nombre de huit, dichotomes à leur sommet, et qui, lorsque l’animal a pris tout son développement, forment autant de rayons; elles sont libres, dirigées en haut, et disposées de telle sorte que, celles de tous les anneaux se correspondant régulièérement, le corps semble marqué de huit côtes longitudinales. Dans un même polype, j’ai compté, outre ceux de la partie inférieure, qui n'avaient pas encore pris d’appendices laciniés, jusqu’à dix et douze anneaux pourvus de rayons.

« Arrivons enfin à la quatrième période, celle qui voit le polype se diviser, et chacun des anneaux de son corps, peu à peu désunis, former chacun un être distinct. Cette séparation, qui commence par la partie supérieure, se Continue ensuite aux anneaux supérieurs : toutefois, je n'ai pas encore observé comment se détache le premier de tous ces anneaux, celui qui, au lieu d’appendices bipartis, présente les tentacules dont il a été question plus haut; mais il ne me paraît pas improbable qu’il te Lombe comme un polype ordinaire, et qu'il se fixe de nouveau aux fucus pour traverser de nouveau les mêmes phases de

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développement el se partager ensuite de la même manière. Au contraire , j'ai vu souvent la séparation des anneaux suivants, qui tous, excepté le dernier, qui reste fixé, présentent exactement la forme d’animaux de la classe des acalèphes , et sont disposés de telle sorte qu’unis verticalement.entre eux, la face convexe de chacun est toujours en rapport avec la face concave de celui qui est au-dessus. Leurs rayons, comme nous l’avons fait remarquer ci-dessus, sont alors dirigés en haut et mobiles. J'ai compté jusqu’à quatorze de ces animaux bien développés et empilés les uns au-dessus des autres. Tous sont, exactement semblables, excepté le dernier, dont le côté convexe se prolonge en un pédicule qui sert à fixer aux fucus toute cette association. Dans plusieurs individus, j’ai constaté la formation de nouveaux êtres au moyen de ce pédicule. Voici Les dimensions d’une série de douze individus ; hauteur, 1 de pouce ; épaisseur, +. En soumettant la réunion au microscope, je distinguais les mouvements de contraction et d’extinection au moyen desquels chaque disque en forme d’acalèphe se sépare des autres. En effet, quoiqu’alors aucun frein organique ne les retienne entre eux, ils sont très-étroitement unis, et lorsque je voulais les séparer, j’éprouvais plus de résistance que n’en présentent ordinairement ces êtres gélatineux. Si on abandonne l’animal à lui-même, l'individu d’en haut se sépare, le premier après » ou au plus {5 minutes; les suivants ne tardent pas à se détacher aussi, et en une demi-heure ou une heure, la masse est désagrégée. Pendant ce temps, ils se dilatent et se contractent avec force. Lorsque je tenais plus longtemps dans la même eau les groupes de ces animaleules, ils paraissaient inquiets et ne tardaient pas à se séparer. Aprés leur dispersion , ils voguaient au milieu du liquide avec vivacité ; mais avant la désagrégation le mouvement du corps commun résulte uniquement des mouvements de systole et de diastole des animalcules ; chaque animal agite isolément ses rayons, de manière que si l’on en touche un, il les contracte seul, les autres individus les laissant épanouis ; cependant, sous l'influence d’une plus forte irritation, toute la masse se contracte. Retirée du lieu où elle avait pris naïissance, cette masse commune ne se fixe pas de nouveau. Toutes les fois

ue j'ai fait cet essai, cile’est tombée au fond du vase et s’y est divisée ; ajoutons qu’une fois séparés, les animaleules disciformes qui la composaient ne se réunissent plus.

« Lorsqu'ils sont désagrégés, ils sont mous et gélatineux ; contractés, ils prennent une forme bémisphérique ; étendus , ils sont aplatis et disciformes, mais cependant toujours un peu convexes en dessus , et concaves en dessous , également lisses à leurs deux faces et sans côtes saillantes. Leur pourtour est divisé par huit rayons aplatis , profondément séparés entre eux. Chaque rayon est partagé dans son milieu en deux parties acuminées ; il n’y à ni bras, ni cirrhes marginaux. Au centre de ja face supérieure est la bouche, laquelle est quadrangulaire, en tube allongé, égalant le quart du diamètre de l’animal , et

tout à fait semblable au même organe, dans le jeune âge du strobila; lorifice de la bouche est de même simple et quadrangulaire, et la boucbe qui est mobile est tantôt rétractée et tantôt contournée, de telle sorte qu’elle ne parait plus que comme une valvule cruciforme.

« À la face inférieure de chaque rayon, au lieu même ou il se bifurque, est fixé un corpuscule oblong ou pyriforme , hyalin, et dont la partie la plus large, par laquelle seule il est fixé au rayon, est tournée en dedans, tandis que Pautre plus étroite , terminée par un stigmate peu évident et légèrement avancé entre les deux lanières du rayon , pend librement. Ces corpuscules marginaux sont certainement analogues à ceux des acalèphes de l’ordre des déscophoræ phanerocarpæ d’Eschscholtz, et dont on ignore encore la nature et les fonctions.

« De l'estomac partent seize canaux semblables à de simples filets qui paraissent destinés à porter aux diverses parties du corps le suc nourricier. Les plus grands vont aux corpuscules pyriformes, ils ont trois ou quatre ramifications, Les plus petits ne m’ont pas paru subdivisés ; ils aboutissent aux échancrures qui séparent les rayons. Un peu en dedans de l’orifice buecal, on distingue quelques cirrhes libres dans l’estomac ; ils sont plus épais à leur base, et leur extrémité est atténuée; tantôt il y en a quatre, séparés par des intervalles égaux, tantôt huit; ils s’agitent lentement et se contournent dans toutes les directions. Pour Eschscholtz, ce seraient les conduits ovariens ; dans le strobile , ‘ils sont proportionnellement plus grands que dans les autres acalèphes.

« On peut attribuer à l’âge les variations de leur nombre. La teinte de ces animaux est partout lavée de rouge , ou plutôt hyaline , et généralement piquetée de petits points rouges ; les canaux qui partent de Vestomac sont d’un rouge plus intense. D’autres fois, la couleur est tout à fait hyaline. Ils nagent avec rapidité au moyen de mouvements de systole et de diastole, c’est-à-dire en contractant leurs rayons vers la bouche et les en éloignant ; qu’ils aillent verticalement ou horizontalement, ils portent toujours en avant la face convexe de leur corps. Souvent ils s'arrêtent immobiles, suspendus dans le liquide, ou bien ils descendent lentement comme s’ils se laissaient tomber, et ils restent immobiles au fond de l’eau, jusqu’à ce que, soit par leur propre volonté, soit par l'influence d’un excitant quelconque , ils se mettent de nouveau en mouvement.

« Si on touche un de ces animaux lorsqu'il nage, il replie aussitôt ses rayons vers sa bouche, prend une forme hémisphérique, et descendant ainsi jusqu’au fond, il reste quelque temps avant de s'épanouir. Toutefois, il ne tarde pas à le faire si on ne l’inquiète point, et quelquefois même il ouvre ses rayons en tombant.

«Les rayons son£ ordinairement au nombre de huit ; cependant j'ai vu des individus qui en présentaient quatre, six, sept, neuf, Gix, Qu même douze. Chez tous ces strobiles, néanmoins, les rayons étaient dichotomes, et il y avait des corpuscules marginaux pyriformes , une

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bouche tubuleuse et exerte, el tous les caractères précédemment indiqués. Quelques-uns ont leurs rayons plus courts que ceux des autres. |

« Dans ces êtres, la vie est plus tenace que chez le reste des acaléphes. J'ai pu en tenir plus de cent pendant huit jours dans la même eau de mer ; ils y nageaient avec vivacité. Mais après cette époque, leurs mouvements étaient moins rapides , ils s’élevaient ayec moins de vigueur , et pour la plupart, ils mouraient vers le douzième ou treizième jour , raissant pour tout résidu une gelée peu épaisse ; au quatorzième jour , quelques-uns survivaient bien encore , mais leurs mouvements étaient d’une extrême lenteur.

« La grandeur de ces acalèphes entre deux rayons opposés est d’un huitième de pouce ; chaque rayon a un vingt-quatrième et la bouche un trente-deuxième. On les trouve dans la baie de Bergen, fixés par leur base à la face inférieure des fucus. Quoiqu’ils y soient communs, on se les procure difficilement, et je ne les ai observés que deux fois pendant les étés de 1829 et 1830. Depuis lors , je n’ai pas exploré de nouveau la lacalité qui me les avait fournis et je ne lies ai rencontrés dans aucune autre. Devenus libres, ils ont une grande analogie avec l’'ephyra ocloradiala , Eschsch.; mais la bouche, les canaux et la posilion des corpuscules marginaux ne sont pas semblables.

« Ainsi, pour résumer , le strobile nous présente un animal tout à fait polypiforme qui se fractionne plus tard en plusieurs parties transversales , dont chacune possède une vie propre et finit par se séparer des autres et devenir libre. Ce fait est aussi singulier que positif; c’est la jonction des polypes et des acalèphes. Nous avons aussi fait voir que Vagrégation de plusieurs individus n’était qu’un premier âge, et que le suivant et Le plus parfait est celui où ces petits animaux se disjoignent et deviennent libres. Ne pourrait-on pas appliquer ce raisonnement aux biphores ( salpa ) ; car je suis porté à admettre l’opinion de Lesson ( Jsis , 1833), qui voit dans la réunion de ceux-ci l'effet de j’acte copulateur. Au reste, on admettra aisément que différents points restent

encore à éclaircir avant que l’histoire du s{robila soit complétement terminée. Cominent, par exemple , se développe la partie supérieure; que devient l’inférieure ou basilaire? comment l'animal libre se propaget-il? La solution de ces questions et de bien d’autres contribuerait fortement à faire comprendre la nature de l’espèce qui nous occupe et celle des autres animaux composés. |

« Je ne dois pas passer sous silence qu’en septembre 1830, jai recueilli, dans la baie de Bergen, mêlé à des méduses de l’espèce dite medusg aurila, un acalèphe qui me paraît un sérobila plus âgé encure que Îles Précédents ; il avait 4 lignes de diamètre, et il était hyalin, un peu rouge et fort semblabie à ceux que j'ai décrits. Mais ses rayons étaient plus courts , et entre chaque paire de ceux-ci étaient six ou sept corpuscules fort petits, vésiculiformes et pourvus antérieurement d’un

nueléus plus foncé ; ils variaient en grandeur, celui du milieu dépassant toujours les autres. Je pense qu’ils ont l’usage des petits appendices marginaux que j'ai signalés dans le strobile.

« Les canaux qui partent de l’estomac suivent un trajet un peu difrérent. Ceux qui vont de l’estomac aux corps pyriformes de l’échancrure des rayons émettent , en effet , de chaque côté, un rameau qui se rend aux appendices vésiculeux dont j'ai parlé, s’étend jusqu’à leur base, s’y dilate , et recevant à cel endroit le canal qui vient de l’estomac, se rend ensuite dans le rameau correspondant d’un autre tube principal , de telle sorte qu’il en résulte, près du bord du disque, un canal annulosoflexueux ; les conduits ovariens qui , dans les individus précédemment décrits, étaient au nombre de quatre ou de huit en quatre faisceaux, sont ici plus nombreux ( douze , seize pour chaque groupe) , et doués d’un faible mouvement. Mais je n’ai pas vu de trace des ovaires euxmêmes. La bouche est, de même, tétragone et tubiforme. »

Nous terminerons par l’extrait suivant la lettre que M. Sars a écrite à l’Académie des Sciences , le 24 juillet 1837 : |

« Je dirai aussi que le singulier animal, que j’ai fait connaître sous le nom de s{robila, est le jeune âge d’une méduse, de la Mmedusa aurila. Cette dernière est donc d’abord fort éloignée de la forme qu’elle aura plus tard. C’est alors une sorte de capitule polypiforme multitentaculé, lequel surmonte un corps cylindrique et susceptible de se fractionner transversalement, à mesure que se fait le développement , en fragments disciformes et radiés , qui constitueront chacun une méduse après la désagrégation. Quant au capitule , j'ignore ce qu’il devient. » ( Sars, Comptes rendus, Académie des Sciences, 1837, 2e sem., p. 98.)

Depuis la publication de ce travail fort remarquable faisant connaître une zoomorphose des plus bizarres, et sur laquelle nous pensons qu'il faudra revenir, M. Sars a publié dans les Archives fur natusgeschichte (Jahrq., 3, S 404) un Mémoire allemand dont la traduction, faite par le docteur Young, se trouve insérée dans les Annales des Sciences naturelles (t. XVI, décembre 1841, p. 321 et suiv. ). Cette question est si neuve, si importante, si éloignée des connaissances générales sur les lois qui président à la formation des animaux, que nous le publions sans en changer une syllabe. Ce travail de M. Sars est relatif aux : medusa aurita et cyanea capillata.

« Le Mémoire suivant était prêt à être imprimé il y a pi de six mois ; je l'avais destiné à former la suite d’un autre Mémoire sur le développement de l'étoile de mer, dont l’étude m'avait occupé pen-

dant ces derniers temps, et qui m'aurait mis à même de faire de nombreuses additions aux courtes notes sur le développement de ces ani-

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maux , que j'avais communiquées antérieurement aux Archives de Wiegmann. Mais ayant reçu, il y a quelques jours , le beau Mémoire de M. le docteur Siebold sur le premier état de la medusa aurita (voyez les Continualions à l’histoire naturelle des animaux sans vertèbres, Dantzick, 1839), je pense qu'il serait sans but de taire plus longtemps les observations que j'avais faites sur le même sujet, avant d’avoir connu les recherches de cé naturaliste habile ; et cela d’autant plus que j'ai acquis la certitude que mon genre sfrobila est bien réellement, ainsi que je l’avais supposé, un jeune âge de la medusa aurita. C’est un véritable plaisir pour moi que de rendre témoignage à la justesse et à l'exactitude des observations de M. Siebold. La concordance de ses recherches avec les miennes me donne le courage de publier mon Mémoire tel qu’il a été écrit primitivement, sans changer les vues que j'avais exprimées, et que je considère encore comme fondées; et je crains d’autant moins les doutes exprimés par quelques naturalistes touchant l’exactitude de mes observations antérieures, que plusieurs des plus importantes viennent d’être constatées par Daïlyell. Les animaux que j’ai choisis comme objets de mes recherches, sont difficiles à observer. Là où presque tout est nouveau, il est facile, comme tous les naturalistes expérimentés le savent bien, de commettre des méprises. Depuis quelque temps je suis plus habitué à observer, quoique jusqu’à présent je n’aie eu qu’un microscope imparfait ; cependant, malgré cela, j’espère montrer que mes observations ne sont pas faites à la légère.

« Dans mon Mémoire, publié en l’année 1835, sur plusieurs animaux marins trouvés sur la côte de Bergen, j’observais le développement extrêmement remarquable d’un acaléphe d’un genre voisin à l’ephyra d’Eschcholtz, que j'avais découvert, décrit en détail et figuré, en 1829, sous le nom de s{robila octoradiaia'. Plus tard, j’ai reconnu que le strobile n’était pas autre chose qu’un jeune âge de la medusa aurila, et cette découverte je l’ai annoncée dans les Archives de Wiegmann (loc. cit., p. 406). Depuis je suis heureusement parvenu, je crois, à suivre le développement complet de la medusa aurila et de la cyanea capillala (qui, sous ce rapport, offre, avec le premier, une analogie très-grande), depuis l’œuf jusqu’à l’état parfait. On comprend facilement qu'il n’est pas possible d'observer très-longlemps un seul individu de ces animaux dans ses diverses périodes de développement ; car, lors même qu’on voudrait le conserver dans un vase rempli d’eau de mer, l’animal en souffrirait beaucoup et finirait toujours par mourir après un temps plus ou moins long, à cause du chan-

‘ Ehrenberg, dans ses Acalèphes de la mer Rouge, p.52, en note, a considéré, sans fondement suffisant, mon strobila comme une lucernaria qui se diviserait spontanément en portions transversales ; cependant leurs caractéres sont tout à fait différents.

358 ACALEPHES.

gement répété et nécessaire de l’eau, Ie manque de nourriture convenable, et enfin à cause du mucus qui se dépose, soit sur les parois du vase, soit sur d’autres corps où les animaux se trouvent fixés pendant la péricde de leur développement; ainsi, je ne suis arrivé à la connaïssance du développement de ces animaux que par des observations répétées sur des individus à divers états. Je me permettrai donc de communiquer les plus importantes de ces observations extraites de mon journal : on apprendra par là comment je suis arrivé aux résultats mentionnés ét à plusieurs autres dont il sera question dans la suite. Je supposerai qu’on connaisse les observations rapportées dans mon Mémoire cité plus haut.

« Je ferai voir d’abord que le strobile à huit rayons, nageant à l’état de liberté, n’est qu'un jeune âge de la medusa aurita commune. Je suis arrivé à ce résultat par une série de recherches entreprises dans le printemps de 1835.

« 1°. Les 22 et 23 mars 1837, je trouvai une foule de petits acaïephes dans la mer de Floro, dont la plupart avaient 3 millim., mais d’autres 4 millim. en diamètre. Les premiers (pl. 15, fig. 49, 50) avaient la forme et l’organisation des séfrobila devenus libres depuis peu : ils avaient, comme eux, un disque aplati, mais hémisphérique, pendant la contraction de l’animal , et dont la périphérie était divisée en huit rayons assez allongés, bifurqués à leurs extrémités; une bouche allongée, quadrangulaire, ou tubulaire, pendante, bordée à l’entour, située à la surface inférieure et sans tentacules. Les corpuscules marginaux étaient déjà tout à fait développés, et offraient un point pigmentaire d’un rouge brun; ils étaient situés à la place où chaque rayon se divise en deux lobes allongés qui diminuent de grosseur vers leurs extrémités, lesquelles sont arrondies. L’estomac était entouré de quatre plicatures en couronne, desquelles cependant on ne voyait provenir que les prétendus suçoirs ou tentacules, qui étaient, proportion gardée , beaucoup plus gros que chez la méduse parvenue à son état adulte, et qui ont un mouvement lent et vermiculaire. Les canaux, qui s’étendaient de l’estomac vers la périphérie du disque, étaient ainsi distribués : à chacun des huit corpuscules marginaux arrivait un canal assez large, et dans l’intervalle, encore très-étroit, qui sépare les rayons, il s’en trouvait un autre, mais beaucoup plus petit. Ces deux canaux s’anastomosaient l’un avec lautre , par le moyen de deux autres, partant de chaque côté du milieu du canal destiné au corpuscule marginal, et qui se rendaient, après un trajet en forme d'arc, à l'extrémité de l’autre canal , lequel n'offrait pas de divisions pendant son trajet”.

! « J’ai tout lieu de croire que ces canaux sont représentés d’une manière inexacte dans mes figures du s{robila, qui vient de se détacher, Au moins je trouve, dans le dessin original, que le canal destiné au corpuseule marginal ne donne que deux rameaux de chaque côté, et dont l'extérieur n’est qu'un trés-

MÉDUSAIRES. 359

Ces acaléphes élaient plus sensibles qu’ils ne le sont ordinairement ; car après les avoir irrités fortement, ils ramenaïent les rayons les uns vers les autres, et vers la bouche, de sorte que ces animaux prennent la forme d’un hémisphére, et restent ainsi pendant quelque temps avant de s'étendre de nouveau.

« 2°, Parmi les acalèphes mentionnés plus haut se trouvaient plusieurs individus un peu plus gros ( 4 millim. en diamétre ), mais de la même forme et de la même siructure , si ce n’est que l'intervalle entre les rayons était devenu un peu plus considérable , et se terminait là sous forme de lobule arrondi, et qu’à l’extrémité du canal qui s’y trouve, au point où aboutissent les deux vaisseaux anastomotiques provenant du canal des corpuscules marginaux placés de chaque côté, se trouvaient trois petites vésicules ovales, dont celle du milieu commençait à s’allonger. Un individu encore plus développé se trouve décrit et figuré dans mon Mémoire déjà cité, p. 21 , et pl. 3 ,fig.7,5,€,u.

3°. À cette même époque se trouvaient fréquemment, parmi d’autres acalèphes, quelques individus (fig. 51, 52 ) plus développés et d’un volume à peu prés double , 12” en diamètre, qui appartenaient à la même éspèce, et qui fournissaient des éclaircissements importants sur Je développement de ces animaux. Les huit rayons étaient devenus beaucoup plus petits, tandis que les intervalles avaient pris du développement, et dans ces derniers, j’aperçus encore plus de petites vésicules ovales, huit à douze dans chaque, et dont la plus volumineuse était constamment celle du milieu, tandis que les autres, situées de chaque côté, restent toujours plus petites. Mais ce qui était surtout digne d'intérêt, c’est que la vésicule la plus développée, celle du milieu, s’allongeait en tentacule filiforme , aigu à son extrémité et plus épais à sa base, et que son bout dépassait considérablement la circonférence du disque (fig. 54 , 55). Ces tentacules avaient , comme les autres vésicules, à l’intérieur, un noyau obscur, rougeâtre , lequel est leur cavité. C’est là l’origine de nombreux tentacules marginaux de la medusa aurita. Les tentacules situés au milieu de chaque intervalle des rayons se développent les premiers ; puis, ceux placés aux deux côtés du premier croissent de plus en plus, comme on verra par la suite ; les intervalles entre les rayons deviennent de plus en plus considérables, et ces derniers n’occupent qu'un espace très-limité; enfin, ces tentacules forment un cercle régulier autour de la périphérie du disque.

« HE n’est pas moins intéressant de voir le développement des tentacules de la bouche, qui se montrent alors pour la première fois. Chez les plus gros des acaléphes mentionnés plus haut, la longue bordure buc-

petit prolongement vers la base du corpuscule marginal; linterne se dirige probablement (car dans la figure il est vaguement dessiné) au canal non divisé qui se voit dans intervalle des rayons. Je ne donnais à cette époque qu'une attention légére à la division de ces canaux. »

cale, encore sous forme de tube, était parsemée, surtout vers les angles, de tentacules aigus, saillants et très-courts, au nombre de trente environ (fig. 54) ; ceux de quatre angles étaient le plus volumineux , et leur grosseur diminuait graduellement à mesure qu’on s’éloignait de ces points, jusqu’à ce qu’ils ne fussent plus que des éminences à peine visibles. Ces tentacules prenaient naissance aussi du couvercle buccal , et devenaient de plus en plus serrés à mesure qu’ils s’'approchaient des bords de la bouche. Les canaux provenant de l’estomac avaient lemmême trajet que j'ai décrit plus haut ; seulement ils étaient devenus beaucoup plus petits. Aux plicatures en couronne, les tentacules étaient considérablement plus nombreux. La surface supérieure du disque était couverte d’une foule innombrable de très-petites éminences ou papilles d’un rouge pâle (S'augwarzchen d'Ehrenberg) qui ont déjà été observées chez les s{robila devenus libres ( Mémoire cilé , p. 19). »

«4°, Le 5 avril, je trouvai des individus 2/3" en diamètre (fig. 56 à 60) ; les rayons étaient plus courts encore , et leurs intervalles, plus grands, offraient chacun de vingt à trente tentacules marginaux filiformes, dont le médian était toujours le plus long , et ceux qui étaient les plus éloignés de lui, restaient encore à l’état rudimentaire ou ressemblaient à des éminences ovales. Les canaux qui se dirigeaient vers les corpuscules marginaux offraient plusieurs rameaux nouveaux sous la forme de conduits minces ; et, ce qui est surtout remarquable, c'est que ces derniers se développent du bord, vis-à-vis les bases des tentacules , là où se trouve le canal marginal qui entoure le disque ; ils s’accroissent graduellement de dehors en dedans , se réunissent deux à deux, et s’anastomosent enfin avec les deux rameaux latéraux du canal primitif (fig. 57 ). Les canaux qui s'étendent de l’estomac aux intervalles des rayons , au contraire , restent simples et sans rameaux. Cet aspect est celui que présentent ces canaux dans leur état de développement complet, car c’est tout à fait ainsi qu’on les voit chez la medusa aurila adulte. Les corpuscules marginaux ( fig. 60 ) , les yeux, d’après Ehrenberg , sont, comme nous avons dit plus haut, complétement développés. Ils sont formés d’une vésieule en forme de poire dont la partie la plus volumineuse est fixée entre les deux branches tréscourtes ou appendices du canal; du reste , ils sont libres et font saillie à la partie inférieure du disque, où ils sont coiffés par les deux lobules des rayons, lesquels sont courbés en bas et en dedans, et forment une espèce de voûte. A l’intérieur de cette vésicule s’en trouve une seconde de la même forme, et à l'intérieur de cette dernière on voit un petit corpuscule qui se meut vivement. La partie externe est obscure et granuleuse ( chez l'animal tout à fait développé on y observe le cristallin calcaire, bien connu ), et à son extrémité supérieure , se trouve la tache pigmentaire, arrondie et d’un jaune rougeâtre.

« La bouche a subi un changement remarquable. Elle s’est divisée (fig. 58 et 59), vers son extrémité, en quatre parties, en même temps

MÉDUSAIRES. 361

que ses bords externes ont éprouvé des solutions de continuité qui s’étendent assez loin dans les endroits correspondant aux angles; et ces derniers, semblables à quatre bras serrés les uns contre les autres, font saillie et sont libres. C’est là la véritable origine de quatre gros bras qui sont suspendus à la surface inférieure de la medusa aurila. Ts sont prismatiques, et offrent trois bords, savoir : un bord externe, lisse, correspondant au bord longitudinal externe du conduit buccal, primitivement quadrangulaire , et deux hords internes, formés par le bord terminal de la bouche, fendu et garni par les tentacules buccaux et brachiaux, mentionnés plus haut, qui sont coniques, pointus, disposés longitudinalement en ligne, et dont le nombre augmente de plus en plus { fig. 59 },

«0°, Peu à peu les bras se séparent de plus en plus les uns des autres, et ne se tiennent enfin qu’à leur base, de sorte qu’on n’aperçoit plus la bouche, qui était visible auparavant ; ils grossissent, et sur leurs bords internes se développent des tentacules nouveaux. Les tentacules marginaux deviennent aussi plus nombreux et plus longs, et les rayons sont limités à un espace encore plus restreint. Tels étaient les animaux que je trouvai en abondance, depuis le 11 jusqu’au 20 avril, dans le voisinage de Floro, et qui avaient 1!” de diamètre (fig. 61, 61 bis). On yreconnaît la jeune medusaaurila, complétement développée dans tous les points essentiels de son organisation , et ne se distinguant des grands animaux que par ses dimensions moindres. On voit aussi que les quatre bras se développent de bonne heure et simultanément, et non les uns après les autres, comme O. F. Müller le croit, en jugeant d’après un individu déjà gros dont il a parlé dans la Zoologia danica , et qui, sans doute , avait été blessé ou était monstrueux.

« Pour terminer , je remarquerai , Comme j’ai déjà fait à l'égard du

strobila (lieu cité , p. 20 ), qu’on observe souvent chez ces acalèphes des anomalies dans leurs formes et dans le nombre de leurs rayons, normalement au nombre de huit. Ainsi, j’ai trouvé des individus avec dix rayons, auxquels correspondent cinq plicatures en couronne, cinq bras, etc.; tout à fait comme les acaléphes observés par Ehrenberg (lieu cilé, p. 22, pl.11). De plus, j’observerai que le développement ne se trouve pas avancé au même degré chez les individus de la même époque. C’est ainsi, par exemple, que je trouvai encore, le 11 avril, des individus en grand nombre, au même degré de développement à tous égards que ceux que j'avais observés le 22 mars ( fig. 49, 50 ); et auparavant ( lieu cité, p. 21), j'avais trouvé en septembre des individus d’un 1/3! de diamètre.

« Des chservations précédentes , il résulte que le genre que j'avais voulu établir jadis sous le nom de strobila, n’est qu’un état de développement ou de jeune àge de la medusa aurita, et qu’il doit, par conséquent , être effacé du système de la nature. Sans doute aussi la

même erreur existe pour le genre ephyra d’Eschscholtz, qui n’est rien autre que des petits d’une espèce quelconque de méduse.

« Dans les Opuscula subseciva de Baster (tom. IT, pl. 7, fig. 5, À, 2), on trouve les figures d’un trés-petit acaléphe qui est commun pendant l’été sur la côte de Hollande. Il a une longue bouche pendante en forme de tube, quatre plicatures en couronne, huit rayons qui, dans la figure , paraissent être rétractés en forme d’are. En un mot, c’est probablement un petit de la medusa aurita, de la même grosseur, et parvenu au même degré de développement que ceux que j'avais observés vers la fin du mois de mars.

« J'avais toute raison de présumer que la cyanea capillata ressemblerait dans ses caractères à la medusa aurila. Le 18 avril 1837, je trouvai dans la mer, prés de Floro, plusieurs acalèphes de cette espèce, qui avaient près d’un 1/2/ en diamètre (fig. 62, 63), et qui frappaient les yeux par leur grande analogie avec les petits de la méduse, Comme chez ces derniers, la périphérie du disque était divisée en huit rayons, assez profondément sous-divisés en trois; mais les lobules bifurqués étaient aigus à leur extrémité. La bouche aussi était formée de la même manière, longue, pendante, quadrangulaire ou en forme de tube. L’extrémité, ou le bord, était coupé en quatre parties, et montrait ainsi l’origine de quatre bras, qui, quoique courts encore, étaient disposés en prismes triangulaires, aigus à leur extrémité et sans tentacules (fig. 63, 6%). Les corpuscules marginaux étaient situés comme ceux des petits de la medusa aurita, et en avaient la forme, de même que les quatre plicatures en couronne, qui n’offraient qu’un petit nombre de gros tentacules. Les appendices cordiformes de l’estomac n’étaient que peu développés ; au contraire, et en raison inverse, les appendices allongés qui se dirigent vers les rayons l’étaient beaucoup. Les rayons occupaient presque toute la périphérie du disque , de sorte que les intervalles , qui plus tard deviennent si considérables, étaient encore très-limités. Cet intervalle entre chaque paire de rayons montrait déjà les longs tentacules qui y croissent (fig. 64), et, comme on sait, forment chez la cyanea développée huit faisceaux situés sous le disque et un peu plus en dedans que son bord. Ces tentacules, qui avaient déjà la même situation que chez l’animal adulte, croissaient exactement de la même manière que chez les petits de la méduse. C’est ainsi que j'ai vu au milieu de cet espace un tentacule épais à sa base et effiié à son extrémité, et, de chaque côté de cet appendice, un tentacule court et sphérique qui commençait à croître ; en outre, à la base, de gros tentacules, et à leur côté externe, il yavait deux petites éminences arrondies, el de chaque côté des tentacules sphériques il y avait trois autres éminences arrondies, de plus en plus petites à mesure qu’elles approchaient du bord. Toutes ces éminences avaient, comme les gros tentacules, intérieurement un noyau d’un brun jaunâtre obscur (cavité), et étaient toutes des tentacules en voie de formation. Ces appendices se déveiop-

MÉDUSAIRES. 363

pent comme chez la méduse, du milieu d’un intervalle, progressivement vers les rayons voisins. Du reste, les longs tentacules étaient de diverses grosseurs dans les longs intervalies du disque. Les plus longs, étendus, mesuraient 2, 3 / en longueur ; maïs ils pouvaient se rétracter d’une manitre trés-extraordinaire ; ils étaient d’une couleur brun jaunâtre, et les plus longs étaient brun foncé à leur extrémité. Ils étaient probablement remplis d’un liquide urticanr.

« Ce qui précède montre la grande analogie qui existe entre les cyanées et les méduses sous le rapport de leur développement.

« J'étais parvenu à ce point dans la Connaissance du développement des acalèphes ; j’avais constaté, ce que je soupçonnais depuis longtemps, que les strobila n’étaient qu’un jeune âge des méduses ; je savais, par mes observations antérieures, que les sirobila peuvent se propager par division transversale spontanée d’une larve polypoïde , si je puis me servir de cette expression ; maintenant il ne me reste plus, pour exposer Ja série complète de développement, qu’à en faire connaître le premier degré et le développement, à partir de l'œuf jusqu’à l’état de larve polypoide.

« Après avoir répété plusieurs essais, infructueux peut-être à cause de la saison non propice, ou par toute autre raison, je suis enfin parvenu cet automne, à deux reprises différentes, à être témoin de ce développement. Tout naturaliste peut facilement répéter ces expériences.

« Ehrenberg, en traitant, dans son ouvrage sur les acalèphes, p. 19, pl. 7, des ovules dans les ovaires de la medusa aurila, a déjà donné quelques éclaircissements sur ce sujet; mais il représente le principe de l’œuf, la vésicule de Purkinje, et la tache, ou plus proprement la vésicuie de Wagner, ainsi que la division ou la bifurcation du jaune d’une manière qui n'est pas claire. Ii a décrit aussi les petits qui viennent de sortir, semblables aux leucophres et aux bursaires, el qui se trouvent en grande abondance assemblés sur les quatre gros bras de leur mère (O. Fr. Müller les avait déjà observés). « Mais, dit-il (Ouv. cit., p. 20), personne n’a encore vu ces formes, en se développant, devenir des méduses, et cela fait qu’on a imaginé (comme V. Baær) que ces corps pouvaient bien n'être que des parasites. » Cependant M. Ehrenberg les regardait comme les petits des méduses , quoiqu’il fût malheureux dans l’expérience qu’il avait tentée pour suivre leur développement ; il est disposé, en concordance avec ses vues connues, à les considérer comme de très-petites formes mâles , et il prend pour des femelles les autres individus de couleur violette, moins nombreux , qu’on trouve dans les ovaires.

« M. Siebold aussi croit avoir trouvé des sexes séparés chez la medusa aurita (Wiegm., Ærchiv., 8. d, 11,5. 275), mais d’une autre manière, c’est-à-dire par des différences des organes génitaux dans divers individus; de sorte que le même organe qui, chez les individus femelles, est un ovaire , devient chez le mâle un testicule. Je ne puis

rien prononcer sur ces observations, n’ayant jamais eu l’occasion de les vérifier ‘ ; au contraire, je dois reicter nettement l’hypothèse d’Ehrenberg et venir à l’appui de M. Siebold, quand il annonce que les individus ovales, cylindriques, d’un brun jaunûâtre et garnis de cils, sont un état de développement plus avancé des œufs sphériques et violets, et quand il déclare que ces derniers sont le premier état de développement des acaléphes. Je ferai voir maintenant, par l’observation, que c’est ainsi que les choses se passent ; que ces corps, pourvus de cils, ne sont ni des petits mâles, ni encore moins des parasites ; mais qu’ils deviennent de véritables méduses, à la vérité, après des métamorphoses étonnantes, dont on n’avait pas auparavant la moindre idée ; car, «a priori, on a adopté l’opinion, souvent contraire à ce qui existe réellement, que ces animaux , comme beaucoup d’autres des classes inférieures, ont un développement extrêmement simple.

« La premiére expérience qui me réussit, avec les petits trouvés sur les bras de la cyanea capillata , fut faite le 19 septembre 1839, à une époque où ces pelits étaient en nombre incaleulable ; mais une autre expérience , faite quelques semaines plus tard, m’a fourni des résultats plus précis, quoique s’accordant parfaitement avec la première ; j’aime mieux , par conséquent, rapporter la seconde expérience et l’exposer en détail.

« Je trouvai, le 12 octobre 1839, dans la mer prés de Floro, deux individus de la cyanea capillata , l'un de moyenne grosseur (8 à 9”), et qui n’avait qu’un petit nombre de jeunes dans les bras; l’autre, qui était plus petit (6”), en avait un plus grand nombre. Ces petits étaient jaunes comme le jaune d’œuf et d’une très-petite dimension, car, vus à l’œil nu, ils avaient la grosseur d’un grain de sable. Je plaçai ces animaux dans un vase rempli d’eau de mer à la maison, et peu à peu la plupart des petits, quittant les bras, nageaïent libres dans l’eau. Je pêchai alors un grand nombre de ces petits dans un verre. Vus au microscope , ils étaient ovales (fig. 1, 3), un peu comprimés (fig. 2), et plus volumineux à une extrémité qu’à l’autre ; quelques-uns étaient plus allongés ou s’approchaient plus de la forme cylindrique (fig. 4); le corps était partout couvert de cils vibratiles, par le moyen desquels ces animalcules nageaient librement ; on ne voyait pas de différence entre le dos et le ventre, car ils nageaïent autour de leur axe longitudinal, et montraient tantôt la surface large (fig. 1), tantôt la surface étroite (fig. 2); au contraire, il est certain qu’il existe une partie antérieure et une partie postérieure, car ils nageaient toujours, comme M. Siebold l'avait déjà remarqué (op. cil., p. 276), avec la grosse extrémité en avant. Au centre de cette dernière , on voyait une petite

!« Note postérieure. M. Siebold, dans son Mémoire qui vient de paraitre, Beitrage zur Naturgesch. der Wirbeliosen Thiere, s. 7, a démontré ce qu’il avait avancé à cet égard, »

MÉDUSAIRES. 365

dépression arrondie que M. Sicheld considère comme la bouche ‘. Mais une observation qui sera présentée plus tard combat cette opinion, et rend probable que les petits, dans cet état, n’ont point de bouche. A cet égard et à plusieurs autres, ils ressemblent aux petits de certains polypes qui viennent de se détacher de leur mére, et, en particulier, à ceux des campanulaires, comme Lowen nous à appris à les connaître dans son beau Mémoire (Æ. Svensk, Vetensk. Acad. Handl. for ar 1835, 5. 260, fig. , et traduit en allemand par Creplin, dans Wiegm. Archiv., s. 1837, 5-249, fig. ).

« Le corps est mou , d’une texture très-finement granuleuse, et paraît creusé d’une grosse cavité de la même forme que le contour extérieur ; cette cavité est reconnaissable non-seulement par sa teinte plus foncée, mais encore sous le compresseur. La natation est assez active, et déterminée entièrement par la vibration des cils.

«Ces jeunes acalèphes, sous forme d’infusoires, continuérent de nager dans la vase le premier jour et le jour suivant. Il est à remarquer que la plus grande partie de ces animaux se dirigeaient de préférence vers le côté éclairé du verre, de quelque côté qu’on le tournât ; cela paraît démontrer que ces êtres jouissent de la faculté de sentir les effets de la lumière.

« Nous venons de voir le premier état énfusoréiforme des acaléphes, nous allons en voir un autre dans lequel ils se transformeront à l’état polypoïde. En effet, le 14 octobre, beaucoup de petits étaient montés à la surface de l’eau, à laquelle ils étaient suspendus par une extrémité, tandis que l’autre flottait lire dans le liquide. Plusieurs autres s'étaient attachés aux parois du’ vase. J’en vis encore d’autres nageant dans le voisinage de la surface de l’eau ; maïs peu à peu leurs mouvements commençaient à s’affaiblir, et enfin l’extrémité, qui était antérieure pendant qu’ils nageaient, s’attachait à la surface de l’eau, tandis que l’extrémité postérieure pendait verticalement (fig. 5, 6); chez les pelits, qui, s'étant attachés aux parois du vase, l’exirémité, auparavant antérieure , élait fixée au verre, tandis que l’autre extrémité, dirigée horizontalement, était libre dans l’eau. Plusieurs petiis, que j'observais au microscope, et qui nageaient encore, se fixaient enfin au porte-objet avec tant de force, qu’on ne pouvait les en détacher que par violence ; l’extrémité postérieure de ceux qui se fixaient ainsi était dirigée en haut (fig. 7, 8). Les jours suivants, un grand nombre des petits qui s'étaient tenus sur le fond du verre, prenaient encore cette même position. En un mot , les petits s’attachaient par l’extrémité qui, auparavant, était l’antérieure ; l’autre extrémité, qui est encore arrondie (fig. 17 ) se tronquera bientôt (fig. 8), et, dans ce point on verra, plus tard , la bouche de l’animal.

!« Note postérieure. M. Siebold lui-même a rectifié cette erreur dans son dernier Mémoire, p. 27. »

« Pour les fixer, la petite dépression, sur l’extrémité antérieure mentionnée plus haut , agit encore comme un suçoir, et, en même temps, sécrète un mucus gluant qui s’élargit plus tard, et devient un disque arrondi et aplati, par le moyen duquel les petits restent attachés aux corps étrangers, comme s'ils en faisaient partie, car ils ne peuvent plus changer de place ; quand ils se trouvent près de la surface de l’eau, c’est encore cette dépression qui s'attache à une bulle d’air, par Île moyen de laquelle l’animal est maintenu en suspension (fig. 5, 6).

« Quand on réfléchit pendant quelques instants aux faits que je viens de mentionner, savoir : la fixation et l'accroissement de ces jeunes acalèphes sur les corps étrangers, on ne peut s’empêcher de penser à la grande analogie qui existe entre le premier âge de ces animaux et celui des campanulaires. Cette similitude deviendra plus frappante et plus remarquable quand nous verrons nos acaléphes se transformer en polypes.

« En effet, le 15 octobre, j’observai qu’il y avait des changements considérables chez les petits qui s’étaient fixés la veille; l’extrémité libre, celle qui était précédemment l’extrémité postérieure, était maintenant devenue plus épaisse et coupée droite ; l'extrémité fixe, au contraire, était plus mince et s’épanouissait réguliérement dans le disque d'attache , mentionné plus haut (fig. 9); enfin, sur l’extrémité libre, on voyait alors , chez la plupart, l’ouverture de la bouche qui était entourée d’un bourrelet (fig. 10). La bouche pouvait s'ouvrir d’une manière notable et se fermer ; dans le premier état, elle était circulaire ou quadrangulaire (fig. 10, 11}. Enfin, j’observai chez un grand nombre, sur l’extrémité libre, quatre éminences arrondies qui sont des bras ou des tentacules en voie de développement (fig. 11, 12, 13) ; chez plusieurs (fig. 14), ces quatre tentacules étaient plus longs, coniques et aigus à leur extrémité ; le corps, inférieurement, à mesure qu’on s’approchait du disque d’attache , se rétrécissait de plus en plus, de sorte que le corps prenait la forme d’une coupe.

« Chez deux individus mêmes, qui étaient du reste les plus développés de tous , les tentacules avaient la moitié de la longueur du corps, et étaient en outre beaucoup plus minces que ceux des autres (fig. 19 }; de plus, ces petits qui s'étaient développés si rapidement, comme on voit, et qui étaient devenus alors des polypes complets, s'étaient accrus beaucoup ; ils étaient déjà près du double de ce qu’ils étaient trois jours auparavant ; ils avaient perdu presque en entier leur couleur jaune, et étaient devenus blanchâtres et un peu transparents.

« Le 16 octobre, les tentacules d’un grand nombre d’entre eux avaient une longueur égale à l'épaisseur du corps , et le 17 ils étaient encore plus longs , très-minces et filiformes. A cette époque il y en avait beaucoup qui venaient de se fixer , et un grand nombre d’autres qui nageaient encore, quand déjà les parois et le fond du verre étaient couverts de plusieurs centaines d’autres déjà fortement fixés. Le corps de

MÉDUSAIRES. 367 ceux qui étaient les plus développés , était devenu plus étroit inférieurement , comme une tige mince , entouré par un tube muqueux qui faisait corps avec le disque d'attache ( fig. 16. Dans cette figure les tentacules ne sont pas épanouis ). Ces deux parties étaient formées d’une substance plus ferme et plus analogue à du cartilage que toutes les autres parties de l’animal , qui étaient plus molles et centractiles, Le 18, de nouveaux tentacules commençaient à se développer sur quelques individus sous la forme d’éminences dans les intervalles des quatre tentacules primitifs. Depuis le 18 jusqu’au 22 octobre, je n'ai pu continuer mes observations. Le 22, tous les individus avaient huit tentacules qui étaient à peu près quatre fois plus longs que le diamètre du corps, et partout très-minces ( fig. 17 , 18, 19, 20 , 21), Le corps est maintenant, comme je viens de l’observer, très-contractile ( propriété qui n’était pas remarquée dans l’état infusoréiforme), blanchâtre et un peu transparent , mais la partie qui entoure le pédoncule est parfaitement incolore et transparente comme de l’eau. L'animal a en outre une grande cavité dont la conformation est la même que ceile du contour extérieur du corps , et qui s'ouvre à la partie supérieure et élargie, au milieu de la couronne de tentacules, par une bouche d’une étendue variable selon son état de contraction. En effet, quand elie est complétement contractée , on n’y remarque qu’une petite dépression ; quand l’animal l’ouvre , au contraire , elle est arrondie, circulaire ( fig. 18 ), quadrangulaire ou allongée, selon que ses bords sont contractés d’une manière ou d’une autre. Souvent elle est aussi large que le diamètre du corps. Quand la bouche est fermée, la surface supérieure du corps est un peu convexe. Au bord de cette surface se trouvent les tentacules disposés en un seul cercle autour de la bouche, On voit de queile manière le polype fait mouvoir un ou plusieurs de ses tentacules dans des directions particulières , comment il les rétracte ou les étend; si on les touche, tous se contractent, deviennent courts et épais, et quand on les irrite fortement ils n’ont plus en longueur que la moitié de la largeur du corps, et se portent en dedans vers la bouche, Le corps se rétracie fortement aussi quand on l’irrite, devient plus court et plus épais , et prend à peu près la forme d’une sphère ou d’une poire. Quand on regarde à l’aide d’une loupe les tentacules étendus, on voit qu'ils sont articulés à distance égale, car ils se trouvent partagés en petits intervalles par un grand nombre de petits nœuds arrondis ( peut-être des suçoirs , fig. 23 * ). Si on détache violemment ces polypes, il n’y a qu’un petit nombre qui peut se fixer de nouveau, et alors ils n’adhêrent pas si fortement qu’à l’ordinaire ; la plupart restent libres au fond du verre.

! « Note postérieure. Ce sont, d’après M. Siebold qui les a observés avec un meilleur instrument que moi, des corps transparents comme du verre, semblables à ceux qu’on voit sur les tentacules de la méduse adulte. » ( Voyez son Mémoire, p. 31.)

« Le 23 octobre, chez des individus les plus avancés, un ou deux très-petits tentacules commencèrent à se développer entre les premiers, et le 24, chez deux autres individus qui avaient presque le double de grosseur de ceux ayant seulement huit tentacules, on voyait sur l’un trois, et sur l’autre cinq nouveaux tentacules d’une longueur très-inégale : ce qui fait, en tout, treize tentacules ( fig. 24 ). Ces nouveaux tentacules se développèrent promptement les trois ou quatre jours suivants ; les huit premiers tentacules avaient cinq fois le diamêtre du corps. On voit donc que le nombre des tentacules croît de plus en plus, à mesure que l'animal se développe. Chez une partie des individus, le corps était plus allongé ou comme étiré inférieurement en pédoncule plus long ( fig. 22 ), mais la partie inférieure, mince, filtforme , et entourée par le tube muqueux, avait conservé toujours son diamètre primitif. Chez quelques-uns, on voyait déjà dans l’intérieur de la cavité du corps , le commencement de quatre éminences longitudinales dont il sera question plus bas; elles paraissaient se développer au delà de la région buccale, vis-à-vis les bases des quatre tentacules primitifs, mais plus en dedans, et se dirigeaient ensuite en ligne droite de haut en bas, le long de la paroi interne de la cavité du corps jusqu’à sa base ‘.

« Dans les huit à dix jours suivants , ces jeunes acalèphes polypoïdes n’offrirent plus de changements remarquables; ils devinrent de plus en plus faibles , se rétractèrent fortement et moururent enfin.

« Ainsi nous avons vu se produire la forme polypoïde que j’ai décrite et figurée en 1835 ( loc. cit., p. 16, pl. 111, fig. &, b, c), et de laquelle plus tard , naît le s{robila par section transversale spontanée. Le cercie est ainsi complet , et la série de développements est achevée dans ses traits principaux.

« Cependant j’ai encore à exposer ici une circonstance très-remarquable qui se rattache à ce sujet. En effet, dans l’état polypoïde que j'ai décrit, état où les animaux restent fixés, et qu’on peul considérer avec raison comme un état de larve, les acalèphes peuvent déjà se propager avant que la division transversale spontanée qui produit les s{robila commence; cette reproduction a lieu, comme chez ies polypes, par gemmes et par ce qu’on appelle des stolons.

« En effet, ie 9 septembre 1836, je trouvai sur une laminaire, prés de Floro , une foule d'individus tous dans leur état de larve polypoïde ; on ne pouvait pas dire, avec certitude, s'ils étaient des méduses ou des cyanées. Ils étaient de diverses grandeurs et à divers états de dévelop- - pement : quelques-uns étaient comme des grains de sable ? -: à :’’ en

! « Note postérieure. M, Siebold a observé ces quatre éminences (lieu cité, p.31); Wiegmann les a vues également. »

? « À cette occasion, je dois faire remarquer que le dessinateur qui a fait les figures jointes à mon Mémoire, souvent cité, a représenté en fig. 7, a, b,d, €,

MÉDUSAIRES. 369 diamètre, pareils à ceux que nous avons vus se développer , et, comme . eux, avec huit tentacules ( fig. 25, 26); d’autres de -: à -:’’ en diamètre , avec dix à douze tentacules (fig. 27,28); d’autres enfin d’un -:/! à 4//, avec des tentacules dont le nombre montait jusqu’à trente ( fig. 25, 30, 31). Le nombre des tentacules est, en effet, irès-peu déterminé et n’est guère le même chez deux individus ; c’est ainsi que , chez quatre individus différents, je comptai dix-neuf, vingt-trois, vingt-quatre et trente , tous très-minces , filiformes , aigus à leur extrémité *.

« Autour de la bouche, qui, dans son état de contraction, se montre comme une fossette ou ramassée en quatre plicatures ( fig. 31 ), on voit vers le bord, là ou les tentacules forment un cercle, lPapparence de quatre trous arrondis , égaux entre eux , et situés à égale distance les uns des autres ( fig. 31,«@). Mais ce$ parties, qui paraissent être des trous , ne sont autre chose que les quatre éminences dont nous allons parler , lesquelles sont saïllantes dans l’intérieur de ja cavité du corps, et sont visibles à travers les téguments communs.

« La bouche peut s'ouvrir d’une manière extraordinaire, de sorte qu’elle devient aussi large que le corps (fig. 32) et tout à fait cireulaire. On voit alors , et mieux encore quand on coupe le polybpe longitudinalement, que le corps est, à l’intérieur , tout à fait creux et vide , à l’exception des éminences saillantes et convexes mentionnées plus haut , et placées à égales distances les unes des autres le long des parois internes, depuis le haut jusqu’en bas (fig. 32,33). Ces éminences ne paraissent être autre chose qu’une duplicature de la membrane interne du corps ; leur usage m'est inconnu ; peut-être elles sont le commencement de la division future en rayons. Des recherches faites avec plus d’exactitude, jetteront peut-être sur ce point quelque lumière’.

« À l’intérieur de la cavité du corps, je trouvai souvent des monocles et des petites crevettes ; une fois jy trouvai un petit rissoa : tous étaient morts, déformés et digérés. NE

« Mais ce que j’observerai, je dis j'observai, de plus remarquable à ce sujet, était la manière dont ces animaux se propagent. Cela a lieu :

19, Par gemmes (fig. 37, 41, 42) qui se développent à divers endroits du corps, dont tous les points paraissent propres à cette reproduction.

les extrémités des tentacules comme si elles étaient épaisses, au lieu de Les faire minces et pointues comme elles doivent être. »

* « Note postérieure. On voit maintenant que la multiplication de bras ou de tentacules observée par V. Siebold (lieu cité, p. 32) et par moi, n’est pas monsirueuse, mais normale. Et on ne doit pas s'étonner qué des individus, renfermés dans des vases, et par conséquent privés en grande partie de leur nourriture naturelle, soient si peu disposés à augmenter le nombre de leurs tentacules et à poursuivre leurs métamorphoses successives. »

? « Le professeur Weigmann, de Berlin, ma informé, dans une lettre, qu'il avait observé également ces éminences pendant son séjour sur la côte de Norwège, dans l’année 1836, »

La premiére trace d’une gemme est une petite éminence arrondie, qu devient peu à peu plus volumineuse, et se détache de plus en plus du . corps de la mère, au moyen d’un pédoncule mince et court ; il se forme à son extrémité externe, développée en forme de massue, une ouverture circulaire, la bouche ; puis on voit apparaître les tentacules, qui, en petit nombre (quatre , six, huit) et-très-courts d’abord, croissent plus tard en nombre et en longueur. Les gemmes ou les nouveaux polypes deviennent de plus en plus semblables à leur mère, et, quand ils sont devenus mürs, s’en détachent probablement et se fixent fortement à d’autres corps. Les gemmes les plus grosses que j'aie vues n’excèdent pas le quart ou le tiers de la grosseur de leur mère. J'ai trouvé à la fois trois de ces gemmes plus ou moins développées cet fortement fixées encore sur le corps de leur mère (fig. 42.) :

« 2°. Par ce qu’on appelle des s{olons, qui sortent ordinairement de la base du polype comme un prolongement mince et cylindrique, laquelle, après avoir rampé sur une laminaire, s’y attache fortement (fig. 38, 39, 40). A la surface supérieure de ce stolon et à quelque distance de la mére, un nouveau polype se développe dans une direction verticale. I! se montre d’abord comme une petite éminence ronde (fig. 39, &), qui est un peu plus large en diamètre que le stolon ; bientôt on y voit s'ouvrir la bouche ( fig. 38, a), puis les tentacules se développent (fig. 40, «a, b) et ressemblent en tout aux gemmes qui croissent immédiatement sur ie corps de leur mére. Ordinairement on ne voii qu’un seul de ces stolons sortir de la mère, etle plus communément avec une seule, rarement deux de ces gemmes; plus rarement encore on voit deux stolons partir dans deux directions différentes (fig. 40). Parfois, on voit croître, sur une des gemmes encore fixées sur le corps de la mère, un stolon qui se développe horizontalement (fig. 37, 42). 1 n’est pas rare non plus de voir des stolons prendre naissance à uae certaine hauteur sur ie corps des polypes (fig. 34, 35, 86, 37), et tantôt ces stolons , devenus épais et coniques, sont comme une division du corps de l’animal ; tantôt, au contraire, ils deviennent en peu de temps minces et filiformes (fig. 36). Cette espèce de stolon reste quelquefois libre en dehors du corps des polypes (fig. 37, 34); quelquefois elle se fixe, par son extrémité externe, à une laminaire , à une serlulaire, ou à gucique autre corps étranger (fig. 35, 36) '. Enfin, ces stolons, en réunion avec Îes gemmes, donnent à ces polypes un aspect bizarre et monstrueux au plus haut degré.

« Ainsi, les résultats les plus importants auxquels l’étude du développement des acalèphes a conduit sont les suivants :

« Des œufs sphériques contenus dans les ovaires , et sur lesquels on voit la vésicule de Purkinje, la tache (vésicule) de Wagner, et dont le

‘« Note postérieure. M. Siebold a vu également de semblables stolons sortir du corps des petits polypoïdes de la medusa aurica (lieu cité, p. 33, fig. 36, 37). »

MÉDUSAIRES. ST

jaune offre la division ou bifurcation ordinaire , donnent naissance à des jeunes ovales ou ovalo-cylindriques, qui sont garnis de cils vibratiles, et qui sont contenus pendant une certaine période de leur développement dans des réceptacies nombreux, lesquels se forment en même temps dans les quatre bras environnant la bouche de leur mère,

« 2°, Puis ces jeunes quittent leur mère et nagent comme des infusoires pendant un certain temps; bientôt après ils se fixent par une de jeurs extrémités à un corps étranger , sur lequel ils s’accrochent, tandis que par l’autre ils sont libres ; une bouche s'ouvre à cette dernière extrémité, et peu à peu autour de cette ouverture se forme une couronne de tentacules. à

« 3°, Dans cet état polypoide, qu’on peut considérer comme un état de larve, ces animaux peuvent se propager par bouture, à la manière des polypes, c’est-à-dire par gemmes, et par ce qu'on appelle des stolons. Les nouveaux animaux qui se développent ainsi ressemblent parfaitement aux larves primitives.

« 4°. Enfin, après un espace de temps indéterminé , la larve se divise spontanément en une foule de segments transversaux (fig. 43, 46), qui tous deviennent de nouveaux animaux ’. Ces derniers (qui ne ressemblent pas à la larve) sont libres, nagent en tous sens el offrent un corps en forme de disque, dont la périphérie est divisée en huit rayons bifurqués à leurs extrémités ; ils ont une bouche quadrangulaire, en forme de tube, et pendante, etc. A mesure qu'ils croissent, les rayons deviennent de plus en plus courts, tandis que les intervalles entre ces rayons augmentent d’étendue et donnent naissance aux tentacules marginaux ; la bouche se divise et se transforme en quatre tentacules buccaux ; en un mot, ces animaux deviennent parfaitement semblables à leur mère originaire (la méduse ou la cyanea.)

« Ce n’est donc pas la larve ou lindividu développé dans l’œuf qui se métamorphose en acalèphe parfait; ce sont les petits qui sont formés par division transversale spontanée. Je ne puis mieux comparer celte métamorphose qu'au développement des salpas, quoiqu'’elle différe de ces derniers en plusieurs points. Mes nombreuses observations, faites pendant l'automne dernier (que je communiquerai dans une autre occasion), m'ont convaincu que Chamisso (dont les observations pleines de bonne foi ont été si souvent mises en doute par des naturalistes dont les systèmes ne cadrent pas avec clles) a bien saisi leur développement dans tout ce qui est essentiel. Les salpas ressemblent aux acaléphes, en ce que ce n’est pas la larve, mais les petits de cette larve qui deviennent

: « Je dois faire remarquer combien il est rare de rencontrer des méduses dans la mer à leur état de larve. Cette rareté n’a fait douter d’abord que ces petits polypoïdes pussent appartenir à la medusa aurita, qui est si commune. Peut-être ces jeunes méduses infusoréiformes se fixent et se développent plus particulièrement à de grandes profondeurs. »

372 ACALEPHES.

des animaux parfaits : ce n’est pas l'individu , mais la race qui se métamorphose.

« En finissant , je ne puis m'empêcher de remarquer que.les observations de Graham Dalyell (7he ÆEdinb. Philos. Journ., vol. XXI, 1836), que je ne connais que par Wiegmann (Jahresberichte , 1837, tom. Il) et par l’Zsis d’Oken pour 1838 ‘, constatent en partie plusieurs de mes observations. Son hydrotula paraît être la larve acalèphe polypoïde que j'avais décrite, et sur laquelle, lui aussi, a vu des gemmes. Il a été également témoin dela division transversale spontanée par laquelle les acalèphes à rayons (s{robila) prennent naissance. Il a figuré deux de ces derniers, l’un avec one rayons et le second avec huit (Zsis, pl. 1, fig. 3, 2). J’en ai trouvé depuis qui en offraient jusqu’à douze, mais chez la plupart il y en avait huit (ouvrage cilé, p. 20). La colonne à quatre angles (fig. 2, dans l’Zsis), que Dalyell représente, à tort, comme prenant naissance et s’élevant sur la surface convexe *, et la bouche pendente, et à sa base les quatre organes représentés par lui étaient les quatre plicatures en couronne et leurs tentacules. Mais dans son appréciation des objets qu’il a observés, ses vues s'éloignent des miennes. En février ct mars, dit-il, la surface du disque de plusieurs hydres était couverte de prolongements pendants et mobiles, ayant la forme demi-sphérique, renversés et qui se développaient jusqu’à ce qu’il y en eût vingt à trente divergents, qui peu à peu se détachérent et devinrent des acalèphes libres ; mais il ne dit pas d’où ces prolongements venaient, ni quel rapport ils avaient avec l’hydre : on dirait qu’il décrivait le polype comme vivant et donnant naissance aux petits. D’après mes observations, c’est l’animal lui-même, la larve polypoide , qui se divise en sections transversales régulières, en commençant par le haut et s'étendant inférieurement jusqu’à la base. À Ja vérité, je n’ai pas vu comment les tentacules du polype disparaissent, après que toutes les portions transversales sont séparées, ni ce que devient la partie inférieure du pédoncule; mais je crois qu’il est probable que les choses se passent comme je les ai représentées ; toujours estil que mes observations sont en contradiction avec celles de Dalyell, quand il dit qu’aprés la disparition des prolongements mentionnés, le

‘ « Note du traducteur du Mémoire original suédois. Les observations nouvelles de Dalyell sur la manière de propager des zoophytes de l'Écosse, se trouvént traduites en entier, si je ne me trompe pas, dans les Notizen de Floriep, B. L, n° 6, et les premières observations de ce même auteur se trouvent également dans ce même Recueil , B. XLII , n° 18, mais sous forme d’un court extrait. Dans lIsis pour l’année 1838, p. 41-54, on trouve ces deux Mémoires , en extrait, l’un tiré du t. XVII du Journal d'Édimbowrg, et Vautre du t. XXI du même Journal. » 5

: « Il a probablement fait l’esquisse de son dessin au moment où le petit acaléphe, après avoir nagé pendant quelque temps, se laisse lentement tomber au fond, alors certainement sa surface convexe devient concave et contractée. »

MÉDUSAIRES. | 373

polype croit de nouveau, acquiert de nouveaux tentacules, et reprend sa première apparence ei ses prémiéres fonctions; tout cela contredit les faits que j'ai recueillis (voyez mon Mémoire, pl. 111, fig. 7, « a, h) et me paraît être les résultats d’une observation imparfaite. »

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