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LA NÉIS BOURSE DE MER, NEIS CORDIGERA

Less., Zoologie de la Coquille, p. 10, pl. 16, fig. 2.

Corps mollasse, blanc hyalin, sillonné de linéoles entrecroisées jaune mordoré et jaune clair : cils très-irisés.

Habite le golfe du Port-Jackson sur les côtes de la Nouvelle-Galles du Sud.

Nous avons décrit dans la zoologie de la corvette {a Coqualle la néis en ces {Crmes :

« C’est le 18 mars 1524 que nous observâämes dans le golfe nommé Port-Jackson, à Sydney, ce zoophyte que le dessin de l’atlas de {a Coquille représente de grandeur naturelle. La forme qu’il affecte est celle d’un coin dont le biseau serait échancré en forme de cœur. Au milieu de ce biseau que garnissent deux rangées de cils placées à se toucher, dans l’enfoncement et au milieu de l’animal existe une très-petite ouverturc ; si le biseau échancré est mince, le zoophyte s’épaissit successivemeñt jusqu’à la terminaison du corps, terminaison munie d’une trèslongue ouverture dont les bords minces sont garnis chacun de cils irisés. Deux rangées de cils garnissent les angles aigus des côtés dont la face est plane, ainsi que les faces antérieure et postérieure. Mais celles-ci ont chacuse une double rangée de cils rapprochés, libres prés de la grande

ouverture, etréunis en un demi-cercle près del’échancrure de l’extrémité cordiforme. » "

La consistance de la néis est d’une grande mollesse. Le tissu qui la compose se brise aisément. Sa coloration sur les deux grandes faces planes est un blanc hyalin, parsemé d'un grand nombre de veinules anastomosées , et celle des côtés est un jaune mordoré linéolé de traits enlacés jaune clair. Les cils sans cesse en mouvement possèdent la propriété irisante à un haut degré. Les lèvres de la grande ouver ture servant d'ailes natatoires, sont minces et très-contractiles.

6° TRIBU. LES QCYROËS, OCYROEEÆ.

ONT le corps vertical, muni de deux lobes horizontaux bifurqués, ayant deux rangées de cils, non plus dans le sens vertical, mais bien dans le plan horizontal.

16: cenre. OCYROË, OCYROE , Rang, Mém. de la Soc. d'Hist. nat., {. IV, p. 170.

Corps vertical, cylindrique, gélatineux, transparent, muni supérieurement de deux lobes latéraux, musculoso-membraneux bifides , épais, larges, et garnis de deux côtes ciliées chacun; deux autres côtes ciliées se remarquent sur les bords entre les lobes; l'ouverture est environnée de quatre bras également munis de cils. ;

Le corps, qui est toujours dans une position verticale, quels que soient les mouvements de l’animal, est cylindrique ou conique, selon les contractions qu’il éprouve. Sa cavité, ainsi que son ouverture, sont comme dans les béroés et les alcinoés; seulement on y distingue quelquefois des vestiges d’ovaires. Le sommet de l’animal se dilate en deux lobes latéraux très-grands et arrondis, épais, surtout dans leur milieu, et formés chacun de deux moitiés très-distinctes , mais réunies. On voit, à laide de la transparence, que ces lobes sont abondamment pourvus de fibres musculaires transverses. La partie étroite qui les sépare au sommet du corps est bordée sur chaque face par une côte ciliée; deux autres côtes semblables et plus longues parcourent longitudinalement chacun de ces lobes. Enfin , quatre bras placés symétriquement au-dessous des lobes où sont fixées leurs bases, se montrent pareillement bordés de cils.

Dans ce zoophyte, les organes locomoteurs sont compliqués par un appareil particulier qui facilite singulièrement ses mouvements et qui consiste dans les lobes. Lorsque l’ocyroé veut s’élever à la surface de la mer, elle abaisse ses deux lobes de manière à maintenir les côtes qu’ils portent dans une direction verticale;

BÉROÏDES. 99 alors les cils agissent et le zoophyte suit cette verticale; mais lorsqu'il a atteint son but , et que son action ne doit plus se faire que dans un plan horizontal , il relève ses lobes horizontalement, et les cils agissant tous dans le même sens, le promènent à la surface des eaux. Si l’ocyroé veut rester immobile, elle cesse l’action de ses cils, etses lobes étendus suffisent pour la maintenir suspendue; si au contraire elle veut s’enfoncer dans la profondeur des eaux , elle les abaisse , en enveloppe son corps , et s’abandonne à sa pesanteur. Pendant ces divers mouvements, les bras prennént une direction convenable à l’action générale et aident encore la marche par le moyen de leurs cils, en même temps qu’ils impriment la direction.

Cette organisation donne aux ocyÿroés un avantage sur les béroés, les callianires et les alcinoés; c’est de pouvoir, étant à la surface de la mer, se porter dans toutes les directions sans cesser de tenir leur corps dans une ligne verticale, position qui leur est nécessaire pour que l'ouverture du sac où s’opère la nutrition soit le plus convenablement disposée à recevoir les petits poissons ou les crustacés qui viennent s’y précipiter, et dont l’ocyroé se nourrit. *

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