LA PHYSALIE TUBERCULEUSE, PHYSALIA TUBERCULOSA
Lamarck, An. sans vert., t. IT, p. 480 : Ph. irregularis, ovata, obsolete cristata, extremitate anteriore tuberculis cœæruleis seriatis confertis. — Physalia pelagica, Eschsch., Ac., 162.— Physalia glauca et cornuta, Tilésius, Krusenst. Reise, 92 et 104. — Physalia tuberculosa, Lesson, Voy. de la Cog., t. IE, p. ?, 2e div., p. 40, pl. 5, fig. 3. (Grandeur naturelle.) — De Blainv., Man., 113. — Physalia elongata, Lamarck, loc. cit. : Ph. oblonga , utrinque acuta, subhorisontalis. — Méduse des mers de Guinée, James Forbes, 7ém. orient., t. IT, p. 200, ett. IV, avec fig.—Physalia pelagica, Osbeek, Voy. aux Indes orient., p. 284, pl. 12, fig. 1.
La physalie tuberculeuse se rapproche de l’espèce suivante, dont elle ne diffère que parce qu’elle est plus grêle, trigone en arrière, à parois très-minces, d’un blanc nacré translucide, à crête médiocre et courte. Le côté gauche de cette physalie se renfle en un gros mamelon conique, d’où partent les tentacules et sous lequel est le corps. Le côté droit forme aussi un cône, mais moins considérable, bien que recouvert de deux pelites rangées de tentacules azurés, très-courts et vermiculés.
Le foie simule une poche peu développée, d’où part un seul tentacule vénénifère, très-grêle, et cependant long de cinq pieds. Les sacs stomacaux, entourés de tentacules simples et renflés à leur naissance, sont médiocres, courts et d’un blanc rose très-pâle. Les tentacules ciliaires sont au nombre de quatre et petits.
Nous rencontrâmes des troupes de quelques centaines d'individus de cette espèce le 12 octobre 1822, alors que la corvelte la Coquille se trouvait par les 270 de latitude sud et longeait la côte d'Amérique. Tous se ressemblaient. Il est possible cependant que cette physalie ne soit qu’une variété de l’antarctica, bien que plusieurs motifs nous portent à l’en distinguer. |
Le liquide vénéneux sécrété par le tentacule ceniral avait peu d'énergie. Appliqué sur la peau, il occasionnait à peine un léger prurit ; mais il n’en était pas de même lorsqu'on s’en frottait la muqueuse de la bouche et des yeux, il faisait alors naître des phlyctènes. Ce peu d'énergie tient à deux causes: la premiére est la petite taille de l'espèce, et l’autre les zones plus refroidies qu’elle habite.
Lamarck dit que cette espèce de l’Océan Atlantique se reconnait à une rangée de tubercules d’un beau blanc à l’extrémité antérieure ct à sa crête aiguë, mais médiocre.
$. 2. Physalies atténuées aux extrémités qui sont toujours horizontales ; organe hépatique allongé et tuméfié.
4, LA PHYSALIE UTRICULE, PHYSALIA UTRICULUS.
Eschsch., Ac., p. 163, pl. 14, fig. 2 : P. (ubulis suctoriis omnibus simplicibus ; vesicaextremitate tubulifera processu carnoso elongato.—Medusa utriculus, La Martinière, Journ. de Phys., nov. 1787, t. II, p. 365, pl. 2, fig. 13,14, et Voy. de La Pérouse, t. IV, 61, pl. 20, fig. 13 et 14. — Hiedusa utriculus, Gm., Syst., 3155, esp. 20 : Utriculosa, sublus centri tentaculo longissimo, granuloso, margine numerosis cœruleis apice flavicantibus ; hyalina, marginis cirris circiler 30. Hab. in pelago. — Physalis Lumartinieri, Tilésius, Voy. de Krusenstern, IIT, p. 99. ( Fig. copiée de La Pérouse.) -- Eysenhardt, Nov. act. Acad. nat. cur., t. X, p. 343 : Vesica integra ; brachia basi simplicia (?) eorumque alterum cœteris majus , omnia approximala, appendicibus genilalibus instructa.—Physalia antarctica, Less., Voy. de la Coq., Zooph., p. 42, pl. 5, fig. 2. — Physalia arethusa , Eysenh. et Cham., de quibusdam Animal., dans les Act. de Bonn., t. X,p. 422, pl. 35, fig. 1. — Physalia cystisoma, Less., Atlas du Dict. classiq. d’Hist. nat., 15° livr.
Cette espèce a, au plus, 2 pouces 6 lignes de longueur totale. Elle est cylindrique , également arrondie partout , et atténuée aux deux extrémités en deux cônes cylindriques raccourcis. L’extrémité antérieure, plus mince, est garnie en dessous d’un paquet de suçoirs assez courts, gros, bleus et repliés sur eux-mêmes. La crête qui surmonte ja vessie, est médiocre; toutes les deux sont d’un blanc nacré trés-brillant, à peine teinté de vert-bleu-glaucescent en dessus, les cloisons et les parties saillantes des extrémités. Le foie est très-allongé, très-gros et pyriforme ; il ne se divise point. Il donre naissance à un long et unique tentacule bleu à glandes vénéniféres, entouré, au plus, de quatre tentacules à cils vibratoires, tous quatre de médiocre longueur et d’un bleu clair. Les sacs stomacaux, de forme allongée, sont colorés en rose pâle, pointillés de rose foncé, teinté de bleuâtre au rétrécissement de leur extrémité qui porte la bouche. Celle-ci et son rebord sont colorés en jaune pur. A la base des tentacules naît une rangée d’appendices simples, courts, analogues à ceux des vélelles, et d’un beau bleu d’outremer. |
Nous rencontrâmes un grand nombre d'individus de cette espèce, par une belle mer, dans l'Océan Atlantique méridional.
Elle se présenta à nos regards par le 1° degré de latitude sud et les 25° de longitude occidentale, sans cesser chaque jour de se montrer jusque par les 35 à 38° de latitude australe, après que nous eûmes doublé le cap de Bonne-Espérance.
Les auteurs lui donnent pour patrie les zones intertropicales dans l'Océan Allantique.
558 ACALÉÈPHES.
K. 3. Physalie atténuée aux extrémités, mais l’antérieure longue, rostrale, se relevant pour l'ordinaire; foie gros, court, et turbiné.