CONCLUSION
avec les armateurs qui voulaient bien me montrer leurs Coraux, que Je m'enquérais des désirs des uns, des plaintes des autres et que J'ai cherché à me former une opinion.
Plus tard J'ai eu beaucoup de documents en main et j'ai pu voir que toutes les idées avaient, pour ainsi dire, été émises à l'endroit des questions que soulève la pèche du Corail.
Avoir la prétention de la priorité des idées dans les règlements que l'on pourrait fure, serait une singulière présomption, car tout à été dit, tous les movens proposés, dans les rapports si nombreux adressés par les autorités civiles, maritimes ou militaires, enfin par les particuliers ou les mdustriels habitant les localités où se fait la pêche.
Cette abondance de documents tient à ce qu'il est impossible de séjourner quelque temps dans un des lieux où viennent se rendre les coralleurs, à la Calle par exemple, sans être navré par ce que l’on y voit.
Le Corail se desséche simplement dans nos magasins, il n°y lusse rien, absolument rien, et la tartane qui apporte tout ce qui est nécessaire pour la pêche, emporte ensuite en Htalie ce beau produit. À part la consommation des liqueurs fortes, les corailleurs ne demandent et ne laissent rien au pays.
I était impossible que’ devant un pareil fait les autorités locales, dans quelque ordre qu'on les prenne, restassent muettes.
Aussi les administrateurs de la marine, en Algérie, ont-ils entre les mains des documents nombreux qui leur fourniront toutes les données dont ils auront besoin pour préparer les règlements nouveaux. Mas ils auront à faire un choix judicieux.
Usen tireront sans doute parti pour que, désormais, la pêche soit de quelque utilité à la colonie, et je serais heureux moimême que les réflexions que renferme mon travail puissent leur servir, en venant s'ajouter à celles de mes devanciers.
La législation qui régit la pêche du Corail en Algérie doit être révisée ; 1l a done paru mutile de faire 1e1 une analyse détaillée de tous les règlements aujourd'hui en vigueur. I suffisait d'en
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indiquer l'esprit et de montrer en quoi il paraissait utile de les modifier (4).
Si j'ai beaucoup imsisté sur la nécessité de porter d'abord toute sa sollicitude sur la Calle, c'est, non-seulement en raison de la position particulière de ce port à l'est, mais encore parce que l’on doit éviter de trop entreprendre à la fois. Qu'à Mers-el-Kebir ou tout autre point de la côte sagement choisi à l’ouest, on cherche à créer des villages de corailleur, cela serait “très-heureux, mais que l'administration résiste à cet entrainement qui pousse certaines personnes à lui conseiller, sans trop calculer, de faire des dépenses sur un grand nombre de points. J'ai entendu, pendant mes trois voyages en Algérie, bien des opinions, bien des désirs, bien des projets. N’est-il pas des personnes qui proposent de relever le bastion de France, de faire des travaux à la Calle-Traverse, d'acquérir Tabarca, et tant d’autres choses? La Calle à l'est, Mers-el-Kebir à l’ouest, voilà les deux points dont il faut s'occuper d'abord. Quand on aura réussi à rappeler la pêche dans ces deux centres de la colonie alors on pourra songer à d’autres établissements. Mais en commençant, qu'on ne le perde Jamais de vue, il faut éviter de trop entreprendre ; 11 faut surtout avoir pour principe que faire peu, mais faire bien, c'est faire beaucoup.
(1) On consultera, du reste, avantageusement le Dictionnaire de la législation algérienne, par Ménerville, 1853, p. 502,
On y trouvera réunis :
1° L'arrêté du 31 mars 1832 de l’intendance militaire, dont la plupart des articles sont encore ex vigueur ;
90 L'ordonnance royale du 9 novembre et 18 décembre 1844, contenant Pabrogation de quelques articles de l'arrêté précédent, et des dispositions nouvelles ;
3° L'arrêté ministériel du 16 octobre et 24 novembre £851.
Voyez aussi : Franque, Lois de l'Algérie, t.1, p. 83. — Le rapport à l'Empereur et Le décret du 10 avril 1861. — La convention de navigation entre la France et l’Lialie, du 13 juin 1862. — Le traité avec le bey de Tunis, du 24 octobre 1832.