‹ Histoire naturelle et médicale des différentes espèces dĩpécacuanha du commerceChapitre 5 sur 9 · PREMIÈRE ESPÈCE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ESPÈCE

De V Ipécacuanha annelé (ipécacuanha annulata).

11 est d'autant plus convenable de commencer l'histoire particulière des différentes espèces d'ipécacuanha par celle que nous

désignons sons le nom d'annelé, qu'elle a été la première connue sous le nom d*ipecacuanha^ et qu elle forme i elle seule la presque totalité de celui <|ui nous est apporté du Nouveau-Monde par la vote du commerce.

C est à Marcgrave et Pison que nous devons la connaissance de ce précieux médicament. Dans leur Histoire naturelle et médicale du Brésil , ces deux auteurs donnent la description et la figure d un végétal connu des habitans du pays sous le nom A'ipécacuanha, ou ipecacoanha. Ce végétal, disent -ils , croit dans les forêts sombres et ombragées; il est petit , rampant ; sa racine donne naissance à des tubercules allongés , irréguliers, rugueux ; sa tige, peu élevée, porte quatre ou cinq paires de feuilles , un peu pubescentes , et un petit capitule de fleurs terminales. Cette racine, ajoutent-ils, est trèsemployée comme vomitive ; on 1 administre également avec beau* coup de sucQès contre les diarrhées.

Malgré tous ces renseignemens , malgré la figure donnée par Marcgrasfe et Pison y cette plante demeura inconnue pendant près d'un siècle et demi. L'es circonstances n'ayant pas permis aux botanistes d'examiner en nature le végétal figuré par ces deux auteurs^ les uns crurent reconnaître dans la figure qu'ils en avaient donnée une espèe de cchèvrefeuille ; d'autres , une espèce de paris j <{uelques-uns enfin une violette, ou toute autre plante plusou moins rapprochée par sa forme extérieure ou ses propriétés médicales.

}A.BroteroQ\.\c premier connaître d'une manière certaine le végétal qui fournit au Brésil l'ipécacuanha, et que Marcgraveet Pison avaient déjà signalédepuis si long-temps. En 1 800, il en pubi ia, danslesactes de la société linnéenne de Londres (vol. 6, p. 137, tab.6,) la description et la figure , en le rapportant au genre callicocca de Schréber ^ sous le nom de c. ipecacuanha.

Depuis la publication de cette importante découverte , l'obscurité qui couvrait l'origine de l'ipécacuanha s'est en partie dissipée. L on a su que celui qui venait du Brésil était fiourni par le callicocca ipa--

(io) gmcuanhàj tandis que , d'un autre côté, Mmis ayait fait connaître que celui du Pérou , était produit par le psjrchoiria emetica.

Tous les doutes eussent été alors éclaircis , si Ton se fût en même temps occupé des moyens de bien caractériser Jes racines qui yienne&t de ces deux pays; car la connaissance de leur patrie eût suffi pour faire connaître la plante-mère, dont ils provenaient l'un et lautre. Mais ce précieux moyen ayant été n^l^é , et les deux espèces qui \iennent du Nouveau-Monde par la voie de Cadix et celle du Portugal » étant souvent mélangées â leur arrivée en Europe , les moyens de distinguer les racines du callicocca de celles ànpsjrchotria restèrent encore incertains. D'ailleurs , quoique originaire du Brésil , le callicocca est également cultivé au Pérou. Dans le royaume de la nouvelle Grenade » au sud de Narès, près de Badillas « M. de Humboldt a vu cultiver le végétal brasilien ; en sorte que , selon cet illustre voyageur , l'ipéca^ cuanha qui vient du Pérou doit contenir i la fois les racine^ du psychotria emetica , celles du callicocca , et même celles du viola parvijlora de Mutis , qui tous trois y sont également cultivés.

Cependant il est â présumer que le callicocca est plus abondant que le p^chotria, soit au Brésil sa patrie , soit dans le royaume de la nouvelle Grenade , où il a été transporté; car, comme nous l'avons^ dit précédemment , ses racines forment a elles seules plus des deux tiers de tout l'ipécacuanha introduit en Europe , à en juger au moins par ce qui a lieu dans le commerce de la droguerie française.

Or , ces racines , comme nous l'avons fait voir plus haut , ne sau«raient être confondues avec celles du psjchoiria ^ dont la forme et la structure sont tout-à-fait différentes. J'ai désigné sous le nom d^/pé^ cacuanha annelélei racines du callicocca , à cause de leur forme et de leur structure extérieure.

L'ipécacuanha annelé {ipecacuanha annuldta) est originaire du Brésil ; on le cultive égarlement dans le Pérou et la nouvelle Grenade. C'est évidemment la même espèce queMarcgrave et Pison put les premiers signalée. Il est produit par une plante de la famille des Rubiacées, le callicocca ipecacuanha de Brotcro. Or le genre callicocca établi par

Schrêber, ^tant le viéineqae le t^pegomea A'JuJbl^, ou ccphaeKs de Swart%, 1 ipécacuanha annelé eM fo«m^ par le cçphaelisipec^cuanha, Noiu allons d'abord donner, la description de ce végétal; non» ferons ensuite connaître les caractères physiques delà racine telle qu on la trouve dans le commerce, et indiquerons les principales variétés qu elle présente, relativement à la teinte particulière de sa coloration.

IPÉCACUANHA IWNBLi.

€ephaeiîs îpecacuknha. Tab. I.

IpecacoanhayMASQ. Brta., p. xj.^Jpeoacuanha, Pi$oR, Bnw.,

• p. a5i — CalUcùcca ipacacuafûuit BtoTu», Ad. soc. lib. îond. ,

vol. 6, p. 187, t. 6; el de la plupart des auteur». — Cephaelit

ipécacuanha , A. Richaid. Note sur les deux espèces d'ipécacuanh»

de lat famille Ati Rnbiaciîes, Bullfct. soc. Wiid. , roi. 6 , p. 92

Kd«th. , in Hir«. el Bon», Not. gen.- et »p. S , p. 3^6.

C'est un petit arbuste ramjpant ou peu élevé au-dessus de la surface du sol . qui croît dans les forêts épaisses et omtrageésdu Brésil. Oa le cultive également dans quelque» autres province» d'Amérique.

Les racines partent d'tinfe iigé sé\iterraide, rampatitc, 'tori'zônfaie • elles soilt ou fibreuses , oapiHîaîres ; oti bien repréàefttent dés espèces de tubercules allongés , marqués ffintipressïôas annttïàires très-rapprochées. Presqne Kgneuse» , «lies sont irrégulièrement rameuse». Leur surface est inégale et tuBerculèe, émettant de distancé en distance quelque» fibres capiHaite». Elifcs ont ut» épiderme bk-un sous lequel se trouve un parenchyme blanc presque charnu dan* l'état frais. Leur centre est occupé par un axe ligneox , filiforme,

La tige, qui est d'abord souterraine , sort de terre, se redresse et s'élève à environ un pied. Elle est fruticuleuse, simple, obscurément quadrangulaire , couverte dans sa partie inférieure par les stipules persistantes dès feuille» déjà tombées} supérieurement elle est légèrement pubescentef. 1 .. .

Les feuilfe» n'occupent que la përUe supérieure de la tige. Au

uombM d^ Èix à huit , ellas sont opposées , courtement pétiolées , oTalés, «cuiuinées , entières^ rétrécies insensiblement à leur base , latériiïerves , presque glabres » longues de deux à quatre pouces.

Deux stipules assez grandes, opposées^ réunies à leur base , pubescentes^ découpées supérieurement en cinq ou six lanières, étroites , sont interposées aux feuilles.

Les fleurs blanches, serrées , petites , presque sessiles, forment un capitule terminal» porté sur un pédoncule réfléchi , d*un demi-pouce de longueur. Ce capitule » qui contient environ dix à douze fleurs, ou un plus grand nombre , est euTironné à sa base par un in?6lucre régulier , tétraphylle , concave , pubescent , ainsi que le pédoncule. Des folioles , deux sont extérieures ^ orbiculaires » acuminées ; deux intérieures » plus petites , sont ovales.

Le calice est obovoîde , adhérent aveo lovaire infère :1e limbe est à cinq dents fort petites et très-courtes.

Corolle infundibuliforme , pubescente en dehors, ainsi que le calice : tube cylindrique : limbe à cinq divisions ovales , alongées » réfléchies» aiguës.

Cinq étamines, insérées au'sommet du tube de la corolle, dressées moitié plus courtes que le limbe; filets très-petits ; anthères linéaires un peu plus longues que les filets..

Pistil : ovaire infère, biloculaire (chaque loge uni-ovulée) , surmonté par un disque épigyne peu épais; style simple^ terminé par deux stygmates allongés , divergens , de même grandeur que les anthères.

Fruit : nuculaine ovoïde , arrondi, couronné par les dents du calice ^ d'abord pourpre ,, puis noirâtre violacé, contenant deux nucules blanchâtres > planes d'un côté , convexes de l'autre. Ces nucules renferment une graine dressée , composée d'un épisperme très^mince , d*un endosperme corné , au milieu duquel est un embryon central ayant la même direction que la graine.

Cette plante , qui fleurit de novembre à mars , et dont les fruits

sont mûrs en mai , habite les lieux ombragés et humides , dans le« provinces de Fernambouc , Bahia » Rio-Janeiro , Mariana , etc. Ses racines sont connues dans le pays sous le nom de raicilla. ^

Caractères de VIpècacuanha annelé.

Racines ordinairement de la grosseur d'une plume à écrire, allongées^ irrégulièrement contournées et coudées , simples ou rameuses, formées de petits anneaux saillans, inégaux \ très-rapprochés les uns des autres^ ayant environ une ligne de hauteur, séparés par des enfoncemens moins larges; formées de deux parties ; sa Voir un axe ligneux, plus ou moins grêle, et unecouche corticale beaucoup plus considérable. Elles sont compactes, cassantes , lourdes ; leur cassure eal brunâtre , manifestement résineuse dans sa partie corticale ; leur saveur herbacée, un peu amère, assez acre; leur odeur faible, mais cependant nauséabonde, surtout ceHe de la poudre.'

Faisons remarquer ici un caractère essentiel de Tipécacuanha annelé^ caractère dont aucun auteur n a encore fait mention : c'est qu'il n'est pas formé par la partie inférieure de la tige, qui est horizontale et cachée sous la terre (comme cela a lieu pour l'ipécacuanha strié) ^ mais qu'il provient de tubercules latéraux , tout-à-fait diflërctis de cette sou*che elle-même , et qui prennent naissance sur ses parties latérales. C'est ce qu'il est facile de bien saisir en consultant les deux figures que je donne ici de ces deux espèces, et que j'ai dessinées inôi-méme avec le plus plus grand soin sur des indiVidùs que nïon père conserve encore dans ses herbiers.

Si nous examinohs maintenant la cot^ur extêrîeifre clé Tipécacuanha annelé ^ nous verrons qu'il se présente sous troiiieintes particulières, qui nous scrVîront dé caractères pout fermer autant dé vaHétésv

i.''^ VÀRiSTÉ. IpétAàuanha^akneléhfun. ( Ip. an. fusca. )'

Cette vari0[té ^st la jpjus ço^miiui^a4et..h pins ^<^)dapte. Ç'^t file ausai qui partit jouiri de pffc^ri4t44 plM^^^^q*^ 4%^.Mi.^B^f

Son épiderme est d'un brun plus ou moins foncé, quelquefois même noirâtre : c'est dlans cet état qu'on la trouve alors quelquefois dési"gnée dans le commerce sous le npm ôl ipécacuanha noir. Sa cassure est grise ou brunâtre.

D'après des échantillons que M. Pelletier a eu la complaisance de me remettre lui-même il y a deux ans, lorsque je m'occupais de mon premier mémoire sur ce médicament , je me suis assuré que c'est cette variété dont il a donné l'analyse sous le nom d*ipécacuanhn brun^ qu'il croyait alors être fourni par le psjchotria emetica » mais qui n'est manifestement^ comme nous.?enpns de le voir> quune f impie variété du oeph^ ipécaci^nha.

11.^ vaiîju6tA« IpéçacuAnhfi annelé. gri^. ( Ip. an. cinerea.)

Epiderme d'un, gi^is blaBchâtre;anneaux moins rapprochés, moins saillans; ca3sure très-résineuse; amertume piq^ prononcée que dans la variété précédante. Elle est assez rare. On la trouve quelquefois mélangée, mpis ea petite q^atttité , ^vec la variété brune.

m.* xAntTÉ. Ip^cuanïia annelé rouge., {Ip. an« rubîginosa. )

C'est celte jtroi^ième variété que M» Pelletier a analysée souslç nonr\ d'/);eicwi^n^a ^W^* (Gallicocca ipecacuanha. )

Il est presque au^si abondamment répandu dans le commerce que l'ipécacuanha annelé brun. Son épiderme est d'un brun rougeâtre ; sa casstirorésiaeujie est 4*VWr «teinte plus ou moins rosée ; son amer* tumc est à peu près ceUe.d^ 1^ variété grise , c'est-à-dire un peu plus prononcée q^ie .celle .de Vipécajcuanha ^nndé br^q.

D'après l'analyse de M. Pelletier^ il paraîtrait un peu moins actif que les deux auli^s # puisqu'il contient moins de matière vomi- . live qu'eux.

Telles sont les trois talt^étés^ principales <{ue Foti observe dans mpécacuanhif annelé. Ces trois* tariétér ont été long'-^temps regardées

comme dès espèces fort distinctes , parce qu'on attachait à la couleur une importance et une valeur qu elle est loin de mériter dans ce cas. On a cru aussi ^ jusque dans ces derniers temps, queUes devaient appartenir à des espèces végétales tout-à-fait différentes, tandis qu*au contraire , conime nous nous en sommes assuré par la comparaison exacte de ces variétés du commerce , avec les racines qui tien* nent encore aux échantillons du cephaelîsj qui nous ont été envoyés par M. le professeur Brotero^ elles appartiennent toutes à ce dernier végétal.

L*axe ligneux que Ion rencontre constamment au centre de cette espèce et des suivantes , est loin de posséder autant de propriétés actives que la partie corticale. C'est ce qu'il est facile d'établir à priori^ par la simple inspection de sa cassure, qui est à la fois et moins compacte , et surtout bien moins résineuse. Cette opinion est d'ailleurs pleinement confirmée par les résultats de l'analyse chimique ^ qui n'y démontre qu une quantité beaucoup plus faible de priiw cipes auxquels Tipécacuanha doit son action sur Féconomie animale. Nous ne saurions donc , à cet égard , partager l'opinion de M. De Candolle y qui pense qu'il jouit à peu près de la même énergie que les autres parties de ce médicament.

Quant à l'analyse chimique de cette espèce et de ses variétés, il serait assez naturel d'en présenter ici les résultats. Cependant il nous a paru plus convenable , pour ne rien démembrer de cette partie importante de notre travail , d'en former une section à part , qui comprendra l'analyse des différentes espèces et de leurs variétés.

DEUXIÊMB BSPÈCB.

IXt ripécacuanha simple ou strié. ( Ip. siroplex s. striata. )

Cette seconde espèce est bien moins répandue dans le commerce européen que la précédente. Il est excessivement rare qu'on la rencontre à Paris chez les droguistes ; ou si on l'y trouve , c'est toujours en très-petite quantité. Cependant, au rapport de Mutis^ ce serait

là seule empîojée an Pérou , patrie du végétal qtii Fa produit. Mais , comme la obserré M. de Hamboldt, on cultive également dau» ce pays le cephaeUs j en sorte que Topinion de Mnt/s ne doit point être regardée comme très-eicacte , au moins aujourd'hui; car il seraîl possible qu'à Fépoque on le vénérable botaniste de Snnta-Ft^ faisait ses observations, la culture du cephaelis ne fût pas encore introduite dan« le royaume de la Nouvelle-Grenade.

Quoi qu'il en soit, c'est Mutis qui le premier a fait connaître fa plante dont est tirée cette espèce. Les renscignemens et la descriptiou qu'il communiqua à Linnée en 1764 lui avaient été fournis par M. Gômez , qui faisait à cette époque , dans la Nouvelle-Grenade, le commerce de Tipécacuanha. Cette circonstance nous confirme dans, fopinion que la culture du cephaelis et son introduction dans le Pé^ rou ne datent pas d'une époque très-reculée , sans quoi Mutis ou M. Gomezj qui s'occupait plus particulièrement de cette branche de spéculation , en auraient eu connaissance , et dès-lors l'eussent également fait connaître à Linnée.

La plante qui produit l'ipécacuanha du Pérou est le psjchoiria emetica de Mutis y que Linnée fils publia pour la première fois ei^ 1781, dans son Supplément. Mais il commit une erreur très-grave,, bien difficile à concevoir, quand on songe qu'avec une descriptioit très-complète de cette plante , Mutis avait également envoyé à Linnée un dessin fort exact de ce végétal. Il crut en efibt que le psjrchotria efnetica était hi môme espèce que celle dont Marcgmx^e et Pison avaient donné la figure dans leur Histoire du Brésil.

Ce rapprochement est dTautanl plus inconcevable, que, malgré son imperfection, la figure de Pison suffirait seule pour démontrer combien peu ces deux plantes té ri'ssemblent. Eu effet non-seulement elles forment deux, espèces bien distinctes , mais encore elles appartiennent à deux genres fort diflTorens , quoique de la même famille.

Dans le psjrchotria emetica les fleurs sont par petites grappes bifurquées dans les aisselles de chaque feuille; les stipules sont simples et indivises^ L'inflorescence de l'ipécacuanha de Mclvc^

(»7) grave j c^est-à-dire du cephaelis ipecacuanha^e distiogue nettement", «I au premier *coup-d*œil , du psjrchotn'aj se» fleurs , petites , for* ment un capitule terminal unique ^ entouré d un involdcre r^u- Ker , composé de quatre 'grandes bractées , dressées et appliquées contre les fleurs qu'elles cachent eu partie. Les stipules , au lieu d*étre simples et indivises, sont profondément découpées en cinq ou six lanières étroites, subulées et comme digitées.

Ainsi ripécacuanlfa dtt Pérou est foinrnipar le psychotria emeîica dé Mutis. Nous le désignons sous le nom èi ipécacuanha strié ^ pour le* distinguer de celui du Brésil. En effet ^ il noflre point ces anneaux rugueux ^t rapprochés que nous avons remarqués dans llpécacuanha annclé. Il présente seulement^ de distance en distance, des rétrécis- ^mens circulaires ou étranglemens profonds ^ éloignés les uns des autres ; entre chacune de ces espèces d'articulations , il est cylindracé et offre des stries longitudinales plus ou moins prononcées. Les autres <:aractères tirés de sa cassure, son odeur, sa saveur ne le différen* cient pas moins que sa structure extérieure de la premièi^ espèce.

M. P^rsoon , dans son Synopsis plantarum , voL i, p. so3 , a com-* mis une erreur qu'il est important de rectifier ici. Il rapporte , d'après le témoignage cte mon père ^' le caUHcocea ipecacuanha de M. Brotero au genre cephaelis de SwaNzj mais il le confond ensuite avec le psychotria emetiea de Mutis qu'il r^rda comme identique arec cette première plante.

Voici la description du psychotria emetica.

IPéGACUâMHA STftIÉ.

Psychotria emetica. Tab. IL

Psj'cholria emetica. Hutis in lUlé — Liv.ySappl.» p. x44 «— HoMB* et BoRP.f Pi. <qata.» toI* s, p. 149. — A. Rica., oot.^ etc. p. 98. ^ KuRTB« ia HoMB. Bovr. » Noif. gen et sp. amer. ,to1* 3 , p. 355.

Petit arbuste semblable en tout^ pour* le port, à l'espèce précé-

(â8) dente , croissant dan« les forêts ombragées du Pérou^ du royaume de la Nouvelle-Grenade , etc.

La racine est une souche presque horizontale , cylindrique » de la grosseur du petit doigt , étranglée de distance en distance, offrant quelques radicules fibreuses , grêles.

La tige est fruticuleuse , dressée, haute de douze a dix-huit pouces, simple , cylindrique , finement pubescente.

Les feuilles sont opposées, lancéolées, aiguës, finissant insensiblement à leur base en un pétiole court. Elles sont entières, membraneuses , glabres en dessus , pubcscentes en dessous .

Deux stipules étroites , aiguës , dressées , un peu fermes et pubescentes sont interposées aux feuilles.

Fleurs petites , sessiles ; à la base de chacune d'elles est une bractéole fort petite : ces fleurs, disposées en grappes , sont portées sur des pédoncules axillaires , d*abord simples , puis bifurques.

Calice verddtre ; tube adhérent-avec lovaire infère ; limbe campa* nulé. pubescent en dehors, ouvert, à cinq divisions ovales, oblongue^, recourbées.

Corolle beaucoup plus grande que le calice ^ infundtbuliforme , blanche ; limbe subcampanulé , évasé , quinquéfide ; divisione recourbées, réfléchies, oblongùes, obtuses. L'intérieur de la corolle, à lexception de la base du tube, est couverte d'un duvet blanchâtre.

Cinq étamines dressées, insérées au sommet du tube, incluses; filets courts , anthères linéaires , oblongues , droites.

Ovaire infère , obovoide, couronné par un disque épigyn^ , annulaire.

Style un peu plus long que le calice , dressé , renflé à son sommet. Stigmate oblong , bifide. ^

Fruit : nuculaine ovoïde , globuleux , bleuâtre, ofl*rant à son sommet les divisions du calice« renfermant deux nucules ovoïdes , planes

f. »9\ d'un côté^ où elles offreot une ligne longitudinale saillante; codt vexes de l'autre , où elles présentent vers leur sommet cinq petits sillons convergens. La graine a la même structure que dans Tespèce précédente.

Cette plante croît dans le royaume de la Nouvelle - Grenade MM. de Ifumboldt et Bonpland lont trouvée très - abondamment auprès du fleuve de la Magdeleine , avec plusieurs variétés qui s y rapportent.

Caractères de la racine desséchée , telle qu'on la trouve dans le

commerce.

Racines cylindracées, le plus souvent simples , rarement rameuses» de la grosseur d'une plume à écrire, allongées , peu contournées^ non rugueuses , offrant de distance en distance des espèces d'étranglémens ou intersections circulaires profondes, éloignées les unes des autres; épiderme d'un bran foncé, formant des stries longitudinales plus ou moins marquées; cassure brune , noirâtre, légèrement résineuse ; couche corticale moins friable , moins cassante que dans l'espèce précédente; odeur presque nulle ; saveur fade, nullement

amère; à peine imprimc-t-eUe sur la langue une légère âcreté, ^près une application long-ten^s prolongée.

D'après le simpk énoacé de ses propriétés , il est très-facile de conclure que cette espèce doit ^tre infiniment moins active que celle qui précède; c'est ce que l'analyse chinaique confirme plei- < nement. Il est donc peu à regretter que cette espèce soit rarement répandue dans le commerce , et il est probable que sa rareté en Europe provient du peu d'efficacité qu'on doit lui avoir reconnue depuis long - temps. Peut - être l'activité moins grande de cette espèce tient-elle à ,ce que , comme nous l'avons fait remarquer précédemment, elle est formée simplement par la partie inférieure et souterraine de la tige, tandis que dans l'ipécacuanha anneléce sont d s tubêrculesrparticuliers. développés sur la souche elle-même qui produisent ce médicament»

( 5o ) Nous croyons utile de présenter ici sous la forme d'un taMcau comparatif les caractères de ces deux espèces si long-temps confondues.

IpBCA. AHÎI1I.É. Ifick. STUi.

Cephaelis ipecacuanha. R. Psychotvia emetica. L.

' Racines rugueuses 9 conloum^ci, rt- RtciDescjliQdracëes,peurameuses,of-

•meuses, formées de petits anneaux rap- franl de distance en distance des élran-

proclics , saillans , sëparës par des en- glemens cireulaires profonds ; striées

foncemens circulaires moins larges. longilwdînaîemcnt entre ces articulalions.

Cassure Ircs-résineuse. Cassure peu r«Çsineusc.

Odeur nauséabonde. Odeur presque nulle.

Sareur amère, herbacée , acre. Saveur presque nulle.

Couleur brune , grise ou rougêdtrc. Couleur brune foncée.

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